Archives Mensuelles: mai 2016

La situation en France pousse Manuel Valls à reporter son voyage 

Le Premier ministre Manuel Valls était depuis les attentats de novembre 2015 annoncé au Québec pour juin 2016 dans le cadre des rencontres alternées entre la France et le Québec. Matignon a annoncé hier le report de cette visite.

M. Valls devait aller à Ottawa pour un entretien avec le Premier ministre du Canada Justin Trudeau, au Québec (Montréal et Québec) pour les rencontres alternées instaurées en 1977 entre la France et le Québec, et dont ce devait être la 19e édition. Un voyage qui tombait pile alors que les professionnels du Québec (dont ceux du ministère des Relations internationales et de la Francophonie) ont déposé un préavis de grève à compter du 3 juin.

Le Premier ministre avait également prévu de se rendre à Saint-Pierre le 18 juin pour les cérémonies du bicentenaire de la rétrocession. Le 18 juin, pourtant, la programmation officielle des festivités du bicentenaire n’annonce rien d’autre que la finale d’un jeu télévisé. Et le président du Conseil territorial Stéphane Artano avait écrit fin avril à Manuel Valls qu’il ne serait pas reçu par la Collectivité, hostile à la réforme du statut de l’archipel telle que la France semble vouloir la faire.

Avec des raffineries bloquées et un début de pénurie de carburant en France, le voyage en Israël du Premier ministre avait été critiqué par un candidat à la primaire de droite, et M. Valls avait ironiquement répondu à M. Le Maire que le monde était connecté.

Le report « à l’automne » du voyage du Premier ministre français s’est fait « en accord avec les autorités canadiennes et québécoises »a précisé Matignon. À Québec, la future consule générale aura eu le temps de prendre ses marques.

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Vif succès des procurations dématérialisées aux Régionales 2015

Une réponse ministérielle publiée au JO du sénat du 19 mai 2016 apporte quelques enseignements intéressants au sujet de la dématérialisation des procurations pour les Français hors de France. Les élections régionales et territoriales des 6 et 13 décembre 2015 représentaient la première occasion de tester la nouvelle procédure de transmission des procurations, qui n’entrait en vigueur qu’au 1er novembre, soit cinq semaines avant le premier tour.

À l’origine, c’est Jean-Pierre Grand (sénateur Les Républicains de l’Hérault) qui s’inquiétait, fin novembre 2015, que la procédure de transmission des procurations n’était, à la lecture du décret du 30 septembre, pas assez sécurisée. Une question restée sans réponse, jusqu’à une relance dans le JO du sénat du 10 mars. Il aura donc fallu au sénateur de l’Hérault près de six mois pour avoir sa réponse. Mais cette attente n’aura pas été vaine: non seulement le Quai d’Orsay lui a expliqué que le MAEDI, le ministère de l’Intérieur et les préfectures pouvaient être sollicitées par les mairies en cas de doute -afin d’éviter les problèmes liés au décalage horaire-, mais il a en outre fourni des données chiffrées.

On peut ainsi lire que 13763 formulaires ont été transmis entre le 1er novembre et le second tour, dont 74% ont pu l’être par voie dématérialisée, les autres partant par lettre recommandée internationale en direction de la mairie ou transitant par le Quai d’Orsay par des moyens plus rapides que la valise diplomatique. Mieux encore: 5839 formulaires ont été transmis entre les deux tours, ce qui semble énorme, vu que des mesures de sécurité supplémentaires ont été mises en place à la suite des attentats du 13 novembre dans les postes consulaires.

Dans sa réponse, à lire ici dans son intégralité, le ministère précise que le taux d’échec de transmission des procurations est inférieur à 1%. Ce n’est sans doute pas une raison pour faire une procuration à la dernière minute à l’occasion d’un prochain scrutin, mais il est rassurant de se dire qu’on peut toujours rattraper un oubli.

Deux nouveaux diplomates à Atlanta et Miami

Après les nominations la semaine dernière de Laurence Haguenauer à Québec et de Laurence Monmayrant à Moncton et Halifax, les nominations publiées au Journal officiel du 20 mai annoncent l’arrivée prochaine de Clément Leclerc à Miami et de Louis De Corail à Atlanta. L’un comme l’autre ont déjà vécu en Amérique du Nord, tous deux à New York.

Appelé à remplacer Philippe Létrilliart comme consul général de France à Miami, Clément Leclerc était, depuis l’été 2012, premier conseiller à l’ambassade de France au Mexique. Titulaire d’une maîtrise en droit international, cet ancien élève de l’IEP de Paris et de l’ENA a entamé sa carrière au Quai d’Orsay, comme rédacteur à la sous direction des affaires politiques des Nations unies et des Organisations internationales, en 2003, alors que Dominique de Villepin était ministre des Affaires étrangères.

Nommé en 2006 Premier secrétaire à la representation permanente de la France auprès des Nations unies, il reste trois ans à New York, avant de rejoindre l’Elysée comme conseiller technique Afrique sub-saharienne au cabinet de Nicolas Sarkozy, où il restera jusqu’à la fin du quinquennat en mai 2012.

Afin d’aller remplacer Denis Barbet comme consul général de France à Atlanta, le MAE est allé chercher… dans l’entourage d’Alain Juppé: Louis De Corail, après 22 années passées au service du Quai d’Orsay, est depuis 2012 le directeur des Relations internationales de la mairie de Bordeaux.

Après un DEA de lettres classiques à La Sorbonne, le futur consul général de France à Atlanta est allé passer quatre ans à New York, où il a obtenu son doctorat en littérature française. Il a ensuite fait son service national comme enseignant dans une école française. Conseiller des Affaires étrangères depuis 1990, Louis De Corail a travaillé à Dublin, Oslo, Ottawa, Suva et Zagreb, ainsi qu’au Quai d’Orsay et à l’Elysée.

Line Beauchamp nommée déléguée générale du Québec à Paris

Mme Line Beauchamp, présentement en poste à l’Unesco, vient d’être nommée déléguée générale du Québec à Paris, a annoncé en primeur la journaliste parlementaire Martine Biron ce mercredi 18 mai.

Line Beauchamp, source.

Line Beauchamp, source

Âgée de 53 ans, l’ancienne ministre -notamment de la Culture de 2003 à 2007- n’aura pas vraiment besoin de déménager pour aller remplacer Michel Robitaille, nommé en octobre 2010, le siège de l’UNESCO étant à Paris.

La délégation générale du Québec à Paris est une représentation à caractère diplomatique, dont le mandat couvre le territoire français et la principauté de Monaco.

Il existe plusieurs délégations générales du Québec: outre Paris, le continent européen en compte une à Bruxelles et une à Londres. En Amérique du Nord, le Québec possède deux délégations générales, l’une à New York, l’autre à Mexico, ainsi que de nombreux bureaux ou représentations, la plus proche du Québec étant située à Boston. En Asie, l’unique délégation générale se trouve à Tokyo.

D’autres représentations du Québec (n’ayant pas le titre de « délégation générale ») sont situées en Asie (par exemple Shanghaï), en Afrique (Dakar), ou en Amérique du Sud (Sāo Paulo). Au total, le Québec est représenté dans 28 lieux à travers le monde.

Début avril, Le Devoir annonçait le prochain départ de Paris de M. Robitaille et rappelait que jusqu’à présent, une seule femme avait représenté le Québec en France: Louise Beaudoin (1984-1985).

Mise à jour: Un communiqué du Conseil des ministres annonce que Mme Julie Miville-Dechêne remplacera Mme Beauchamp à l’Unesco à compter du 22 août 2016.

Ordre national du Mérite: douze récipiendaires en Amérique du Nord pour la promotion de mai

Parmi les quatre décrets de nominations, promotions ou élévations dans l’Ordre national du Mérite publiés au Journal officiel du 15 mai, l’un d’eux (long de 35 pages) concerne les personnes relevant du Ministère des affaires étrangères.

Nous avons repéré pour vous les récipiendaires suivants, tous admis au titre de chevalier:

Au titre du personnel du Ministère

  • Madame Rima Abdul Malak, attachée culturelle à l’Ambassade de France aux États-Unis
  • Monsieur Michel Auguste Henri Clercx, consul général adjoint à Montréal

Au titre du protocole

  • Monsieur Nicolas Émile Brindel, directeur de l’École française bilingue, Consul honoraire de France à Greenville, États-Unis
  • Madame Naïma Charafi, professeure de français (programme de français des Nations-Unies), New York
  • Monsieur Marc Albert Cormier, directeur de SOS Devoirs, service francophone d’aide aux devoirs scolaires, Canada
  • Monsieur Alain Boris Dancyger, directeur général des Grands Ballets Canadiens de Montréal, Canada
  • Madame Fouzia Dine, née Ibrahimi, attachée économique à l’Ambassade de France au Canada
  • Madame Valérie Denise Louise Gautier-Cardin, née Gautier, présidente de l’association Retour des Vétérans en Normandie,  association engagée dans le devoir de mémoire et l’aide aux vétérans américains
  • Madame Corinne Hélène Gayard Mills, née Gayard, professeure de français et consule honoraire à Charleston, États-Unis
  • Monsieur Luc Raoul Louis Hardy, président de Sagax, société de capital-risque, et de Green Cross International, organisation de défense de l’environnement, États-Unis
  • Monsieur Jean-Pierre Pellegrin, haut-fonctionnaire, secrétaire adjoint au Secrétariat aux priorités et aux projets stratégiques au Ministère du Conseil exécutif du Québec, Canada
  • Madame Marie-Claire Ribeill, née Alvès, enseignante, directrice de l’antenne américaine de SKEMA Business School à Raleigh, consule honoraire à Raleigh, États-Unis

Laurence Monmayrant, nouvelle consule générale à Moncton et Halifax

Par décret en date du 10 mai 2016, publié le 12 mai, Mme Laurence Monmayrant, secrétaire des affaires étrangères, en fonctions à l’administration centrale, est nommée consule générale de France à Moncton et Halifax.

Laurence Monmayrant sera la première femmes nommée à Moncton et Halifax, et la troisième des femmes représentant officiellement la France au Canada, après Catherine Feuillet à Montréal et Laurence Haguenauer à Québec. Madame Monmayrant a occupé divers postes à l’étranger, et a notamment œuvré à la Mission permanente de la France auprès des Nations-Unies, ainsi qu’en tant que Consule générale adjointe à Canton, et Première Secrétaire à l’Ambassade de France à Kinshasa.

Le Consulat général de France dans les Provinces atlantiques compte environ  1000 Français inscrits sur les listes consulaires dans les quatre provinces de l’est du Canada. En raison de la restructuration du réseau, certains services consulaires, comme la délivrance des passeports, n’y sont plus offerts.

La nouvelle consule générale remplacera M. Vincent Hommeril, qui avait été nommé en 2012 et qui sera appelé à d’autres fonctions.

Retour au Canada pour Laurence Haguenauer, qui remplace Nicolas Chibaeff à Québec 

Par décret du 10 mai, publié au Journal officiel du 12 mai, Mme Laurence Haguenauer est nommée consule générale de France à Québec. La France sera donc représentée par une femme dans la capitale nationale, moins d’un an après la nomination d’une autre femme, Catherine Feuillet, dans la capitale économique.

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Mme Haguenauer à l’occasion du départ de Christophe Bouchard du Quai d’Orsay pour l’AEFE fin janvier 2016. Source.

Tout comme Mme Feuillet, la future consule générale de France à Québec nous arrive des services centraux, et ce n’est pas là leur seul point commun: toutes deux ont été en poste à Bonn (Allemagne) dans les années 1990.

Chevalier de l’Ordre national du mérite (par décret du 15 mai 2011), alors qu’elle était en poste en Hongrie, Mme Haguenauer est également chevalier de la Légion d’honneur (par décret du 31 décembre 2014). Elle était depuis l’été 2013 chef du service des Français à l’étranger à la direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire.

À l’emploi aux Affaires étrangères depuis plus de vingt ans, Mme Haguenauer représentait le Quai d’Orsay auprès de la Caisse française des matières premières fin 1992. Dans les années 90, outre son passage à Bonn (dans le cadre d’un échange entre le  MAE et son homologue allemand), Mme Haguenauer s’est trouvée aux services centraux (Économie et finances, Affaires culturelles, puis Coopération européenne), avant d’être nommée à Ottawa, comme première secrétaire: sa nomination à Québec, s’il s’agit de son premier poste de consule générale, est donc sa deuxième affectation sur le continent nord-américain.

Au début des années 2000, on retrouve la diplomate au ministère de la Justice: elle a été détachée durant trois ans au service des affaires européennes et internationales de la Place Vendôme. Le parcours de Mme Haguenauer la fait ensuite retourner au Quai d’Orsay (sous-directrice de l’administration centrale), puis la mène en Tunisie: d’abord conseillère en coopération et action culturelle, puis directrice de l’Institut français de Tunis.

C’est en août 2010 que la future consule générale de France se retrouve à Budapest, et trois ans plus tard à la direction des Français de l’étranger, quelques mois avant la nomination de Christophe Bouchard, qui a été remplacé en début d’année.

Voici près de deux semaines, alors que la France et le Québec célébraient cinquante ans de coopération, le consul général Nicolas Chibaeff, en poste à la Capitale nationale depuis octobre 2012, s’était livré à une sorte de bilan de son mandat à Québec.