Archives de Catégorie: Les gens

Roland Lescure investi par EnMarche!

Roland Lescure sera le candidat macroniste dans la 1ère circonscription des Français hors de France (USA et Canada), indique ce jeudi 11 mai un communiqué de EnMarche!, rebaptisé La République en marche. De passage à Québec voici un mois, il avait indiqué à Soir Américain n’être pas candidat.

Petit-fils de Pierre de Lescure (cofondateur des Éditions de Minuit), fils François Lescure (résistant et pilier du journal L’Humanité), demi-frère de Pierre Lescure (journaliste, homme d’affaires, et depuis 2014 président du Festival de Cannes), Roland Lescure n’a pas choisi la voie pourtant toute tracée du vaste monde de la communication. Après Polytechnique, il s’est lancé dans la finance. Tout d’abord dans les années 90 pour des organismes dépendant de Bercy (l’Insee entre autres), puis dans la gestion d’actifs pour une filiale de la Caisse des dépôts, ainsi que pour Groupama.

Roland Lescure, le 9 avril à La Ninkasi Saint-Jean. Photo F.A.

En 2009, un cabinet de recrutement le mettait en contact avec la Caisse de dépôts et de placements du Québec (CDPQ), et il s’installa à Montréal avec un confortable salaire et la promesse d’une belle retraite. Ses fonctions l’ont mené à divers déplacements, évidemment fréquemment à Québec, mais aussi entre autres en France. Cependant, il nous expliquait le 9 avril dernier n’avoir rencontré Emmanuel Macron qu’une fois dans le cadre de ses fonctions, mais pas encore dans le cadre de son engagement politique, alors qu’il a rejoint EnMarche dès avril 2016.

Lors de sa venue à La Ninkasi Saint-Jean (à Québec) le mois dernier par un beau dimanche ensoleillé dans la foulée de son départ de la CDPQ, Roland Lescure se considérait encore comme un « militant comme un autre« . Il expliquait ne pas regarder vers les législatives, mais uniquement mettre « toutes les énergies sur le premier tour » de la présidentielle, comme une course d’obstacles.

Depuis un an, Roland Lescure possède la citoyenneté canadienne. Pour la petite histoire, ce quinquagénaire a offert à sa fille pour Noël l’ouvrage de son candidat favori (aujourd’hui élu président) alors que celle-ci lui offrait celui de Jean-Luc Mélenchon, qu’il a indiqué avoir lu.

Clémentine Langlois, candidate de la France insoumise

Clémentine Langlois a été élue par des militants de la France insoumise de la première circonscription des Français de l’étranger (USA-Canada), afin de les représenter lors des législatives qui se dérouleront les samedis 3 et 17 juin 2017.

Clémentine Langlois a travaillé comme consultante dans le secteur santé-social avant d’atterrir il y a un an à Ottawa pour y reprendre des études. Elle souhaite se

Clémentine Langlois. Photo DR.

spécialiser en épidémiologie. Engagée à gauche depuis une vingtaine d’années, elle explique avoir créé en 2015 le groupe des insoumis de Paris 15e. Depuis 2016, elle coanime le groupe d’appui d’Ottawa.

Convaincue que la France insoumise « n’est qu’au début de son histoire », la candidate compte mettre l’accent durant la courte campagne qui débute « sur la priorité donnée au développement des économies locales, la transition écologique et la justice sociale ».

Dans sa profession de foi, la candidate annonçait qu’elle allait sillonner « largement notre circonscription » pour se consacrer « aux rencontres, au partage et au renfort de la cohésion » des insoumis, dans le but de représenter les Français des USA et du Canada à l’Assemblée nationale « et porter haut et fort le message d’universalité que notre position particulière exige que nous défendions ».

Âgée de 44 ans et mère de deux enfants, Clémentine Langlois est par ailleurs la fondatrice de Fongwama, une association congolaise qui développe des applications libres dans le domaine de la santé et de l’éducation.

Les élections-éclair qui ont mené à la désignation de Clémentine Langlois comme candidate de la France insoumise dans notre circonscription par 56 voix sur 126 électeurs ayant pris part au vote (contre 47 voix pour le candidat de Montréal et 14 voix pour celui de New York) font suite à un retournement de situation intervenu le 3 mai.

Dix jours après le premier tour de la présidentielle, l’investiture obtenue en janvier 2017 par Eléonore Gachet (de San Francisco) semblait devenue « illégitime » auprès de certains militants de Montréal. Ceux-ci se sentaient non représentés eu égard au bon score de Jean-Luc Mélenchon dans la métropole économique du Québec, où les Français votent traditionnellement à gauche. Cependant, une candidature autre que montréalaise fait sens: c’est dans les autres villes du Canada et des États-Unis que le plus gros du travail est à faire si la candidate de la gauche veut remporter la circonscription détenue depuis le 9 juin 2013 par Frédéric Lefebvre.

Reste maintenant à ce que la commission électorale de la France insoumise statue sur cette candidature et la valide rapidement. Il faudra ensuite la déposer officiellement avant le vendredi 12 mai à 18h (heure de Paris), comme nous l’avions indiqué le 25 avril.

De nouveaux consuls à Vancouver, Chicago et La Nouvelle-Orléans

Trois nouveaux consuls prendront leurs fonctions prochainement au Canada et aux États-Unis. 

Par décret en date du 20 avril 2017, Philippe Sutter, conseiller des affaires étrangères, est nommé consul général de France à Vancouver, en remplacement de M. Jean-Christophe Tallard-Fleury, appelé à d’autres fonctions. Philippe Sutter est sous-directeur « action multilatérale » (groupe III) à la direction générale des relations internationales et de la stratégie du ministère de la Défense depuis 2015.

Par décret du 20 avril 2017, Guillaume Lacroix, conseiller des affaires étrangères hors classe (cadre d’Orient), est nommé consul général de France à Chicago, en remplacement de M. Vincent Floreani. M. Lacroix est conseiller Afrique au Ministère des Affaires étrangères depuis 2013, et a déjà été premier secrétaire de l’Ambassade de France aux États-Unis entre 2005 et 2009.

Également par décret en date du 20 avril 2017, Vincent Sciama, secrétaire des affaires étrangères principal, est nommé consul général de France à La Nouvelle-Orléans, en remplacement de M. Grégor Trumel. Il était chargé de mission auprès du directeur des Nations unies, des organisations internationales, des droits de l’Homme et de la francophonie depuis janvier 2017. Auparavant, il avait notamment été directeur adjoint puis directeur de cabinet du secrétaire d’État chargé du Développement et de la Francophonie, André Vallini (mars à décembre 2016).

Kareen Rispal nommée ambassadrice au Canada

Par décret du 20 avril 2017, Kareen Rispal est nommée ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de la République française au Canada.

Elle remplace Nicolas Chapuis, appelé à d’autres fonctions. Actuellement directrice des Amériques et des Caraïbes au Ministère des Affaires étrangères et du Développement international, elle a déjà été Conseillère culturelle et de coopération à l’ambassade de France à New York, aux Etats-Unis, de 2006 à 2010.

Kareen Rispal, et le sous-ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Jean-Stéphane Bernard. Photo : Délégation générale du Québec à Paris.

Titulaire d’une maîtrise de droit public, diplômée de Sciences-Po et énarque (promotion Diderot, 1986), elle a travaillé au service de la coopération économique à la direction des Affaires économiques et financières du MAE (1988-1989), été Sous-directrice du droit international économique et du droit communautaire à la direction des Affaires juridiques au sein du même ministère (1997-2000). Directrice du développement durable et des affaires publiques de Lafarge (octobre 2010-août 2014), elle est actuellement membre du Haut-Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.

En poste à l’étranger, elle a notamment été première conseillère à l’ambassade de France à Londres (2000-2002), secrétaire générale de la délégation française à la 60ème session de l’Assemblée générale des Nations unies (septembre 2005-janvier 2006), et conseillère culturelle et de coopération à l’ambassade de France aux Etats-Unis (2006-2010)

Christian Dumais-Lvowski nommé chevalier de la Légion d’honneur

Le journaliste, auteur et réalisateur canadien Christian Dumais-Lvowski, soixante-deux ans, est fait chevalier de la Légion d’honneur (promotion de Pâques 2017), selon un décret publié au Journal officiel du 16 avril, spécifique aux décorations remises aux étrangers.

Arrivé jeune à Paris (en 1974), Christian Dumais-Lvowski (CDL) travaille pour des agences de presse françaises puis devient conseiller éditorial à Actes-Sud, où il dirige la collection « Le Souffle de l’esprit ». C’est d’ailleurs pour Actes-Sud qu’il a traduit une biographie de son concitoyen Glenn Gould.

Dans les années 90, CDL se lance dans une traduction exhaustive des Cahiers de Nijinski. La mise en scène par Isabelle Nanty de cette œuvre au Festival d’Avignon (1994) donnera lieu à des adaptations dans des villes aux cultures aussi diverses que Montréal, Rome, Moscou, Zürich ou Bruxelles, sans oublier l’Opéra Bastille et l’Athénée à Paris. Parmi la dizaine de documentaires qu’il écrit, coproduit, ou conseille pour Arte, le film Valsav Nijinski, une âme en exil et -fin 2016- Luchino Visconti entre vérité et passion.

En mai 2013 éclate une polémique sur les droits d’auteur du Sacre du printemps, en présence de Christian Dumais-Lvowski (en charge de la succession Nijinski), Tamara Nijinski (venue spécialement de Phœnix à Paris), Aurélie Filipetti, alors ministre de la Culture, dont La Presse fait écho, par le biais d’une dépêche d’agence.

Ironie de l’histoire: à l’été 2014, la Gazette du Canada avait annoncé un peu prématurément cette distinction française, pour publier un erratum deux mois plus tard.

Jean-Marie Le Guen en charge des Français de l’étranger

Le Secrétaire d’État en charge du Développement et de la Francophonie, Jean-Marie Le Guen, récupère une partie du portefeuille ministériel laissé vacant le 21 mars par Matthias Fekl lors du dernier remaniement ministériel: les Français hors de France.

Daté du 5 avril, le décret est paru au Journal officiel du 6, alors que les Français des USA et du Canada sont appelés aux urnes le samedi 22 avril pour le premier tour de l’élection présidentielle.

Élu député de Paris en 1997, 2002, 2007, et 2012, Jean-Marie Le Guen, 64 ans, a également été conseiller de Paris (élu quatre fois depuis 1989) et conseiller régional Île-de-France (1992-1997). Il a quitté l’Assemblée nationale en avril 2014, pour entrer dans les gouvernements Valls à partir d’avril 2014 (relations avec le Parlement) puis Cazeneuve (developpement et francophonie).

Pauline Carmona (qui avait été consule générale de France à San Francisco) est chargée de la Direction des Français de l’étranger.

L’autre partie du portefeuille laissé vacant par Matthias Fekl le 21 mars (Commerce extérieur et Tourisme) est attribuée à Harlem Désir.

Victoire de Trump: Annie Michel sous le choc

Ancienne colistière de Franck Scemama à la législative partielle de 2013 dans notre circonscription, élue AFE depuis 2014, Annie Michel, retraitée depuis peu, vit à New York depuis vingt-sept ans. Originaire de la Nièvre, elle a raconté au groupe Centre France sa nuit électorale et sa stupéfaction suite à l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Comme une majorité de New-Yorkais, Annie Michel avait choisi Hillary Clinton. Au lendemain de cette nuit où elle et ses amis avaient « arrêté d’espérer » vers 23heures (HE), elle qualifie l’élection de Trump de « retour en arrière ». Néanmoins, elle ajoute au sujet de celui qui a entamé ce jeudi la transition: « Je ne sais pas s’il ira jusqu’au bout [de ses annonces, NDLR]« .

« Beaucoup de Républicains », ajoute-t-elle, ont voté « contre ce fou ». Même ses voisins pensent que, grâce à l’élection de Trump, ils vont être plus riches, s’étonne Annie Michel.

Ancienne enseignante, l’élue AFE pour les États-Unis trouve que « les Américains manquent d’éducation civique, historique et de culture politique ».

Malgré son immense déception, Annie Michel se dit « plutôt courageuse » et n’envisage pas de quitter son pays d’adoption.

Son entretien à L’Yonne républicaine est à lire ici.

Le Québec, une destination particulière 

Sénateur (PS) des Français hors de France, Jean-Yves Leconte, cinquante ans, était à Québec jeudi 3 novembre, accompagné de Yan Chantrel, pour qui c’était déjà la deuxième visite à la Capitale nationale depuis l’annonce de sa candidature aux législatives de 2017. Le sénateur -qui attend pour fin novembre le résultat des primaires afin de savoir si les militants lui accordent l’investiture pour un deuxième mandat- a donné à Soir Américain sa vision du Québec.

Si Jean-Yves Leconte n’est sénateur que depuis septembre 2011, il siégeait depuis 1994 (trois ans après son arrivée en Pologne) au Conseil supérieur des Français de l’étranger (CSFE, créé en 1949, modifié en 1982), puis à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE, dans son ancienne formule): il commence donc à être rôdé à certaines spécificités locales.

Le sénateur Jean-Yves Leconte à Québec, novembre 2016. Photo DR.

Le sénateur Jean-Yves Leconte à Québec, novembre 2016. Photo DR.

Pour ce père de trois garçons franco-polonais dont un n’a encore que huit ans, la communauté française du Québec est « très spécifique », avec son lot, bon an mal an, de 25.000 entrées annuelles, incluant les résidents temporaires, et sans compter les départs. « Je n’ai jamais vu ça ailleurs dans le monde », commente le sénateur Leconte quand il évoque la volonté d’intégration des Français qui vont au Québec. Aussi, des sujets comme l’éducation dans le réseau AEFE ne font-ils pas partie des priorités des expatriés, du moins à Montréal et à Québec.

À l’occasion d’une permanence parlementaire tenue dans la capitale économique, une demi-douzaine de personnes ont été reçues, notamment pour des histoires de retraites, de calcul de taux, ou de liquidation de retraite. Aucun rapport avec 2013, quand le problème majeur de Montréal était le délai d’attente pour obtenir le premier rendez-vous pour un passeport. Dans une question écrite -outil qu’il dit utiliser avec parcimonie-, Jean-Yves Leconte parlait de six mois d’attente, un problème résolu depuis qui, selon lui, n’existait à ce point-là qu’à Montréal et à Londres.

À la Capitale nationale, le sénateur devait aussi tenir une permanence… mais les rares inscrits se sont désistés, préférant sans doute le cadre convivial d’un café proche de l’Hôtel de Ville à la solennité d’un entretien minuté à la représentation consulaire du 500 Grande-Allée. D’ailleurs, ils étaient aussi une demi-douzaine à converser autour d’un verre avec le sénateur et le candidat à la députation, qui devaient partir dans la foulée aux États-Unis.

Le transfert de compétences à Montréal en matière d’état civil, en vigueur depuis cet été, n’a pas encore eu semble-t-il de répercussions majeures. Pourtant, le site du consulat général de France à Montréal indique un délai de trois mois pour enregistrer une naissance et de trois semaines après réception de la dernière pièce pour enregistrer un décès survenu à Moncton, dont l’état civil a aussi été transféré à Montréal. Le site du consulat à Montréal indique aux Français de Québec qu’il faut se déplacer pour ces démarches, ce qui pourtant n’est pas requis pour les Français des Maritimes…


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Yan Chantrel se lance dans la course

Dans un communiqué diffusé ce mardi 20 septembre, l’élu consulaire et AFE Yan Chantrel annonce qu’il « sera le candidat du Parti socialiste lors des élections législatives », prenant ainsi beaucoup d’avance sur le calendrier prévu par les instances nationales du parti de la rue Solférino.

Yan Chantrel (à droite) à l'occasion de la première réunion de l'AFE nouvelle mouture, en mars 2015 à Paris. Photo: F.A

Yan Chantrel (à droite) à l’occasion de la première réunion de l’AFE nouvelle mouture, en mars 2015 à Paris.
Photo: F.A

Dans le chapitre 2 (article 5.2.2, page 33) des Statuts et règlement du PS, il est précisé que « les désignations de candidats pour les élections législatives sont adoptées en convention nationale sauf en cas de nécessité, par délégation par le bureau national ». À notre connaissance, les candidatures pour 2017 sont reçues jusqu’à mi-octobre 2016, puis examinées une dizaine de jours plus tard par les fédérations. En cas de candidatures multiples sur une même circonscription, il est procédé à une primaire -si besoin à deux tours à une semaine d’intervalle- puis la convention nationale doit se réunir le 17 décembre 2016 pour adopter les candidatures sur les diverses circonscriptions. Ce calendrier a été adopté début février par le conseil national du PS.

Dans son communiqué, Yan Chantrel annonce également la mise en place « dès le mois d’octobre » d’une plateforme participative destinée à créer « un dialogue citoyen » visant à élaborer le « projet des progressistes d’Amérique […] en amont de l’élection ». Notons par ailleurs que son site Internet était ce mardi en cours de refonte.

Né au printemps 1979 en Seine-Saint-Denis, élu conseiller consulaire de Montréal et conseiller AFE du Canada au printemps 2014, Yan Chantrel aura donc trente-huit ans -dont six années passées à Montréal- lors des législatives de 2017. Le candidat déclaré ira demain mercredi 21 septembre à la rencontre des Français de la circonscription consulaire de Québec. Le rendez-vous est fixé à 17h30, au bar d’Orsay, rue de Buade, à deux pas de l’ancien Consulat général de France à Québec.

Avec la présidentielle, les législatives, puis les sénatoriales (pour lesquelles les conseillers AFE ont le droit de vote), l’année 2017 sera riche en scrutins. C’est pourquoi à Soir Américain nous avons récemment créé une rubrique unique intitulée Elections 2017.

Attention: le calendrier électoral pour 2017 (à consulter ici) fixe les dates de vote aux 3 et 17 juin pour les circonscriptions électorales des Français de l’étranger, alors que le scrutin est prévu les 11 et 18 juin pour les circonscriptions de France hexagonale.

NDLR: comme nous l’avons fait en 2013 (législative partielle) puis en 2014 (consulaires et sénatoriales) nous traiterons les candidatures aux différents scrutins dont nous aurons connaissance; vous trouverez notre courriel de contact dans la rubrique À propos.

Nicolas Chibaeff quitte le consulat général, mais pas le Québec

Après trente ans au service de la diplomatie française, dont quatre dans la capitale nationale, le consul général de France à Québec Nicolas Chibaeff annonce ce mardi 30 août qu’il reste au Québec: il part pour Montréal, à l’Université du Québec à Montréal, en qualité de diplomate en résidence et chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand. M. Chibaeff sera remplacé jeudi 1er septembre par Mme Laurence Haguenauer.

Le consul Nicolas Chibaeff (à gauche) aux côtés de MM. Alain Juppé (maire de Bordeaux) et Régis Labeaume (maire de Québec), le 27 août 2015, dans les salons de l'hôtel de ville de Québec, à l'occasion du salon des vins de Bordeaux. Photo F. A.

Le consul Nicolas Chibaeff (à gauche) aux côtés de MM. Alain Juppé (maire de Bordeaux) et Régis Labeaume (maire de Québec), le 27 août 2015, dans les salons de l’hôtel de ville de Québec, à l’occasion du salon des vins de Bordeaux. Photo F. A.

Nommé en septembre 2012 à la capitale nationale, Nicolas Chibaeff avait pris son poste dès le mois suivant, ce qui lui avait toutefois permis d’assister à Paris à la première visite de la nouvelle Première ministre du Québec Pauline Marois, élue en septembre.

Dans le cadre des relations franco-québécoises, M. Chibaeff allait avoir à préparer la visite du Premier ministre français Jean-Marc Ayrault, en mars 2013, à l’occasion des rencontres alternées France-Québec. Dans la foulée, le consul général allait superviser une législative partielle: la dernière occasion donnée aux Français de la liste électorale consulaire (LEC) d’aller voter dans l’Espace France adjacent à la résidence consulaire, qui allait être détruit quelques mois plus tard (Centre de documentation consacré à la culture française, l’Espace France abritait également le bureau local de Office Français de l’Immigration et de l’Intégration).

En 2014, la toute première élection des conseillers consulaires, qui tombait en même temps que le scrutin européen  -auquel les Français résidant hors d’Europe n’avaient pas pu participer en 2004 ni en 2009- avait lieu au Collège Stanislas. Ces deux scrutins se tenaient en avril, alors que le Premier ministre du Québec était devenu Philippe Couillard, dont Le Télégramme indiquait qu’il était inscrit sur les listes électorales françaises. En France aussi, le Premier ministre avait changé, et c’est pour la venue de Manuel Valls (annoncée pour juin 2016, puis reportée à l’automne) que M. Chibaeff et son équipe ont préparé la prochaine rencontre alternée France-Québec. Annoncée pour juin 2016, cette visite traditionnelle de la France au Québec a été reportée à l’automne du fait de la situation en France.

Durant le passage de Nicolas Chibaeff à Québec fut lancée une infolettre à destination des Français inscrits à la LEC; outre un éditorial co-signé par les consuls généraux de la capitale nationale et de la capitale économique, on y trouvait diverses informations culturelles et politiques, ainsi que le « portrait du mois » d’un(e) Français vivant au Québec. Depuis l’été 2015, cette infolettre ne paraît plus: la dernière édition de La France au Québec a été distribuée le 10 juillet 2015, à la veille de la Fête nationale française. Une Fête soulignée diversement, au gré des ans, du fait de la conjoncture économique: en 2013 un pique-nique en plein air ayant entraîné des coups de soleil, en 2014 une soirée réservée à très peu de monde mais médiatisée car dans un lieu prestigieux, et en 2015 une soirée largement sponsorisée pour les personnalités locales (médias et hommes politiques) mais payante pour le français moyen (où il ne restait plus rien) au rez-de-chaussée de l’immeuble qui, en avril 2016, allait abriter le consulat.

Car le consulat général de France à Québec, situé dans une maison du XVIIe siècle depuis le début des années 80, a été mis en vente au printemps 2014, et les locaux plus fonctionnels ont ouvert au public le 18 avril 2016.

Dans le contexte du terrorisme international, le consul Chibaeff a eu l’occasion de vivre les attentats de l’automne 2014 au Québec (Saint-Jean sur Richelieu) puis au Canada (Ottawa). Moins de trois mois plus tard, alors que commençait l’année 2015, Paris était endeuillée par des attentats. Le jour de la tuerie de Charlie hebdo, le ministre fédéral de la sécurité publique alla au consulat porter des roses blanches, devant lesquelles dans la soirée et sous un froid glacial Français et Québécois vinrent se recueillir. Le 11 janvier, alors que de nombreux chefs d’État étaient à Paris, plusieurs milliers de personnes défilaient à Québec (lire L’InfoBourg de février 2015, pp. 10-11, ici en PDF), et diverses manifestations avaient lieu en Amérique du Nord. À la suite des attentats de novembre 2015, une cérémonie plus courte allait se dérouler devant le consulat général de France.

Titulaire d’une maîtrise de droit public, d’un diplôme de Sciences Po Paris et ancien élève de l’École nationale d’administration (ENA, promotion Denis Diderot, 1986 ), M. Chibaeff est entré au ministère de la Défense en 1986. Quatre ans plus tard, il était détaché auprès du ministère des Affaires étrangères. Il a occupé des postes à l’administration centrale (Europe, 1990-1991), puis a été premier secrétaire à Moscou (1991-1994), deuxième conseiller au même poste (1994-1995), puis à Alger (1995-1997) et à l’administration centrale (Afrique du Nord et Moyen-Orient). Nicolas Chibaeff a été délégué dans les fonctions de sous-directeur d’Afrique du Nord (1997-2000), délégué dans les fonctions de sous-directeur des Affaires politiques (Nations Unies et organisations internationales, 2000-2002), deuxième conseiller puis conseiller de coopération et d’action culturelle à Moscou (2002-2006), commissaire pour les Années croisées France-Russie (CulturesFrance , 2007-2012 ), secrétaire général chargé de la préparation et de l’organisation de l’édition 2012 de la conférence des ambassadeurs.

Lors de l’officialisation de la nomination de Mme Haguenauer, Nicolas Chibaeff avait annoncé qu’il passerait l’été à Québec. Une douzaine de jours plus tôt, à l’occasion du cinquantenaire de la coopération franco-québécoise, il avait livré une sorte de bilan de son séjour dans la Capitale nationale.

Dans une courte déclaration au Journal de Québec quelques jours avant le 14 juillet, Nicolas Chibaeff critiquait le « décalage » entre le « discours publicitaire » pour attirer les Français au Québec et la réalité vécue par beaucoup d’immigrants.

Quant au 14 juillet lui-même, le dernier de M. Chibaeff à Québec en qualité de Consul général, il avait été endeuillé par des dizaines de morts à Nice, sur la Promenade des Anglais. Du coup, M. Chibaeff avait subitement quitté le 500 Grande-Allée afin de se rendre sur les Plaines d’Abraham prononcer quelques mots avant le concert de Julien Clerc.

À lire: Ma Ville à moi, dans Le 16/08 de novembre 2015