Législatives: et pourquoi pas trois semaines entre les deux tours?

En réaction à l’annonce de la suspension du vote par Internet des quelque 1,3 millions de Français hors de France (chiffre publié le 6 mars dans Insee focus), les réactions ont fusé. Le député sortant de notre circonscription Frédéric Lefebvre (LR) a lancé une pétition -sur Internet-, la franco-canadienne Axelle Lemaire, ancienne ministre (PS) en charge du numérique a évoqué un déni démocratique (expression reprise le lendemain par François Fillon), etc.

Sénatrice LR des Français de l’étranger, Joëlle Garriaud-Maylam, dans une tribune, a indiqué que le vote des Français de l’étranger basculait traditionnellement à droite et au centre. Il se trouve que, lors des législatives de 2012 -les premières où les Français hors de France élisaient directement leurs représentants à l’Assemblée nationale-  sept élus étaient étiquetés PS et un écologiste, sur un total de onze. Même après les deux partielles de 2013, la droite et le centre restaient minoritaires, avec cinq députés sur onze.

De son côté, quelque peu isolé, Philippe Molitor, conseiller consulaire FdG de Montréal, avait émis de sérieux doutes dès le 18 février quant à la fiabilité du vote Internet, vu qu’il participait au test. Étant donné les ratés du premier scrutin de 2012 (y compris un piratage organisé au Benelux, auquel le Conseil constitutionnel n’avait rien trouvé à redire), puis quelques bugs aux législatives partielles de 2013 (notamment du fait de l’utilisation d’un logiciel quelque peu dépassé), le gouvernement avait préféré tenter d’améliorer le système. En vain. Jusqu’à décider in extremis d’annoncer le 6 mars devant les élus de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) réunis à Paris que le vote par Internet ne serait pas possible au printemps 2017. Le ministre en charge des Français de l’étranger évoquait des risques d’attaques informatiques, et la dépêche Reuters relatant cette annonce de Matthias Fekl indiquait au passage que les Pays-Bas avaient également écarté le vote électronique pour le scrutin législatif du 15 mars.

Robert del Picchia. Source.

Déposée dès le 9 mars au bureau de la présidence du sénat, puis annoncée au JORF du 17 mars, une proposition de loi (PPL) du sénateur RFE (apparenté LR) Robert del Picchia mérite réflexion: elle préconise trois semaines de délai entre les deux tours du scrutin législatif, à la place des deux semaines mises en place lors du premier scrutin de 2012. Et, venant d’un homme politique qui tenait jusqu’en 2005 un blogue intitulé « Pour le vote par internet », elle est pour le moins mesurée…

Si, en France et outre-mer une seule semaine sépare les deux tours, le législateur avait trouvé judicieux en son temps d’instaurer un délai plus large dans les circonscriptions hors de France, pour tenir compte des aléas du transport du courrier, que ce soit de Paris vers les électeurs ou, dans le cas du vote par correspondance, des électeurs vers leur poste consulaire, chargé d’organiser les élections. Mais Robert del Picchia va plus loin: dans l’exposé des motifs de sa PPL, il rappelle que les législatives de 2012 avaient rencontré « une faible participation électorale » (de 11 à 24% de participation, selon les circonscriptions, à ce qui était une première), mais que le vote par Internet avait été « choisi par plus de la moitié des électeurs » (98.500 votes à l’urne, 3.600 votes par correspondance, 117.600 votes par Internet, sur l’ensemble des onze circonscriptions). Le parlementaire, qui siège au Palais du Luxembourg depuis septembre 1998 après trente ans de journalisme radiophonique, précise également au sujet du vote par correspondance que « traditionnellement, les deux tiers de l’électorat français a l’étranger y avaient recours pour les élections des conseillers » à l’AFE.

Puis Robert del Picchia se livre à un petit calcul arithmétique tout simple pour démontrer que deux semaines entre les deux tours impliquent « un aller-retour de courriers en moins de 10 jours, dans des circonscriptions qui peuvent recouvrir un tiers de la surface terrestre » dans le cas du vote par correspondance, le pli devant parvenir au consulat la veille de l’ouverture du second tour de scrutin. Par exemple, le site de Poste Canada indique ici « généralement » un délai de deux à quatre jours en fonction de la distance à parcourir; sans compter que le courrier n’est pas distribué le samedi, le dimanche, les jours fériés fédéraux et les jours fériés provinciaux dans les régions concernées. Le  sénateur estime donc « impératif d’augmenter le délai entre les deux tours de scrutin ». Pour lire sa PPL dans son intégralité, cliquez ici.

Calendrier des élections 2017

Pour pouvoir voter par correspondance, vous devez effectuer votre démarche auprès de votre poste consulaire au plus tard le 14 avril. Le vote par correspondance n’est possible que pour les législatives.

Pour voter par procuration (seule alternative au vote à l’urne lors de la présidentielle), il convient d’imprimer ce formulaire qu’il vous faudra néanmoins faire étamper en personne au poste consulaire. Si vous résidez loin d’un consulat, ou n’êtes pas en mesure de vous déplacer, voyez auprès de votre consulat si une tournée est prévue. Les perturbations atmosphériques récentes ont fortement perturbé le calendrier du consulat général de France à Québec, par exemple.

En Amérique du Nord, le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le samedi 22 avril, et le second tour le samedi 6 mai. Le décret de convocation des électeurs est paru au JORF du 24 février.

Les élections législatives sont prévues le samedi 3 juin et le samedi 17 juin dans la première circonscription des Français hors de France (USA et Canada).

À Québec, le centre de vote sera installé au Collège Stanislas, comme pour les européennes et les consulaires d’avril 2014. Les bureaux de vote devraient fermer à 20h pour la présidentielle, mais à 18h pour les législatives. Davantage de renseignements sur l’organisation des scrutins à Québec peuvent être obtenus auprès de la cellule élections, par courriel à « elections.quebec-fslt@diplomatie.gouv.fr », par téléphone au 418-266-2500 (ou 2501).

Depuis un calendrier de mai 2016, les élections sénatoriales sont fixées à la troisième semaine de septembre. Le Collège électoral restreint -dont font partie les conseillers consulaires, les délégués consulaires, et les conseillers AFE notamment- devra procéder au remplacement de six des douze sénateurs représentant les Français hors de France.

Vincent Boileau-Autin se lance en politique

Premier marié homosexuel de France dès l’adoption de la loi en 2013, Vincent Boileau-Autin a quitté Montpellier ce dimanche 19 février pour Montréal, où travaille désormais son époux Bruno.

Source: compte Twitter @TBoussaries

Source: compte Twitter @TBoussaries

En début de semaine, Thierry Boussarie, consultant en communication numérique, a annoncé que Vincent Boileau-Autin était candidat dans la 1ère circonscription des Français hors de France pour les élections législatives qui auront lieu au printemps, dans la foulée de la présidentielle.

Dans un entretien publié ce dimanche par 20 Minutes, ce nouveau venu en politique explique qu’il ne se lance pas dans la course pour gagner, mais pour apporter « un vent de fraîcheur » alors que la campagne présidentielle revêt à ses yeux « un goût amer, un goût d’eau sale ».

Le Parlement européen approuve deux accords avec le Canada

Lors de sa séance du mercredi 15 février au matin, le Parlement européen a approuvé d’une part l’Accord de libre échange (Accord économique et commercial global, AECG -CETA en anglais) et d’autre part donné leur consentement à la conclusion d’un Accord de partenariat stratégique UE-Canada (APS).

Approuvé par 506 voix (142 élus ont voté contre, 43 se sont abstenus), l’APS devrait être un complément de l’AECG dans la coopération bilatérale entre l’Union européenne et le Canada sur les questions dites « non commerciales », comme la politique étrangère, la sécurité, la lutte contre le terrorisme, la lutte contre le crime organisé, le développement durable, la recherche et la culture.

L’AECG (CETA) pour sa part n’a été approuvé que par 408 voix, 254 parlementaires s’y étant opposés et 33 s’étant abstenus.

L’AECG ne supprime pas les tarifs douaniers liés aux services publics, audiovisuels, ou de transports. Il ne supprime pas non plus les taxes sur quelques produits agricoles, comme les produits laitiers, les volailles et les œufs. En clair, si des fromages français, italiens ou néerlandais venaient inonder les épiceries québécoises, ils ne pourraient pas être moins chers qu’ils ne le sont actuellement, sauf évidemment lorsqu’ils sont vendus en spéciaux.

Par ailleurs, le règlement des différents entre investisseurs et États (RDIE) a été remplacé par le système juridictionnel des investissements. Son but est de garantir un contrôle gouvernemental sur le choix des arbitres et d’améliorer la transparence, précise-t-on à Strasbourg, où se réunissait le Parlement européen, et où le Premier ministre canadien Justin Trudeau doit s’exprimer jeudi 16 février.

Quelque 140 indications géographiques européennes relatives à des denrées alimentaires et à des boissons vendues au Canada ont également été protégées dans le texte de l’AECG.

Les diverses assemblées (nationales en Europe et provinciales au Canada) doivent désormais donner leur aval pour l’ensemble de l’AECG, mais la grande majorité des mesures pourront s’appliquer provisoirement « le premier jour du mois suivant la date à laquelle les deux parties se seront informées mutuellement de l’achèvement de toutes les procédures internes nécessaires », soit probablement entre le 1er mars et le 1er mai.

Primaires citoyennes: trois électeurs sur dix ont payé mais pas voté

Les résultats des Primaires citoyennes, dites « primaires de gauche » réservent deux surprises sur le vote des Français de l’étranger: d’une part trois électeurs sur dix ont payé mais ne se sont pas exprimés, d’autre part le mieux placé des demi-finalistes est Benoit Hamon, contrairement à d’autres scrutins… dont la primaire de droite, le dernier en date.

Les chiffres que Soir Américain s’est procurés donnent Benoit Hamon en première position, avec 35,67% des suffrages exprimés, devant Manuel Valls, qui n’obtient que 28,15% des voix. Chez les Français de l’étranger, on vote encore moins Valls que chez les électeurs de France, de Corse, et des outremers: les résultats définitifs publiés le 25 janvier donnent un peu plus de 31% à l’ancien Premier ministre de François Hollande.

Pour mémoire, lors de la primaire de la droite et du centre, Alain Juppé était arrivé largement en tête au premier tour, avec 45% des suffrages contre 37 pour François Fillon. La vapeur s’était inversée au second tour avec quasiment un 52/48 en faveur de l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy.

La participation, par ailleurs, est surprenante: dans les deux élections primaires, il fallait être inscrit sur les listes électorales consulaires (LEC) pour procéder à la préinscription à ce choix partisan, et aussi… laisser ses coordonnées bancaires pour prélèvement, que l’on vote ou non.

À droite, environ 58.600 inscriptions ont été validées et le scrutin n’a réuni que 53.000 électeurs au premier tour et 49.500 au second. En clair, 90% des électeurs ont voté lorsque Nicolas Sarkozy a été éliminé, et 84,5% pour départager les deux finalistes. Le nombre de bulletins blancs était marginal (de l’ordre de 200). Deux cents bulletins blancs, c’est aussi ce que Solférino a trouvé en dépouillant les Français de l’étranger: 227 précisément. Sauf que 227 blancs pour près de 11700 votants, ça frise les 2%. Quant aux votants, ils ne représentaient que 73% des 16000 inscrits. En clair, près de trente pour cent des 16.013 personnes qui disaient souhaiter participer à ce scrutin ont laissé leurs coordonnées bancaires, se sont fait prélever les frais de participation, mais n’ont pas pris la parole.

Il n’empêche: le 1er secrétaire fédéral de la FFE-PS Boris Faure se félicite auprès de Soir Américain du « quasi-doublement du nombre de votants par rapport à primaire 2011« . En 2011, 6.800 Français de l’étranger avaient voté au premier tour (7.200 au second), accordant à Martine Aubry plus de 39% des voix du premier tour et plus de 55% de celles du second.

Par ailleurs Boris Faure rappelle à Soir Américain que les chiffres de la primaire à droite « ont été obtenus grâce à une période de préinscription quatre fois plus longue que la nôtre« . Pas faux. Et on pourrait même ajouter que le calendrier était très défavorable pour tenter de faire voter des électeurs non affiliés à un parti politique: il fallait s’y prendre juste durant les congés des fêtes de fin d’année. Un calendrier taillé il est vrai à l’origine pour ne pas obliger le président Hollande à se déclarer trop vite.

Plan Nord: un partenariat Québec-Monaco

Le Premier ministre du Québec Philippe Couillard et S.A.S. le Prince Albert II de Monaco étaient ce mardi 13 décembre à la séance de signature d’une convention-cadre visant à soutenir des projets de coopération entre le Gouvernement du Québec, la Société du Plan Nord, et la Fondation Prince Albert II de Monaco.

Cette convention-cadre à été signée par la ministre des Relations internationales et de la Francophonie Christine St-Pierre et le P-Dg de la Société du Plan Nord Robert Sauvé (pour le Québec), ainsi que par le vice-président et administrateur délégué de la Fondation Prince Albert II de Monaco S. E. Bernard Fautrier et la présidente de la branche canadienne de cette fondation la docteure Diane Vachon.

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Photo récupérée sur le compte Twitter du MRIF-Québec

La cérémonie se déroulait en marge du Forum Arctic Circle, qui s’est tenu du 11 au 13 décembre à Québec. Le but annoncé de cet accord est d’intensifier les projets de coopération sur,le territoire du Plan Nord par le soutien d’initiatives techniques, scientifiques et méthodologiques pour répondre aux enjeux de cette région et favoriser le développement durable.

« Grâce à cette convention, nous nous donnons un nouvel outil pour poursuivre nos efforts en matière de lutte contre les changements climatiques en territoire nordique, d’énergies renouvelables et de protection de la biodiversité. Cela témoigne de la reconnaissance internationale de l’expertise québécoise dans ces domaines« , a estimé le Premier ministre Philippe Couillard.

« Je me réjouis de la collaboration entre le Gouvernement du Québec et la branche canadienne de ma fondation pour l’avancement de la recherche scientifique et appliquée dans le domaine de la biodiversité de la région arctique. Les efforts investis par le Québec dans le développement durable et respectueux de cette région, notamment au regard des communautés autochtones, méritent nos encouragements et nos éloges« , lui a répondu le Prince Albert II de Monaco.

Dans la journée de mardi, le Prince Albert II de Monaco devait également participer à la séance spéciale du Forum sur les changements climatiques aux côtés du ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel, précisent les services du Premier ministre.

La situation en Syrie préoccupe la France, le Canada, et les USA 

Dans une déclaration conjointe rendue publique ce mercredi 7 décembre, les chefs d’État et de Gouvernement de la France, de l’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de l’Italie et du Royaume-Uni s’inquiètent de la situation à Alep.

Ces pays appellent la Russie et l’Iran à « user de leur influence » afin que le régime syrien accepte le plan de l’ONU, rejeté lundi en raison du veto de la Russie et de la Chine.

« Une catastrophe humanitaire se produit juste sous nos yeux », disent les pays signataires, ajoutant qu’hôpitaux et écoles « sont utilisés comme cibles pour saper le moral des populations » et estimant que « l’urgence absolue est un cessez-le-feu immédiat ». L’intégralité de la déclaration commune, rappelant aussi que le Secrétaire général de l’ONU a parlé de « crimes de guerre » est à lire ici.

Quelques heures avant ce communiqué, on apprenait que l’armée avait pris le contrôle de la vieille ville d’Alep.

Fillon l’emporte, même chez les Français de l’étranger

Pour la primaire « de la droite et du centre », les Français hors de France ont été moins nombreux à voter au second tour qu’au premier. Contrairement au premier tour, ils ont cette fois placé François Fillon devant Alain Juppé.

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Les Français de l’étranger étaient plus de 58.600 à s’être inscrits: la répartition par pays est indiquée ici. Au 19 octobre nous avions annoncé entre 56.500 et 60.000 participants et précisé que les inscrits devait laisser leurs coordonnées bancaires aux organisateurs afin d’être prélevés de deux fois 2€. Pourtant, seuls 49.500 ont voté à ce second tour de la primaire. Au premier tour, déjà, ils n’étaient que 53.000.

Parallèlement, la participation en France (4,29 millions au premier tour) aurait augmenté, selon les chiffres partiels remontés auprès de la haute autorité à 13h puis à 17h, heure de Paris. Vers 20h30, le résultat des 2.100 premiers bureaux de vote donnaient François Fillon vainqueur à 69%, un pourcentage qui baissait légèrement quelques minutes plus tard, mais qui semble ne pas pouvoir descendre aux 61% d’un sondage diffusé à l’issue du débat télévisé de l’entre-deux tours. Il était réalisé il est vrai sur 550 électeurs certains de leur choix à partir d’un échantillon de plus de 4.800 personnes.

À 15h (heure de l’est, soit 21h heure de Paris, Alain Juppé félicitait déjà François Fillon à l’occasion d’une brève allocution. Il lui annonçait son soutien, disant en même temps qu’il allait se consacrer entièrement à sa ville de Bordeaux.

Comme sur le modèle américain, le vainqueur prit la parole un quart d’heure plus tard, depuis son quartier général. Après les remerciements d’usage, il appelait ceux qui le souhaitaient à le rejoindre. « François Hollande a abaissé la fonction présidentielle et il faudra la relever », lançait-il, après avoir pourtant appelé « ceux qui ne sont pas de notre camp » mais ont tout de même voté [NDLR: les électeurs se présentant comme de gauche] à rejoindre son camp.

Le président Hollande à ce moment-là ne pouvait pas réagir, étant dans l’avion le ramenant du Sommet de la Francophonie, qui se tenait à Madagascar les 26 et 27 novembre. Notons au passage -sans rapport avec la primaire de droite- que l’Ontario a obtenu le statut d’observateur auquel la province postulait dans le but avoué de devenir membre permanent.

À 18h10 (heure de l’est), dix mille bureaux de vote (sur 10.229) avaient été dépouillés. Le nombre de participants était alors égal à celui du total du premiers tour: 4,29 millions d’électeurs. François Fillon avait à cette heure 66,5% des suffrages exprimés.

À Paris, 257.600 bulletins avaient été dépouillés dans 299 des 313 bureaux: Alain Juppé y avait gagné vingt mille voix par rapport au premier tour mais plafonnait à 45%. Au premier tour, l’ensemble des bureaux de vote avait totalisé 261.317 bulletins, soit un quart des électeurs inscrits. C’est deux fois et demi la moyenne  observée dans l’ensemble de la France et cinq fois plus -tant en nombre qu’en pourcentage- que les Français de l’étranger!

Faits saillants du vote hors de France

1ère circonscription (Canada, USA): Alain Juppé obtient soixante voix de plus qu’au premier tour, alors que 600 électeurs du premier tour n’ont pas participé au second. Il reste donc en tête en Amérique du Nord (52,6%). À 16h15 locales, Michel Gaudart de Soulages, responsable du comité de soutien à Alain Juppé annonçait comme il se doit que François Fillon était « le seul candidat » de la droite.

6e circonscription (Suisse, Liechtenstein): au premier tour, c’était la seule qui avait mis François Fillon en tête avec 2762 voix. Au second tour, il en obtient neuf cents de plus (3643 voix pour être précis). Pourtant, 320 électeurs du premier tour ont boudé le second.

Sur les onze circonscriptions: Alain Juppé ne conserve que l’Amérique du Nord (1ère), le Benelux (4e), l’Europe de l’Est (7e) et l’Afrique du Nord (9e), sa plus large victoire se situant dans la 7e, avec 55,6% des suffrages exprimés. La plus large victoire de François Fillon est moins surprenante: 59,1% des voix en Suisse et au Liechtenstein.

La participation est très faible à l’étranger: au final, elle n’a attiré que 5% du corps électoral, contre 10% pour l’ensemble des électeurs français et 25% des électeurs parisiens. Non seulement il fallait s’inscrire au plus tard mi-octobre lorsque l’on vote à l’étranger, mais par surcroît le député Frédéric Lefebvre avait indiqué au quotidien montréalais Le Devoir que certaines cartes de paiement n’étaient pas compatibles avec le système mis en place par la Haute autorité chargée de la primaire.

Durant l’entre-deux tours, un portrait croisé de MM. Fillon et Juppé a été publié sur le site de journalistes coopératifs Ensemble, basé au Québec.

NB: sujet publié initialement à 14h50 HE, mis à jour au fil du temps

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Retour en France: l’union fait la force

Anne-Laure Fréant, fondatrice en 2015 du site Retour en France et auteure du Guide 2016 (l’édition 2017 est en préparation), a vécu six ans à l’étranger, entamant son périple par un PVT au Québec. Rentrée en France il y a deux ans, confrontée comme beaucoup à des démarches et à l’incompréhension des autres, elle a créé également un groupe Facebook d’entraide fort de plus de six mille membres. Ce dimanche, elle lance un appel que nous reproduisons ci-dessous.


Lettre à ceux qui connaissent l’importance de ce qu’ils ne font pas

Le 27 Novembre, en face d’un beau tableau.

Cher toi,

J’espère que cette lettre te trouve en bonne forme, positif, serein, aligné avec toi-même. Si ce n’est pas le cas, je te souhaite de trouver une chose à faire (ou justement, à ne pas faire) aujourd’hui pour que ça s’arrange.

Cela fait maintenant deux ans que le projet « Retour en France » a commencé.

Deux ans depuis la création du groupe facebook d’entraide qui compte aujourd’hui 6 412 membres et des centaines de posts, commentaires, messages privés dont j’ignore l’existence, rencontres improvisées dans plusieurs villes du monde dont j’ignore aussi, la plupart du temps, l’existence, pour l’apprendre parfois fortuitement des mois plus tard.

« Tiens, je t’ai pas dis, mais j’ai connu ton groupe en faisant un apéro sympa à Toronto ! »

« L’autre jour, à Kiev, une expat m’a dit quoooiiiii tu connais pppaaaaasss le groupe d’entraide pour le retour en France ? »

C’est génial, franchement.
J’espère qu’ensemble on arrivera à structurer tout ça pour que ce projet se déploie de toute son envergure, c’est à dire le monde des francophones nomades (pour l’instant), mais aussi le sujet du changement, du multiple, de l’inclusif, et des impacts que cela aura sur la société française (ses entreprises, ses emplois, sa culture, ses institutions) dans les années à venir.

(Si ça te parle, tu peux rejoindre le groupe de réflexion collective qui démarre enfin en vue de créer une structure ensemble début 2017. Laisse moi un petit mot pour être informé de la prochaine rencontre !).

En deux ans, j’ai l’impression d’avoir fait énormément de choses.
Mais le plus dur ce n’est pas ça.
Ce sont les centaines de choses que j’ai décidé de ne pas faire.

Même quand tout le monde te dit qu’il faut le faire.
Même quand personne ne comprends vraiment ce que tu veux faire.
Même quand tout le monde pense avoir compris et te prends pour une andouille parce que tu ne fais pas ce qu’ils te disent de faire.

Comme choisir entre une vocation commerciale et une vocation sociale, par exemple.

Ca recommence !
Tu ne peux pas être chti-franco-anglo canadienne !
Tu ne peux pas parler à moitié anglais, à moitié français !
CHOISIS, nom de dieu.
C’est terrible cette obsession du choix.

No thanks ! 

Car si on se plie toujours à choisir entre des catégories pré-existantes, on n’invente rien, on reproduit.
On continue avec ce caillou dans la chaussure que tout le monde se refile, ce truc pas pratique qui emmerde tout le monde depuis 75 ans mais « on va pas se plaindre, on a une chaussure ! ».

L’associatif pur ne permet pas de se rémunérer pour le travail que l’on fait.
Le commercial pur ne permet pas de valoriser le caractère social de ce que l’on fait.
Le scientifique pur ne permet pas de communiquer directement avec le grand public.

Et moi je veux faire les trois.

Parce que je crois que les réponses aux problématiques complexes d’aujourd’hui sont à la croisée de tout ça.

  • Répondre à des enjeux de société en mobilisant l’intelligence collective.
  • Impliquer toutes les parties prenantes dans la construction du savoir.
  • Vulgariser le savoir existant pour le rendre opérationnel et donc « commercialisable ».
  • Pérénniser la recherche en la finançant par une activité commerciale raisonnée.
  • Faire évoluer l’offre commerciale grâce aux nouveaux savoirs issus des recherches
  • Ouvrir la connaissance ainsi produite à toutes les parties prenantes, y compris le grand public.

BON. 
Simple, quoi ?

Je ne sais pas si on va y arriver, mais au moins on aura le mérite d’essayer quelque chose de nouveau, pour moi évident et nécessaire aujourd’hui.

Projet de recherche sur un sujet bien précis (« soigner ceux qui bougent entre les cultures et entre les mondes »), notre initiative sera aussi et surtout un laboratoire sur les méthodes de travail du monde de demain.

La vraie thématique, c’est le changement et comment nous le vivons, en tant qu’êtres humains qui ont besoin d’ancrage et de sécurité pour vivre.

On y fera de l’interculturel, en vrai.

Privé ET public.
Commercial ET social.
Durable ET innovant.
Pointu ET accessible.

Soyez fiers de ce que vous ne faîtes pas.
Souvent, il y a une bonne raison 🙂

Très belle semaine,

Anne-Laure

Primaire de la droite: Juppé grand vainqueur chez les Français de l’étranger

Alors que le premier tour de la primaire de droite donne une nette avance à François Fillon et place Nicolas Sarkozy en « troisième homme », les Français de l’étranger ont massivement préféré Alain Juppé, lui accordant plus de 45% des suffrages sur les onze circonscriptions électorales.

Contrairement aux électeurs de France et des outremers, qui devaient voter à l’urne et pouvaient donc se décider à la dernière minute sur une éventuelle participation, les Français résidant hors de France devaient se préinscrire plus d’un mois avant le premier tour pour participer. Ainsi, entre 56.500 et 60.000 participants à cette première primaire de droite étaient attendus. À l’heure où nous écrivions ces lignes, sur la base de 53.000 votes, Alain Juppé obtenait plus de 45% des suffrages, François Fillon plus de 37%, et Nicolas Sarkozy, devancé dans plusieurs circonscriptions par Nathalie Kosciusko-Morizet, était sous la barre des 9%.

Le bug informatique qui a entaché l’ouverture du vote (à 13h, heure de l’est, samedi), était résolu à 14h23 (20h23 heure française). L’impossibilité d’accès était mondiale, et non pas -comme on l’a cru un moment- restreinte à l’Amérique du Nord.

Dans la 1ère circonscription (USA-Canada), Alain Juppé atteint 47,4%, suivi de François Fillon (33,4%), de Nicolas Sarkozy (9,2%), Nathalie Kosciusko-Morizet obtenant pour sa part 6,7%. Bruno Le Maire (2%), Jean-Frédéric Poisson (1,1%) et Jean-François Copé (0,2%) ferment la marche. Notons que le vote blanc ou nul était possible pour le vote électronique, puisque notre circonscription en compte 9, sur 7.871 électeurs ayant pris part au vote.

En revanche, chez nos voisins de Saint-Pierre et Miquelon (où 89 personnes ont voté samedi dans deux bureaux de vote), on ne compte aucun bulletin blanc. Le classement est le même néanmoins qu’en Amérique du Nord, et seuls les résultats en pourcentage changent sérieusement: tout en étant distancé par Alain Juppé (42,7%) et François Fillon (21,3%), l’ancien président de la République obtient 20,2%, soit sensiblement sa moyenne nationale.

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Vendredi soir, dans un restaurant de Québec, divers responsables LR s’étaient regroupés à l’initiative du délégué LR local, Michel Gaudart de Soulages. Les tendances des « deux favoris des sondages » étaient représentées à table, mais l’on pouvait lire sur les visages une incertitudes, probablement liée à la découverte plus que tardive par les instituts de sondage de la remontée de François Fillon, qui cinq années durant fut le Premier ministre de Nicolas Sarkozy.

La semaine prochaine, les électeurs auront donc le choix entre deux anciens hôtes de Matignon: Alain Juppé, défenseur de l’identité heureuse, et François Fillon, auteur en mai 2007 du discours de Bercy sur l’identité française, qui allait donner lieu dès l’élection de Sarkozy à la création du ministère de « l’identité nationale ». L’été 2015, un mois avant ses soixante-dix ans et sa venue à Québec pour le Salon des Vins, Alain Juppé avait annoncé qu’il ne ferait qu’un mandat en cas d’élection.

Un guichet unique pour les impatriés en Ile de France à partir de l’automne 2017

Le député de la circonscription a informé ses concitoyens qu’un guichet unique à destination des Français souhaitant revenir s’installer en Ile-de-France sera expérimenté à partir de la rentrée 2017.

« Cette initiative permettra à chacun d’obtenir toutes les informations et services pour lever les difficultés administratives en matière fiscale, sociale, éducative ou d’obtenir un soutien en terme d’emploi ou de logement » peut-on ainsi lire dans le courriel. Valérie Pécresse souligne dans sa correspondance (ci-dessous) l’implication du député et celle de l’Union des Français de l’Étranger Paris dans cette initiative, et mentionne la complémentarité de la démarche avec le guichet unique « Choose Paris » à destination des entreprises.

Le député précise travailler avec d’autres régions pour générer des initiatives semblables.

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