Archives de Tag: Frédéric Lefebvre

Un guichet unique pour les impatriés en Ile de France à partir de l’automne 2017

Le député de la circonscription a informé ses concitoyens qu’un guichet unique à destination des Français souhaitant revenir s’installer en Ile-de-France sera expérimenté à partir de la rentrée 2017.

« Cette initiative permettra à chacun d’obtenir toutes les informations et services pour lever les difficultés administratives en matière fiscale, sociale, éducative ou d’obtenir un soutien en terme d’emploi ou de logement » peut-on ainsi lire dans le courriel. Valérie Pécresse souligne dans sa correspondance (ci-dessous) l’implication du député et celle de l’Union des Français de l’Étranger Paris dans cette initiative, et mentionne la complémentarité de la démarche avec le guichet unique « Choose Paris » à destination des entreprises.

Le député précise travailler avec d’autres régions pour générer des initiatives semblables.

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Frédéric Lefebvre affirme son attachement à l’AME

Dans une note publiée sur son site Internet le 7 novembre, le député des Français d’Amérique du Nord affirme son attachement à l’Aide médicale d’État, tout en indiquant qu’elle mérite une réforme.

L’AME « incarne l’âme de la nation française qui sait tendre la main à la souffrance », selon Frédéric Lefebvre qui considère toutefois que « les étrangers ne doivent pas être mieux traités que les Français » et se prononce en faveur du rétablissement de la franchise de 30€ instaurée sous le quinquennat de Sarkozy. Comme le précise ici le site officiel de l’administration française, le bénéficiaire de l’AME doit cependant satisfaire à des conditions de résidence, en sus des conditions de revenus.

Le député indique avoir déposé une proposition de loi afin qu’un Français de retour en France ne soit plus soumis au délai de carence de trois mois en matière de santé. Son « plaidoyer » est à lire ici.

Notons que, l’état actuel des textes, la Caisse des Français de l’étranger fait bénéficier gratuitement ses cotisants rentrant en France de trois mois de couverture, le temps -donc- de régler ce délai de carence à condition d’être inscrit à l’agence pour l’emploi, comme cela est indiqué dans cette foire aux questions. Quant aux retraités du régime français, le CLEISS rappelle qu’ils peuvent bénéficier d’une Carte Vitale, donc ils ont aussi les soins sans délai de carence, s’ils ont pensé à demander leur Carte Vitale du temps de leur expatriation.

En clair, la proposition de Frédéric Lefebvre semble concerner les français qui ne sont ni couverts par la CFE, ni bénéficiaires d’une pension de retraite versée par la France, ni couverts par le système français parce qu’ils sont détachés, ni assez pauvres pour bénéficier de la CMU.

La PPL de Frédéric Lefebvre (à lire ici) a été déposée en juin 2013, dès son retour au Palais Bourbon, et se trouve toujours entre les mains de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale. Elle prévoit l’abolition du délai de carence pour tous les Français rentrant en France et qui remplissent les conditions pour obtenir la CMU, ainsi que des tarifs CFE spécifiques pour les couples « mariés ou PACSés ». Que ce soit pour la retraite ou pour la maladie-maternité, la qualité d’ayant-droit est déjà prévue par la CFE. Ceci exclut donc ceux qui ne peuvent prétendre à la CMU et ceux qui ne sont pas affiliés à la CFE.

Oups!

Voilà qui démarre fort pour le deuxième député de notre circonscription Frédéric Lefebvre, dont on a appris hier à 13h, heure de l’est, l’élection par 53,7% des suffrages exprimés: avant son départ pour Paris, il a donné à L’Outarde libérée (le webzine basé à Montréal) une entrevue exclusive indiquant -entre autres- ce qu’il veut poser mardi comme question au gouvernement.

Soucieux du suivi de l’actualité parlementaire, Soir Américain saute sur l’occasion pour relayer l’information, et la détailler.

«L’équivalence des diplômes est un sujet majeur, et ces infirmières françaises ont l’impression d’être abandonnées par leur pays», explique le nouveau député. Il s’est engagé à trouver une solution au problème de reconnaissance des diplômes entre la France et le Québec, qui touche plusieurs professions, dont les infirmières. «Je vais tendre la main au gouvernement pour agir avec lui», précise Frédéric Lefebvre à L’Outarde libérée sous le titre « Dès mardi je veux intervenir pour les infirmières de Montréal ».

On admirera cette volonté et cette célérité. Le « hic », comme nous l’avions déjà expliqué le 30 mai dans notre comparatif des circulaires de campagne des deux candidats finalistes, c’est que beaucoup de professions médicales font déjà l’objet d’accords de reconnaissance mutuels depuis 2010 pour certains, depuis 2011 pour d’autres (liste ici). L’arrangement concernant les infirmières (14 pages PDF à lire ici) a été signé par Roselyne Bachelot le 13 août 2010 et est en vigueur selon Immigration Québéc depuis le 7 juillet 2011. Un accord signé sous le gouvernement précédent et que les infirmières françaises estiment bancal.

Il existe en effet au Québec deux niveaux de formations permettant d’exercer le métier d’infirmière: le DEC (niveau baccalauréat français) et le baccalauréat (niveau licence). Actuellement, l’équivalence des IDE se fait avec le DEC. Le problème est connu depuis 2010: «La classification des infirmières françaises ayant un diplôme d’État (IDE) n’a pas été abordée dans l’ARM, malgré les attentes en ce sens exprimées par les autorités françaises. Nous avons appuyé la demande à l’effet que les IDE soient admissibles au titre d’infirmière clinicienne et on a fait des représentations auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux à cet égard. » déclarait l’Ordre professionnel Québécois fin 2010.

La reconnaissance niveau à niveau s’applique pour les diplômé-es français-es à partir de 2012. En 2012-2013, on comptait 606 infirmières françaises dans la métropole, et plus de 900 dans la province.

Frédéric Lefebvre élu

Avec 8.010 voix sorties de l’urne électronique et 2927 bulletins à l’urne hier, Frédéric Lefebvre (UMP) est élu député de la 1e circonscription des Français hors de France, totalisant 10.937 suffrages exprimés, soit 53,7%.

Franck Scemama, le candidat choisi par les militants PS de l’Amérique du nord, n’a recueilli que 9.423 voix au total (2603 à l’urne hier et 6.820 à l’urne électronique).

Pour Corinne Narassiguin, la députée invalidée, qui commentait le résultat en direct auprès des socialistes de l’étranger, le climat national a pu influer le vote au second tour.

Des différentes partielles depuis les invalidations des élections législatives de 2012, Franck Scemama est le seul candidat PS à être parvenu au second tour.

Participation en légère hausse à l’urne aussi (résultats complets)

Avec une participation en légère hausse à 00h40 (heure de l’est, soit 6h40, heure de Paris), Frédéric Lefebvre (UMP) bénéficiait d’une avance de 324 voix sur Franck Scemama (PS) lors du dépouillement du vote à l’urne.

Ces résultats sont complets pour le vote à l’urne, dans l’attente de l’ouverture de l’urne électronique, commune aux deux circonscriptions qui votent cette fin de semaine. Le second tour de la 8e circonscription ayant lieu dimanche, l’urne sera ouverte à Paris après 18h. Ses résultats seront donc connus après midi et demi, heure de l’est.

Panneaux

Photographie prise au Bureau de vote de Québec

Avec 5.650 votants pour 151.762 inscrits, la participation à l’urne -et par correspondance- atteint 3,72%. Lors du vote électronique au second tour, elle était montée à 10,17%. Le total de la participation devrait donc atteindre environ 13,89%. Au premier tour, la participation avait été de 13,47% (lire ici). Pour mémoire, en 2012, la participation avait baissé au second tour, de 20,40% à 19,07% comme c’est le cas lors de la plupart des scrutins partiels.

Cette petite différence en apparence négligeable peut complètement changer la donne, car le résultat s’annonce serré. Pour l’instant, Frédéric Lefebvre distance de près de six points son adversaire, avec 52,89% contre 47,11%… mais seulement 324 voix d’avance, sur un total de 5.530 suffrages exprimés.

Le candidat MoDem du premier tour, qui n’avait recueilli que 5.000 voix, n’a pas hésité à commenter cet écart sur Twitter.

Le nombre de bulletins blancs ou nuls a augmenté de 20% à l’urne d’un tour à l’autre. Au 1er tour, 69 aux USA et 32 au Canada alors qu’il y avait douze candidats; au second tour, lorsque le choix se restreint à deux, les USA reculent très légèrement à 31 mais le Canada grimpe à 59 blancs et nuls.

Au Canada, le candidat du PS obtient un peu plus de 55% des suffrages exprimés. Aux USA, le candidat de l’UMP réussit à dépasser les 58,5% des voix.

Sur l’ensemble de la circonscription, qui compte un peu plus de 151.700 électeurs, 5650 ont voté à l’urne, 120 ont voté blanc ou nul (2,12%), et par conséquent 5530 se sont exprimés: Franck Scemama a obtenu 2603 voix, Frédéric Lefebvre 2927.

Il reste à « dépouiller » les 15.429 votes par Internet dimanche afin de savoir lequel des deux siègera la semaine prochaine au Palais Bourbon.

Les reports de voix semblent s’être mieux faits à gauche

A la fermeture des bureaux de vote de la côte ouest du continent Américain, voici les premiers résultats -partiels donc- des bureaux déjà dépouillés sur le Canada et les États-Unis. Un autre billet suivra dans quelques heures.

Ces résultats ne tiennent évidemment pas compte des votes électroniques (dont le total est connu depuis le 5 juin), qui seront « dépouillés » dimanche après la fermeture des bureaux de vote de la 8e circonscription.

Deuxieme_Tour

Photographie prise au Bureau de vote de Québec, ce 8 juin 2013

Résultat surprenant à La Nouvelle-Orléans (558 inscrits, dont 61 ont déjà voté par Internet): Franck Scemama et Frédéric Lefebvre arrivent tous deux à égalité avec chacun 15 voix (7 bulletins B/Nuls), alors que, au premier tour, Damien Regnard, candidat local, avait obtenu 25 voix, devant Franck Scemama (12). Un report mathématique des voix aurait dû donner Lefebvre gagnant avec ses 6 voix et les 25 de Regnard, Giscard ayant eu 0; Scemama avait eu donc 12, Giraud 4 et Clément 4: malgré certaines hésitations du côté de la gauche, le report s’est donc nettement fait en faveur du candidat socialiste.

Le plus petit bureau est Moncton, avec 758 inscrits. 30 votants (98 par Internet), 29 exprimés, 17 Scemama, 12 Lefebvre.

CANADA

Montréal – 46000 inscrits, 1349 votants à l’urne (4657 par Internet): 1314 exprimés, dont 735 pour Scemama (55,94%), 579 pour Lefebvre (44,06%). Au premier tour, 1271 votants (1253 exprimés), 353 pour Scemama, 288 Lefebvre – Regnard 126, Giscard 106, Giraud 130, Clément 95. Le candidat PS a recueilli beaucoup plus de voix que celui de l’UMP en-dehors des simples reports de voix. Franck Scemama a longuement vécu à Montréal, où réside également Cyrille Giraud, et où a travaillé Céline Clément.

Toronto – 6899 inscrits, 372 votants à l’urne (769 par Internet): 367 suffrages exprimés, dont 199 pour Franck Scemama (54,2%), 168 pour Frédéric Lefebvre (45,8%). Au premier tour, 356 votants, 352 exprimés: 122 Scemama, 71 Lefebvre – Giscard 47, Regnard 30, Giraud 26, Clément 16. Le candidat UMP ne progresse que d’une vingtaine de voix par rapport au report mathématique là où le candidat PS progresse du double. Il s’agit du fief de Marc-Albert Cormier, ancien de l’UDI, qui avait déchiré sa carte en apprenant le parachutage de Louis Giscard d’Estaing mais s’est rallié dès le premier tour à Frédéric Lefebvre.

ÉTATS-UNIS

Washington – 8477 inscrits, 395 votants à l’urne (1068 par internet): 382 suffrages exprimés, 188 pour Scemama, 194 pour Lefebvre. Rappel premier tour: 424 votants, 382 exprimés, 103 Scemama, 92 Lefebvre – Regnard 69, Giscard 31, Giraud 28, Clément 19. Avec une plus faible participation à l’urne, le candidat UMP fait mieux que rattraper son retard.

Chicago – 5698 inscrits, 249 votants (699 par Internet): 101 pour Scemama, 138 pour Lefebvre. Au premier tour, 212 votants: 49 Scemama, 59 Lefebvre – Regnard 38, Giscard 22, Giraud 14, Clément 04.

Boston – 5859 inscrits, 175 votants (586 par Internet): 171 exprimés, 82 pour Scemama, 89 pour Lefebvre. Premier tour: 41 Scemama, 47 Lefebvre, 15 Regnard, 10 Giscard, 7 Giraud, 2 Clément. Le candidat PS progresse largement hors de son camp dans la ville de résidence de son directeur de campagne.

New York (résultats par bureau)

Dans la globalité, c’est Frédéric Lefebvre le grand vainqueur à New York, avec plus de 55% des suffrages exprimés. Toutefois, de fortes disparités sont à relever selon les secteurs de ce qui est la deuxième circonscription consulaire du continent après celle de Montréal. 888 votants, dont 877 exprimés (par internet 2106 votants). 387 pour Scemama, 490 pour Lefebvre.

Trois bureaux ont mis le candidat socialiste très en avance sur le candidat d’opposition. Il s’agit des BV École internationale de NYC (91 contre 46), Brooklyn (60/43) et le French american chartered School (70/42).

Lefebvre a largement dominé les BV de Mamaroneck (115/38), New Milford (41/16) et Bermudes (12/2).

Pour l’instant, sur l’ensemble des résultats connus de la circonscription, Franck Scemama totalise 1966 voix (50,9%) et Frédéric Lefebvre 1897 (49,1%). Cela concerne 4488 votants, soit 2,99% des électeurs inscrits.

Les premiers résultats ville par ville

Retrouvez sur le compte Twitter @SoirAmerique à partir de la fin d’après-midi  l’ambiance au Bureau de vote de Québec, puis à partir de 18h, heure locale (minuit heure de Paris) quelques résultats ville par ville.

Dans la soirée, après 21h HE (heure de fermeture des bureaux de vote de la côte ouest), une première synthèse sera publiée sur le blogue.

Dans la nuit, une synthèse générale devrait récapituler environ 3/4 du corps électoral à l’urne, comme cela avait été fait voici deux semaines pour le premier tour.

Ce n’est que dimanche en début d’après-midi, une fois que la 8ème circonscription aura fini de voter, que les résultats du vote électronique seront connus. Nous serons alors en mesure de savoir qui de M. Scemama ou de M. Lefebvre représentera dès la semaine prochaine notre circonscription au Palais Bourbon.

AFE: la position des deux candidats

Sur Twitter, un internaute avait posé fin mai aux deux candidats une question relative à la réforme de l’Assemblée des Français de l’Etranger, « un exemple concret de sujet qui concerne directement les français de l’étranger et sur lequel les deux candidats auront à voter« . Les deux candidats ont répondu de façon assez longue à cette question.

Frédéric Lefebvre a répondu à cette question le 2 juin, en revenant en premier lieu sur le fait que le député qui sortira des urnes en cette fin de semaine pourra déposer des amendements en séance sur ce texte, ce député étant appelé à siéger dès la première semaine de son élection, soit avant l’examen du texte.  Le candidat estime que le projet de réforme « va marquer la fin programmée de l’AFE et que la représentation des Français de l’Etranger est par conséquent en péril« ; selon M. Lefebvre, cette réforme n’a « comme unique motivation que d’empêcher les Français établis hors de France de s’exprimer« .

Frédéric Lefebvre s’oppose également à la transformation de l’AFE en Haut Conseil, la désignation des membres par les conseillers consulaires, la modification les circonscriptions, au fait que la réforme ne prévoie pas d’inclure la fiscalité au rapport du gouvernement, et à la fin des mandants en cours à partir de 2014. Il propose par ailleurs de garantir la « participation de l’UFE et de l’ADFE à la participation du processus démocratique« , ainsi qu’un autre type de répartition des sièges « conformément aux règles imposées par le Conseil constitutionnel« . Le candidat prévoit déjà d’intenter un recours devant le Conseil constitutionnel si ses propositions ne sont pas retenues.

Dans sa réponse, datée du 7 juin, Franck Scemama rappelle que tout le monde s’accorde sur le besoin de réforme de l’AFE, dysfonctionnelle quant à ses dimensions locale, politique et électorale. Cet ancien élu de l’AFE met en avant que la dimension locale pourra être renforcée par la présence de plus de conseillers consulaires ancrés dans leur circonscription, que le collège électoral sera fortement accru en termes numériques (minorant ainsi les risques de clientélisme). Quant au volet politique, le candidat fait valoir le fait que les discussions entre parlementaires et gouvernement pourraient faire passer le nombre de circonscriptions de 5 à 20, ce qui lui parait « un minimum« . Revenant sur un risque accru de déséquilibre, « conséquence induite par un scrutin de liste où les grands électeurs ne sont pas équitablement répartis sur le territoire », il propose éventuellement que « les nouveaux conseillers à l’AFE soient élus au suffrage direct, ce qui offrirait plus de chances à un conseiller sud-américain d’être élu par les Français résidant dans sa circonscription. La solution idéale serait évidemment d’avoir davantage de circonscriptions et une élection directe. »

Rappelant son attachement à la limitation du cumul des mandats, le candidat « regrette d’ailleurs que la réforme n’aille pas plus loin et ne lui donne aucun pouvoir décisionnel, comme la Fédération des Français de l’étranger du PS le souhaitait« , et souhaite collaborer activement avec les « acteurs de terrain que sont les conseillers de l’Assemblée des Français de l’étranger« , ainsi que les sénateurs et députés qui partagent cette vision.

A New York, un centre communautaire racole pour Lefebvre

On savait Nicolas Sarkozy proche de la communauté juive française, lui qui se prévalait d’un score à la soviétique en Israël au second tour (92%). Ce qu’on sait moins, sauf à être très attentif aux messages postés sur Twitter par le candidat de l’UMP (comme ici sous le panneau EXIT ou là deux mois avant le premier tour) c’est que Frédéric Lefebvre a opéré une grande opération séduction à l’endroit de la communauté juive du continent nord-américain. Au moins des Loubavitch de New York. Depuis une semaine, une vidéo circule même sur Internet.

Paraphrasant quarante ans après Les Aventures de Rabbi Jacob, on pourrait résumer cette vidéo par: « Rabbi Lefebvre il est venu de Neuilly, Rabbi Lefebvre il s’est levé, Rabbi Lefebvre il va danser… Rabbi Lefebvre il va parler! ». Et le candidat de l’UMP, en son temps décoré par l’union des patrons juifs de France pour sa lutte contre le partage de la Palestine (une ingérence au doux nom de « lutte contre l’antisionisme »), ne tarit pas d’éloges envers le Rabbin Mikhael Cohen.

Comme l’indique la page d’accueil « Loubavitch en temps réel », ce rabbin représente les orthodoxes de New York (on y accède par la colonne la plus à droite). Début mai, le rabbin Cohen s’affichait avec Jean-François Copé. Jusque là, rien de bien grave: pour élire un représentant du peuple dans une assemblée laïque, rien n’interdit de fréquenter une communauté religieuse…

Mais là où le bât blesse, c’est quand, le 3 juin, une partie des électeurs de la circonscription a reçu ce message par courriel. Les électeurs de la première circonscription des Français hors de France ont été « choisis » manifestement à la fois sur leur domiciliation géographique (LEC de New York uniquement) et sur la consonance de leur patronyme. Les destinataires que Soir Amérique est parvenu à joindre avaient tous un nom d’origine juive. L’un d’eux, par ailleurs, a reçu ce message (d’où est extraite la vidéo ci-dessus) sur une boîte mail dont il ne se sert que pour une utilisation professionnelle et pour sa correspondance avec le consulat général.

On se souvient peut-être des cris d’orfraie lancés en France en avril 2012 par des membres de l’UMP alors que les supposés « appels musulmans » à voter Hollande n’étaient que des rumeurs infondées.

Si l’on s’en réfère aux conditions de délivrance et d’utilisation des listes électorales consulaires (les fameuses LEC), rappelées ici après que Soir Amérique avait relevé leur usage par l’association Âme Nord pas encore créée,  ce détournement par les Loubavitch de New York est hallucinant à bien des égards.

1/ Peuvent se procurer les listes à la fois les partis politiques, les candidats ou leurs représentants, les électeurs. En gros n’importe qui. Sauf que l’utilisateur (l’expéditeur de l’appel à voter Frédéric Lefebvre) est « contact@ccfnewyork.com » [Centre culturel juif français & francophone de NY], qui n’est pas un électeur ni un parti politique ni un candidat à en croire sa page « Qui sommes-nous« . Un envoi communautaire du même message avec une adresse hébergée chez le candidat aurait été de moins mauvais goût.

2/ Ce tri sur une supposée religion, uniquement sur la base du nom, n’est pas sans rappeler le film de Joseph Losey Monsieur Klein, qui se passe au moment de la Rafle du Vel d’Hiv à Paris. C’est plus que maladroit, c’est scandaleux. Les témoignages parvenus mardi soir à Soir Amérique émanaient d’électeurs qui ne fréquentaient absolument pas les Loubavitch de NewYork et ne se préoccupaient pas plus que cela de la religion juive. Ils avaient juste le « tort » d’avoir un nom juif.

3/ Ce message est parvenu le 3 juin à 1h45 (heure de New York) dans les boîtes aux lettres. Le lendemain après-midi, à 13h33, un autre message parvenait aux mêmes destinataires, pour… annoncer la venue les 6, 8 et 9 juin aux USA de Enrico Macias. Il s’agissait donc là d’une utilisation des LEC dans un but purement commercial, avec une possibilité de réserver des places sur Ticketmaster.

Quand Frédéric Lefebvre et ses amis cesseront-ils de spammer les électeurs de la circonscription?

Frédéric Lefebvre répond à Véronique Vermorel

A quelques heures de la clôture du vote Internet, et après avoir été relancé plusieurs fois, le candidat de l’UMP a répondu longuement à Véronique Vermorel. Un communiqué rédigé sans doute avec son BlackBerry tant les fautes et coquilles sont nombreuses.

Au-delà des réponses, on notera que le candidat UMP relève que l’abstention est tout à fait comparable à celle d’autres législatives partielles (reprenant en cela l’exemple de l’Oise qui avait été avancé par le blogue Ménilmontant Mais Oui Madame le 28 mai). Il reparle également de la future création de l’association Âme Nord, de son bilan quantitatif à l’Assemblée, et souhaite rester aussi accessible une fois député qu’il le fut durant la campagne (sic).

Enfin, il termine sur la parité en l’évoquant non pour lui, mais au niveau global de l’UMP, tant national qu’européen, tout en ajoutant que « la parité dans les scrutins législatifs ou sénatoriaux des plus petits départements est plus délicate à mettre en œuvre, car le vivier de candidates potentielles n’est pas assez développé« . Le non-respect de la parité a coûté à l’occasion des dernières législatives 4 millions d’euros à l’UMP (contre 1,2 millions au PS).