Archives de Catégorie: Réseaux Sociaux

Djihad, en ouverture de la conférence Québec UNESCO sur Internet et la radicalisation des jeunes

La pièce de théâtre Djihad, écrite et mise en scène par Ismaël Saïdi, a été présentée ce 30 octobre en ouverture de la conférence Québec Unesco sur Internet et la radicalisation des jeunes. Une pièce drôle-amère tout en nuances, saluée d’une ovation debout de tous les spectateurs.

L’histoire est désormais connue: trois « pieds nickelés du djihad », que l’on suit le long de leur périple chaotique jusqu’en Syrie. Arrivés là par des chemins différents, mais pas par hasard, et dont l’un des points communs est de n’avoir jamais lu le Coran: ces trois jeunes ont-ils vraiment fait le choix de partir combattre? Voici une tragi-comédie qui se déroule inéluctablement sous nos yeux, et dont les répliques ciselées, contemporaines, sont aussi drôles qu’âpres et caustiques. La pièce soulève autant de questions que l’on peut s’en poser lorsqu’on aborde le sujet de la radicalisation, et permet d’ouvrir ces deux jours de colloque sous de bons auspices.

« La mosquée, c’est l’endroit où je rêve qu’il y ait des bacs +5 dans différents domaines, mais aujourd’hui ça c’est pas le cas« , a précisé l’auteur lors du débat suivant la représentation. Pour lui, la prévention est centrale, et il pointe la mosquée « comme étant la solution« .

La pièce est un succès en Europe, en Belgique où elle attiré plus de 60.000 spectateurs et reçu le label d’utilité publique (ce qui permet aux écoles de recevoir des subventions pour que les enfants puissent assister à sa représentation) ou en France, où elle est jouée depuis septembre jusqu’en décembre, à Paris et ailleurs. Elle sera jouée à Montréal les 1er et 2 novembre à guichets fermés. Elle a été jouée devant les sénateurs français en octobre, à l’initiative de François Zochetto, président du groupe UDI-UC, et Nathalie Goulet, sénatrice UDI-UC de l’Orne et rapporteur de la mission d’information sur « l’organisation, la place et le financement de l’islam en France et de ses lieux de culte ».

Ce mois-ci, Ismaël Saïdi était l’Invité de TV5 Monde (Patrick Simonin). On peut l’entendre présenter sa pièce.

Publicités

Soyez bien informés avant de voter

Parce que l’échéancier des élections consulaires est très complexe, que douze listes se présentent sur les deux circonscriptions du Québec, et que la campagne ne se fera presque que « sous forme dématérialisée », nous avons décidé de mettre dès à présent à votre disposition une page Facebook dédiée à ce nouveau scrutin.

Sur la page Élections consulaires au Québec, vous trouverez:
– une sélection en provenance de sites institutionnels (ministère des Affaires étrangères, Consulat général de France à Québec, Consulat de France à Montréal notamment);
– divers sujets publiés dans les médias, ainsi que l’accès direct aux dossiers « consulaires 2014 » de Soir Américain et de L’Outarde libérée;
– des renvois vers les activités des listes en présence déjà actives sur Internet, quelle que soit leur étiquette politique.

En effet, si les candidatures ont été rendues publiques depuis le 16 mars (avec confirmation le 21 mars de l’existence d’une liste UMP à Québec), il faudra attendre encore les dates suivantes:
– le 4 avril doit parvenir aux électeurs un courrier d’information indiquant la date du scrutin et les listes en présence;
– le 5 mai, date d’ouverture de la campagne officielle, les circulaires de campagne seront accessibles par Internet aux électeurs et les affiches seront apposées dans les consulats;
– le scrutin aura lieu le samedi 24 mai (en même temps que les élections européennes).

C’est pourquoi nous vous convions à consulter notre nouvelle page Facebook, à la liker, à la faire connaître à vos « amis », et à vous y abonner. Certaines listes n’ayant pas de page Facebook, la colonne de droite est encore incomplète: vos suggestions sont les bienvenues.

Contrairement à la page Facebook de Soir Américain, vous n’y trouverez que des informations relatives aux élections consulaires.

À quoi servent les conseils consulaires?

Prévus par la Loi du 22 juillet 2013 sur la représentation des Français de l’étranger, les conseils consulaires sont l’échelon le plus proche de la population française vivant à l’étranger. En mai 2014 (le samedi 24 sur le continent américain, le dimanche 25 dans le reste du monde) 443 conseillers seront élus dans 130 circonscriptions électorales et 68 délégués dans les circonscriptions comptant plus de 20.000 Français répertoriés dans le même poste diplomatique.

Le nombre de conseillers consulaires et celui des délégués consulaires a été publié au JO du 30 janvier, une fois rendue publique par le MAE la population française à l’étranger au 31 décembre 2013.

Le Quai d’Orsay a publié la carte ci-dessous (cliquer dessus pour l’agrandir), ainsi que divers commenphototaires sur les évolutions régionales de la population française, les pays où la présence française est la plus forte, et la structure de cette population.

En déposant leur recours devant le Conseil constitutionnel, les sénateurs UMP attiraient l’attention des Sages notamment sur les difficultés d’information des électeurs (la propagande électorale n’est prévue que par voie électronique) et sur le découpage des circonscriptions. Dans sa décision du 18 juillet 2013, le Conseil constitutionnel avait intégralement validé la loi.

Il est clair que, pour les élections consulaires, qui sont avant tout locales, les candidats devront tenir compte des équipements informatiques, principal moyen de communication avec les électeurs. En termes d’équipements informatiques et surtout concernant l’utilisation du réseau social Twitter, la Console Twitter du MAE est très explicite: 645.000 personnes ou institutions sont abonnées à une centaine de comptes Twitter de la diplomatie française. Avec 15 comptes, l’Amérique du Nord concentre 40.800 followers, devant l’Asie-Océanie (13 comptes, 36.000 abonnés) et l’Amérique du Sud (15 comptes, 33.000 followers).

Les conseils consulaires, tous présidés par le chef de poste (ambassadeur ou consul), ont vu leur rôle précisé par un décret publié la semaine dernière et commenté ici. Tout comme les conseils de quartier officialisés en 2002 par le gouvernement Jospin, il s’agit d’instances consultatives, et non pas décisionnelles. Dans les grandes villes françaises, les conseillers de quartier sont les interlocuteurs directs, de terrain, entre les habitants d’une (généralement petite) zone géographique et les élus locaux. Hors de France, les conseillers consulaires sont ceux des habitants d’un pays ou d’un morceau de pays (quatre circonscriptions au Canada, neuf circonscriptions aux USA, par exemple) et le consul ou l’ambassadeur, qui dans bien des cas remplissent la fonction du maire (actes d’état civil, élections, etc.).

Dans les deux cas, il s’agit d’une forme de démocratie locale, où le conseiller doit avoir pour préoccupation première l’humain d’abord. Alors qu’en France les principales thématiques sont depuis une dizaine d’années l’environnement et la propreté, à l’étranger le législateur a prévu que les conseils consulaires « peuvent être consultés sur toute question concernant les Français établis dans la circonscription et relative à la protection sociale et à l’action sociale, à l’emploi, à la formation professionnelle et à l’apprentissage, à l’enseignement français à l’étranger et à la sécurité », comme l’indique l’article 3 de la loi, rappelé par cet article du décret d’application.

Comment se planter au Québec

20140223-152652.jpgLe collectif Souriez-vous! (anciennement Souriez, vous êtes Français!) a commencé à publier ce mois-ci une -ambitieuse- série de 21 billets sur le thème Comment se planter au Québec?.

Prévue pour être publiée jusqu’à l’été (le 21 juin 2014), cette série est assez drôle à lire et donne plein de conseils pour échouer son intégration au Québec, précisant d’emblée que, même si on y parle le français, on est en Amérique du Nord. Ce que pas mal d’immigrants n’ont pas en tête avant l’atterrissage, hélas.

La série est publiée depuis le 2 février sur le site de Souriez-vous! Pour la retrouver sans son intégralité, il suffit de cliquer ici. Bonne lecture, et prenez-en de la graine!

Pourquoi nous allons sur Facebook

À l’occasion de ce centième billet de blogue, quelques mots au sujet de notre présence sur Facebook.

Lorsque, en avril, mon épouse m’a indiqué sa volonté de lancer un blogue parlant de la politique française et des activités diplomatiques relatives aux deux pays de l’Amérique du nord, j’ai de suite pensé que c’était une bonne idée, même si cela reste « un marché de niche », comme on dit. Nous ne prétendons pas faire concurrence ni à l’Outarde libérée , ni à France Amérique , ni évidemment à French Morning, auquel notre nom n’est qu’un clin d’œil.

Mon épouse souhaitait mettre en place dès le début une page Facebook, moi pas. Je trouvais dangereux en pleine période électorale de prendre le risque de s’éparpiller et donc de prêter le flanc à la critique. Évidemment, les critiques ont fusé, mais venaient toutes du même camp: celui de certains des soutiens inconditionnels du candidat de l’UMP. Et ceux-là continuent de critiquer, publiquement sur le réseau Twitter ou plus sournoisement dans un groupe Facebook « fermé » échappant de facto à la fois à certaines législations et aux regards de leurs détracteurs.

Je n’écartais en revanche pas du tout la possibilité d’aller sur Facebook, sous forme de page et non de groupe, afin précisément d’être ouvert à tous. Et dès les résultats du second tour connus, le 9 juin, notre page Facebook a été lancée.

En moins de 24h, elle dépassait les 30 « j’aime » nous permettant d’avoir accès aux statistiques, et nous n’avons pas à nous plaindre. Avec aujourd’hui 69 membres dont 59% de femmes, elle diffuse bien évidemment les informations du blogue, mais aussi ce que nous attrapons dans la presse d’ici ou de France, dans le Journal officiel, dans les webzines francophones du continent, ou sur les sites consulaires.

Notre page Facebook est ainsi un excellent complément à notre compte Twitter et au blogue, qui vient de dépasser les 14.000 pages vues en moins de deux mois, avec, parmi les pics de fréquentation, les deux dimanches électoraux.

Merci de votre confiance!

A New York, un centre communautaire racole pour Lefebvre

On savait Nicolas Sarkozy proche de la communauté juive française, lui qui se prévalait d’un score à la soviétique en Israël au second tour (92%). Ce qu’on sait moins, sauf à être très attentif aux messages postés sur Twitter par le candidat de l’UMP (comme ici sous le panneau EXIT ou là deux mois avant le premier tour) c’est que Frédéric Lefebvre a opéré une grande opération séduction à l’endroit de la communauté juive du continent nord-américain. Au moins des Loubavitch de New York. Depuis une semaine, une vidéo circule même sur Internet.

Paraphrasant quarante ans après Les Aventures de Rabbi Jacob, on pourrait résumer cette vidéo par: « Rabbi Lefebvre il est venu de Neuilly, Rabbi Lefebvre il s’est levé, Rabbi Lefebvre il va danser… Rabbi Lefebvre il va parler! ». Et le candidat de l’UMP, en son temps décoré par l’union des patrons juifs de France pour sa lutte contre le partage de la Palestine (une ingérence au doux nom de « lutte contre l’antisionisme »), ne tarit pas d’éloges envers le Rabbin Mikhael Cohen.

Comme l’indique la page d’accueil « Loubavitch en temps réel », ce rabbin représente les orthodoxes de New York (on y accède par la colonne la plus à droite). Début mai, le rabbin Cohen s’affichait avec Jean-François Copé. Jusque là, rien de bien grave: pour élire un représentant du peuple dans une assemblée laïque, rien n’interdit de fréquenter une communauté religieuse…

Mais là où le bât blesse, c’est quand, le 3 juin, une partie des électeurs de la circonscription a reçu ce message par courriel. Les électeurs de la première circonscription des Français hors de France ont été « choisis » manifestement à la fois sur leur domiciliation géographique (LEC de New York uniquement) et sur la consonance de leur patronyme. Les destinataires que Soir Amérique est parvenu à joindre avaient tous un nom d’origine juive. L’un d’eux, par ailleurs, a reçu ce message (d’où est extraite la vidéo ci-dessus) sur une boîte mail dont il ne se sert que pour une utilisation professionnelle et pour sa correspondance avec le consulat général.

On se souvient peut-être des cris d’orfraie lancés en France en avril 2012 par des membres de l’UMP alors que les supposés « appels musulmans » à voter Hollande n’étaient que des rumeurs infondées.

Si l’on s’en réfère aux conditions de délivrance et d’utilisation des listes électorales consulaires (les fameuses LEC), rappelées ici après que Soir Amérique avait relevé leur usage par l’association Âme Nord pas encore créée,  ce détournement par les Loubavitch de New York est hallucinant à bien des égards.

1/ Peuvent se procurer les listes à la fois les partis politiques, les candidats ou leurs représentants, les électeurs. En gros n’importe qui. Sauf que l’utilisateur (l’expéditeur de l’appel à voter Frédéric Lefebvre) est « contact@ccfnewyork.com » [Centre culturel juif français & francophone de NY], qui n’est pas un électeur ni un parti politique ni un candidat à en croire sa page « Qui sommes-nous« . Un envoi communautaire du même message avec une adresse hébergée chez le candidat aurait été de moins mauvais goût.

2/ Ce tri sur une supposée religion, uniquement sur la base du nom, n’est pas sans rappeler le film de Joseph Losey Monsieur Klein, qui se passe au moment de la Rafle du Vel d’Hiv à Paris. C’est plus que maladroit, c’est scandaleux. Les témoignages parvenus mardi soir à Soir Amérique émanaient d’électeurs qui ne fréquentaient absolument pas les Loubavitch de NewYork et ne se préoccupaient pas plus que cela de la religion juive. Ils avaient juste le « tort » d’avoir un nom juif.

3/ Ce message est parvenu le 3 juin à 1h45 (heure de New York) dans les boîtes aux lettres. Le lendemain après-midi, à 13h33, un autre message parvenait aux mêmes destinataires, pour… annoncer la venue les 6, 8 et 9 juin aux USA de Enrico Macias. Il s’agissait donc là d’une utilisation des LEC dans un but purement commercial, avec une possibilité de réserver des places sur Ticketmaster.

Quand Frédéric Lefebvre et ses amis cesseront-ils de spammer les électeurs de la circonscription?

Bien comprendre le compte de campagne de Franck Scemama

S’étant engagé à plusieurs reprises pour la transparence, le candidat du PS publie ce jour ses comptes de campagne (en date du 1er juin 2013).

Actuellement, le montant total de ses dépenses s’élève à un peu moins de 18.000 €, dont 9768€ uniquement pour les déplacements, soit 54%. Ceci est parfaitement compréhensible quand on connait la taille de la circonscription. Le candidat s’est ainsi rendu dans une quarantaine de villes depuis le début de sa campagne. De ces 9768€, la plus grande partie concerne des frais de voyage, le candidat ayant fait le choix de dormir chez l’habitant plutôt qu’à l’hôtel quand cela était possible.

66% du financement de la campagne est assuré par des dons (près de 12.000€). Ce qui donne l’occasion au candidat d’interpeller son opposant, via les réseaux sociaux:

Le candidat déclare n’avoir dépensé que le quart du plafond légal autorisé. Dans la présentation des comptes de campagne à la commission, il convient en effet de distinguer les déplacement internes à la circonscription des autres dépenses (ce plafond s’élève à 38.000€ par candidat majoré par 0,15€ par habitant de la circonscription, multiplié par 1,26, soit environ 85.000€.
Lire page 19 du mémento du candidat). Seul le plafond de 47,5% des dépenses réelles peut être remboursé.

En voulant faire simple à lire pour ses électeurs, le candidat PS avait omis de donner ces quelques détails, qui pouvaient laisser douter de la fiabilité du 26% de plafond de dépenses qu’il annonce ce samedi sur son site Internet.

Essai de cartographie virtuelle des élections

Tout semble annoncer une très faible mobilisation pour ces élections partielles. Pourtant, sur les réseaux sociaux, et sur Twitter en particulier, un autre type de campagne se déroule, rejoignant un électorat plus jeune, plus mobilisé, préfigurant peut-être en cela ce que seront les campagnes futures dans les circonscriptions de l’étranger, et les modes de communication d’un député envers ses concitoyens.

Petit essai de cartographie virtuelle, donc, grâce à l’outil BlueNod, qui permet de visualiser les communautés sur Twitter. BlueNod rend visible, en temps réel (puisque remontant sur les 300 derniers gazouillis), les interactions autour d’un candidat ou d’un mot-clic.

Prenons pour commencer le mot-clic #extcirco01, utilisé par tous, aussi bien commentateurs que candidats, pour référer à la circonscription électorale. La consultation est faite le vendredi 24 mai 2013, à 21h23, heure de l’est. Les 300 derniers messages ont été faits entre le 23 mai, 6h42, et le 24 mai, 20h51. Ne vous fiez pas aux couleurs vertes ou bleues, cela indique simplement qui l’auteur de l’article suit.

BlueNod3 La cartographie indique très clairement deux gros influenceurs: les candidats Franck Scemama et Frédéric Lefebvre. Il y a un peu plus d’un mois, seul ce dernier monopolisait le mot-clic. On remarque également la multitude de comptes utilisant le terme. Que Frédéric Lefebvre génère beaucoup d’influence avec ce mot-clic n’est pas étonnant: il gazouille beaucoup, a beaucoup d’abonnés, et produit un grand nombre de contenus plus ou moins pertinents. Cette influence est ainsi à la fois négative (gazouillis repris par ses détracteurs) et positives (repris par la #TeamLefebvre par exemple). C’est ainsi qu’avec 48 gazouillis contenant à la fois #ExtCirco01 et Franck Scemama, on arrive à une influence aussi grande que celle de Frédéric Lefebvre, avec 91 gazouillis et 77 fois plus d’abonnés.

La chose peut sembler étonnante, quand on sait que Frédéric Lefebvre a été porte-parole d’un parti politique français qu’il se sert de Twitter depuis plus de 3 ans. Cet usage de l’outil de communication n’est pas optimal en termes d’influence sur les réseaux sociaux.

Lire aussi: Les candidats sur Twitter.

Les candidats sur Twitter

Il est clair que les réseaux sociaux ne font pas une élection. Pas plus tard qu’hier, Nicolas le rappelait sur son blogue à la suite d’un sujet sur le HuffPost français. Néanmoins, dans notre circonscription vaste comme quarante fois la France et dans un temps de campagne très limité (invalidation le 15 février de Mme Narassiguin, campagne officielle du 5 au 24 mai -page 9 du memento), les réseaux sociaux contribuent à la campagne, nécessairement dans une proportion plus importante qu’en France.

L’objet de ce billet n’est pas de faire une analyse exhaustive des différents sites de campagne, de partis politiques, de pages facebook de soutien et autres, mais uniquement de juger, de manière forcément subjective, comment les candidat(e)s et leur entourage se sont comportés sur un seul réseau social: Twitter. Le mot-clic de ralliement pour la campagne est pour tout le monde #EXTcirco01, soit 1ère circonscription des Français de l’extérieur, dénomination « héritée » des élections générales de 2012.

Les candidats sont présentés dans l’ordre du tirage au sort. Les comptes sont supposés ne plus émettre de message « ayant le caractère de propagande électorale » depuis jeudi soir minuit selon l’article L. 49 du code électoral. On notera toutefois le flou entretenu par le MAE dans son memento du candidat (page 9): il est indiqué pour notre circonscription -où le vote à l’urne a lieu le samedi- que la campagne est close « le vendredi 24 mai 2013 » sans plus de précision, alors que pour l’autre circonscription -qui vote le dimanche- il est spécifié que la campagne « s’achève le samedi 25 mai 2013 à minuit ».

Le MAE a-t-il fait une coquille ou une largesse qui pourrait profiter à ceux des candidats qui lisent attentivement le memento?

1/ Louis Giscard d’Estaing ou @tousaveclouis: il s’agit à proprement parler d’un « compte de campagne », créé spécialement pour l’élection, le 22 avril. Peu prolixe, il ne compte que 66 messages (dont très peu de retweets) et n’a jamais répondu aux personnes qui le citaient. Le compte (suivi par un peu plus de cent dix abonnés, médias inclus) n’est pas tenu par le candidat.

Un soutien basé en Europe précise qu’il est géré par « des soutiens » installés en Amérique du Nord. C’est un plus par rapport à la réactivité, compte-tenu du décalage horaire, mais on peut regretter l’absence totale d’interactivité.

Les soutiens de l’ancien député du Puy-de-Dôme se font discrets, tant localement qu’Européens. Et courtois. Ils n’hésitent cependant pas à tirer dans les pattes de l’autre ancien député, Frédéric Lefebvre, qui donne il est vrai souvent des occasions à cela.

2/ Damien Regnard ou @damienregnard: là aussi c’est un compte de campagne. Mais lancé par le candidat de Louisiane depuis le 18 mars. Petit compte également, avec 90 abonnés, 123 messages, le dernier pour annoncer la fin des mises à jour en respect du code électoral le 23 mai à 23h58.

Particularité de candidat, qui pourtant se déplace beaucoup sur le terrain: il n’a diffusé qu’une seule photo, le 13 avril, devant sa maison « à Montréal en 1973 ». Il ne semble pas bien maîtriser l’outil Twitter, n’ayant même pas rediffusé cette photo prise par une personne assistant fin mars à l’une de ses réunions.

3/ Nicolas Druet ou @Nicolas_Druet: son compte Twitter existait bien avant la campagne législative partielle, puisque en septembre dernier le candidat MoDem s’intéressait de très près aux élections au Québec et notamment à Outremont, se montrant favorable au PQ plutôt qu’à QS. Il n’a néanmoins que 170 abonnés.

Il maîtrise bien l’outil Twitter, n’hésite pas à rediffuser des messages, critique beaucoup la politique du gouvernement français, et répond parfois lorsqu’on l’interpelle sur le réseau social. Parmi ses principaux soutiens, un ressortissant français installé à Québec et doté d’un compte avec plus de 1100 abonnés. Par ailleurs, le 17 mai, deux jours après l’ouverture du vote électronique, son parti (plus de 60.000 abonnés) a appelé les internautes à téléphoner en Amérique du Nord pour inciter les électeurs à voter pour lui.

4/ Franck Scemama ou @ScemamaFranck: c’est par ce message du 26 mars que le candidat du PS a annoncé qu’il ouvrait un autre compte, destiné à sa campagne électorale. Il a pourtant 360 abonnés et avait posté 388 messages à la date d’hier soir 22h49. Il suit très peu en retour: seulement 48 comptes, dont évidemment son directeur de campagne, ses principaux soutiens en France et en Amérique du Nord, et des médias.

Bien que régulier, avec en moyenne six messages par jour, on note chez Franck Scemama peu d’interactivité: une réponse à votre serviteur suite à des échanges verbaux dans un bar de Québec, une réponse d’évidence sur le mariage pour tous, une autre sur sa déclaration de patrimoine, au total moins de dix réponses. C’est dommage pour un candidat qui a multiplié les déplacements et n’est pas avare de messages en 140 signes. Néanmoins, son entourage prend parfois le relais en clair ou en messagerie privée, et ne se contente pas de relayer ses messages. C’est peut-être le candidat qui, sur Twitter, possède le réseau le plus efficace car en nombre bien plus important que celui de Louis Giscard d’Estaing et en courtoisie bien plus agréable que celui de Frédéric Lefebvre dans leur ensemble.

On constate aussi que Franck Scemama ne « pollue » pas le réseau du mot-clic de la circonscription pour un oui pour un nom. Par exemple, le jour des attentats de Boston, alors qu’il était à San Francisco, il a publié deux messages sans le mot-clic (un ici, l’autre ). A l’inverse, le candidat investi par l’UMP, qui allait passer quelques jours à Paris, a utilisé le mot-clic, ce qui lui a valu de se faire épingler par Europe1.

5/ Nicolas Rousseaux ou @F_Republicaine: sa dernière publication est ce message du 22 mai qui diffusait son portrait sur le site de TV5Monde (le même portrait que les électeurs avaient reçu en spam la veille). Il compte 230 abonnés mais était déjà sur Twitter avant cette élection. Le plus ancien message qui reste sur son compte remonte au 13 février, deux jours avant  la décision du Conseil constitutionnel invalidant l’élection de la circonscription d’Amérique du Nord. Lorsque François Fillon a décidé de baptiser son mouvement « Force Républicaine » et que votre serviteur l’a signalé à un journaliste spécialiste de la droite française, Nicolas Rousseaux a passablement encombré son compte à revendiquer le nom de son mouvement.

Entre ces nombreux tweets contre son ancien parti et des nombreux commentaires d’actualité, la place pour la campagne électorale est assez maigre pour ce candidat atypique, sur un total dépassant à peine les 700 gazouillis. Le ratio abonnés/abonnement est étrange aussi: 230 abonnés pour plus de mille abonnements, pas vraiment le profil d’un homme politique.

Nicolas Rousseaux, qui ne s’est pas déplacé sur le terrain et dont la circulaire électorale a été invalidée, compte sur Twitter pour avoir quelques voix, comme il l’a expliqué à La Montagne. La Montagne est l’un des médias français qui s’intéressent à la campagne, d’une part parce que le journal a une correspondante à Montréal, d’autre part parce que trois des douze candidats sont d’origine auvergnate.

6/ Cyrille Giraud ou @CyrilleGiraud: le compte du candidat écologiste a été créé fin 2011, à l’occasion de la pré-campagne électorale des législatives de 2012. L’an dernier, PS et EELV faisaient « ticket commun » dans beaucoup de circonscriptions et il était le suppléant de Mme Narassiguin. C’est donc la deuxième campagne électorale avec le même compte Twitter, et une vie entre les deux campagnes.

Cyrille Giraud est abonné à presque 400 comptes, et a 400 abonnés. Il n’a diffusé en dix-sept mois qu’à peine plus de 400 messages, le dernier, d’hier, étant le soutien de Pascal Canfin, ministre de la Coopération.

Son utilisation de l’outil est on ne peut plus conviviale: il suit l’actualité, y compris française, il rediffuse des informations, il répond assez rapidement aux interpellations.

7/ Frédéric Lefebvre ou @FLefebvre_UMP: le compte de l’ancien secrétaire d’Etat en charge du Commerce et de l’Artisanat est sans conteste le plus important de la campagne avec plus de 26.000 abonnés (dont 26% de faux comptes et 34% d’inactifs, selon ce site). Mais pour l’ancien porte-parole de l’UMP, le premier jour sur le réseau social, en novembre 2009, a été rude: il s’en est tout simplement fait éjecter.

Désormais plus calme, ce n’est pas pour autant que le candidat maîtrise bien l’outil. Par exemple, son dernier message de campagne (d’hier à 17h12) le montre avec… sa cousine Camilla. Pas sûr que les électeurs des USA et du Canada soient intéressés par la chose. De même, l’utilisation abusive du mot-clic de la campagne n’est pas normale pour quelqu’un qui a déjà trois ans et demi d’ancienneté sur le réseau social. Le pire des exemples fut sans doute celui des attentats de Boston (lire candidat n°4: Franck Scemama).

Le candidat investi par l’UMP parle, communique, mais ne répond jamais. Seuls ses soutiens (des JeunesPop ou de la « TeamLefebvre ») répondent, avec plus ou moins d’arguments, plus ou moins de courtoisie.

8/ Thierry-Franck Fautré ou @ThierryFautre: le candidat FN a créé son compte le 8 avril, a six abonnés, et a émis six messages. Dernier message en date, celui-ci (du 10 avril) dont nous avions relevé ici qu’il reflétait pour le moins une grande méconnaissance de la composition du gouvernement (il citait un certain… Jean Kulasek).

Ce n’est donc pas sur Twitter que M. Fautré gagnera la moindre voix.

9/ Véronique Vermorel ou @vvermorel: le compte de la candidate « pirate » n’a qu’une centaine d’abonnés, mais il est jeune, puisque son plus ancien message remonte au 1er mars.

Sur les 330 tweets déjà publiés (dont certains ce vendredi), on ne trouve pas que de la campagne électorale. Il y a aussi des rediffusions de messages et des réponses. On l’a vu plus haut, ce n’est pas le cas de tous les candidats.

L’entourage de la candidate s’est montré lui aussi très réactif tout au long de ces dernières semaines.

10/ Céline Clément ou @CClement_2012: la candidate Front de Gauche n’a pas modifié l’intitulé du compte qu’elle avait en 2012. De même que Cyrille Giraud, son compte Twitter a fonctionné depuis les élections de l’an passé. Elle a un peu plus de 400 abonnés et suit près de 500 comptes.

Céline Clément aussi s’est servi de son compte ce vendredi. Une fois pour renvoyer sur L’Outarde libérée mais aussi pour rediffuser une information sans rapport avec les élections.

Elle se sert de Twitter de façon interactive et évoque -parfois avec humour- des sujets très divers, hors de la campagne. Comme elle a quitté le Canada depuis quelques mois, elle a fait sur le terrain une très courte campagne.

11/ Pauline Czartoryska: pas de compte.

12/ Karel Vereycken ou @SPVereycken: le candidat Solidarité & Progrès était déjà candidat en 2012. Il affiche plus de 2000 gazouillis au compteur, suit presque deux mille personnes et a dépassé le millier d’abonnés. Il a utilisé Twitter ce vendredi, entre autres pour annoncer que « l’ex-ministre de tutelle de Frédéric Lefebvre » Christine Lagarde avait été placée sous le statut de témoin assisté.

Il diffuse ou rediffuse beaucoup d’informations, dont la plupart sont axées sur la campagne. Il n’hésite pas à répondre ou à intervenir sur certains sujets.

Voir aussi: Essai de cartographie virtuelle des élections.

Participation en baisse, les détails du vote électronique

La participation au premier tour de la législative partielle sur la 1ère circonscription des Français établis hors de France est légèrement en-dessous de 10%, contre un peu plus de 14% en 2012, année d’élections générales, selon les chiffres communiqués ce matin par le Bureau de vote électronique (BVE).

15.083 électeurs inscrits sur les listes consulaires au Canada et aux USA ont voté entre mercredi 15 mai et mardi 21 mai midi, heure de Paris (6h, heure de l’est). En 2012, à nombre d’inscrits identique (à 200 près), ils avaient été 22.088 (tableau ici),soit 14,04%. Une désaffection de cinq points propre à la plupart des élections partielles.

Sur Twitter, réagissant à ce chiffre, le candidat PS Franck Scemama donne « rdv aux urnes samedi ». Pour mémoire, en 2012 le vote à l’urne représentait sur la circonscription moins du tiers des votes: à peine 9.507 électeurs. Le vote par correspondance avait été marginal, avec 363 Françaises et Français ayant opté pour cette solution au premier tour.

Pour connaître la participation au jour le jour, cliquer ici. Le PV donne aussi les détails ville par ville.