Archives de Catégorie: Élections

Vincent Boileau-Autin se lance en politique

Premier marié homosexuel de France dès l’adoption de la loi en 2013, Vincent Boileau-Autin a quitté Montpellier ce dimanche 19 février pour Montréal, où travaille désormais son époux Bruno.

Source: compte Twitter @TBoussaries

Source: compte Twitter @TBoussaries

En début de semaine, Thierry Boussarie, consultant en communication numérique, a annoncé que Vincent Boileau-Autin était candidat dans la 1ère circonscription des Français hors de France pour les élections législatives qui auront lieu au printemps, dans la foulée de la présidentielle.

Dans un entretien publié ce dimanche par 20 Minutes, ce nouveau venu en politique explique qu’il ne se lance pas dans la course pour gagner, mais pour apporter « un vent de fraîcheur » alors que la campagne présidentielle revêt à ses yeux « un goût amer, un goût d’eau sale ».

Primaires citoyennes: trois électeurs sur dix ont payé mais pas voté

Les résultats des Primaires citoyennes, dites « primaires de gauche » réservent deux surprises sur le vote des Français de l’étranger: d’une part trois électeurs sur dix ont payé mais ne se sont pas exprimés, d’autre part le mieux placé des demi-finalistes est Benoit Hamon, contrairement à d’autres scrutins… dont la primaire de droite, le dernier en date.

Les chiffres que Soir Américain s’est procurés donnent Benoit Hamon en première position, avec 35,67% des suffrages exprimés, devant Manuel Valls, qui n’obtient que 28,15% des voix. Chez les Français de l’étranger, on vote encore moins Valls que chez les électeurs de France, de Corse, et des outremers: les résultats définitifs publiés le 25 janvier donnent un peu plus de 31% à l’ancien Premier ministre de François Hollande.

Pour mémoire, lors de la primaire de la droite et du centre, Alain Juppé était arrivé largement en tête au premier tour, avec 45% des suffrages contre 37 pour François Fillon. La vapeur s’était inversée au second tour avec quasiment un 52/48 en faveur de l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy.

La participation, par ailleurs, est surprenante: dans les deux élections primaires, il fallait être inscrit sur les listes électorales consulaires (LEC) pour procéder à la préinscription à ce choix partisan, et aussi… laisser ses coordonnées bancaires pour prélèvement, que l’on vote ou non.

À droite, environ 58.600 inscriptions ont été validées et le scrutin n’a réuni que 53.000 électeurs au premier tour et 49.500 au second. En clair, 90% des électeurs ont voté lorsque Nicolas Sarkozy a été éliminé, et 84,5% pour départager les deux finalistes. Le nombre de bulletins blancs était marginal (de l’ordre de 200). Deux cents bulletins blancs, c’est aussi ce que Solférino a trouvé en dépouillant les Français de l’étranger: 227 précisément. Sauf que 227 blancs pour près de 11700 votants, ça frise les 2%. Quant aux votants, ils ne représentaient que 73% des 16000 inscrits. En clair, près de trente pour cent des 16.013 personnes qui disaient souhaiter participer à ce scrutin ont laissé leurs coordonnées bancaires, se sont fait prélever les frais de participation, mais n’ont pas pris la parole.

Il n’empêche: le 1er secrétaire fédéral de la FFE-PS Boris Faure se félicite auprès de Soir Américain du « quasi-doublement du nombre de votants par rapport à primaire 2011« . En 2011, 6.800 Français de l’étranger avaient voté au premier tour (7.200 au second), accordant à Martine Aubry plus de 39% des voix du premier tour et plus de 55% de celles du second.

Par ailleurs Boris Faure rappelle à Soir Américain que les chiffres de la primaire à droite « ont été obtenus grâce à une période de préinscription quatre fois plus longue que la nôtre« . Pas faux. Et on pourrait même ajouter que le calendrier était très défavorable pour tenter de faire voter des électeurs non affiliés à un parti politique: il fallait s’y prendre juste durant les congés des fêtes de fin d’année. Un calendrier taillé il est vrai à l’origine pour ne pas obliger le président Hollande à se déclarer trop vite.

Fillon l’emporte, même chez les Français de l’étranger

Pour la primaire « de la droite et du centre », les Français hors de France ont été moins nombreux à voter au second tour qu’au premier. Contrairement au premier tour, ils ont cette fois placé François Fillon devant Alain Juppé.

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Les Français de l’étranger étaient plus de 58.600 à s’être inscrits: la répartition par pays est indiquée ici. Au 19 octobre nous avions annoncé entre 56.500 et 60.000 participants et précisé que les inscrits devait laisser leurs coordonnées bancaires aux organisateurs afin d’être prélevés de deux fois 2€. Pourtant, seuls 49.500 ont voté à ce second tour de la primaire. Au premier tour, déjà, ils n’étaient que 53.000.

Parallèlement, la participation en France (4,29 millions au premier tour) aurait augmenté, selon les chiffres partiels remontés auprès de la haute autorité à 13h puis à 17h, heure de Paris. Vers 20h30, le résultat des 2.100 premiers bureaux de vote donnaient François Fillon vainqueur à 69%, un pourcentage qui baissait légèrement quelques minutes plus tard, mais qui semble ne pas pouvoir descendre aux 61% d’un sondage diffusé à l’issue du débat télévisé de l’entre-deux tours. Il était réalisé il est vrai sur 550 électeurs certains de leur choix à partir d’un échantillon de plus de 4.800 personnes.

À 15h (heure de l’est, soit 21h heure de Paris, Alain Juppé félicitait déjà François Fillon à l’occasion d’une brève allocution. Il lui annonçait son soutien, disant en même temps qu’il allait se consacrer entièrement à sa ville de Bordeaux.

Comme sur le modèle américain, le vainqueur prit la parole un quart d’heure plus tard, depuis son quartier général. Après les remerciements d’usage, il appelait ceux qui le souhaitaient à le rejoindre. « François Hollande a abaissé la fonction présidentielle et il faudra la relever », lançait-il, après avoir pourtant appelé « ceux qui ne sont pas de notre camp » mais ont tout de même voté [NDLR: les électeurs se présentant comme de gauche] à rejoindre son camp.

Le président Hollande à ce moment-là ne pouvait pas réagir, étant dans l’avion le ramenant du Sommet de la Francophonie, qui se tenait à Madagascar les 26 et 27 novembre. Notons au passage -sans rapport avec la primaire de droite- que l’Ontario a obtenu le statut d’observateur auquel la province postulait dans le but avoué de devenir membre permanent.

À 18h10 (heure de l’est), dix mille bureaux de vote (sur 10.229) avaient été dépouillés. Le nombre de participants était alors égal à celui du total du premiers tour: 4,29 millions d’électeurs. François Fillon avait à cette heure 66,5% des suffrages exprimés.

À Paris, 257.600 bulletins avaient été dépouillés dans 299 des 313 bureaux: Alain Juppé y avait gagné vingt mille voix par rapport au premier tour mais plafonnait à 45%. Au premier tour, l’ensemble des bureaux de vote avait totalisé 261.317 bulletins, soit un quart des électeurs inscrits. C’est deux fois et demi la moyenne  observée dans l’ensemble de la France et cinq fois plus -tant en nombre qu’en pourcentage- que les Français de l’étranger!

Faits saillants du vote hors de France

1ère circonscription (Canada, USA): Alain Juppé obtient soixante voix de plus qu’au premier tour, alors que 600 électeurs du premier tour n’ont pas participé au second. Il reste donc en tête en Amérique du Nord (52,6%). À 16h15 locales, Michel Gaudart de Soulages, responsable du comité de soutien à Alain Juppé annonçait comme il se doit que François Fillon était « le seul candidat » de la droite.

6e circonscription (Suisse, Liechtenstein): au premier tour, c’était la seule qui avait mis François Fillon en tête avec 2762 voix. Au second tour, il en obtient neuf cents de plus (3643 voix pour être précis). Pourtant, 320 électeurs du premier tour ont boudé le second.

Sur les onze circonscriptions: Alain Juppé ne conserve que l’Amérique du Nord (1ère), le Benelux (4e), l’Europe de l’Est (7e) et l’Afrique du Nord (9e), sa plus large victoire se situant dans la 7e, avec 55,6% des suffrages exprimés. La plus large victoire de François Fillon est moins surprenante: 59,1% des voix en Suisse et au Liechtenstein.

La participation est très faible à l’étranger: au final, elle n’a attiré que 5% du corps électoral, contre 10% pour l’ensemble des électeurs français et 25% des électeurs parisiens. Non seulement il fallait s’inscrire au plus tard mi-octobre lorsque l’on vote à l’étranger, mais par surcroît le député Frédéric Lefebvre avait indiqué au quotidien montréalais Le Devoir que certaines cartes de paiement n’étaient pas compatibles avec le système mis en place par la Haute autorité chargée de la primaire.

Durant l’entre-deux tours, un portrait croisé de MM. Fillon et Juppé a été publié sur le site de journalistes coopératifs Ensemble, basé au Québec.

NB: sujet publié initialement à 14h50 HE, mis à jour au fil du temps

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Primaire de la droite: Juppé grand vainqueur chez les Français de l’étranger

Alors que le premier tour de la primaire de droite donne une nette avance à François Fillon et place Nicolas Sarkozy en « troisième homme », les Français de l’étranger ont massivement préféré Alain Juppé, lui accordant plus de 45% des suffrages sur les onze circonscriptions électorales.

Contrairement aux électeurs de France et des outremers, qui devaient voter à l’urne et pouvaient donc se décider à la dernière minute sur une éventuelle participation, les Français résidant hors de France devaient se préinscrire plus d’un mois avant le premier tour pour participer. Ainsi, entre 56.500 et 60.000 participants à cette première primaire de droite étaient attendus. À l’heure où nous écrivions ces lignes, sur la base de 53.000 votes, Alain Juppé obtenait plus de 45% des suffrages, François Fillon plus de 37%, et Nicolas Sarkozy, devancé dans plusieurs circonscriptions par Nathalie Kosciusko-Morizet, était sous la barre des 9%.

Le bug informatique qui a entaché l’ouverture du vote (à 13h, heure de l’est, samedi), était résolu à 14h23 (20h23 heure française). L’impossibilité d’accès était mondiale, et non pas -comme on l’a cru un moment- restreinte à l’Amérique du Nord.

Dans la 1ère circonscription (USA-Canada), Alain Juppé atteint 47,4%, suivi de François Fillon (33,4%), de Nicolas Sarkozy (9,2%), Nathalie Kosciusko-Morizet obtenant pour sa part 6,7%. Bruno Le Maire (2%), Jean-Frédéric Poisson (1,1%) et Jean-François Copé (0,2%) ferment la marche. Notons que le vote blanc ou nul était possible pour le vote électronique, puisque notre circonscription en compte 9, sur 7.871 électeurs ayant pris part au vote.

En revanche, chez nos voisins de Saint-Pierre et Miquelon (où 89 personnes ont voté samedi dans deux bureaux de vote), on ne compte aucun bulletin blanc. Le classement est le même néanmoins qu’en Amérique du Nord, et seuls les résultats en pourcentage changent sérieusement: tout en étant distancé par Alain Juppé (42,7%) et François Fillon (21,3%), l’ancien président de la République obtient 20,2%, soit sensiblement sa moyenne nationale.

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Vendredi soir, dans un restaurant de Québec, divers responsables LR s’étaient regroupés à l’initiative du délégué LR local, Michel Gaudart de Soulages. Les tendances des « deux favoris des sondages » étaient représentées à table, mais l’on pouvait lire sur les visages une incertitudes, probablement liée à la découverte plus que tardive par les instituts de sondage de la remontée de François Fillon, qui cinq années durant fut le Premier ministre de Nicolas Sarkozy.

La semaine prochaine, les électeurs auront donc le choix entre deux anciens hôtes de Matignon: Alain Juppé, défenseur de l’identité heureuse, et François Fillon, auteur en mai 2007 du discours de Bercy sur l’identité française, qui allait donner lieu dès l’élection de Sarkozy à la création du ministère de « l’identité nationale ». L’été 2015, un mois avant ses soixante-dix ans et sa venue à Québec pour le Salon des Vins, Alain Juppé avait annoncé qu’il ne ferait qu’un mandat en cas d’élection.

Yan Chantrel en campagne pour les Législatives 2017

Le 3 novembre 2016, Yan Chantrel venait à Québec pour la deuxième fois rencontrer les électeurs de la circonscription où il est candidat depuis septembre sous la bannière du Parti socialiste.

C’est un jeune (37 ans) candidat plein d’énergie qui a commencé à parcourir la circonscription très en avance, pour présenter un projet résolument affiché comme « progressiste » et convaincre les électeurs. La stratégie rappelle évidemment celle -payante- de Corine Narassiguin en 2012 (il faisait alors partie de son équipe de campagne), qui était partie très tôt pour faire campagne et sillonner la zone. Accompagné du sénateur Jean-Yves Leconte, il rencontrait des membres de la communauté française de Québec en petit comité. Soir Américain l’a interrogé sur ses ambitions et motivations.

Rejoindre les électeurs, avec un projet « progressiste »

Comment rejoindre une circonscription si grande, et si peu mobilisée? Il a décidé de s’y consacrer à temps plein, ayant pris un congé sans solde et assumant les risques personnel et financier d’une campagne. Il attend également de sa plateforme qu’elle puisse générer des idées et mobiliser les citoyens. Cette idée de faire remonter ce qui vient du terrain articule d’ailleurs l’idée qu’il se fait d’un éventuel mandat.

Siégeant à l’AFE depuis 2014 (il fait partie de la Commission du commerce extérieur, du développement durable, de l’emploi et de la formation) au sein du groupe Français du monde, écologie et solidarité, il souhaite faire valoir « notre particularité en tant que Français progressistes d’Amérique du nord ». Yan Chantrel se pose également en candidat de la base, émergeant d’une primaire locale et tirant sa légitimité du terrain, affirmant que les gens ont bien compris sa démarche. Interrogé sur l’impact d’une étiquette PS et le mécontentement hexagonal, il se pose en « agitateur d’idées du PS », qu’il souhaite « réformer de l’intérieur » et fait valoir certaines positions de la FFE-PS « opposées au gouvernement », tout en affirmant ne pas être redevable des instances centrales.

Le député des français de l’étranger, un député comme les autres?

Yan Chantrel, le 3 novembre 2016. Photo DR.

Yan Chantrel, le 3 novembre 2016. Photo DR.

L’homme conçoit le rôle de député des français de l’étranger comme très particulier, représentant plusieurs cultures, non juste celle du français expatrié. Un éloignement géographique qui permet un certain recul, pour pouvoir dire à l’Hexagone le positif comme le négatif. Pour Yan Chantrel, les français n’ont pas toujours conscience de ce qui se passe bien dans le pays, et il peut être intéressant de le leur rappeler, de l’extérieur, de faire reconnaitre l’apport et la richesse des français de l’étranger, de casser l’idée auprès de l’opinion publique française que leur compatriotes s’exilent pour des causes fiscales.

Des enjeux majeurs

L’accès à l’éducation en français est l’un des premiers enjeux qu’il souhaite défendre, sans toutefois la réduire à la seule fréquentation des lycées français. Plus que des bourses, ce sont avant tout des initiatives du type FLAM ou une prise en charge des cours du CNED pour permettre le maintien du lien avec l’instruction française qui sont privilégiées dans son programme, qui s’inscrit dans une perspective plus globale de diplomatie par la francophonie.

Interrogé sur les valeurs fondamentales qui sous-tendent son engagement, le candidat a tenu a parler de citoyenneté, celle qui n’a pas de frontière, qui permet d’éviter le repli sur soi. Dénonçant une gauche « parfois trop défensive » sur cet enjeu, se prononçant contre l’assimilation au profit de l’intégration, il souhaite « mener cette bataille » et promouvoir des valeurs d’ouverture et de diversité. Des valeurs qui passeraient concrètement par une mobilité des jeunes français de 18 à 25 ans, qui iraient passer un mois à l’étranger, pris en charge par l’État.

Le candidat poursuit sa campagne dans le nord-est de la circonscription dans les prochaines semaines. Il se déplacera vers l’ouest en janvier.

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Le Québec, une destination particulière 

Sénateur (PS) des Français hors de France, Jean-Yves Leconte, cinquante ans, était à Québec jeudi 3 novembre, accompagné de Yan Chantrel, pour qui c’était déjà la deuxième visite à la Capitale nationale depuis l’annonce de sa candidature aux législatives de 2017. Le sénateur -qui attend pour fin novembre le résultat des primaires afin de savoir si les militants lui accordent l’investiture pour un deuxième mandat- a donné à Soir Américain sa vision du Québec.

Si Jean-Yves Leconte n’est sénateur que depuis septembre 2011, il siégeait depuis 1994 (trois ans après son arrivée en Pologne) au Conseil supérieur des Français de l’étranger (CSFE, créé en 1949, modifié en 1982), puis à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE, dans son ancienne formule): il commence donc à être rôdé à certaines spécificités locales.

Le sénateur Jean-Yves Leconte à Québec, novembre 2016. Photo DR.

Le sénateur Jean-Yves Leconte à Québec, novembre 2016. Photo DR.

Pour ce père de trois garçons franco-polonais dont un n’a encore que huit ans, la communauté française du Québec est « très spécifique », avec son lot, bon an mal an, de 25.000 entrées annuelles, incluant les résidents temporaires, et sans compter les départs. « Je n’ai jamais vu ça ailleurs dans le monde », commente le sénateur Leconte quand il évoque la volonté d’intégration des Français qui vont au Québec. Aussi, des sujets comme l’éducation dans le réseau AEFE ne font-ils pas partie des priorités des expatriés, du moins à Montréal et à Québec.

À l’occasion d’une permanence parlementaire tenue dans la capitale économique, une demi-douzaine de personnes ont été reçues, notamment pour des histoires de retraites, de calcul de taux, ou de liquidation de retraite. Aucun rapport avec 2013, quand le problème majeur de Montréal était le délai d’attente pour obtenir le premier rendez-vous pour un passeport. Dans une question écrite -outil qu’il dit utiliser avec parcimonie-, Jean-Yves Leconte parlait de six mois d’attente, un problème résolu depuis qui, selon lui, n’existait à ce point-là qu’à Montréal et à Londres.

À la Capitale nationale, le sénateur devait aussi tenir une permanence… mais les rares inscrits se sont désistés, préférant sans doute le cadre convivial d’un café proche de l’Hôtel de Ville à la solennité d’un entretien minuté à la représentation consulaire du 500 Grande-Allée. D’ailleurs, ils étaient aussi une demi-douzaine à converser autour d’un verre avec le sénateur et le candidat à la députation, qui devaient partir dans la foulée aux États-Unis.

Le transfert de compétences à Montréal en matière d’état civil, en vigueur depuis cet été, n’a pas encore eu semble-t-il de répercussions majeures. Pourtant, le site du consulat général de France à Montréal indique un délai de trois mois pour enregistrer une naissance et de trois semaines après réception de la dernière pièce pour enregistrer un décès survenu à Moncton, dont l’état civil a aussi été transféré à Montréal. Le site du consulat à Montréal indique aux Français de Québec qu’il faut se déplacer pour ces démarches, ce qui pourtant n’est pas requis pour les Français des Maritimes…


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Primaire de droite et du centre: 6% des électeurs se sont préinscrits

Le nombre de Français inscrits sur les listes électorales consulaires (LEC) arrêtées en décembre 2015 et qui se sont préinscrits pour voter à la primaire de la droite et du centre en novembre s’élève, dans la 1ère circonscription législative des Français de l’étranger à 6% des électeurs. Un pourcentage très honorable, surtout s’agissant d’une nouveauté chez les électeurs de droite.

Le nombre provisoire au 19 octobre (1) des inscriptions validées sur l’ensemble des onze circonscriptions est de 56.531, soit environ 5% du corps électoral de la LEC mondiale (2), selon les chiffres communiqués à SoirAméricain par la Haute autorité chargée de veiller au bon déroulement de ce scrutin. Il reste environ 4.500 inscriptions à valider ou à rejeter (3), ce qui, dans le « meilleur » des cas amènerait le pourcentage mondial au niveau de celui de la 1ère circonscription, qui regroupe les États-Unis et le Canada. Le responsable de l’organisation de cette primaire, le député des Hauts-de-Seine Thierry Solère, se réjouit de l’inscription de plus ou moins 60.000 personnes, qu’il compare aux 7.000 électeurs hors de France qui avaient participé à la primaire socialiste de l’automne 2011.

Sur la 1ère circonscription, 9.115 personnes sont déjà inscrites, soit 1/6e des Français de l’étranger souhaitant s’exprimer pour seulement 1/10e des électeurs de la LEC mondiale. Dans les détails, 2.546 inscrits vivent au Canada, et 6.569 aux Etats-Unis. Le nombre d’inscrits aux USA est le même que dans la 3ème circonscription (la Suisse, 6.568), celui des Français du Canada est supérieur à celui de la 2ème circonscription (Amérique du Sud, 2.250), et avoisine celui de la 5ème circonscription (Andorre, Espagne, Monaco, Portugal, 2.625).

Le nombre des inscriptions est d’autant plus élevé que tous les candidats n’ont pas communiqué, du moins d’après les courriels que nous avons pu croiser. Outre le député Frédéric Lefebvre -qui finalement ne concourt pas-, il semble que seuls trois candidats ont écrit: Jean-François Copé, François Fillon (arrivé plusieurs fois dans les pourriels), et Alain Juppé (arrivé par deux fois en pourriel). Nous ne tenons volontairement pas compte des messages des divers comités locaux de soutien pour leurs envois, ne sachant pas s’ils agissent à la demande des candidats ou de leur propre chef. Il est probable que des électeurs en aient eu assez de ces divers messages, car parmi ceux arrivés directement dans la corbeille des indésirables figurait dimanche un député  ayant écrit depuis son adresse de l’Assemblée.

On peut fort légitimement penser que ceux qui se sont préinscrits voteront, puisqu’ils devaient, lors de l’inscription, donner leurs coordonnées bancaires afin de s’acquitter des frais des deux tours, qu’ils participent ou non au scrutin, qu’il y ait un bug informatique local ou non. En France, seuls ceux qui se déplaceront devront payer 2€ par tour auquel il votent.

Par ailleurs, lors des élections générales de 2012, les Français de l’étranger avaient moins voté que la moyenne nationale. Aux législatives (choix entre vote à l’urne et vote informatique), leur participation oscillait entre 12 et 26% (moins de 20% pour la 1ère circonscription), alors que la participation totale frôlait les 55%. À la présidentielle (vote à l’urne uniquement), seulement 42% des Français hors de France avaient voté, contre 80% pour la France entière.

Rien qu’en appliquant le ratio de participation le plus sage –deux fois moins de participation à l’étranger par rapport a la France-, la participation à cette primaire « de la droite et du centre » devrait être de l’ordre de deux millions et demi d’électeurs, le nombre de deux millions de participants étant suffisant pour combler les dépenses prévues par les organisateurs. Il est cependant fort probable que les trois millions soient dépassés: outre l’utilisation de plus en plus massive des médias sociaux, les sept candidats du premier tour de cette première primaire de droite passeront à la télévision française trois fois à 21h sur un total de cinq chaînes, alors que pour la primaire socialiste de l’automne 2011 avait eu ses trois débats pré-premier tour sur « seulement » trois chaînes, et que l’un de ces débats se déroulait avant 20h sur iTELE, qui plus est dans la foulée du renouvellement sénatorial.

Entre la primaire socialiste de 2006, qui a vu la victoire de Ségolène Royal au premier tour, et celle de 2011 où il a fallu deux tours pour que François Hollande émerge, on a pu mesurer l’importance de la télévision. La primaire de 2006 n’a été diffusée que sur les deux chaines parlementaires, et a attiré moins de 200.000 électeurs, alors que la primaire de 2011 a envoyé plus de deux millions et demi de personnes aux urnes, soit treize fois plus. Selon les chiffres Médiamétrie de l’époque, le débat diffusé à 18h sur iTELE avait attiré 4% de l’audience.

La droite, qui voici cinq ans dénonçait les méthodes du Parti socialiste, pourrait fort bien en tirer profit en novembre.

Notes:

(1) Les inscriptions pouvaient se faire jusqu’au dimanche 16 octobre inclusivement (heure de Paris), mais les règles indiquées sur le site Internet disaient « avant le 16 octobre ». Elles n’étaient automatiques que pour les électeurs inscrits sur la LEC en décembre 2015 et qui fournissaient aux organisateurs de la primaire les mêmes renseignements que ceux enregistrés par le MAE.

(2) Si plus d’un million et demi de Français figurent sur le Registre (1,6 million en 2012, 1,7 million en 2016) à peine plus d’un million étaient inscrits sur les listes électorales en 2012. Le premier chiffre permet entre autres de calculer les plafonds de dépenses électorales et d’attribuer les dotations de l’État aux postes consulaires, le deuxième concerne les scrutins. Ce ratio s’observe aussi en France.

(3) Les inscriptions en attente correspondent grosso modo aux jeunes qui auront 18 ans lors de la présidentielle, aux Français de l’étranger qui ont fourni des renseignements différents de ceux figurant sur la LEC lors de leur préinscription, à ceux qui ont tenté de tricher, mais aussi aux erreurs informatiques.

Yan Chantrel se lance dans la course

Dans un communiqué diffusé ce mardi 20 septembre, l’élu consulaire et AFE Yan Chantrel annonce qu’il « sera le candidat du Parti socialiste lors des élections législatives », prenant ainsi beaucoup d’avance sur le calendrier prévu par les instances nationales du parti de la rue Solférino.

Yan Chantrel (à droite) à l'occasion de la première réunion de l'AFE nouvelle mouture, en mars 2015 à Paris. Photo: F.A

Yan Chantrel (à droite) à l’occasion de la première réunion de l’AFE nouvelle mouture, en mars 2015 à Paris.
Photo: F.A

Dans le chapitre 2 (article 5.2.2, page 33) des Statuts et règlement du PS, il est précisé que « les désignations de candidats pour les élections législatives sont adoptées en convention nationale sauf en cas de nécessité, par délégation par le bureau national ». À notre connaissance, les candidatures pour 2017 sont reçues jusqu’à mi-octobre 2016, puis examinées une dizaine de jours plus tard par les fédérations. En cas de candidatures multiples sur une même circonscription, il est procédé à une primaire -si besoin à deux tours à une semaine d’intervalle- puis la convention nationale doit se réunir le 17 décembre 2016 pour adopter les candidatures sur les diverses circonscriptions. Ce calendrier a été adopté début février par le conseil national du PS.

Dans son communiqué, Yan Chantrel annonce également la mise en place « dès le mois d’octobre » d’une plateforme participative destinée à créer « un dialogue citoyen » visant à élaborer le « projet des progressistes d’Amérique […] en amont de l’élection ». Notons par ailleurs que son site Internet était ce mardi en cours de refonte.

Né au printemps 1979 en Seine-Saint-Denis, élu conseiller consulaire de Montréal et conseiller AFE du Canada au printemps 2014, Yan Chantrel aura donc trente-huit ans -dont six années passées à Montréal- lors des législatives de 2017. Le candidat déclaré ira demain mercredi 21 septembre à la rencontre des Français de la circonscription consulaire de Québec. Le rendez-vous est fixé à 17h30, au bar d’Orsay, rue de Buade, à deux pas de l’ancien Consulat général de France à Québec.

Avec la présidentielle, les législatives, puis les sénatoriales (pour lesquelles les conseillers AFE ont le droit de vote), l’année 2017 sera riche en scrutins. C’est pourquoi à Soir Américain nous avons récemment créé une rubrique unique intitulée Elections 2017.

Attention: le calendrier électoral pour 2017 (à consulter ici) fixe les dates de vote aux 3 et 17 juin pour les circonscriptions électorales des Français de l’étranger, alors que le scrutin est prévu les 11 et 18 juin pour les circonscriptions de France hexagonale.

NDLR: comme nous l’avons fait en 2013 (législative partielle) puis en 2014 (consulaires et sénatoriales) nous traiterons les candidatures aux différents scrutins dont nous aurons connaissance; vous trouverez notre courriel de contact dans la rubrique À propos.

Élections 2017: les démarches indispensables en 2016

Deux scrutins auront lieu en 2017: l’élection présidentielle prévue en avril et mai, et les législatives, annoncées en mai et juin. Alors que vient d’être publiée au Journal officiel du sénat la réponse à une question posée par Louis Duvernois (LR, Français hors de France), il est temps de faire le point sur votre situation électorale…

Dans sa question écrite nº 21233 publiée au JO Sénat du 14 avril 2016, le sénateur Duvernois évoquait les difficultés de l’exercice du droit de vote, notamment en cas de radiation par la commission administrative consulaire. À l’heure « d’une mobilité constante », l’élu craignait que la révision réglementaire des listes ne prive des électeurs de leur droit de vote.

Alors que doit s’ouvrir fin septembre une nouvelle session extraordinaire du Parlement, la réponse du Quai d’Orsay a été publiée au JO Sénat du 8 septembre. Rédigée à l’intention du ministre de l’Intérieur -l’organisateur des scrutins nationaux-, cette question fut transmise au ministre des Affaires étrangères -qui a en charge l’administration des Français de l’étranger.

Tout d’abord, le MAEDI rappelle que l’inscription au Registre dure au maximum cinq ans, et qu’il revient au Français hors de France de procéder à son renouvellement. Si l’inscription arrive prochainement à échéance, « plusieurs relances par courrier électronique et postal » doivent être expédiées par le poste consulaire. Et en 2016 chaque électeur doit être contacté à quatre reprises: deux salves de courriels ont déjà été envoyées mi-juin et mi-juillet aux 1,2 millions d’inscrits que comptent les LEC. Si vous ne les avez pas reçus (y compris dans les indésirables), manifestez-vous auprès de votre consulat. Un troisième envoi massif de courriels doit être effectué mi-septembre, puis un dernier mi-novembre. Et ceci même si votre carte consulaire est valide au-delà de 2017.

Dans le cas où vous auriez déménagé en France ou à l’étranger, ces courriels vous permettront de mettre à jour votre situation électorale, donc de potentiellement vous faire radier sans vous déplacer, ce qui est un préalable à toute demande d’inscription ailleurs…

Dans sa réponse, le ministère des Affaires étrangères rappelle les dispositions de l’article L12 du code électoral, utiles entre autres aux Français récemment retournés en France et ne pouvant pas encore justifier du paiement d’une Taxe d’habitation.

Enfin, cette réponse permet de savoir que, de 2012 à 2016, la population française inscrite au Registre a augmenté de 7,31% (1.710.890 Français cette année contre 1.594.303 en 2012) et le nombre des électeurs inscrits est, de son côté, passé de 1.147.403 en 2012 à 1.212.890 en 2016 (progression de 5,70%).

Notons que le même JO Sénat du 8 septembre, toujours en réponse à une question du sénateur Louis Duvernois, annonce que le nombre de bureaux de vote ouverts en 2017 aux Français de l’étranger sera en augmentation de 10,9% par rapport aux scrutins nationaux de 2012.

Les réponses ministérielles aux questions développées ci-dessus sont disponibles pages 3830 et 3832 de cette édition du JO Sénat.

Élections des Français de l’étranger: quelques modifications

Deux décrets du 8 juillet 2016, tous deux publiés au Journal officiel du dimanche 10 juillet, viennent apporter quelques modifications aux textes actuellement en vigueur.

Le premier décret modifie l’article 7 du décret du 22 décembre 2005, en y ajoutant que « le périmètre des bureaux de vote est déterminé pour chaque type d’élection ». Concrètement, cette modification pourrait permettre l’économie d’heures de bénévolat pour les bureaux où, par rapport à une récente élection, on sait que les gens ne votent pas à l’urne. Reste à espérer toutefois qu’un petit bureau peu fréquenté comme Moncton  (trente votants à l’urne au premier tour de la législative partielle de 2013) ne soit pas supprimé, car le bureau le plus proche -celui de Québec- est tout de même à 7h30 de route!

Le deuxième décret concerne le contrôle des opérations de vote par le Bureau de vote électronique (BVE).

La principale modification concerne la représentation de l’AFE au sein du BVE: le nouveau décret précise qui doit siéger, à savoir le président et des deux vice-présidents de l’AFE, ou de leurs représentants désignés par eux au cours de la première session annuelle de l’Assemblée. En clair, cela permettra aux services du Quai d’Orsay de connaître pour un an les noms des représentants de l’AFE au sein du BVE, sans qu’il y ait besoin d’effectuer un changement de dernière minute. Même motif, même punition: il n’y aura plus « un membre du Conseil d’État » au BVE mais un membre « ou son représentant », dont les noms seront connus pour cinq ans.

Notons que ces deux décrets avaient été soumis à la plénière de l’AFE en mars 2016, qui ne s’y était pas opposée (lire ici le compte-rendu).