Archives Mensuelles: mars 2015

Association interparlementaire France-Canada: le rapport 2014 est paru

L’association interparlementaire France-Canada (ou Canada-France, selon le côté de l’océan où on se trouve) a tenu sa 41ème session en France, à Grenoble et à Paris en avril 2014, puis la 42ème dans la région de Toronto en novembre. Le rapport du groupe interparlementaire d’amitié a été rendu public ce jeudi 12 mars 2015.

Parmi les thématiques étudiées en 2014, on trouve les enjeux liés à la recherche et les politiques d’innovations industrielles. À travers l’expérience grenobloise (trois parlementaires françaises de l’intergroupe sont élues dans l’Isère), une attention particulière a été portée sur le secteur des nanotechnologies. Du côté de Toronto ont été particulièrement étudiées l’informatique quantique et l’industrie pharmaceutique.

« La prochaine session de l’Association aura lieu en mai 2015, autour des problématiques liées à la sécurité et au changement climatique en prévision de la Conférence de Paris sur le Climat » indique le site du Sénat.

Le rapport, d’une cinquantaine de pages, signé Claudine Lepage, est à consulter ici.

Les Canadiens délaissent l’Europe, regrette l’ambassadeur de France

Nommé ambassadeur de France au Canada par décret du 9 janvier et ayant pris ses fonctions le 18 février (avec un message vidéo), Nicolas Chapuis multiplie les entretiens dans les médias canadiens. Le dernier en date, pour La Presse canadienne, a été publié vendredi 6 mars et porte sur les relations économiques, alors que le Premier ministre du Québec achevait sa première visite en France, à dominante économique.

Pour Nicolas Chapuis, le lien économique entre le Canada et l’Europe « se dégrade ». Tout « comme dans un couple où l’on dit « je t’aime, je t’aime, je t’aime » sans le prouver », et ce malgré « un discours politique où l’on dit que nous sommes des amis et alliés ». Le nouvel ambassadeur espère attirer les investissements des entreprises canadiennes, en recul en France et en Europe depuis quelques années.

M. Chapuis pense que l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne devrait offrir de nouvelles occasions d’affaires aux sociétés canadiennes, surtout dans le secteur des énergies renouvelables. Auprès de La Presse canadienne, il a également tenté d’apaiser les craintes quant à la possibilité que les préoccupations de la France et de l’Allemagne à l’endroit de cet accord puissent faire dérailler la ratification de l’accord.

Le compte-rendu de cette entrevue est à lire sur Metro.com, sur le site de 98,5FM, ou encore dans la section Affaires de La Presse.

NB: Depuis dimanche dernier, nous avons publié dans la rubrique France-Québec une série de billets sur les rencontres bilatérales franco-québécoises à l’occasion de la visite en France de Philippe Couillard et d’autres ministres. Le compte-rendu des journées du jeudi 5 et du vendredi 6 mars sera publié ultérieurement.

 

Rencontres bilatérales France-Québec: coopérations universitaires à l’honneur

La visite du Premier ministre Philippe Couillard s’est poursuivie aujourd’hui 4 mars à Bordeaux, où la coopération inter-universitaire a été mise en avant.

« Ce n’est certainement pas un hasard si je me trouve aujourd’hui en région Aquitaine pour y approfondir nos relations politiques, économiques, scientifiques et universitaires. La croissance de nos entreprises de même que le développement de nos universités et de nos institutions de recherche dépendent de notre capacité à tisser des partenariats avec des régions et des économies complémentaires aux nôtres. Le dynamisme démographique et économique de la région aquitaine en fait non seulement une des régions les plus attractives de France et d’Europe, mais également un partenaire de choix pour le Québec« , a déclaré le Premier ministre Couillard.

Les Universités de Bordeaux et l’Université Laval, qui, selon les termes de Matthias Feckl, sont « des pionnières, qui ont su lancer un pont entre France et Québec« ,  ont approfondi aujourd’hui leurs liens déjà étroits, formalisés par la création des Entretiens Champlain-Montaigne en 2001, et aboutissant en 2012 à l’Alliance Bordeaux-Laval (ABL) favorisant la mobilité étudiante. Au fur et à mesure, industriels et investisseurs se sont joints aux étudiants et chercheurs: on peut notamment citer l’Entente aliment-santé en 2009 avec la création de l’Institut nutrition Aquitaine-Québec, l’entente sur l’eau en 2012, sur la forêt-bois en 2013, sur l’optique photonique et laser en 2014.

C’est dans cette logique qu’a été signé aujourd’hui à Bordeaux, en présence du recteur de l’Université Laval Denis Brière, et du Premier ministre, un accord de cinq ans (l’Alliance Bordeaux Laval Innovation), censé accentuer les échanges entre l’Université Laval et cinq établissements universitaires de Bordeaux: Université de Bordeaux, Université Bordeaux Montaigne, Bordeaux INP Aquitaine, Sciences Po Bordeaux et Bordeaux Sciences Agro.

Cet accord prévoit une liste de secteurs de codéveloppement prioritaires :

  • Santé et vieillissement des populations, notamment le développement d’une nutrition préventive pour la santé cérébrale;
  • Ressources naturelles et développement durable, en particulier bois/forêt et ressources en eau;
  • TIC, notamment la télémédecine, la télépathologie et la cartographie des réseaux de santé;
  • Sciences politiques;
  • Droit international et européen.

Au cours de cette cérémonie, le vice-recteur exécutif et au développement de l’Université Laval, Éric Bauce, a reçu un doctorat honorifique de l’Université de Bordeaux soulignant sa contribution exceptionnelle à l’entomologie forestière et son implication soutenue dans les campus durables.

Hydro-Québec a par ailleurs annoncé ce 4 mars qu’un partenariat scientifique allait être noué avec l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, dans la suite de la convention signée avec la région Aquitaine.

Également, un projet de création d’Institut maritime regroupant des chercheurs français et québécois en sciences de la mer, à Rimouski, pourrait être signé ce vendredi à Paris. Cet institut permettrait à des chercheurs de collaborer sur des problématiques communes, tout en se positionnant favorablement vis-à-vis des grands bailleurs de fonds internationaux. Cette initiative s’insère dans les grandes lignes de la Stratégie maritime du gouvernement québécois.

[NB: mise à jour du 7 mars 2015, 13h] La création de cet institut binational a été officialisée le 6 mars. L’institut sera codirigé par le Québec et la France.

Pour tous les autres aspects de la journée, cliquez ici.

Rencontres bilatérales France-Québec: l’essentiel du Jour 3

Le Premier ministre Couillard et sa délégation ont poursuivi, mercredi 4 mars, leur séjour en France dans le cadre des rencontres alternées. À part pour la ministre de la Culture, l’essentiel des enjeux relevaient de la collaboration régionale, avec Rhône-Alpes et Aquitaine.

Pour Hélène David, ministre de la Culture et des Communications, il s’agissait de conclure une entente portant sur l’échange de résidences d’artistes en arts visuels entre l’École nationale des Beaux-Arts de Paris (ENSBA) et le Nunavik, territoire de 500.000km2 (un tiers du Québec, mais 90% de la France), au nord du 55e parallèle. Cette entente a été signée pour une année renouvelable, avec pour principaux partenaires le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), l’ENSBA de Paris, et le Consulat général de France à Québec.

Ce projet d’échanges permettra, dès l’automne 2015, à trois artistes français de l’ENSBA d’effectuer une résidence dans le Grand Nord québécois, à Inukjuak. En contrepartie, deux artistes inuits seront accueillis en résidence de création à l’ENSBA. La mise en place de cette entente a bénéficié également de la collaboration de l’Institut culturel Avataq et de l’Administration régionale Kativik. La ministre québécoise de la Culture a évoqué « un emballant projet dans le domaine des arts », le P-Dg du CALQ Stéphan La Roche a considéré ces futurs échanges comme permettant de vivre « une expérience exceptionnelle et dépaysante », et le Consul général de France à Québec (qui accompagne divers ministres dans leurs déplacements depuis le début du voyage) y a vu « une occasion unique d’instaurer un dialogue entre les deux cultures« .

Partenariat avec la région Rhône-Alpes: l’âge de raison

La région Rhône-Alpes est la première région de France a avoir signé avec le Québec un plan d’action de coopération décentralisée. L’histoire remonte à 1994 et les vingt ans ont été célébrés en mai 2014, alors que le gouvernement Couillard était installé depuis peu (les élections qui ont vu les libéraux revenir au pouvoir avaient lieu en avril). C’est donc en terrain bien rôdé que le président rhônalpin Jean-Jack Queyranne et le Premier ministre québécois Philippe Couillard ont signé leur Plan d’action 2015-2018, le huitième de la sorte. Il est expliqué sur le site Internet du conseil régional Rhône-Alpes, qui le décline en cinq axes prioritaires.

Québec-Aquitaine: le courant passe bien

Dans la journée, les dignitaires québécois se sont rendus en Aquitaine. Ils y étaient attendus de pied ferme puisque Sud-Ouest avait publié le matin un sujet d’ambiance sur les Québécois de Gironde.

Depuis décembre dernier (et la parution de ce communiqué sur le site d’Hydro-Québec, repris dans une dépêche d’agence), on attendait des annonces plus fines. C’est que les médias avaient fait monter la pression: en février dernier, La Tribune criait cocorico et annonçait que la France battait la Chine dans le domaine des batteries. C’est sans doute aller un peu vite en besogne, puisque l’Aquitaine et le Québec ne sont pas la France, et que le combat n’est pas gagné d’avance. Cela dit, les politiques ont bon espoir de voir un jour la filiale française du producteur québécois Hydro-Québec surpasser la Chine en terme de batteries à grande capacité de stockage et de conservation d’énergie afin d’améliorer les transports. Quand on voit les estimations faramineuses de ce que coûterait une électrification, on n’a plus qu’à croiser les doigts.

D’autres sujets ont été abordés en Aquitaine, développés dans un communiqué des services du Premier ministre. Pour ce qui concerne l’enseignement supérieur, merci de cliquer ici.

NB: les précédentes journées sont mardi 3 mars, lundi 2 mars (avec un bonus canadien) et dimanche 1er pour les précisions sur les frais de scolarité.

Rencontres bilatérales France-Québec: l’essentiel du Jour 2

Au deuxième jour de sa mission en France, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a profité de sa participation à d’importantes tribunes à caractère économique pour livrer un vibrant plaidoyer en faveur d’un accroissement des échanges commerciaux avec la France, premier client du Québec dans l’Union européenne et troisième au monde, après les États-Unis et la Chine. À cette occasion, le premier ministre était accompagné du ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, Jacques Daoust. Pour le résumé de la première journée du voyage en France, cliquer ici.

Philippe Couillard est arrivé à 7h45 au siège du patronat français (MEDEF). Dans la foulée, il s’est entretenu en petit comité avec Pierre Gattaz, le président du MEDEF. Puis il s’est exprimé devant une vingtaine de dirigeants de sociétés françaises dans le cadre d’une rencontre à organisée par Investissement Québec et le MEDEF, en partenariat avec la Délégation générale du Québec à Paris (DGQP). Le Premier ministre a pu ainsi poursuivre ses échanges avec divers dirigeants d’entreprises des secteurs des technologies de l’information, des technologies vertes ainsi que du numérique qui avaient accompagné le président Hollande au Québec début novembre. M. Couillard a par ailleurs expliqué à d’autres chefs d’entreprises les opportunités offertes par le Québec, notamment avec la relance du Plan Nord et la Stratégie maritime du Québec.

À partir de 12h30, Philippe Couillard était invité à la Chambre de Commerce et d’Industrie Paris-Île-de-France (CCIP, qui regroupe les huit Chambres franciliennes). Comme l’indique ce communiqué, MM. Couillard et Daoust avaient été rejoints par Christine St-Pierre (Relations internationales et Francophonie), Françoise David (Culture et Communication), et Lawrence Cannon, Ambassadeur du Canada en France, en poste depuis mai 2012 à Paris.

A la CCIP, MM. Couillard et Macron se trouvaient à la même table. C'est probablement grâce à cela que le ministre français a pu rattraper sa "bourde" sur les anglo-saxons. Photo Jean-Louis Courleux.

A la CCIP, MM. Couillard et Macron se trouvaient à la même table. C’est probablement grâce à cela que le ministre français a pu rattraper sa « bourde » sur les anglo-saxons. Photo Jean-Louis Courleux.

Une nouvelle fois, M. Couillard a vanté les mérites du Québec, et a mis en valeur la fiscalité des entreprises, la main-d’œuvre qualifiée, l’hydroélectricité notamment. « Accroître nos échanges économiques, c’est faire en sorte que nos entreprises québécoises puissent se développer, prospérer et également exporter. Avec la mise en œuvre prochaine de l’Accord économique et commercial global Canada-Union européenne (AECG), nos partenariats se multiplieront dans plusieurs secteurs. Nos PME du Québec sont présentes en France et concrétisent des stratégies d’exportation avec le soutien de notre gouvernement. La communauté d’affaires française considère la Stratégie maritime comme un projet qui fera du Québec une plaque tournante nord-américaine dans le transport des marchandises. Nous sommes une porte d’entrée qui, par son emplacement et sa culture francophone, peut faire le pont entre les continents. Tous les éléments sont donc présents pour créer des emplois chez nous et attirer des investissements étrangers« , a plaidé le premier ministre lors du repas de la CCIP.

Petit couac diplomatique lors de cette rencontre: le ministre français de l’Économie Emmanuel Macron, voulant vanter l’avantage que représente l’utilisation de la langue française, a dit que les Québécois sont « des Anglo-saxons » parlant français. La chose a été relevée par Jean-François Bélanger, correspondant de Radio Canada à Paris. Sans doute M. Macron était-il préoccupé par la séance de questions qui l’attendait peu après au Palais-Bourbon à l’heure où le Palais du Luxembourg allait se pencher sur sa loi supposée relancer l’économie et l’emploi en France. Toujours est-il qu’il est retourné prendre le micro pour faire une mise au point, en tutoyant Philippe Couillard, comme on a pu le voir sur RDI, la chaîne publique d’informations en français, et a qualifié les Québécois de Nord-américains parlant le français.

Au cours de cette deuxième journée en France, dix-sept ententes ou partenariats d’affaires ont été signés, qui représentent dit-on près de 16 millions de dollars (soit environ treize millions de dollars US ou onze millions d’euros). Cela semble peu, mais devrait se concrétiser par deux cents emplois à court et moyen terme, notamment dans les secteurs des technologies de l’information, des transports, des biens de consommation et de la culture. Disparu du Québec depuis un quart de siècle, le constructeur français Renault pourrait y revenir selon les dires de Jacques Daoust. Cela avait été avancé voici quelques jours dans La Presse à l’occasion du 34ème Salon de l’auto.

Tout au long de la journée, le Premier ministre Couillard a multiplié les visites protocolaires et les entretiens: il s’est rendu à l’UNESCO pour rencontrer Irina Bokova, directrice générale, afin d’échanger non seulement sur les thèmes chers au Québec (culture et l’éducation), mais également afin d’ouvrir des pistes de coopération scientifique en lien avec le Plan Nord et la Stratégie maritime. Il a également vu la secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean, auprès de qui il a réitéré l’appui du Québec à la mise en œuvre de la Stratégie économique pour la Francophonie.

Peu avant 17 heures, M. Couillard s’est rendu au sénat, en compagnie de Christine St-Pierre, afin de s’entretenir avec Gérard Larcher, qui en a récupéré la présidence à la faveur du renouvellement partiel de septembre dernier. Les deux hommes ont notamment évoqué les problèmes de sécurité, et bien entendu la relation franco-québécoise.

En fin d’après-midi, comme le veut l’usage lorsqu’un chef d’État est en visite officielle à Paris, le Premier ministre a été reçu à l’Hôtel de Ville par Anne Hidalgo. Leurs échanges ont permis d’aborder les initiatives régionales en matière de lutte contre les changements climatiques, dans la perspective de la COP21 qui se tiendra à Paris en décembre. La conférence du « vivre-ensemble« , organisée le 11 juin prochain à Montréal et à laquelle Mme Hidalgo doit participer, était aussi au menu. Mme Hidalgo et M. Couillard se sont ensuite rendus à la bibliothèque de l’Hôtel de Ville pour une rencontre littéraire avec Dany Laferrière, récemment élu à l’Académie française.

Mercredi, le Premier ministre et une partie de la délégation se rendront à Bordeaux (ville jumelée avec Québec): plusieurs activités sur les thèmes de l’innovation, de la recherche, de la coopération interuniversitaire, de l’économie et du numérique sont annoncées.

Rencontres bilatérales France-Québec: l’essentiel du Jour 1

Tandis que Rob Nicholson, le nouveau ministre canadien des Affaires étrangères, se rendait au Quai d’Orsay et à la Grande Synagogue, divers ministres québécois accompagnaient le Premier ministre Couillard à Paris pour les rencontres alternées, et la vice-première ministre commençait une tournée dans trois pays d’Europe, dont la France…

Terrorisme. – Au cours d’un point de presse conjoint tenu dans l’après-midi à l’Élysée, François Hollande a tenu à « insister sur la coopération qui existe entre le Québec et la France pour améliorer nos dispositifs de sécurité et de lutte contre le terrorisme« . Selon lui, la France et le Québec sont sur la même longueur d’ondes: « lutter contre la radicalisation, les embrigadements, les phénomènes sur internet ou sur d’autres supports emmènent des jeunes à des destinations où ils n’ont pas leur place« . Dimanche soir, avant de partir vers l’Europe, la vice-première ministre Lise Thériault (en charge de la sécurité publique) avait indiqué qu’elle voulait s’inspirer de la France, de la Grande-Bretagne, et de la Belgique pour lutter contre la radicalisation (lire ici).

Laïcité. – Interrogé sur la laïcité, Philippe Couillard a estimé que le concept n’était pas le même en France et au Québec, et qu’il convenait de se mettre d’accord sur la lutte contre le terrorisme et l’intégrisme religieux « dans une optique de sécurité« . Le Premier ministre du Québec veut lutter contre ce qu’il appelle la « radicalisation domestique« , notamment en travaillant « en amont dans les communautés« .

Solidarité. – Lors de leur entretien, Philippe Couillard a remis à François Hollande une motion de l’Assemblée nationale condamnant les attentats de Paris, et lui a montré des photos des manifestations de Québec et Montréal. Cette démonstration de solidarité a été un peu raillée dans l’émission « Le Club des Ex » sur l’heure du midi à RDI, divers intervenants ayant considéré que M. Couillard en faisait « un peu trop« , comme pour se rattraper d’une absence de Paris lors du défilé du 11 janvier, qui lui a été reprochée localement par ses adversaires politiques. Ce jour-là, M. Couillard défilait à Québec en compagnie de 2 à 3000 manifestants en solidarité avec la France. Au cours de la conférence de presse conjointe, le Président Hollande a remercié les québécois qui se sont rassemblés après les attentats de Paris.

Frais de scolarité. – Interrogé sur l’augmentation des frais de scolarité, le Président Hollande, comprenant que le Québec a « des contraintes budgétaires« , a précisé qu' »il n’y a pas eu triplement sur tous les étudiants » et a évoqué une « harmonisation » concernant les étudiants de premier cycle, qui bénéficieront du tarif canadien. Le Président français a par ailleurs dit apprécier le « geste » fait en faveur des étudiants de Saint-Pierre-et-Miquelon (lire notre billet de dimanche), et a qualifié le nouvel accord de « bon accord« . De son côté, Philippe Couillard a affirmé que les Français étaient les seuls à bénéficier d’un tarif dérogatoire.

Environnement. – Alors que se tiendra en fin d’année une conférence sur le climat à Paris, François Hollande a indiqué qu’il veillerait à « ce que le Québec, au nom de cet ensemble d’États fédérés, puisse être non seulement présent, mais puisse s’exprimer parce que tout ce que dira le Québec ira dans le sens des intérêts et de la France, et du monde« .

Bons procédés. – Diverses personnalités françaises ont été honorées par les autorités du Québec dès cette première journée. C’est notamment le cas de la féministe Benoite Groult, du maire de Lyon et sénateur Gérard Collomb, de Jean-Luc Alimondo, président du Cercle des dirigeants d’entreprises franco-québécois, ou de Paul Tréguer, professeur émérite de l’Université de Bretagne occidentale,.

Le Premier ministre Couillard, parti pour la semaine en France avec plusieurs ministres et quelques dizaines de gens d’affaire, a également rencontré ce lundi à l’Assemblée nationale le Président Claude Bartolone, pour aborder la coopération interparlementaire et la collaboration en matière de sécurité publique. Au cours de cet entretien, on pouvait remarquer la présence du Consul général de France à Québec, Nicolas Chibaeff auprès de qui il avait défilé le 11 janvier dans la Capitale nationale.

L’importance de la délégation québécoise avait beaucoup été critiquée localement, puis en France Le Figaro en avait fait un entrefilet. Comme en écho à cela, François Hollande a qualifié la délégation de « très impressionnante« , ajoutant que cela démontrait l’ampleur de la relation entre la France et le Québec dans tous les domaines.

À Paris, Rob Nicholson a rencontré Laurent Fabius

Nommé en février ministre des Affaires étrangères du Canada, Rob Nicholson a entamé ce lundi une visite en France, qui se déroule en parallèle des rencontres bilatérales franco-québécoises.

Le ministre Nicholson, ici en compagnie de Laurent Fabius, a réservé sa première sortie officielle à la France.

Le ministre Nicholson, ici en compagnie de Laurent Fabius, a réservé sa première sortie officielle à la France (Photo CC BY-NC-ND 2.0 du MAECD).

La France est donc la première destination du nouveau ministre des Affaires étrangères, dont la nomination avait été critiquée du fait de sa carence dans la langue de Molière. L’information n’a été donnée que dimanche 1er mars par les services du ministère canadien.

Comme l’indique l’agenda hebdomadaire de Laurent Fabius, une rencontre avec son homologue canadien avait lieu au Quai d’Orsay ce lundi 2 mars à 15h, alors que le chef de la diplomatie française avait prévu d’être à 16h30 à l’Élysée, ou le président Hollande recevait le Premier ministre québécois Philippe Couillard.

MM. Nicholson et Fabius se sont rencontrés « pour discuter de l’engagement du Canada et de la France sur de grandes questions internationales d’intérêt mutuel« , indique ce lundi le ministère canadien des Affaires étrangères. L’entrevue a porté notamment sur la crise en Ukraine, ainsi que sur les efforts de la coalition contre le groupe armé « État islamique« , le Canada et la France étant tous deux membres de la coalition. L’entretien a également porté sur les mesures pour contrer la radicalisation, indique-t-on à Ottawa. « Les attentats au Canada et en France ont clairement démontré que le terrorisme a une portée mondiale et que les alliés doivent continuer à intensifier leurs efforts pour lutter contre ces affronts à notre liberté« , a déclaré le ministre Nicholson.

MM. Nicholson et Fabius ont également discuté des liens commerciaux entre le Canada et la France, ainsi que de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui aura lieu à Paris en décembre 2015. Des thèmes qui doivent également être abordés dans le cadre des rencontres alternées France-Québec.

Le ministre Nicholson doit également visiter la Grande Synagogue de Paris, qui « a fourni aux Juifs parisiens un lieu de culte reflétant le développement extraordinaire qu’a connu la communauté sur le plan démographique, économique et culturel à la fin du 19e siècle« , précisait le communiqué de dimanche.

Mise à jour (14h40 HE): dans un nouveau communiqué à lire ici, on apprend que le ministre canadien des Affaires étrangères s’est rendu à la Grande synagogue de Paris, rue de la Victoire. Au cours de cette visite, il a « insisté sur la détermination du Canada à dénoncer la haine ancestrale qu’est l’antisémitisme, et toutes ses incarnations modernes« , indique ce communiqué. Une visite saluée sur Twitter par un jeune Canadien vivant en Suisse.

Droits de scolarité: Christine St-Pierre remet les pendules à l’heure

À la veille de son départ pour la France dans le cadre des rencontres bilatérales instaurées sous le septennat de Giscard, la ministre québécoise des relations internationales Christine St-Pierre était invitée ce dimanche 1er mars à s’exprimer aux Coulisses du pouvoir de Radio-Canada.

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Christine St-Pierre s’exprimait ce midi, depuis Québec, à l’émission présentée par Emmanuelle Latraverse.

Mme St-Pierre a notamment été interrogée sur la hausse des frais de scolarité pour certains étudiants français, dont les principaux détails ont été annoncés le 12 février dernier. La ministre a rappelé que cette augmentation ne concernait pas les étudiants déjà inscrits dans une université du Québec, ni aux étudiants en maîtrise et aux doctorants, qui restent assujettis au tarif appliqué aux étudiants québécois.

Seuls les nouveaux arrivants français inscrits en premier cycle, une fois cet accord signé, se verront appliquer le tarif réservé aux étudiants venus du Canada, qui reste d’un coût moindre par rapport aux étudiants étrangers. Christine St-Pierre n’a pas manqué de rappeler que le gouvernement précédent avait lui aussi prévu une hausse. Du reste, le député des Français d’Amérique du Nord Frédéric Lefebvre avait à l’époque dit sur son site Internet qu’il allait saisir la Première ministre Marois et le gouvernement français. Pour notre part, dans un billet publié le 26 mars 2014, nous expliquions qu’aucun des deux partis faisant cette annonce n’en avait chiffré financièrement le coût et les retombées.

Mme St-Pierre a également indiqué au cours de cet entretien que les étudiants français « coûtent » actuellement 120M$ aux contribuables québécois chaque année. Soit en gros dix mille dollars par étudiant et par an. Selon Le Journal de Montréal, qui citait la ministre dans un sujet publié le 12 février, l’économie réalisée sera de l’ordre de 30M$. Le maintien de certaines exemptions continuera donc à coûter 90M$, expliquait le journal montréalais.

La ministre croit savoir que les tarifs pour les étrangers désireux d’étudier dans les universités françaises devraient prochainement augmenter. Aussi a-t-elle annoncé qu’un volet de l’accord en cours de finalisation prévoit que les étudiants québécois soient exemptés de cette hausse.

Bref: Christine St-Pierre remet les pendules à l’heure (elle « donne l’heure juste », comme on dit au Québec): cet accord est bel et bien un accord, et non un diktat imposé par le Québec à la France.

D’autant que, comme l’a indiqué le Premier ministre Couillard dans un entretien à l’AFP, douze à quinze étudiants de Saint-Pierre et Miquelon devraient chaque année pouvoir étudier au Québec au même tarif que des québécois.

Pour en savoir plus sur les relations bilatérales qui unissent le Québec et la France (y compris sur certaines régions) lire ici un document élaboré lorsque Jean Charest et François Fillon étaient encore aux commandes.