Archives de Catégorie: Les candidats

La parité en prend un coup

Avant l’invalidation de l’élection de Corinne Narassiguin (1ère Circonscription) et de Daphna Poznanski-Benhamou (8ème circonscription), l’Assemblée Nationale comptait 155 élues. S’il était acquis que la première circonscription reviendrait à un homme, Valérie Hoffenberg (UMP) était encore en lice pour la 8ème circonscription.

Avec l’élection de Meyer Habib (UDI) et de Frédéric Lefebvre (UMP), deux candidats ayant chacun un homme pour suppléant, le Palais Bourbon compte désormais dans ses rangs 153 femmes et 424 hommes, soit 26% de  femmes. Les optimistes diront que cela fait toujours presque 31% de femmes en sus qu’en 2007; la XIIIème législature ne comptait en effet que 116 élues.

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Démarchage à Québec

Mercredi 5 juin, à l’occasion de l’avant-dernier jour de campagne, Franck Scemama tentait d’aller à la rencontre des électeurs à leur domicile, en fin de journée à Québec.

Quartier choisi: Saint-Jean Baptiste, dans la seule circonscription de la ville à avoir élu une députée de gauche en septembre dernier. Mais le candidat franco-canadien était à la recherche d’électrices et d’électeurs de nationalité française.

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Sur les vingt-et-une sonnettes activées en une heure (issues de la LEC de Québec), seules cinq personnes ont répondu présent. Ce qui en une heure est un bon résultat au demeurant. Toutefois on peut regretter un manque de fiabilité de la LEC: en effet, deux adresses étaient soit erronées soit incomplètes, et n’ont pas permis au candidat PS de savoir si les électeurs recherchés habitaient bien ici. Par ailleurs, à trois endroits la personne recherchée avait déménagé, dont une « depuis au moins trois ans » selon les dires du locataire un peu surpris de la démarche.

L’accueil a semblé chaleureux, au point que l’un des électeurs a retenu le candidat chez lui bien plus longtemps que les dix minutes classiques dans le parcours du militant de base. Ce genre de démarche est assez peu courant de la part d’un candidat. En France, on est davantage habitué à voir les candidats sur les marchés alimentaires ou devant des points de passage importants. Mais ici, il faut « débusquer » l’électeur…

La dernière journée québécoise du candidat socialiste (troisième de cette campagne) s’est achevée dans un restaurant de la basse ville, avant de regagner Montréal en autocar, où il allait, jeudi soir, tenir sa dernière réunion de campagne.

AFE: la position des deux candidats

Sur Twitter, un internaute avait posé fin mai aux deux candidats une question relative à la réforme de l’Assemblée des Français de l’Etranger, « un exemple concret de sujet qui concerne directement les français de l’étranger et sur lequel les deux candidats auront à voter« . Les deux candidats ont répondu de façon assez longue à cette question.

Frédéric Lefebvre a répondu à cette question le 2 juin, en revenant en premier lieu sur le fait que le député qui sortira des urnes en cette fin de semaine pourra déposer des amendements en séance sur ce texte, ce député étant appelé à siéger dès la première semaine de son élection, soit avant l’examen du texte.  Le candidat estime que le projet de réforme « va marquer la fin programmée de l’AFE et que la représentation des Français de l’Etranger est par conséquent en péril« ; selon M. Lefebvre, cette réforme n’a « comme unique motivation que d’empêcher les Français établis hors de France de s’exprimer« .

Frédéric Lefebvre s’oppose également à la transformation de l’AFE en Haut Conseil, la désignation des membres par les conseillers consulaires, la modification les circonscriptions, au fait que la réforme ne prévoie pas d’inclure la fiscalité au rapport du gouvernement, et à la fin des mandants en cours à partir de 2014. Il propose par ailleurs de garantir la « participation de l’UFE et de l’ADFE à la participation du processus démocratique« , ainsi qu’un autre type de répartition des sièges « conformément aux règles imposées par le Conseil constitutionnel« . Le candidat prévoit déjà d’intenter un recours devant le Conseil constitutionnel si ses propositions ne sont pas retenues.

Dans sa réponse, datée du 7 juin, Franck Scemama rappelle que tout le monde s’accorde sur le besoin de réforme de l’AFE, dysfonctionnelle quant à ses dimensions locale, politique et électorale. Cet ancien élu de l’AFE met en avant que la dimension locale pourra être renforcée par la présence de plus de conseillers consulaires ancrés dans leur circonscription, que le collège électoral sera fortement accru en termes numériques (minorant ainsi les risques de clientélisme). Quant au volet politique, le candidat fait valoir le fait que les discussions entre parlementaires et gouvernement pourraient faire passer le nombre de circonscriptions de 5 à 20, ce qui lui parait « un minimum« . Revenant sur un risque accru de déséquilibre, « conséquence induite par un scrutin de liste où les grands électeurs ne sont pas équitablement répartis sur le territoire », il propose éventuellement que « les nouveaux conseillers à l’AFE soient élus au suffrage direct, ce qui offrirait plus de chances à un conseiller sud-américain d’être élu par les Français résidant dans sa circonscription. La solution idéale serait évidemment d’avoir davantage de circonscriptions et une élection directe. »

Rappelant son attachement à la limitation du cumul des mandats, le candidat « regrette d’ailleurs que la réforme n’aille pas plus loin et ne lui donne aucun pouvoir décisionnel, comme la Fédération des Français de l’étranger du PS le souhaitait« , et souhaite collaborer activement avec les « acteurs de terrain que sont les conseillers de l’Assemblée des Français de l’étranger« , ainsi que les sénateurs et députés qui partagent cette vision.

Bien comprendre le compte de campagne de Franck Scemama

S’étant engagé à plusieurs reprises pour la transparence, le candidat du PS publie ce jour ses comptes de campagne (en date du 1er juin 2013).

Actuellement, le montant total de ses dépenses s’élève à un peu moins de 18.000 €, dont 9768€ uniquement pour les déplacements, soit 54%. Ceci est parfaitement compréhensible quand on connait la taille de la circonscription. Le candidat s’est ainsi rendu dans une quarantaine de villes depuis le début de sa campagne. De ces 9768€, la plus grande partie concerne des frais de voyage, le candidat ayant fait le choix de dormir chez l’habitant plutôt qu’à l’hôtel quand cela était possible.

66% du financement de la campagne est assuré par des dons (près de 12.000€). Ce qui donne l’occasion au candidat d’interpeller son opposant, via les réseaux sociaux:

Le candidat déclare n’avoir dépensé que le quart du plafond légal autorisé. Dans la présentation des comptes de campagne à la commission, il convient en effet de distinguer les déplacement internes à la circonscription des autres dépenses (ce plafond s’élève à 38.000€ par candidat majoré par 0,15€ par habitant de la circonscription, multiplié par 1,26, soit environ 85.000€.
Lire page 19 du mémento du candidat). Seul le plafond de 47,5% des dépenses réelles peut être remboursé.

En voulant faire simple à lire pour ses électeurs, le candidat PS avait omis de donner ces quelques détails, qui pouvaient laisser douter de la fiabilité du 26% de plafond de dépenses qu’il annonce ce samedi sur son site Internet.

Deuxième tour: la campagne démarre fort

La première infolettre du deuxième tour, envoyée par Franck Scemama, est arrivée ce dimanche à 16h26 (heure de l’est). Un message pugnace, qui compare les deux candidats encore en compétition.

comparaison

En lisant attentivement l’infolettre (cliquez ici), on s’aperçoit notamment que le logo d’EELV est présent en haut du message, aux côtés des logos des autres partis. Sur Facebook, le candidat EELV s’est contenté d’un sobre message.

Réunions électorales

La « petite équipe » de Soir Amérique a eu l’occasion de se rendre à plusieurs réunions électorales tenues à Québec. Compte-rendu forcément subjectif et très léger de ces rencontres avec les candidats.

Commençons par les candidats que nous n’avons pu rencontrer. Damien Regnard est venu à Québec le 11 avril. Mais sa réunion s’étant tenue à la Maison des Français de la Société Française de Québec à Lac Beauport, et la rédaction n’étant pas motorisée, nous n’avons pas pu nous y rendre. Frédéric Lefebvre avait quant à lui annoncé sa venue à Québec le 22 avril, mais n’a publicisé sa rencontre à l’Université Laval qu’après sa tenue.

Franck Scemama est venu deux fois. La première fois le 10 avril, dans le cadre du 6 à 8 mensuel de Français du Monde ADFE. Tenue au Pub Galway sur Cartier, elle a réuni une vingtaine de personnes, ainsi qu’une journaliste audiovisuelle venue de Montréal pour C dans l’Air. Elle cherchait à recueillir les avis des personnes présentes sur l’affaire Cahuzac, qui n’en avaient visiblement rien à faire, et nous ne savons pas si les images recueillies ont finalement été utilisées pour France5. La réunion, quoiqu’un peu bruyante, nous aura permis de découvrir un candidat qui nous a semblé posséder une grande maitrise technique des sujets, mais encore un peu timide.

20130510_194116La seconde réunion s’est tenue le le 10 mai, au restaurant Table. Les croustilles étaient délicieuses, pour mon plus grand plaisir. Vraiment délicieuses (comprendre, j’ai vidé les bols). Si j’avais écrit pour l’Outarde, j’aurais décerné une fourchette de platine. Franck Scemama m’a semblé beaucoup plus à l’aise dans son rôle de candidat; à la maitrise technique s’ajoutait une meilleure aisance en public. Les discussions ont porté sur un grand éventail de sujets, permettant à tous les participants d’intervenir sur leur thème favori. Chacun a partagé son expérience, dans une ambiance intime (nous étions une bonne quinzaine), calme et conviviale.

Ci-contre, le candidat, le 10 mai.

Cyrille Giraud est également venu à Québec, le 15 mai, pour un 5@7 au Cercle. Nous n’avons pas vraiment abordé les sujets de la campagne, mais la réunion fut très sympathique. Le candidat est visiblement très à l’aise en public (enfin, au moins en petit comité, nous n’étions pas 10) et ses expériences personnelles d’habitant de Montréal sont assez intéressantes à découvrir. Finalement, cela nous a permis de rencontrer des personnes très sympathiques et de parler de physique quantique et de chat de Schrödinger.

20130523_183538Dernière réunion, celle de Louis Giscard d’Estaing, qui s’est tenue le 23 mai au Nihon Sushi. Quand j’ai lu Sushi, j’ai tout de suite dit oui. Fourchette d’or. Bref. C’était la dernière réunion publique du candidat avant le premier tour. Accompagné de sa suppléante Séverine Boitier, il a fait une présentation relativement formelle, mais détendue, de son programme. La suppléante est visiblement une grande connaisseuse des enjeux locaux, et sait parler à un public qui s’est adapté à la vie en Amérique du Nord. Les sushis sont arrivés à un moment, et je crois avoir manqué une partie de la présentation. Passés les discours un peu formels, les candidats se sont assis auprès du public pour des discussions à bâtons rompus sur les enjeux de la circonscription et la vie d’expatrié. Bien que n’étant pas du même bord politique, il est toujours agréable d’échanger de manière constructive avec les candidats.

Bien que tous les candidats ne se déplacent pas dans toute la circonscription pour rencontrer les électeurs (un choix économique qui peut se comprendre), ces rencontres ont réellement été enrichissantes, et se sont toujours déroulées dans une bonne ambiance. Il existe par ailleurs un noyau d’électeurs à Québec qui participe à toutes ces réunions. La »diaspora » française sait aussi se retrouver quand les enjeux le valent bien.

Les candidats sur Twitter

Il est clair que les réseaux sociaux ne font pas une élection. Pas plus tard qu’hier, Nicolas le rappelait sur son blogue à la suite d’un sujet sur le HuffPost français. Néanmoins, dans notre circonscription vaste comme quarante fois la France et dans un temps de campagne très limité (invalidation le 15 février de Mme Narassiguin, campagne officielle du 5 au 24 mai -page 9 du memento), les réseaux sociaux contribuent à la campagne, nécessairement dans une proportion plus importante qu’en France.

L’objet de ce billet n’est pas de faire une analyse exhaustive des différents sites de campagne, de partis politiques, de pages facebook de soutien et autres, mais uniquement de juger, de manière forcément subjective, comment les candidat(e)s et leur entourage se sont comportés sur un seul réseau social: Twitter. Le mot-clic de ralliement pour la campagne est pour tout le monde #EXTcirco01, soit 1ère circonscription des Français de l’extérieur, dénomination « héritée » des élections générales de 2012.

Les candidats sont présentés dans l’ordre du tirage au sort. Les comptes sont supposés ne plus émettre de message « ayant le caractère de propagande électorale » depuis jeudi soir minuit selon l’article L. 49 du code électoral. On notera toutefois le flou entretenu par le MAE dans son memento du candidat (page 9): il est indiqué pour notre circonscription -où le vote à l’urne a lieu le samedi- que la campagne est close « le vendredi 24 mai 2013 » sans plus de précision, alors que pour l’autre circonscription -qui vote le dimanche- il est spécifié que la campagne « s’achève le samedi 25 mai 2013 à minuit ».

Le MAE a-t-il fait une coquille ou une largesse qui pourrait profiter à ceux des candidats qui lisent attentivement le memento?

1/ Louis Giscard d’Estaing ou @tousaveclouis: il s’agit à proprement parler d’un « compte de campagne », créé spécialement pour l’élection, le 22 avril. Peu prolixe, il ne compte que 66 messages (dont très peu de retweets) et n’a jamais répondu aux personnes qui le citaient. Le compte (suivi par un peu plus de cent dix abonnés, médias inclus) n’est pas tenu par le candidat.

Un soutien basé en Europe précise qu’il est géré par « des soutiens » installés en Amérique du Nord. C’est un plus par rapport à la réactivité, compte-tenu du décalage horaire, mais on peut regretter l’absence totale d’interactivité.

Les soutiens de l’ancien député du Puy-de-Dôme se font discrets, tant localement qu’Européens. Et courtois. Ils n’hésitent cependant pas à tirer dans les pattes de l’autre ancien député, Frédéric Lefebvre, qui donne il est vrai souvent des occasions à cela.

2/ Damien Regnard ou @damienregnard: là aussi c’est un compte de campagne. Mais lancé par le candidat de Louisiane depuis le 18 mars. Petit compte également, avec 90 abonnés, 123 messages, le dernier pour annoncer la fin des mises à jour en respect du code électoral le 23 mai à 23h58.

Particularité de candidat, qui pourtant se déplace beaucoup sur le terrain: il n’a diffusé qu’une seule photo, le 13 avril, devant sa maison « à Montréal en 1973 ». Il ne semble pas bien maîtriser l’outil Twitter, n’ayant même pas rediffusé cette photo prise par une personne assistant fin mars à l’une de ses réunions.

3/ Nicolas Druet ou @Nicolas_Druet: son compte Twitter existait bien avant la campagne législative partielle, puisque en septembre dernier le candidat MoDem s’intéressait de très près aux élections au Québec et notamment à Outremont, se montrant favorable au PQ plutôt qu’à QS. Il n’a néanmoins que 170 abonnés.

Il maîtrise bien l’outil Twitter, n’hésite pas à rediffuser des messages, critique beaucoup la politique du gouvernement français, et répond parfois lorsqu’on l’interpelle sur le réseau social. Parmi ses principaux soutiens, un ressortissant français installé à Québec et doté d’un compte avec plus de 1100 abonnés. Par ailleurs, le 17 mai, deux jours après l’ouverture du vote électronique, son parti (plus de 60.000 abonnés) a appelé les internautes à téléphoner en Amérique du Nord pour inciter les électeurs à voter pour lui.

4/ Franck Scemama ou @ScemamaFranck: c’est par ce message du 26 mars que le candidat du PS a annoncé qu’il ouvrait un autre compte, destiné à sa campagne électorale. Il a pourtant 360 abonnés et avait posté 388 messages à la date d’hier soir 22h49. Il suit très peu en retour: seulement 48 comptes, dont évidemment son directeur de campagne, ses principaux soutiens en France et en Amérique du Nord, et des médias.

Bien que régulier, avec en moyenne six messages par jour, on note chez Franck Scemama peu d’interactivité: une réponse à votre serviteur suite à des échanges verbaux dans un bar de Québec, une réponse d’évidence sur le mariage pour tous, une autre sur sa déclaration de patrimoine, au total moins de dix réponses. C’est dommage pour un candidat qui a multiplié les déplacements et n’est pas avare de messages en 140 signes. Néanmoins, son entourage prend parfois le relais en clair ou en messagerie privée, et ne se contente pas de relayer ses messages. C’est peut-être le candidat qui, sur Twitter, possède le réseau le plus efficace car en nombre bien plus important que celui de Louis Giscard d’Estaing et en courtoisie bien plus agréable que celui de Frédéric Lefebvre dans leur ensemble.

On constate aussi que Franck Scemama ne « pollue » pas le réseau du mot-clic de la circonscription pour un oui pour un nom. Par exemple, le jour des attentats de Boston, alors qu’il était à San Francisco, il a publié deux messages sans le mot-clic (un ici, l’autre ). A l’inverse, le candidat investi par l’UMP, qui allait passer quelques jours à Paris, a utilisé le mot-clic, ce qui lui a valu de se faire épingler par Europe1.

5/ Nicolas Rousseaux ou @F_Republicaine: sa dernière publication est ce message du 22 mai qui diffusait son portrait sur le site de TV5Monde (le même portrait que les électeurs avaient reçu en spam la veille). Il compte 230 abonnés mais était déjà sur Twitter avant cette élection. Le plus ancien message qui reste sur son compte remonte au 13 février, deux jours avant  la décision du Conseil constitutionnel invalidant l’élection de la circonscription d’Amérique du Nord. Lorsque François Fillon a décidé de baptiser son mouvement « Force Républicaine » et que votre serviteur l’a signalé à un journaliste spécialiste de la droite française, Nicolas Rousseaux a passablement encombré son compte à revendiquer le nom de son mouvement.

Entre ces nombreux tweets contre son ancien parti et des nombreux commentaires d’actualité, la place pour la campagne électorale est assez maigre pour ce candidat atypique, sur un total dépassant à peine les 700 gazouillis. Le ratio abonnés/abonnement est étrange aussi: 230 abonnés pour plus de mille abonnements, pas vraiment le profil d’un homme politique.

Nicolas Rousseaux, qui ne s’est pas déplacé sur le terrain et dont la circulaire électorale a été invalidée, compte sur Twitter pour avoir quelques voix, comme il l’a expliqué à La Montagne. La Montagne est l’un des médias français qui s’intéressent à la campagne, d’une part parce que le journal a une correspondante à Montréal, d’autre part parce que trois des douze candidats sont d’origine auvergnate.

6/ Cyrille Giraud ou @CyrilleGiraud: le compte du candidat écologiste a été créé fin 2011, à l’occasion de la pré-campagne électorale des législatives de 2012. L’an dernier, PS et EELV faisaient « ticket commun » dans beaucoup de circonscriptions et il était le suppléant de Mme Narassiguin. C’est donc la deuxième campagne électorale avec le même compte Twitter, et une vie entre les deux campagnes.

Cyrille Giraud est abonné à presque 400 comptes, et a 400 abonnés. Il n’a diffusé en dix-sept mois qu’à peine plus de 400 messages, le dernier, d’hier, étant le soutien de Pascal Canfin, ministre de la Coopération.

Son utilisation de l’outil est on ne peut plus conviviale: il suit l’actualité, y compris française, il rediffuse des informations, il répond assez rapidement aux interpellations.

7/ Frédéric Lefebvre ou @FLefebvre_UMP: le compte de l’ancien secrétaire d’Etat en charge du Commerce et de l’Artisanat est sans conteste le plus important de la campagne avec plus de 26.000 abonnés (dont 26% de faux comptes et 34% d’inactifs, selon ce site). Mais pour l’ancien porte-parole de l’UMP, le premier jour sur le réseau social, en novembre 2009, a été rude: il s’en est tout simplement fait éjecter.

Désormais plus calme, ce n’est pas pour autant que le candidat maîtrise bien l’outil. Par exemple, son dernier message de campagne (d’hier à 17h12) le montre avec… sa cousine Camilla. Pas sûr que les électeurs des USA et du Canada soient intéressés par la chose. De même, l’utilisation abusive du mot-clic de la campagne n’est pas normale pour quelqu’un qui a déjà trois ans et demi d’ancienneté sur le réseau social. Le pire des exemples fut sans doute celui des attentats de Boston (lire candidat n°4: Franck Scemama).

Le candidat investi par l’UMP parle, communique, mais ne répond jamais. Seuls ses soutiens (des JeunesPop ou de la « TeamLefebvre ») répondent, avec plus ou moins d’arguments, plus ou moins de courtoisie.

8/ Thierry-Franck Fautré ou @ThierryFautre: le candidat FN a créé son compte le 8 avril, a six abonnés, et a émis six messages. Dernier message en date, celui-ci (du 10 avril) dont nous avions relevé ici qu’il reflétait pour le moins une grande méconnaissance de la composition du gouvernement (il citait un certain… Jean Kulasek).

Ce n’est donc pas sur Twitter que M. Fautré gagnera la moindre voix.

9/ Véronique Vermorel ou @vvermorel: le compte de la candidate « pirate » n’a qu’une centaine d’abonnés, mais il est jeune, puisque son plus ancien message remonte au 1er mars.

Sur les 330 tweets déjà publiés (dont certains ce vendredi), on ne trouve pas que de la campagne électorale. Il y a aussi des rediffusions de messages et des réponses. On l’a vu plus haut, ce n’est pas le cas de tous les candidats.

L’entourage de la candidate s’est montré lui aussi très réactif tout au long de ces dernières semaines.

10/ Céline Clément ou @CClement_2012: la candidate Front de Gauche n’a pas modifié l’intitulé du compte qu’elle avait en 2012. De même que Cyrille Giraud, son compte Twitter a fonctionné depuis les élections de l’an passé. Elle a un peu plus de 400 abonnés et suit près de 500 comptes.

Céline Clément aussi s’est servi de son compte ce vendredi. Une fois pour renvoyer sur L’Outarde libérée mais aussi pour rediffuser une information sans rapport avec les élections.

Elle se sert de Twitter de façon interactive et évoque -parfois avec humour- des sujets très divers, hors de la campagne. Comme elle a quitté le Canada depuis quelques mois, elle a fait sur le terrain une très courte campagne.

11/ Pauline Czartoryska: pas de compte.

12/ Karel Vereycken ou @SPVereycken: le candidat Solidarité & Progrès était déjà candidat en 2012. Il affiche plus de 2000 gazouillis au compteur, suit presque deux mille personnes et a dépassé le millier d’abonnés. Il a utilisé Twitter ce vendredi, entre autres pour annoncer que « l’ex-ministre de tutelle de Frédéric Lefebvre » Christine Lagarde avait été placée sous le statut de témoin assisté.

Il diffuse ou rediffuse beaucoup d’informations, dont la plupart sont axées sur la campagne. Il n’hésite pas à répondre ou à intervenir sur certains sujets.

Voir aussi: Essai de cartographie virtuelle des élections.

Un touite, un tâcle 2

Nicolas Druet aime décidément interpeller Frédéric Lefebvre sur Twitter. Quelques heures après la fin du vote électronique, et quelques jours avant le vote à l’urne, les esprits s’échauffent-ils?

Ce que contient l’enveloppe électorale

Les électeurs de la 1ère circonscription reçoivent ces jours-ci l’enveloppe électorale contenant circulaires et bulletins de vote pour le scrutin du 25 mai et 8 juin. Si 12 candidats se présentent, seulement 7 circulaires et autant de bulletins se trouvent dans l’envoi postal.

La Commission électorale a rejeté la circulaire de Nicolas Rousseaux (Force Républicaine) pour emploi d’une langue étrangère. Thierry Franck Fautré (Front national) et Pauline Czatoryska n’ont pas fourni de circulaires ou bulletins. Bien que Karel Vereycken (Solidarité et Progrès) et Véronique Vermorel (Parti Pirate) aient déposé leurs propagandes respectives, il ne faut pas s’étonner que les versions papiers soient absentes de l’enveloppe.

Karel Vereycken précise que c’est faute de moyens financiers suffisants qu’aucun bulletin ou circulaire ne sera imprimé, et réfère à son site internet pour imprimer soi-même le bulletin.

Du côté du Parti Pirate, on précise que les bulletins seront bien présents le jour du vote à l’urne.

Bien que ce choix puisse paraître logique au plan économique, on peut regretter qu’une partie des électeurs, ne fréquentant pas les réseaux sociaux, ne puissent avoir connaissance de la propagande. Le manque de relais médiatiques sur la zone rend l’information moins accessible que si nous nous trouvions en France hexagonale ou d’Outre-mer, où le CSA impose une campagne  audiovisuelle.

Restent donc 7 bulletins dans l’enveloppe: Céline Clément (Front de Gauche),  Nicolas Druet (MoDem), Cyrille Giraud (EELV), Louis Giscard d’Estaing (UDI), Frédéric Lefebvre (UMP), Damien Regnard (RFE), Franck Scemama(Parti Socialiste).

Bulletins de vote

On remarquera que certains candidats se prévalent de leurs mandats précédent ou actuel, comme Damien Regnard ou Franck Scemama, qui mettent en avant leur rôle d’élu à l’Assemblée des Français de l’Etranger. Bien qu’ayant été Secrétaire d’Etat, Frédéric Lefebvre se présente comme ancien Ministre, ce qui est certes l’usage consacré, ainsi que candidat de l’union de la droite et du centre-UMP (en affichant le logo de l’UMP uniquement). Damien Regnard se présente comme le candidat d’union locale de la droite et du centre, et Louis Giscard d’Estaing comme le candidat de la droite et du centre, soutenu par l’UDI.

La législative en chiffres

Le vote électronique commence demain mercredi 15 mai à 12h (heure de Paris) pour le premier tour; le second tour du vote à l’urne aura lieu le samedi 8 juin pour notre circonscription et le dimanche 9 juin pour la huitième. Quelques chiffres sur cette campagne…

Un. – C’est le nombre de courriels (le pluriel semble superflu) que Véronique Vermorel, candidate du Parti Pirate, a envoyés durant cette campagne. Ce message est parvenu ce mardi 14 à 10h30 (heure de l’est) aux électeurs de la liste consulaire. Sur son blogue, elle avait expliqué le 5 mai qu’elle ne ferait qu’un seul envoi, et promis qu’elle détruirait les fichiers.

Deux. – C’est le nombre de candidats ayant déjà siégé à l’Assemblée nationale, l’un deux fois cinq ans élu dans le Puy-de-Dôme, l’autre deux ans en remplacement d’un député des Hauts-de-Seine (lire ici); c’est aussi le nombre d’anciens de l’équipe Narassiguin à la course aux voix (lire ).

Trois. – s’il est élu, Franck Scemama (PS)  sera le troisième homme au Palais-Bourbon à être ouvertement gay. Ce mardi, Yagg indique que seuls Sergio Coronado (député EELV des Francais hors de France, 2e circo) et Franck Riester (député UMP de Seine-et-Marne) ont « fait leur coming-out à l’Assemblée nationale ». Dans sa biographie, le candidat PS indique avoir quitté Montréal pour la France à l’été 2012 afin notamment de « suivre son conjoint ».

Quatre. – le candidat S&P Karel Vereycken a expédié ce mardi un nouveau courriel aux électeurs. On y relève qu’il souhaite « l’enseignement du chant choral et de quatre langues dès l’école primaire », point qui figure d’ailleurs dans sa circulaire de campagne.

Cinq. – c’est le nombre d’hommes (sur sept visages) que l’on découvre dans l’organigramme de l’Ame Nord, l’association initiée par le candidat UMP Frédéric Lefebvre.

Six. – le nombre de rendez-vous fixés par Céline Clément, pour la deuxième fois candidate Front de Gauche, à ses électeurs, sur le calendrier de mai. Céline Clément étant repartie travailler en France (peut-être pour revenir au Québec dès 2014), sa campagne de terrain en 2013 aura été très courte.

Sept. – le nombre des « axes de propositions » de Cyrille Giraud pour EELV, qu’il développe dans sa circulaire.

Huit. – le 8 juin aura lieu le deuxième tour de scrutin à l’urne.

Neuf. – le résultat non encore officiel devrait tomber le 9 juin, après la fermeture des derniers bureaux de vote de la 8e circonscription, sans doute en fin d’après-midi, heure de l’est.

Dix. – les résultats définitifs seront selon toute vraisemblance communiqués par le ministère de l’Intérieur le 10 juin dans la matinée, heure de Paris. Dans les deux jours suivant l’élection, les résultats devraient être archivés avec les autres élections partielles de 2013.

Onze. – la commission électorale doit proclamer les résultats le mardi 11 juin.

Douze. – cette année, douze candidats (neuf hommes et trois femmes) se présentent à la législative partielle, contre dix-huit (dont cinq femmes) en 2012.

Seize. – il y a 16 districts consulaires sur l’ensemble de la circonscription. En 2012, les résultats étaient détaillés ici.

Vingt. – Un électeur sur cinq, soit 20%, s’est montré intéressé par le scrutin de 2012, qui suivait de quelques semaines la présidentielle. Plus en détails, il y avait 20,40% d’électeurs au 1er tour aux urnes (physiques ou électroniques) et 19,07% au second.

Quarante. – regroupant le Canada, deuxième plus grand pays du monde, et les USA, quatrième pays en superficie, la circonscription couvre 40 fois la taille de la France. Le nouveau mode de découpage électoral a créé les députés hors de France en diminuant le nombre de députés en France, laissant à 577 le nombre de sièges au Palais-Bourbon.

Deux cents. – c’est le nombre d’électeurs supplémentaires inscrits en 2013 sur les listes consulaires de la circonscription. Ils étaient aux dernières nouvelles 156.883 (contre 156.683 au 1er tour de 2012 et 156.645 au second tour). Toutefois, l’annexe 9 du memento du candidat n’annonce que 151.852 électeurs soit une baisse par rapport à 2012, manque vraisemblable de mise à jour.

33.100. – dans notre circonscription, le plafond des dépenses est fixé à 33.100€.

203.818. – c’est la population légale de la circonscription électorale au 1er janvier 2013. C’est ce chiffre qui sert de base à la définition du plafond des dépenses pour les élections. La population électorale est souvent confondue par les journalistes de France avec le corps électoral, qui ne représente que 156.883 électeurs (lire ci-dessus), la différence étant que les Français qui s’inscrivent au registre des Français hors de France choisissent s’ils veulent voter à l’étranger (où il résident) ou en France (où ils ont des attaches définies par le code électoral).

Un million et demi. – l’organisation de cette élection (et de celle de la 8e circo) a été provisionnée pour 1,5M€, soit 7,35$ par électeur, selon nos calculs.