Archives Mensuelles: mars 2018

Nous ne serons pas à la session de mars de l’AFE

La 28e session de l’Assemblée des Français de l’étranger  s’est ouverte lundi 12 mars à Paris (ordre du jour prévisionnel disponible ici), jour où l’un de nous se posait à Roissy afin d’assister aux séances plénières qui se déroulent chaque session le jeudi et le vendredi. Mais le président de l’AFE nous a fait savoir -in extremis- que Soir Américain n’était pas le bienvenu….

Par deux fois déjà, Soir Américain a assisté aux séances plénières de l’AFE nouvelle formule, celle sortie des urnes à la suite des élections consulaires de 2014. La première fois c’était en mars 2015, la suivante en octobre 2017.

Le bâtiment des Affaires étrangères, où se tiennent les sessions de l’AFE (photo F.A.)

Mars 2015 fut un peu comme une séance initiatique, au cours de laquelle notre consœur de Montréal L’Outarde libérée passa rapidement faire une vidéo. C’est d’ailleurs le seul média s’adressant à des Français vivant hors de France que nous y avons brièvement croisé. C’est mince, vu le foisonnement des médias destinés aux «expats», la richesse et la variétés des sujets abordés en une semaine de session, et le fait que les plénières du jeudi et du vendredi sont publiques, comme le précise le Règlement intérieur. En effet, selon l’article 21, non seulement les débats sont publics, mais ils peuvent être retransmis «par des moyens de communication audiovisuelle ou par Internet».

Or justement: en octobre 2017, alors que Soir Américain était le seul média dans le public, et qu’à l’époque notre compte Twitter avait tout au plus 700 abonnés (il en a moins de 750 à l’heure où nous écrivons ces lignes), il nous a été reproché d’avoir tenu certains propos sur Twitter durant la matinée du jeudi 5 octobre. Lesquels? La secrétaire générale de l’AFE n’a pas jugé bon de le préciser. Le président de l’AFE, venu peu après faire également des reproches, n’a pas voulu non plus détailler le contenu incriminé. Après avoir tout épluché sans rien trouver qui ne semble prêter à confusion, nous avons décidé d’en parler à quelques élus afin de tenter de comprendre, et éventuellement de réparer si cela était possible.

La table où se tient le président, le matin du 5 octobre 2017, à une demi-heure du tweet litigieux (photo F.A.)

Quelques heures plus tard, une âme charitable -et vraisemblablement bien renseignée- nous a indiqué quel était le propos qui probablement avait fait tiquer. Après une copie d’écran pour mémoire, le tweet fut effacé. Après tout, il ne s’agissait que d’un point anecdotique qui, in fine, se retrouve dans le verbatim officiel de la 27e saison. Si vous êtes curieux, c’est par ici, à la page 69, et c’est en ligne (donc totalement public) depuis le 4 janvier 2018. Vous comprendrez aisément qu’on ne vous mettra pas en illustration le tweet effacé, mais sachez qu’il citait (sans la nommer) une personnalité du Quai d’Orsay, et résumait en 140 caractères -le format encore en vigueur en ce temps là- ce qui se trouve dans la page 69.

Les débats sont publics, certes, mais l’accès au Centre de conférences où se déroulent les sessions est réglementé. Outre le personnel de l’AFE, les élus, et les employés du ministère, ne peuvent y pénétrer que les personnes invitées. En octobre 2017, par exemple, une consœur parisienne s’est vu refuser l’entrée, malgré la présentation de sa carte professionnelle de journaliste en cours de validité. Donc nous avions pour ces jeudi 15 et vendredi 16 mars 2018 pris les devants, et demandé à un élu une invitation. Nous avons un courriel daté du 8 mars, émanant du secrétariat général, précisant que nous pourrions « assister aux séances du jeudi et du vendredi« .

Seulement voilà: le 14 mars, l’élu qui avait sollicité notre inscription nous signifiait que «sur décision du président de l’AFE et en accord avec le bureau de l’Assemblée», notre venue rue de la Convention ne serait «pas possible».

Axé sur les actualités politiques, les relations internationales, la diplomatie et les travaux parlementaires pouvant affecter la vie des Français vivant au Canada ou aux États-Unis, Soir Américain est un média dit « de niche », qui ne traite pas des sujets traditionnels… sauf exception: en période électorale, évidemment.

Ainsi, en cinq ans, nous n’avons même pas publié trois cent sujets, soit en moyenne environ un par semaine avec des trous de deux mois voire plus, et des pointes de plusieurs sujets dans la même journée. Autant dire qu’il faut être vraiment intéressé pour nous lire. Et aussi que nous savons nous retenir, ne pas publier n’importe quel bruit qui nous parvient, sinon nous aurions grandement utilisé les diverses informations qui nous sont parvenues à l’automne 2017 notamment lors de notre passage à Paris.

En cinq ans, nous avons publié à peine plus de trois mille tweets. Beaucoup sont des reprises de messages de divers consulats en Amérique du Nord, certains émanent d’hommes politiques, d’autres sont des textes dénichés lors de notre lecture quotidienne du Journal officiel. Bref, pas de quoi fouetter un pauvre chaton, ni de quoi passionner les foules, sinon nous aurions bien plus d’abonnés, et probablement de la publicité comme la plupart des médias dits «d’expats».

Difficile donc de comprendre cette décision, mais nous n’avons pas d’autre choix que de profiter de Paris, et nous ne tenterons pas de faire le forcing des portiques de sécurité du Centre de conférences pour vous relater ce qui se passe à l’intérieur. Si cela vous intéresse, vous attendrez quelques semaines ou plus encore, et vous consulterez le site de l’AFE.

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