Européennes 2019: marée verte au Québec, Loiseau s’envole à New York

L’élection des représentants français au Parlement européen avait lieu samedi, de 8h à 18h locales, en Amérique du Nord, en Amérique latine, en Amérique du Sud, à Saint-Pierre, Miquelon, et Langlade, en Polynésie et dans les Caraïbes, y compris la Guadeloupe, les îles de Saint-Martin et Saint-Barthelemy, la Martinique et la Guyane.

Pour les Français hors d’Europe, il s’agissait du deuxième scrutin du XXIe siecle: lors du découpage de la France en grandes régions pour les régionales et les européennes en 2003 -Nicolas Sarkzy était ministre de l’Intérieur et avait essuyé une sévère défaite en 1999 , ces électeurs avaient été privés du droit de vote, sauf à être inscrits en France. Donc pas de scrutin ni en 2004, ni en 2009. En 2014, retrouvant le droit de vote, les Français hors de France étaient rattachés à l’Île-de-France, leur nombre d’inscrits étant similaire à celui de Paris. Il y avait pour eux 31 listes. Pour 2019, 34 listes étaient en concurrence, mais seulement 18 avaient envoyé des bulletins, selon notre constat à Québec, et plusieurs échos aux Etats-Unis et dans de grosses villes d’Europe.

Pour vous y retrouver dans les noms des listes et ceux des têtes de listes, le mieux est de regarder sur le site du ministère de l’intérieur.

La première surprise du scrutin de samedi fut la participation, en nette hausse. Par exemple plus de 16% à Montréal, 17% à Québec. Autre surprise de taille, le très bon score de la liste EELV, conduite par Yannick Jadot, eurodéputé élu en 2009, réélu en 2014. 

Montréal:
8860 suffrages valablement exprimés 

La liste EELV arrive en tête avec 2574 voix (29,05%), devant la liste LaRem-Modem soutenue par le président Macron, qui n’obtient que 2419 suffrages (27,30%). La liste Glucksman soutenue par le PS obtient 723 voix (8,16%), la liste France insoumise de Manon Aubry 673 voix (7,60%) et la liste RN (ex-FN) de Jordan Bardella arrive cinquième avec 458 voix (5,17%).

Gatineau:

1202 électeurs inscrits, 258 votants (21,5% de participation). Suffrages valablement exprimés 251.

La liste Loiseau (LaREM) arrive en tête, avec 74 voix, suivie de la liste EELV (61 voix). La liste RN (ex-FN) obtient 31 voix. Elle est suivie de l’autre liste écologiste, Envie d’Europe écologique et sociale (21 voix) et de la liste France insoumise (12 voix).
Les électeurs de l’Outaouais, bien que vivant au Québec et étant administrativement rattachés à Montréal, votent à Ottawa, plus proche. Le taux de participation (élevé pour un bureau de vote à l’étranger) peut s’expliquer par la facilité à voter.

Québec:

9719 inscrits, en tenant compte des trois inscriptions le jour-même sur décision de justice, toutes trois dans l’un des deux bureaux. 1657 électeurs ont voté (17%). Dix-sept bulletins blancs, vingt-neuf nuls (surtout des professions de foi à la place de bulletins de vote). Les suffrages valablement exprimés sont de 1611.

La liste du parti présidentiel obtient 426 voix (26,44%), talonnée par la liste EELV (413 voix, 25,63%).

La liste de l’ex-FN obtient 162 voix (10,05%), alors que Marine Le Pen avait obtenu 13,9% à la présidentielle.

La liste France insoumise n’obtient que 125 voix (7,7%): pour mémoire, Jean-Luc Mélenchon s’était classé deuxième à la présidentielle de 2017 avec 25,5%.

En cinquième position, on trouve la liste Bellamy (Les Républicains) avec 103 voix (6,39%), deux fois moins que ce que François Fillon en 2017 (qui avait un score similaire à celui de Marine Le Pen).

La liste Glucksmann, soutenue par le PS, obtient 93 voix.

Avec 57 voix, soit 3,5%, la liste UDI menée par Jean-Christophe Lagarde est septième, bien que Louis Giscard d’Estaing, candidat à la députation en 2013 en Amérique du Nord, figure en 3e position.

La liste pour le « Frexit » de François Asselineau obtient 53 voix, et la liste Hamon 51.
La circonscription de Québec est très vaste: elle s’étend du Nunavut à Trois-Rivières inclusivement, en passant par Sept-Iles. Mais aux européennes, le vote par correspondance est impossible: c’est soit par procuration soit à l’urne. En tenant compte de cette problématique de l’éloignement et de la météo magnifique du samedi 25 mai, la participation est étonnante, vu qu’elle était inférieure à 10% en 2014.

New York:
27170 inscrits sur l’ensemble des huit bureaux de vote, 4745 votants (17,46% de participation), onze blancs, cinquante-neuf nuls. Les suffrages valablement exprimés sont de 4675.
La liste Loiseau fait une belle échappée en obtenant plus de la majorité des votes: 2382 bulletins, soit 50,95%.

Yannick Jadot obtient 792 voix (16,94%), toutes les autres étant loin derrière.

La liste Glucksmann est troisième avec 361 bulletins (7,72%), talonnée de près par la liste Bellamy, à 342 voix (7,31%).

La liste Bardella-Le Pen fait 155 voix (3,31%), à quasi-égalité avec la liste Hamon (151 voix, soit 3,23%). Manon Aubry ferme la marche des candidats à plus de cent voix: elle obtient 113 bulletins, soit 2,42%.

Pour les résultats officiels, c’est à suivre ici. Les résultats de votre circonscription devraient se être disponibles auprès de votre poste consulaire. Les résultats de l’ensemble des Français hors de France seront disponibles ici, mais sans les détails par circonscription.

Les premiers sondages à 20h, heure de Paris, donnaient ce dimanche en trio de tête le Rassemblement national (comme en 2014), suivi de LaREM, EELV étant troisième, mais loin derrière.

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François Delattre est rappelé à Paris, Nicolas de Rivière lui succède à l’ONU

Après quinze ans sans discontinuer sur le continent nord-américain, l’ambassadeur de France à l’ONU François Delattre est rappelé en France. Il va être remplacé à New York par Nicolas de Rivière, dont la prise de fonctions devrait avoir lieu le 1er juillet.

  • Le Journal officiel de ce jeudi 2 mai annonce l’installation pour le 1er juillet de Nicolas de Rivière à la Représentation permanente de la France à l’ONU. Il y sera ambassadeur, en remplacement de François Delattre, dont la même édition du Journal officiel indique qu’il succèdera au Quai d’Orsay à Maurice Gourdault-Montagne, qui prend bientôt sa retraite.
  • Au cours de sa carrière, que nous avions résumée en juin 2014 à l’occasion de sa mutation à l’ONU, l’ambassadeur François Delattre aura passé près de vingt ans sur le continent nord-américain:  quatre ans au service presse de l’ambassade de France à Washington (1998-2002), deux ans en France auprès du ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin, et depuis 2004 entre New York, Ottawa, Washington et la représentation permanente à l’ONU. Sa dénonciation de la position des États-Unis sur le viol comme arme de guerre, voici une dizaine de jours, restera sans doute longtemps dans les mémoires…
  • Point commun entre François Delattre et Nicolas de Rivière: tous deux faisaient partie de la délégation française désignée en septembre 1994 pour la 60e assemblée générale de l’ONU. Dans la même délégation, on trouvait aussi Dominique de Villepin. Ce détail figure au Journal officiel du 29 septembre 1994 (par ici).
  • Depuis 2015 au Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE, créé en 2013 par François Hollande), Nicolas de Rivière a entamé sa carrière au Quai d’Orsay à la sous-direction des Nations-Unies, des organisations internationales, des Droits de l’Homme et de la Francophonie (1992-1994, second septennat de François Mitterrand) et en a été le directeur de 2011 à 2014 (fin du mandat de Nicolas Sarkozy et début du mandat de François Hollande).

Européennes: plus de 70 bureaux de vote ouverts le 25 mai 2019

À l’occasion de l’élection des représentants au Parlement européen le samedi 25 mai (*), le Quai d’Orsay, dans un arrêté du 12 avril publié au JORF nº100 du 28 avril, indique la liste des bureaux de vote ouverts par les ambassades et postes consulaires dans le monde. Au Canada et aux USA, ils sont plus nombreux qu’en 2014, où européennes consulaires se déroulaient simultanément.

En 2014, trois postes consulaires acceptaient les électeurs jusqu’à 19h: Doha, Koweit, et Québec. En revanche, en 2019, aucun poste consulaire des USA et du Canada n’a eu pour consigne de ne fermer qu’à 19h: les bureaux concernés cette année se trouvent en Australie, au Kenya, et en Malaisie. Sauf mise à jour nouvelle, tous les bureaux de vote des USA et du Canada seront ouverts de 8h à 18h, heure légale locale. Mais c’est peu probable, au vu des redéploiements sur la première circonscription des Français hors de France.

Au Canada:

Pour la circonscription de Montréal, 17 bureaux de vote sont prévus au collège Stanislas, mais les électeurs de Gatineau -bien que dans la circonscription de Montréal- votent à Ottawa, plus proche. Montréal ne comptait que six bureaux en 2014, cinq à Stanislas et un à Ottawa. En nombre de Français inscrits sur la liste électorale consulaire (LEC), Montréal est la plus grande ville hors d’Europe.

Un bureau est prévu à Moncton, au Consulat général de France. Il n’y en avait pas en 2014.

Trois bureaux sont prévus pour la circonscription de Toronto, deux à Toronto (un de plus qu’en 2014) et un à Ottawa, avec les électeurs de Gatineau.

Pour la très vaste circonscription de Québec, qui va du Nunavut à Trois-Rivières et du Blanc-Sablon à la Pointe Louis XIV), les deux bureaux de vote seront au Collège Stanislas de Québec (un seul en 2014, où le scrutin se déroulait dans la salle mitoyenne de celle des élections consulaires).

La circonscription de Vancouver comptera quatre bureaux de vote (contre un en 2014): ils seront répartis à Vancouver, Victoria, Calgary et Edmonton.

Aux États-Unis:

Trois bureaux seront ouverts sur la circonscription d’Atlanta (Atlanta, Greenville et Raleigh).

Deux bureaux seront ouverts à Boston, contre un en 2014.

Quatre bureaux sont prévus sur la circonscription consulaire de Chicago: le supplémentaire par rapport à 2014 est celui de Cincinnati.

Austin, Dallas, Huston: trois bureaux pour la circonscription de Huston. Pour La Nouvelle Orleans, c’est inchangé aussi: un bureau au Consulat général.

Dans la circonscription de Los Angeles, six bureaux, contre cinq voici cinq ans. Celui de Albuquerque disparaît, mais deux supplémentaires seront ouverts à LA. Renseignez-vous pour savoir où vous êtes appelés à voter…

La circonscription de Miami est couverte par cinq bureaux, dans les mêmes quatre villes qu’en 2014.

Huit bureaux de vote seront ouverts dans la circonscription de New York, soit deux de plus. En fait, par rapport à 2014, le bureau des Bermudes s’est volatilisé, tout comme celui de Princeton. Jersey, Mamaroneck, Brooklyn et Manhattan se maintiennent et quatre sont déployés à New York (deux au consulat et deux dans des établissements d’enseignement).

San Francisco passe à douze bureaux, contre… trois voici cinq ans. Là aussi soyez vigilants par rapport aux courriels que vous recevrez ou avez déjà reçus!

La circonscription de Washington, inchangée, reste à trois bureaux: un à Philadelphie et deux dans la capitale.

Procurations:

Si vous ne pouvez pas vous déplacer le samedi 25 mai, mais voter tout de même, une seule solution s’offre à vous: la procuration. Une procuration ne peut-être établie qu’à destination d’une personne inscrite sur la même liste électorale que celle où vous figurez.

Il arrive qu’on ne connaisse personne proche du bureau de vote auquel on est rattaché. Pas de stress: le mieux est de prendre contact avec le parti soutenant la liste de son choix. Dans les structures suffisamment bien organisées, on saura vous trouver une personne digne de confiance et vous communiquer son adresse courriel.

Certains consulats organisent des tournées: vous pouvez donc en profiter si vous résidez loin d’un poste diplomatique.

Si vous êtes en voyage en France, vous pouvez vous rendre dans un commissariat, un tribunal d’instance, ou une gendarmerie. Si vous êtes en vacances n’importe où dans le monde, vous pouvez faire cette démarche dans un poste consulaire ou auprès d’un consul honoraire. Tout est détaillé sur le site du ministère.

Précisions:

Une nouveauté cette année: la France revient à la circonscription unique, comme elle l’était avant le scrutin de 2004. Les Français hors Union européenne, qui avaient recouvré le droit de vote en 2014 depuis le découpage en grandes regions, ne sont donc plus rattachés à l’Ile-de-France comme ils l’étaient en 2014.

La sortie prévue de la Grande-Bretagne avait attribué 79 sièges à la France. Mais le « non Brexit » fait que seulement 74 parlementaires français siégeront dans un premier temps. Une fois la désunion du Royaume-Uni de l’Union actée, les places des Britanniques seront alors redistribuées et la France récupèrera les cinq parlementaires prévus. Aussi le gouvernement a déposé un projet de loi « relatif à l’entrée en fonction des représentants du Parlement européen élus en France en 2019 ». Présenté en conseil des ministres le 24 avril, à un mois du scrutin, le projet de loi nº 1880 sera examiné en procédure accélérée, indique le Journal officiel du 25 avril.

Les listes des candidats doivent être déposées au plus tard le 3 mai. Néanmoins le gouvernement a déjà autorisé la circulation des poids-lourds en France le 1er mai, le 8 mai, ainsi que trois fin de semaine pour l’organisation matérielle du scrutin, alors que la circulation de ces engins est strictement encadrée les fins de semaine et les jours fériés.

(*) Pour la France, le scrutin se déroule le samedi 25 mai 2019 dans les territoires suivants du nord au sud:

– Saint-Pierre et Miquelon

– Amérique du Nord

– Amérique centrale

– Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthelemy

– Martinique 

– Guyane 

– Amérique du Sud 

Il a lieu le dimanche 26 mai pour les autres Français, dans le reste du monde.

En 2019, c’est durant la période du 23 au 26 mai que l’ensemble des 28 pays de l’Union européenne se rend aux urnes. Le Parlement européen a mis en place un site dédié aux élections de 2019 dans lequel vous trouverez diverses informations, un quizz, et (dans un mois) les resultats.

Fin de Nouveaux Horizons, le parti monté par Frédéric Lefebvre

Le parti politique Nouveaux Horizonsfondé en mars 2012, et son association de financement l’AFNH, de trois jours sa cadette, ne sont plus. Un parti politique dont les médias français n’ont parlé que trois mois plus tard, la principale agence de presse l’appelant un think tank, reprenant le timing et les mots de son initiateur.

Ces outils, qui avaient notamment permis à Frédéric Lefebvre de se présenter aux législatives de 2012 dans la première circonscription des Français hors de France (USA et Canada), puis à la législative partielle de 2013, puis au scrutin de 2017, ne semblent plus convenir à l’ancien député de notre circonscription. L’association de financement a en effet été dissoute le 26 décembre 2017.

C’est au nom de ce parti politique que Frédéric Lefebvre avait tenté de se présenter en 2016 à la primaire de droite en vue de désigner le candidat à la présidentielle de 2017. Sa candidature avait été estimée irrecevable.

Réunie le 16 juillet 2018, la Commission des comptes de campagne (CNCCFP) a logiquement procédé au retrait d’agrément de l’AFNH, décision publiée ce mardi 14 août au Journal officiel.

Le site internet nouveaux-horizons.fr est pour l’instant toujours en ligne.

Pour sa part, Frédéric Lefebvre est parti vers de… nouveaux horizons: il a fait partie des membres fondateurs de Agir (groupe «UDI, Agir et indépendants» à l’Assemblée nationale), et sans mandat électif se trouve à s’occuper de la communication et de l’action collaborative, comme l’indique l’organigramme du parti.

De nouvelles règles d’immigration au Québec

À compter de ce jeudi 2 août, les règles du Ministère de l’immigration de la diversité et de l’inclusion (MIDI) sont modifiées pour toute personne souhaitant s’installer au Québec, donc obtenir le Certificat de sélection du Québec (CSQ, clé nécessaire pour être admis par le Canada).

Ce que l’on peut retenir dans les grandes lignes:

– c’est la fin de la politique des ouvertures de quota, donc du principe «premier arrivé premier servi», qui -parmi les inconvénients- mettait le système informatique ministériel en surchauffe, et les demandeurs en colère. Désormais, les candidatures seront stockées dans une banque de données, peu importe le moment où elles sont déposées.

– chaque candidature devra être accompagnée d’une lettre d’intention, dans le but d’évaluer la connaissance de la langue française et les réelles motivations des prétendants.

– le gouvernement du Québec souhaite réduire le délai d’attente à douze mois dans la règle générale, un délai qui était jusqu’à présent souvent de trente à trente-six mois.

Néanmoins, le système de points va perdurer. En tout cas pour l’instant il n’est pas question de le modifier en profondeur. Alors que le gouvernement veut adapter l’immigration dans les régions et selon les métiers, il y aura probablement toujours autant d’immigrants surqualifiés…

Davantage de détails se trouvent sur le site de Radio Canada. Vu qu’il s’agit de l’application d’une loi mise à l’étude par le gouvernement Couillard en… 2015, et qui a obtenu la sanction royale le 6 avril 2016, nous vous invitons à consulter ici la loi telle que publiée par le Gouvernement.

 

 

Les conditions de séjour au Canada changent cet été!

Le gouvernement du Canada a publié en mai dernier un communiqué indiquant de nouvelles obligations biométriques pour la plupart des étrangers. Dans certains cas toutefois, l’Autorisation de voyage électronique (AVE, annoncée sous la fin du gouvernement Harper) suffira.

Certaines personnes sont exemptées (dont les chefs d’État et les diplomates). Ce qui est n’est «pas la majorité de l’espèce», aurait écrit Michel Audiard.

Par conséquent, si vous prévoyez d’arriver au Canada au-delà du 31 juillet 2018, y compris semble-t-il si la lettre de confirmation indiquant que vous êtes admis à faire des études au Québec plus est déjà parvenue -cas d’école, si l’on peut dire- lisez attentivement ces détails du ministère canadien de la citoyenneté et de l’immigration en date d’avril.

Le 29 juin, le ministère en charge de l’immigration a mis à jour les différents cas de figure et les exemptions, dont il convient de prendre connaissance.

Une foire au questions concernant la biométrie est disponible ici. Et chaque rubrique possède elle-même son champ de recherches « centre d’aide ».

Nous ne serons pas à la session de mars de l’AFE

La 28e session de l’Assemblée des Français de l’étranger  s’est ouverte lundi 12 mars à Paris (ordre du jour prévisionnel disponible ici), jour où l’un de nous se posait à Roissy afin d’assister aux séances plénières qui se déroulent chaque session le jeudi et le vendredi. Mais le président de l’AFE nous a fait savoir -in extremis- que Soir Américain n’était pas le bienvenu….

Par deux fois déjà, Soir Américain a assisté aux séances plénières de l’AFE nouvelle formule, celle sortie des urnes à la suite des élections consulaires de 2014. La première fois c’était en mars 2015, la suivante en octobre 2017.

Le bâtiment des Affaires étrangères, où se tiennent les sessions de l’AFE (photo F.A.)

Mars 2015 fut un peu comme une séance initiatique, au cours de laquelle notre consœur de Montréal L’Outarde libérée passa rapidement faire une vidéo. C’est d’ailleurs le seul média s’adressant à des Français vivant hors de France que nous y avons brièvement croisé. C’est mince, vu le foisonnement des médias destinés aux «expats», la richesse et la variétés des sujets abordés en une semaine de session, et le fait que les plénières du jeudi et du vendredi sont publiques, comme le précise le Règlement intérieur. En effet, selon l’article 21, non seulement les débats sont publics, mais ils peuvent être retransmis «par des moyens de communication audiovisuelle ou par Internet».

Or justement: en octobre 2017, alors que Soir Américain était le seul média dans le public, et qu’à l’époque notre compte Twitter avait tout au plus 700 abonnés (il en a moins de 750 à l’heure où nous écrivons ces lignes), il nous a été reproché d’avoir tenu certains propos sur Twitter durant la matinée du jeudi 5 octobre. Lesquels? La secrétaire générale de l’AFE n’a pas jugé bon de le préciser. Le président de l’AFE, venu peu après faire également des reproches, n’a pas voulu non plus détailler le contenu incriminé. Après avoir tout épluché sans rien trouver qui ne semble prêter à confusion, nous avons décidé d’en parler à quelques élus afin de tenter de comprendre, et éventuellement de réparer si cela était possible.

La table où se tient le président, le matin du 5 octobre 2017, à une demi-heure du tweet litigieux (photo F.A.)

Quelques heures plus tard, une âme charitable -et vraisemblablement bien renseignée- nous a indiqué quel était le propos qui probablement avait fait tiquer. Après une copie d’écran pour mémoire, le tweet fut effacé. Après tout, il ne s’agissait que d’un point anecdotique qui, in fine, se retrouve dans le verbatim officiel de la 27e saison. Si vous êtes curieux, c’est par ici, à la page 69, et c’est en ligne (donc totalement public) depuis le 4 janvier 2018. Vous comprendrez aisément qu’on ne vous mettra pas en illustration le tweet effacé, mais sachez qu’il citait (sans la nommer) une personnalité du Quai d’Orsay, et résumait en 140 caractères -le format encore en vigueur en ce temps là- ce qui se trouve dans la page 69.

Les débats sont publics, certes, mais l’accès au Centre de conférences où se déroulent les sessions est réglementé. Outre le personnel de l’AFE, les élus, et les employés du ministère, ne peuvent y pénétrer que les personnes invitées. En octobre 2017, par exemple, une consœur parisienne s’est vu refuser l’entrée, malgré la présentation de sa carte professionnelle de journaliste en cours de validité. Donc nous avions pour ces jeudi 15 et vendredi 16 mars 2018 pris les devants, et demandé à un élu une invitation. Nous avons un courriel daté du 8 mars, émanant du secrétariat général, précisant que nous pourrions « assister aux séances du jeudi et du vendredi« .

Seulement voilà: le 14 mars, l’élu qui avait sollicité notre inscription nous signifiait que «sur décision du président de l’AFE et en accord avec le bureau de l’Assemblée», notre venue rue de la Convention ne serait «pas possible».

Axé sur les actualités politiques, les relations internationales, la diplomatie et les travaux parlementaires pouvant affecter la vie des Français vivant au Canada ou aux États-Unis, Soir Américain est un média dit « de niche », qui ne traite pas des sujets traditionnels… sauf exception: en période électorale, évidemment.

Ainsi, en cinq ans, nous n’avons même pas publié trois cent sujets, soit en moyenne environ un par semaine avec des trous de deux mois voire plus, et des pointes de plusieurs sujets dans la même journée. Autant dire qu’il faut être vraiment intéressé pour nous lire. Et aussi que nous savons nous retenir, ne pas publier n’importe quel bruit qui nous parvient, sinon nous aurions grandement utilisé les diverses informations qui nous sont parvenues à l’automne 2017 notamment lors de notre passage à Paris.

En cinq ans, nous avons publié à peine plus de trois mille tweets. Beaucoup sont des reprises de messages de divers consulats en Amérique du Nord, certains émanent d’hommes politiques, d’autres sont des textes dénichés lors de notre lecture quotidienne du Journal officiel. Bref, pas de quoi fouetter un pauvre chaton, ni de quoi passionner les foules, sinon nous aurions bien plus d’abonnés, et probablement de la publicité comme la plupart des médias dits «d’expats».

Difficile donc de comprendre cette décision, mais nous n’avons pas d’autre choix que de profiter de Paris, et nous ne tenterons pas de faire le forcing des portiques de sécurité du Centre de conférences pour vous relater ce qui se passe à l’intérieur. Si cela vous intéresse, vous attendrez quelques semaines ou plus encore, et vous consulterez le site de l’AFE.

Consultation «Mon idée pour le français»

Le président Macron souhaite mobiliser les acteurs de la francophonie pour identifier de nouvelles propositions visant à moderniser l’usage du français, promouvoir la langue française et le plurilinguisme dans le monde.

Afin de recueillir des idées et propositions, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, et Françoise Nyssen, ministre française de la Culture, ont lancé le 26 janvier 2018, une vaste consultation, avec notamment l’ouverture de la plateforme en ligne « Mon idée pour le français ».

Cette plateforme aux citoyens français « mais aussi à tous les francophones et francophiles à travers le monde« , précise un communiqué du consulat général de France à Toronto. Les contributions peuvent être déposées jusqu’au 20 mars 2018,… date de la Journée internationale de la Francophonie.

« Au-delà du recueil de propositions, la plateforme vise à promouvoir la richesse de la communauté francophone internationale et mettre en lumière l’enjeu et le potentiel de la langue française et du plurilinguisme« , ajoute la représentation diplomatique française à Toronto.

Par ailleurs, les 14 et 15 février, une conférence internationale pour la langue française et le plurilinguisme dans le monde réunira à Paris des personnalités et acteurs de la société civile et des jeunes citoyens de différentes nationalités engagés localement dans des démarches innovantes. Ce séminaire vise à mettre en place des recommandations pour la promotion de la langue française et du plurilinguisme dans le monde, qui seront transmises au Président de la République.

C’est la synthèse de ces journées parisiennes de février et des contributions venues du monde entier qui permettra d’orienter et de consolider un plan d’ensemble pour le français et le plurilinguisme dans le monde que le président Macron souhaite voir adopter en 2018.

Sénatoriales 2017: la liste Bansard obtient deux élus

Six des douze sénateurs des Français de l’étranger ont été élus ce dimanche 24 septembre à Paris, dans le cadre du renouvellement triennal du sénat. À cette occasion, 171 sénateurs au total ont été élus: 170 dans le cadre du renouvellement triennal, un dans le cadre d’une élection partielle. La rentrée sénatoriale et l’élection du président auront lieu le lundi 2 octobre, jour d’ouverture de la 27e session de l’Assemblée des Français de l’étranger.

Le collège électoral était formé de 533 grands électeurs: les 23 parlementaires (onze députés et douze sénateurs) représentant les Français hors de France, les 68 délégués consulaires (élus dans les circonscriptions consulaires comptant le plus de français inscrits au poste diplomatique de leur lieu de résidence), et 442 conseillers consulaires (suite à la démission d’office d’un conseiller consulaire, rendue publique au Journal officiel du 22 juin 2017). Les conseillers consulaires et délégués consulaires pouvaient voter avec huit jours d’avance à leur poste consulaire, en personne ou par procuration.

Sénateurs sortants et étiquettes politiques (source: sénat)

Dix listes au total briguaient les six sièges en renouvellement: une liste officielle LR (sous l’étiquette de l’Union des Français de l’étranger UFE), quatre listes de droite (dont une menée par l’homme d’affaires Jean-Pierre Bansard, qui avait créé un parti politique en 2014), une liste LREM, une liste socialiste (sous l’étiquette Français du Monde FdM), une liste divers gauche, une liste écologiste, et une liste estampillée « divers » par le ministère de l’Intérieur.

Les sénateurs sortants étaient trois hommes et trois femmes. Seules deux femmes et un homme se représentaient: Joëlle Garriaud-Maylam (UMP) comme tête de liste de l’UFE et Hélène Conway-Mouret comme tête de liste FdM, le numéro 2 de cette liste étant le sénateur sortant Jean-Yves Leconte. En tout, sur les dix listes, seules trois étaient conduites par des femmes. Le principe d’une liste aux sénatoriales est celui de l’alternance, comme pour les élections consulaires, et la mode de répartition des sièges est à la proportionnelle.

Mesdames Hélène Conway-Mouret (SOC) et Joëlle Garriaud-Maylam (LR) sont réélues. M. Jean-Yves Leconte (SOC) est réélu sur la liste menée par Mme Conway-Mouret. Les trois autres élus sont tous divers-droite: il s’agit de MM. Jean-Pierre Bansard et Ronan Le Gleut, ainsi que Mme Evelyne Renaud-Garabedian, deuxième sur la liste Bansard.

Source: Sénat.

À l’issue du scrutin (qui a donné le même nombre de voix à la liste de l’ancienne ministre Hélène Conway-Mouret qu’à la liste de l’homme d’affaires Jean-Pierre Bansard) le sénateur socialiste Jean-Yves Leconte a émis des « doutes » sur Public Sénat  concernant le financement de la campagne électorale et s’est dit prêt à en faire part au procureur de la République.

Les résultats provisoires, susceptibles de recours, montrent que deux listes ont fait jeu égal, qu’une liste n’a pas obtenu de voix, et que seuls 521 suffrages ont été valablement exprimés (source: sénat)

Roland Lescure logiquement élu

Les premiers résultats en notre possession samedi soir donnaient une victoire à Roland Lescure. La victoire était plus nette à l’urne que dans le vote par correspondance. Plusieurs médias ont décidé de publier des résultats dès samedi; nous avons préféré attendre l’heure légale (20h, heure Paris). 

Québec

  • 9606 inscrits
  • 1300 votants (13.5% de participation)
  • 1164 exprimés
  • Roland Lescure: 871 (74,8%)
  • Frédéric Lefebvre: 293

La participation est en recul. 536 électeurs du 1er tour n’ont pas voté, dont une centaine au vote par correspondance. Le VPC est plus contrasté que le vote à l’urne, puisqu’il donne 22 voix à Roland Lescure contre 10 à Frédéric Lefebvre.

Ottawa-Montréal (région de Gatineau)

  • 1428 inscrits
  • 241 votants (16.9% de participation)
  • 216 exprimés
  • Roland Lescure: 174 (80.55%)
  • Frédéric Lefebvre: 42 (19.45%)

Au premier tour, la participation était supérieure à 23%.

Ottawa-Toronto (région d’Ottawa)

  • 1828 inscrits
  • 468 votants (25,6%)
  • 425 exprimés
  • Roland Lescure: 330 (77,6%)
  • Frédéric Lefebvre: 95 (22,3%)

Au premier tour, la participation était légèrement supérieure à 30%.

Boston

  • 7151 inscrits
  • 1134 votants (15,85%)
  • 1105 exprimés
  • Roland Lescure: 887 (80,3%)
  • Frédéric Lefebvre: 218 (19,7%)

Au premier tour, la participation était de 21,5%.

Brooklyn (bureaux 04 et 05 de New-York)

  • BV4: 378 votants (16% de participation). Roland Lescure: 327 (89,6%), Frédéric Lefebvre: 38 (10,4%).
  • BV5: 293 votants (15,6% de participation). Roland Lescure: 251 (89,3%), Frédéric Lefebvre: 30 (10,7%).

Selon l’Outarde libérée,  à Montréal, la participation était de 10,80%, blancs & nuls: 8,35%. Roland Lescure l’emporte avec 82,70% (Frédéric Lefebvre obtient 17,30%).

Notons que Radio-Canada a diffusé le samedi du vote, de 12h10 à 13h, une édition de « Faut pas croire tout ce qu’on dit » intégralement consacrée aux élections françaises, alors que les bureaux étaient loin d’être clos. On y apprenait notamment que Louise Beaudouin avait voté Mélenchon au 1er tour de la présidentielle française, mais qu’elle n’aurait pas voté pour lui au second tour s’il avait été qualifié. Elle voulait, dit-elle, « mettre un coup de pied dans la fourmilière« . L’animateur de l’émission, Michel Lacombe n’hésitait pas à dire tout de go que Roland Lescure serait élu.

Une dépêche Reuters, publiée dimanche, sur l’heure du midi, annonçait la victoire à Saint-Pierre et Miquelon de Annick Girardin, en indiquant que les résultats avaient été « diffusés par la préfecture de Saint-Pierre et Miquelon« . Quelques heures plus tôt, le Huffington Post (édition française) donnait déjà ce résultat.

Lundi 19 juin, le Quai d’Orsay a rendu publics les résultats, sous réserve de leur validation par la commission électorale.

Inscrits: 200.179

Votants: 26.157 soit 13,07% du corps électoral

Bulletins blancs: 1.158 (0,58% des inscrits, 4,43% des votants)

Bulletins nuls: 354 (0,18% des inscrits, 1,35% des votants).

Suffrages exprimés: 24.645 (12,31% des inscrits, 94,22% des votants)

Ont obtenu:

Roland Lescure: 19.650 voix (79,73%)

Frédéric Lefebvre: 4.995 voix (20,27%)

La loi organique du 15 mai 2001 précise que le mandat des députés prend fin le 3e mardi du moins de juin de la cinquième année suivant l’élection générale. Cette année ce sera donc mardi 20 juin.

Sujet susceptible d’être réactualisé