Archives de Catégorie: Politiques

Primaires citoyennes: trois électeurs sur dix ont payé mais pas voté

Les résultats des Primaires citoyennes, dites « primaires de gauche » réservent deux surprises sur le vote des Français de l’étranger: d’une part trois électeurs sur dix ont payé mais ne se sont pas exprimés, d’autre part le mieux placé des demi-finalistes est Benoit Hamon, contrairement à d’autres scrutins… dont la primaire de droite, le dernier en date.

Les chiffres que Soir Américain s’est procurés donnent Benoit Hamon en première position, avec 35,67% des suffrages exprimés, devant Manuel Valls, qui n’obtient que 28,15% des voix. Chez les Français de l’étranger, on vote encore moins Valls que chez les électeurs de France, de Corse, et des outremers: les résultats définitifs publiés le 25 janvier donnent un peu plus de 31% à l’ancien Premier ministre de François Hollande.

Pour mémoire, lors de la primaire de la droite et du centre, Alain Juppé était arrivé largement en tête au premier tour, avec 45% des suffrages contre 37 pour François Fillon. La vapeur s’était inversée au second tour avec quasiment un 52/48 en faveur de l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy.

La participation, par ailleurs, est surprenante: dans les deux élections primaires, il fallait être inscrit sur les listes électorales consulaires (LEC) pour procéder à la préinscription à ce choix partisan, et aussi… laisser ses coordonnées bancaires pour prélèvement, que l’on vote ou non.

À droite, environ 58.600 inscriptions ont été validées et le scrutin n’a réuni que 53.000 électeurs au premier tour et 49.500 au second. En clair, 90% des électeurs ont voté lorsque Nicolas Sarkozy a été éliminé, et 84,5% pour départager les deux finalistes. Le nombre de bulletins blancs était marginal (de l’ordre de 200). Deux cents bulletins blancs, c’est aussi ce que Solférino a trouvé en dépouillant les Français de l’étranger: 227 précisément. Sauf que 227 blancs pour près de 11700 votants, ça frise les 2%. Quant aux votants, ils ne représentaient que 73% des 16000 inscrits. En clair, près de trente pour cent des 16.013 personnes qui disaient souhaiter participer à ce scrutin ont laissé leurs coordonnées bancaires, se sont fait prélever les frais de participation, mais n’ont pas pris la parole.

Il n’empêche: le 1er secrétaire fédéral de la FFE-PS Boris Faure se félicite auprès de Soir Américain du « quasi-doublement du nombre de votants par rapport à primaire 2011« . En 2011, 6.800 Français de l’étranger avaient voté au premier tour (7.200 au second), accordant à Martine Aubry plus de 39% des voix du premier tour et plus de 55% de celles du second.

Par ailleurs Boris Faure rappelle à Soir Américain que les chiffres de la primaire à droite « ont été obtenus grâce à une période de préinscription quatre fois plus longue que la nôtre« . Pas faux. Et on pourrait même ajouter que le calendrier était très défavorable pour tenter de faire voter des électeurs non affiliés à un parti politique: il fallait s’y prendre juste durant les congés des fêtes de fin d’année. Un calendrier taillé il est vrai à l’origine pour ne pas obliger le président Hollande à se déclarer trop vite.

La situation en Syrie préoccupe la France, le Canada, et les USA 

Dans une déclaration conjointe rendue publique ce mercredi 7 décembre, les chefs d’État et de Gouvernement de la France, de l’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de l’Italie et du Royaume-Uni s’inquiètent de la situation à Alep.

Ces pays appellent la Russie et l’Iran à « user de leur influence » afin que le régime syrien accepte le plan de l’ONU, rejeté lundi en raison du veto de la Russie et de la Chine.

« Une catastrophe humanitaire se produit juste sous nos yeux », disent les pays signataires, ajoutant qu’hôpitaux et écoles « sont utilisés comme cibles pour saper le moral des populations » et estimant que « l’urgence absolue est un cessez-le-feu immédiat ». L’intégralité de la déclaration commune, rappelant aussi que le Secrétaire général de l’ONU a parlé de « crimes de guerre » est à lire ici.

Quelques heures avant ce communiqué, on apprenait que l’armée avait pris le contrôle de la vieille ville d’Alep.

Fillon l’emporte, même chez les Français de l’étranger

Pour la primaire « de la droite et du centre », les Français hors de France ont été moins nombreux à voter au second tour qu’au premier. Contrairement au premier tour, ils ont cette fois placé François Fillon devant Alain Juppé.

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Les Français de l’étranger étaient plus de 58.600 à s’être inscrits: la répartition par pays est indiquée ici. Au 19 octobre nous avions annoncé entre 56.500 et 60.000 participants et précisé que les inscrits devait laisser leurs coordonnées bancaires aux organisateurs afin d’être prélevés de deux fois 2€. Pourtant, seuls 49.500 ont voté à ce second tour de la primaire. Au premier tour, déjà, ils n’étaient que 53.000.

Parallèlement, la participation en France (4,29 millions au premier tour) aurait augmenté, selon les chiffres partiels remontés auprès de la haute autorité à 13h puis à 17h, heure de Paris. Vers 20h30, le résultat des 2.100 premiers bureaux de vote donnaient François Fillon vainqueur à 69%, un pourcentage qui baissait légèrement quelques minutes plus tard, mais qui semble ne pas pouvoir descendre aux 61% d’un sondage diffusé à l’issue du débat télévisé de l’entre-deux tours. Il était réalisé il est vrai sur 550 électeurs certains de leur choix à partir d’un échantillon de plus de 4.800 personnes.

À 15h (heure de l’est, soit 21h heure de Paris, Alain Juppé félicitait déjà François Fillon à l’occasion d’une brève allocution. Il lui annonçait son soutien, disant en même temps qu’il allait se consacrer entièrement à sa ville de Bordeaux.

Comme sur le modèle américain, le vainqueur prit la parole un quart d’heure plus tard, depuis son quartier général. Après les remerciements d’usage, il appelait ceux qui le souhaitaient à le rejoindre. « François Hollande a abaissé la fonction présidentielle et il faudra la relever », lançait-il, après avoir pourtant appelé « ceux qui ne sont pas de notre camp » mais ont tout de même voté [NDLR: les électeurs se présentant comme de gauche] à rejoindre son camp.

Le président Hollande à ce moment-là ne pouvait pas réagir, étant dans l’avion le ramenant du Sommet de la Francophonie, qui se tenait à Madagascar les 26 et 27 novembre. Notons au passage -sans rapport avec la primaire de droite- que l’Ontario a obtenu le statut d’observateur auquel la province postulait dans le but avoué de devenir membre permanent.

À 18h10 (heure de l’est), dix mille bureaux de vote (sur 10.229) avaient été dépouillés. Le nombre de participants était alors égal à celui du total du premiers tour: 4,29 millions d’électeurs. François Fillon avait à cette heure 66,5% des suffrages exprimés.

À Paris, 257.600 bulletins avaient été dépouillés dans 299 des 313 bureaux: Alain Juppé y avait gagné vingt mille voix par rapport au premier tour mais plafonnait à 45%. Au premier tour, l’ensemble des bureaux de vote avait totalisé 261.317 bulletins, soit un quart des électeurs inscrits. C’est deux fois et demi la moyenne  observée dans l’ensemble de la France et cinq fois plus -tant en nombre qu’en pourcentage- que les Français de l’étranger!

Faits saillants du vote hors de France

1ère circonscription (Canada, USA): Alain Juppé obtient soixante voix de plus qu’au premier tour, alors que 600 électeurs du premier tour n’ont pas participé au second. Il reste donc en tête en Amérique du Nord (52,6%). À 16h15 locales, Michel Gaudart de Soulages, responsable du comité de soutien à Alain Juppé annonçait comme il se doit que François Fillon était « le seul candidat » de la droite.

6e circonscription (Suisse, Liechtenstein): au premier tour, c’était la seule qui avait mis François Fillon en tête avec 2762 voix. Au second tour, il en obtient neuf cents de plus (3643 voix pour être précis). Pourtant, 320 électeurs du premier tour ont boudé le second.

Sur les onze circonscriptions: Alain Juppé ne conserve que l’Amérique du Nord (1ère), le Benelux (4e), l’Europe de l’Est (7e) et l’Afrique du Nord (9e), sa plus large victoire se situant dans la 7e, avec 55,6% des suffrages exprimés. La plus large victoire de François Fillon est moins surprenante: 59,1% des voix en Suisse et au Liechtenstein.

La participation est très faible à l’étranger: au final, elle n’a attiré que 5% du corps électoral, contre 10% pour l’ensemble des électeurs français et 25% des électeurs parisiens. Non seulement il fallait s’inscrire au plus tard mi-octobre lorsque l’on vote à l’étranger, mais par surcroît le député Frédéric Lefebvre avait indiqué au quotidien montréalais Le Devoir que certaines cartes de paiement n’étaient pas compatibles avec le système mis en place par la Haute autorité chargée de la primaire.

Durant l’entre-deux tours, un portrait croisé de MM. Fillon et Juppé a été publié sur le site de journalistes coopératifs Ensemble, basé au Québec.

NB: sujet publié initialement à 14h50 HE, mis à jour au fil du temps

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Primaire de la droite: Juppé grand vainqueur chez les Français de l’étranger

Alors que le premier tour de la primaire de droite donne une nette avance à François Fillon et place Nicolas Sarkozy en « troisième homme », les Français de l’étranger ont massivement préféré Alain Juppé, lui accordant plus de 45% des suffrages sur les onze circonscriptions électorales.

Contrairement aux électeurs de France et des outremers, qui devaient voter à l’urne et pouvaient donc se décider à la dernière minute sur une éventuelle participation, les Français résidant hors de France devaient se préinscrire plus d’un mois avant le premier tour pour participer. Ainsi, entre 56.500 et 60.000 participants à cette première primaire de droite étaient attendus. À l’heure où nous écrivions ces lignes, sur la base de 53.000 votes, Alain Juppé obtenait plus de 45% des suffrages, François Fillon plus de 37%, et Nicolas Sarkozy, devancé dans plusieurs circonscriptions par Nathalie Kosciusko-Morizet, était sous la barre des 9%.

Le bug informatique qui a entaché l’ouverture du vote (à 13h, heure de l’est, samedi), était résolu à 14h23 (20h23 heure française). L’impossibilité d’accès était mondiale, et non pas -comme on l’a cru un moment- restreinte à l’Amérique du Nord.

Dans la 1ère circonscription (USA-Canada), Alain Juppé atteint 47,4%, suivi de François Fillon (33,4%), de Nicolas Sarkozy (9,2%), Nathalie Kosciusko-Morizet obtenant pour sa part 6,7%. Bruno Le Maire (2%), Jean-Frédéric Poisson (1,1%) et Jean-François Copé (0,2%) ferment la marche. Notons que le vote blanc ou nul était possible pour le vote électronique, puisque notre circonscription en compte 9, sur 7.871 électeurs ayant pris part au vote.

En revanche, chez nos voisins de Saint-Pierre et Miquelon (où 89 personnes ont voté samedi dans deux bureaux de vote), on ne compte aucun bulletin blanc. Le classement est le même néanmoins qu’en Amérique du Nord, et seuls les résultats en pourcentage changent sérieusement: tout en étant distancé par Alain Juppé (42,7%) et François Fillon (21,3%), l’ancien président de la République obtient 20,2%, soit sensiblement sa moyenne nationale.

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Vendredi soir, dans un restaurant de Québec, divers responsables LR s’étaient regroupés à l’initiative du délégué LR local, Michel Gaudart de Soulages. Les tendances des « deux favoris des sondages » étaient représentées à table, mais l’on pouvait lire sur les visages une incertitudes, probablement liée à la découverte plus que tardive par les instituts de sondage de la remontée de François Fillon, qui cinq années durant fut le Premier ministre de Nicolas Sarkozy.

La semaine prochaine, les électeurs auront donc le choix entre deux anciens hôtes de Matignon: Alain Juppé, défenseur de l’identité heureuse, et François Fillon, auteur en mai 2007 du discours de Bercy sur l’identité française, qui allait donner lieu dès l’élection de Sarkozy à la création du ministère de « l’identité nationale ». L’été 2015, un mois avant ses soixante-dix ans et sa venue à Québec pour le Salon des Vins, Alain Juppé avait annoncé qu’il ne ferait qu’un mandat en cas d’élection.

Yan Chantrel se lance dans la course

Dans un communiqué diffusé ce mardi 20 septembre, l’élu consulaire et AFE Yan Chantrel annonce qu’il « sera le candidat du Parti socialiste lors des élections législatives », prenant ainsi beaucoup d’avance sur le calendrier prévu par les instances nationales du parti de la rue Solférino.

Yan Chantrel (à droite) à l'occasion de la première réunion de l'AFE nouvelle mouture, en mars 2015 à Paris. Photo: F.A

Yan Chantrel (à droite) à l’occasion de la première réunion de l’AFE nouvelle mouture, en mars 2015 à Paris.
Photo: F.A

Dans le chapitre 2 (article 5.2.2, page 33) des Statuts et règlement du PS, il est précisé que « les désignations de candidats pour les élections législatives sont adoptées en convention nationale sauf en cas de nécessité, par délégation par le bureau national ». À notre connaissance, les candidatures pour 2017 sont reçues jusqu’à mi-octobre 2016, puis examinées une dizaine de jours plus tard par les fédérations. En cas de candidatures multiples sur une même circonscription, il est procédé à une primaire -si besoin à deux tours à une semaine d’intervalle- puis la convention nationale doit se réunir le 17 décembre 2016 pour adopter les candidatures sur les diverses circonscriptions. Ce calendrier a été adopté début février par le conseil national du PS.

Dans son communiqué, Yan Chantrel annonce également la mise en place « dès le mois d’octobre » d’une plateforme participative destinée à créer « un dialogue citoyen » visant à élaborer le « projet des progressistes d’Amérique […] en amont de l’élection ». Notons par ailleurs que son site Internet était ce mardi en cours de refonte.

Né au printemps 1979 en Seine-Saint-Denis, élu conseiller consulaire de Montréal et conseiller AFE du Canada au printemps 2014, Yan Chantrel aura donc trente-huit ans -dont six années passées à Montréal- lors des législatives de 2017. Le candidat déclaré ira demain mercredi 21 septembre à la rencontre des Français de la circonscription consulaire de Québec. Le rendez-vous est fixé à 17h30, au bar d’Orsay, rue de Buade, à deux pas de l’ancien Consulat général de France à Québec.

Avec la présidentielle, les législatives, puis les sénatoriales (pour lesquelles les conseillers AFE ont le droit de vote), l’année 2017 sera riche en scrutins. C’est pourquoi à Soir Américain nous avons récemment créé une rubrique unique intitulée Elections 2017.

Attention: le calendrier électoral pour 2017 (à consulter ici) fixe les dates de vote aux 3 et 17 juin pour les circonscriptions électorales des Français de l’étranger, alors que le scrutin est prévu les 11 et 18 juin pour les circonscriptions de France hexagonale.

NDLR: comme nous l’avons fait en 2013 (législative partielle) puis en 2014 (consulaires et sénatoriales) nous traiterons les candidatures aux différents scrutins dont nous aurons connaissance; vous trouverez notre courriel de contact dans la rubrique À propos.

Une nouvelle condition pour entrer au Canada

Si vous comptez vous rendre au Canada, sachez qu’un « mini-visa » (une AVE, pour Autorisation de voyage électronique) sera nécessaire au 15 mars 2016, et qu’il est préférable de l’obtenir avant d’acheter votre billet d’avion.

À quelques exceptions près, l’AVE concernera (comme cela était annoncé par le gouvernement fédéral en décembre 2014) toute personne qui jusqu’ici était dispensée de visa, dont notamment les ressortissants de l’Union européenne. Seules les personnes entrant par voie aérienne au Canada sont concernées, y compris pour un simple transit. Vous pouvez vérifier ici si vous devez en faire la demande (il existe par exemple une différence entre un citoyen américain et un résident permanent des États-Unis).

D’un coût de sept dollars payables par carte de crédit et d’une validité de cinq ans (ou calée sur la date de péremption du passeport si celle-ci intervient avant), l’AVE permet au Canada de faire une vérification préalable des voyageurs avant qu’ils arrivent au pays. L’autorisation, dématérialiséé comme son nom l’indique, est liée au passeport, et non pas au voyageur. Il est donc nécessaire d’en demander une autre lors du changement de titre de voyage.

Pour savoir quels renseignements vous seront demandés pour obtenir votre AVE, cliquez ici.

Vous avez besoin d’une AVE et vous avez en main votre passeport, votre carte de crédit, et une adresse courriel? Il n’y a plus qu’à déposer votre demande et patienter au maximum 72h (le service est disponible depuis le 1er août).

Un résident permanent canadien n’a pas besoin de demander une AVE mais doit voyager avec sa carte de résident, sinon il risque un refus d’embarquement de la part du transporteur lors de son retour au Canada.

Un étudiant ou un travailleur temporaire, s’il a obtenu son permis après le 1er août 2015, est dispensé de cette formalité durant la validité de son statut de résident temporaire. En revanche, un résident temporaire à qui le titre a été délivré avant le 1er août 2015 et qui compte voyager en avion hors du Canada doit demander une AVE.

Rappel: l’AVE est attachée au passeport. Par exemple un bi-national franco-belge qui n’est pas résident permanent devra faire attention au passeport qu’il utilise, ou effectuer deux demandes distinctes.

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Deux tentatives d’obtention ont été faites par l’équipe de Soir Américain ce dimanche 2 août 2015. La première, via Firefox, ne pouvait aboutir car le formulaire de demande n’apparaissait pas dans sa totalité. La seconde via Chrome n’a pas abouti non plus: le paiement en ligne avec une carte Visa française a échoué (pour motif inconnu), un message d’erreur est apparu, et une seconde tentative immédiate était impossible.

À Québec, le Consulat prend de la hauteur

Ce mardi 14 juillet 2015, le Consulat général de France ouvrait ses futurs locaux à la presse pour une visite. Ce soir, l’édifice dans lequel ces locaux seront prochainement installés abritera une réception privée puis le bal du 14 juillet (à guichets fermés).

L'une des vues depuis les locaux du futur Consulat. Cliquez pour voir en grand.

L’une des vues depuis les locaux du futur Consulat. Cliquez pour voir en grand.

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Plan du futur consulat. Cliquez pour voir en grand.

Les locaux seront situés au 11ème (et dernier) étage du 500 Grande Allée Est, offrant une vue imprenable, à 360° sur l’ensemble de la ville. L’espace, de 450m² (auxquels il faut ajouter 160m² de stockage en sous-sol), permettra de loger, sur un même plateau fonctionnel les services du Consulat, organisés de façon plus pratique qu’à l’ancien bâtiment de la rue Saint-Louis (dont nous annoncions ici la mise en vente en avril 2014). Les plans doivent encore être approuvés, mais selon ce qui a été présenté, les locaux, modernes, offriront un espace de travail rationalisé aux 22 employés actuels (voir plan ci-contre).

Côté sécurité, il a été expliqué ce matin que les ascenseurs seraient accessibles au public uniquement durant les heures d’ouverture des bureaux. Le contrôle des usagers et des visiteurs devrait également être plus facile que dans les locaux que le Consulat occupait depuis 30 ans.

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Les locaux en l’état actuel. Cliquez pour voir en grand.

Le bâtiment sera plus accessible, non seulement aux personnes se déplaçant en voiture (grâce aux stationnements) mais surtout aux personnes à mobilité réduite, ce que ne permettaient pas les locaux de la Maison Kent. Le consul adjoint Yann Deret a déclaré qu’il espérait que les travaux démarrent en août, pour un éventuel emménagement en octobre. Les services du Consulat peuvent bénéficier des locaux actuels jusqu’en mai 2016, ce qui permet une certaine souplesse en la matière, compte tenu des aléas liés à tous travaux.

En pratique, pour les usagers, il est certain que le Consulat sera encore rue Saint-Louis jusqu’au 30 septembre, date limite pour l’inscription exceptionnelle sur les listes électorales (prévue par la loi publiée ce jour au Journal Officiel), si toutefois le décret d’application prévoit qu’elle s’applique aux postes consulaires. En revanche, si vous désirez donner une procuration en vue des régionales 2015, il est préférable de vous renseigner au préalable sur le site internet du Consulat.

Le bâtiment, sis au 500 Grande Allée Est, abrite également les consulats (honoraires) de Norvège et de Grande Bretagne, ainsi que des bureaux de La Financière Banque Nationale, KPMG et Cisco.  Le coût de la location mensuelle a été négocié à 15.000$, ce qui revient aux charges actuelles de la rue St Louis, pour un bail de vingt années.

Vue sur la ville de Québec depuis les futurs locaux du Consulat. Cliquez pour voir en grand.

Vue sur la ville de Québec depuis les futurs locaux du Consulat. Cliquez pour voir en grand.

Ce soir, une réception privée se tiendra à partir de 17h30, en présence de plusieurs personnalités du Québec, notamment Mme Christine St-Pierre (Ministre des Relations internationales et de la Francophonie), Stéphanie Vallée (Ministre de la Justice, et responsable de la Condition féminine), Carlos Leitão (Ministre des Finances), François Blais (Ministre de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche). Le chef de l’opposition officielle, Pierre-Karl Péladeau, a également annoncé sa présence.

À compter de 19h30 se tiendra le bal du 14 Juillet, pour lequel 600 billets ont été vendus selon le service de presse du Consulat. À l’occasion de la réception comme du bal, les vins seront présentés par Carole Samzun-Gaillard, « vinovatrice » et dirigeante de Chais-Elles, une société qui regroupe des vigneronnes françaises.

Le Consul général, Nicolas Chibaeff, victime d’un accident neurologique le mois dernier, a tenu dans un communiqué à remercier l’équipe médicale qui s’est occupée de lui. Il a également évoqué « ce nouveau lieu moderne, fonctionnel, ouvert, transparent et accessible à tous [qui] sera à l’image de la relation entre nos deux nations et de la nouvelle feuille de route qui inspirera les années à venir et sur laquelle s’inscrivent de nombreux projets inspirants: le plan Nord, la Stratégie maritime, la transition énergétique et les transports intelligents, le numérique, la Recherche et l’innovation« .

 

Droits de scolarité: Christine St-Pierre remet les pendules à l’heure

À la veille de son départ pour la France dans le cadre des rencontres bilatérales instaurées sous le septennat de Giscard, la ministre québécoise des relations internationales Christine St-Pierre était invitée ce dimanche 1er mars à s’exprimer aux Coulisses du pouvoir de Radio-Canada.

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Christine St-Pierre s’exprimait ce midi, depuis Québec, à l’émission présentée par Emmanuelle Latraverse.

Mme St-Pierre a notamment été interrogée sur la hausse des frais de scolarité pour certains étudiants français, dont les principaux détails ont été annoncés le 12 février dernier. La ministre a rappelé que cette augmentation ne concernait pas les étudiants déjà inscrits dans une université du Québec, ni aux étudiants en maîtrise et aux doctorants, qui restent assujettis au tarif appliqué aux étudiants québécois.

Seuls les nouveaux arrivants français inscrits en premier cycle, une fois cet accord signé, se verront appliquer le tarif réservé aux étudiants venus du Canada, qui reste d’un coût moindre par rapport aux étudiants étrangers. Christine St-Pierre n’a pas manqué de rappeler que le gouvernement précédent avait lui aussi prévu une hausse. Du reste, le député des Français d’Amérique du Nord Frédéric Lefebvre avait à l’époque dit sur son site Internet qu’il allait saisir la Première ministre Marois et le gouvernement français. Pour notre part, dans un billet publié le 26 mars 2014, nous expliquions qu’aucun des deux partis faisant cette annonce n’en avait chiffré financièrement le coût et les retombées.

Mme St-Pierre a également indiqué au cours de cet entretien que les étudiants français « coûtent » actuellement 120M$ aux contribuables québécois chaque année. Soit en gros dix mille dollars par étudiant et par an. Selon Le Journal de Montréal, qui citait la ministre dans un sujet publié le 12 février, l’économie réalisée sera de l’ordre de 30M$. Le maintien de certaines exemptions continuera donc à coûter 90M$, expliquait le journal montréalais.

La ministre croit savoir que les tarifs pour les étrangers désireux d’étudier dans les universités françaises devraient prochainement augmenter. Aussi a-t-elle annoncé qu’un volet de l’accord en cours de finalisation prévoit que les étudiants québécois soient exemptés de cette hausse.

Bref: Christine St-Pierre remet les pendules à l’heure (elle « donne l’heure juste », comme on dit au Québec): cet accord est bel et bien un accord, et non un diktat imposé par le Québec à la France.

D’autant que, comme l’a indiqué le Premier ministre Couillard dans un entretien à l’AFP, douze à quinze étudiants de Saint-Pierre et Miquelon devraient chaque année pouvoir étudier au Québec au même tarif que des québécois.

Pour en savoir plus sur les relations bilatérales qui unissent le Québec et la France (y compris sur certaines régions) lire ici un document élaboré lorsque Jean Charest et François Fillon étaient encore aux commandes.

Frais de scolarité: la ministre parle à Paris

La ministre québécoise des Relations internationales et de la Francophonie Mme Christine St-Pierre était en déplacement à Paris du 21 au 26 juin. Juste avant de reprendre l’avion pour rentrer au Québec, elle s’est entretenue avec un correspondant parisien du Devoir, entre autres au sujet des frais de scolarité.

photoLa ministre St-Pierre a expliqué au Devoir (article payant) que la hausse des frais de scolarité pour les Français venant au Québec n’est pas négociable.

Comme nous l’avions expliqué ici fin mars en pleine campagne électorale, Philippe Couillard (sorti vainqueur des urnes lors du scrutin provincial) avait emboité le pas de la Première ministre sortante Pauline Marois en annonçant la révision -voire la fin-de l’accord franco-québécois.

Dans Le Devoir, Mme St-Pierre s’explique: « Je pense qu’ils [les Français] ont très bien compris. On va demander à tous les Québécois des sacrifices. Nous sommes dans une situation où on a un déficit budgétaire important […] Je n’ai pas senti de résistance là-dessus », indique la ministre St-Pierre au grand quotidien montréalais.

Selon ce que Christine St-Pierre a expliqué au Devoir, l’alignement des frais de scolarité des Français sur ceux des étudiants canadiens au lieu des étudiants québécois:
– sera décidé après réunion d’un comité de négociation;
– pourrait ne pas toucher les étudiants déjà inscrits dans une université québécoise;
– ne s’appliquera pas à l’année 2014-2015, le budget étant déjà finalisé et les étudiants déjà inscrits (sans compter les difficultés techniques que cela poserait aux administrations des diverses universités, NDLR);
– pourrait faire l’objet d’une exemption, un nombre limité d’étudiant français -par exemple un millier, soit le nombre d’étudiants québécois en France- restant au « tarif Québec », le reste des 18.000 (soit 17.000) passant au « tarif Canada », selon des critères que Christine St-Pierre n’a pas détaillés au Devoir.

Le quotidien précise par ailleurs en page 10 du cahier A que « La France, elle, n’impose pas de droits supplémentaires aux étudiants étrangers ». En effet, les universités françaises, publiques, ne font payer (pour l’instant) que des droits minimes, non comparables aux pays anglo-saxons, et seules les « grandes écoles » appliquent des tarifs assez élevés, dont les revalorisations sont régulièrement publiées au Journal officiel.

En revanche, lorsqu’en première page du même cahier Le Devoir dit que l’alignement des étudiants français sur leurs homologues canadiens représente « une hausse de 230% », il se trompe: comme nous l’indiquions en mars en publiant trois exemples, la hausse serait de l’ordre de deux mille dollars, soit une augmentation de l’ordre de 140%.

L’annonce de la ministre en charge des Relations internationales, si elle est validée par le Premier ministre (qui, rappelons-le, en avait fait un engagement de campagne) et par le ministre en charge des Finances, met donc un terme au combat conjoint du député des Français d’Amérique du Nord Frédéric Lefebvre et du tout jeune élu à Montréal Michaël Pilater, tous deux de l’UMP. Lors de la campagne pour les élections consulaires, que ce soit sur la circonscription consulaire de Québec ou celle de Montréal, nombreux étaient les candidats qui faisaient du maintien de ce qu’ils considéraient comme des « droits acquis » l’un de leurs objectifs. Les conseils consulaires n’étant par définition que consultatifs, ce qui ne concerne que 18.000 des deux millions de Français résidant à l’étranger risque donc fort de passer aux oubliettes, dans l’intérêt des bonnes relations entre la France et le Québec.

Pourquoi voulez-vous rencontrer un parlementaire de l’opposition?

Xavier Bertrand, ancien ministre de la Santé, sera dans la banlieue de Québec dans une semaine. Il est annoncé comme intervenant le vendredi 13 lors du 6e Colloque international sur la gestion des risques, auquel participent notamment des Canadiens, des Québécois, des Français et des Belges. Mais le Consulat général de France à Québec a une autre façon de présenter la chose…

Un courriel expédié hier aux ressortissants français inscrits au consulat et leur proposant de participer à un cocktail indiquait ceci:

Le Consulat vous informe de la prochaine visite à Québec, dans le cadre
d’un voyage d’études, de M. Xavier Bertrand, ancien ministre, député-maire de Saint-Quentin (Aisne).
M. Bertrand serait heureux d’inviter les membres de la communauté française qui le souhaitent à une rencontre. Celle-ci se tiendra, sous la forme d’un cocktail, vendredi 13 juin de 17 à 19 heures.
Le Consulat vous serait reconnaissant de bien vouloir lui faire part de votre
intérêt pour cette rencontre, en précisant vos motivations, dans la mesure du possible.

Il convient de savoir que, lorsqu’une personnalité vient à Québec, ce sont les services du protocole qui généralement s’occupent de son agenda. Ainsi, une rencontre prévue entre Soir Américain et Frédéric Lefebvre avait été annulée en mars dernier peu après que le rendez-vous avait été fixé. Lorsque le même Frédéric Lefebvre, député de la 1e circonscription des Français de l’étranger, se déplace à Montréal, c’est l’UMP qui gère son agenda, nous avait expliqué à cette époque un responsable de ce parti.

Mais c’est la façon qu’a le Consulat général de présenter la chose qui ne manque pas de surprendre:
– d’une part, il est question de « voyage d’études » sans aucune précision
– d’autre part il faut « dans la mesure du possible » préciser les « motivations » qui font que l’on répond à cette proposition de rencontrer Xavier Bertrand.

De la part des services diplomatiques, supposés être particulièrement neutres, c’est d’autant plus choquant que ce n’est pas non plus dans les mœurs lorsque vient un ministre ou le député de la circonscription. Du reste, M. Bertrand, outre qu’il a été ministre de la Santé, est un parlementaire de l’opposition qui est censé représenter l’ensemble des Français, même s’il est élu sur un territoire.

Une rapide recherche (pas sur le site du député, qui reste discret sur ce point) montre que Xavier Bertrand interviendra le vendredi 13 juin en fin d’avant-midi sur le thème de la « Présentation d’un partenariat pour le Village québécois de la prévention« .

Assureur de profession, Xavier Bertrand a reçu en novembre 2013 -à l’occasion d’un colloque sur le thème de « la ville face aux risques et défis à venir » organisé sous l’égide de la ministre du Commerce extérieur de l’époque Nicole Bricq- le Label Gestion des risques territoriaux. La ville de Saint-Quentin (dans l’Aisne) qu’il administre a créé un poste de « risk-manager« .

Il s’est par ailleurs déclaré dès septembre 2012 candidat à la primaire UMP pour l’élection présidentielle de 2017.

Comme il « serait heureux« , selon le Consulat général de France à Québec, « d’inviter les membres de la communauté française qui le souhaitent à une rencontre« , voilà au moins deux « bonnes » raisons à invoquer pour « se justifier » auprès des autorités françaises. Reste que l’on ne sait pas ce qui sera fait des « lettres de motivation« .