Archives Mensuelles: octobre 2014

Xavier de Villepin est mort

« Gérard Larcher, Président du Sénat, exprime sa profonde tristesse à l’annonce du décès de Xavier de Villepin et adresse ses condoléances à ses proches ». Par ces mots d’un communiqué du sénat, on apprend la mort de celui qui représentait les Français de l’étranger de 1986 à 2004.

Xavier de Villepin avait présidé de 1993 à 2002 la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, rappelle le JO du 31 octobre dans les Informations parlementaires.

Né en mars 1926 en Belgique, diplômé de HEC et de Harvard, Xavier de Villepin représentera Saint-Gobain à travers le monde: Algérie, Australie, Maroc (où va naitre son fils Dominique), Venezuela (où le même fils était le seul gréviste au Lycée français de Caracas en Mai 68), États-Unis ou encore Italie.

Ancien délégué au Conseil supérieur des Français de l’étranger (CSFE, devenue AFE), Xavier de Villepin a été fait Chevalier de la Légion d’Honneur en 2005. Il faisait partie de la Commission des Archives diplomatiques.

À l’issue de son mandat de parlementaire, Joseph Marie Benoit Galouzeau de Villepin, dit Xavier de Villepin était élevé officier de la Légion d’Honneur par le ministère des Affaires étrangères, que son fils Dominique avait quitté neuf mois plus tôt pour l’Intérieur.

Bien que n’étant plus sénateur depuis le renouvellement de 2004 -âgé de 78 ans, il ne s’était pas représenté-, Xavier de Villepin restait encore actif. On le vit notamment en Iran en 2009 à l’occasion du Forum des maires des grandes villes asiatiques, ou à Paris en 2012, à un petit-déjeuner de la Fondation Robert-Schuman, dont il était à l’époque membre du Conseil d’administration.

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Visite d’État de François Hollande au Canada et au Québec

Le président Hollande se rendra en Alberta, à Ottawa, et au Québec « à l’invitation du Gouverneur général du Canada M. David Johnston, du Premier ministre du Canada M. Stephen Harper, ainsi que du Premier ministre du Québec M. Philippe Couillard », a indiqué ce mercredi 15 octobre un communiqué de l’Élysée.

Cette visite d’État se déroulera du 2 au 4 novembre prochains, et sera, précise le communiqué, « la première visite d’État d’un président de la République depuis celle que le Président François Mitterrand avait effectuée en 1987 ».

Les relations bilatérales sont riches entre la France et le Québec, comme le montre le Bilan du Siècle de l’Université de Sherbrooke.

En 2008, le simple voyage de Nicolas Sarkozy au Québec (qui ne relevait donc pas d’une visite d’État au Canada, sur le plan protocolaire) avait été considéré comme une intrusion dans le débat constitutionnel canadien en soulevant de multiples réactions. Les propos du président Français étaient par surcroît prononcés devant l’Assemblée nationale du Québec, à l’occasion des festivités du 400e anniversaire de la ville de Québec.

Christian Estrosi à New York pour vanter sa ville, entre autres

De New York: Franck Rapaport

Ce lundi 13 octobre, le maire de Nice Christian Estrosi est venu au consulat de New York présenter la métropole Nice Côte d’Azur. Dans ses bagages, il avait emmené deux députés : Rudy Salles, aussi adjoint au maire de Nice chargé du tourisme et des affaires internationales, ainsi que celui de notre circonscription, Frédéric Lefebvre.

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Après une courte introduction en anglais du consul, Christian Estrosi, les yeux sur ses notes, a parlé à son tour (mais en français). Devant un public choisi pour être acquis à sa cause, M. Estrosi s’est d’abord lamenté sur l’état de la croissance française, en contraste avec d’autres pays d’Europe : les chiffres allemands étant mauvais, il a cité l’Angleterre, l’Espagne et l’Italie. Il a raconté comment, ministre de l’économie, il avait réussi à obtenir des investissements du grand emprunt dans sa ville -il a parlé de ‘délit d’initié’ en riant, mais je pense qu’il voulait dire “conflit d’intérêt” et que ce n’était pas très drôle-. Il a ensuite souligné qu’il avait demandé à ce que la Promenade des Anglais soit inscrite au patrimoine de l’UNESCO, ce qui l’a emmené vers une confusion entre l’UNESCO et l’ONU et une analyse internationale très fine dans laquelle se mêlaient « la menace islamique », Israël « qui a le courage d’être la seule démocratie de la région », le Hamas « et leurs copains du djihad »et de « ce qui se passe dans nos caves » [tous les termes entre guillemets sont des citations exactes].

A la fin de ce discours, un chanteur lyrique est monté à ses côtés pour entonner, accompagné de messieurs Estrosi et Salles Nissa la Bella, l’hymne de Nice. J’aurais aimé discuter avec Frédéric Lefebvre, mais celui-ci a déguerpi aussitôt, non sans avoir serré la main du rabbin Mickaël Cohen. Il ne me restait donc plus qu’à m’abreuver au cocktail gratuit heureusement servi pour me remettre de cette rude épreuve.

France 24 disponible au Québec jusqu’au 15 janvier 2015

Quatre ans après son arrivée aux États-Unis, la chaîne française d’informations internationale France 24 arrive au Québec. Sur le canal 199, la chaîne est disponible gratuitement jusqu’au 15 janvier 2015.

FRANCE_24_logo.svgIl aura fallu huit ans et demi pour que la chaîne du groupe France Medias Monde soit diffusée par Vidéotron. C’est en effet en avril 2008 et à la demande de cet opérateur que le CRTC, régulateur des communications au Canada, avait donné son autorisation à la diffusion de France 24 sur le territoire.

En fait, depuis novembre 2006 le câblo-opérateur (passé aux mains de Québecor Médias) Vidéotron se disait intéressé par la diffusion de la chaîne en continu, qui allait commencer à émettre un mois plus tard, le 6 décembre 2006.

Saisissant l’occasion de la Fête nationale française de 2010 (et de l’arrivée de la chaîne aux États-Unis si proches), un responsable de ADFE-Français du Monde, Franck Scemama, expliquait avoir demandé à Vidéotron l’ajout de quatre chaînes, dont France 24. Il recevait de l’opérateur cette réponse polie.

Un communiqué de France 24 précise que la chaîne est en accès libre jusqu’au 15 janvier 2015, sur le canal 199.

Consulat de Québec: la France a trouvé un acheteur

Le Journal de Québec annonce ce 7 octobre au soir qu’une « compagnie québécoise d’immobilier est en voie d’acheter, pour près de trois millions de dollars« , le bâtiment de la rue Saint-Louis, qui héberge depuis une trentaine d’années le Consulat général de France.

Comme nous l’avions annoncé dès le mois d’avril, la prochaine cession du Consulat devait intervenir dans le courant de l’année 2014. C’est désormais pratiquement fait: une offre d’achat d’environ trois millions de dollars aurait été faite par une société immobilière. Le bâtiment serait vraisemblablement transformé en une résidence privée. Selon le Journal de Québec, l’accord de Paris aurait été donné et il ne reste plus qu’à finaliser la promesse d’achat.

En juillet dernier, des parlementaires s’étaient émus de cette vente, un peu tard.

Le Consulat de France sera transféré au sein de l’édifice J-A-Tardif, situé au 500, Grande Allée Est.

Le vote électronique étendu à d’autres scrutins?

La Commission des Lois de l’Assemblée nationale a examiné mercredi la proposition de loi organique de Thierry Mariani visant à étendre le vote internet à l’élection présidentielle et au scrutin européen. Le rapport de Patrice Verchère a été rendu le jour-même au président Bartolone à ce qu’indique le JO du 2 octobre. Ce texte était prévu pour être débattu en séance plénière le 9 octobre…

Le député de la 11ème circonscription des Français de l’étranger a de la suite dans les idées. En février dernier, il interpellait Manuel Valls (alors ministre de l’Intérieur). Ce dernier avait alors émis de sérieuses réserves, rappelant le principe constitutionnel d’égalité devant le suffrage, et balayant la plupart des arguments avancés par Thierry Mariani, dont une supposée participation plus élevée ou une économie pour les postes consulaires.

Mi-juillet, M. Mariani déposait une PPL organique (à lire ici) dont le titre faisait référence à la fois à l’élection présidentielle et à celle du Parlement européen,… mais dont le texte -allez savoir comment…- ne faisait mention que de l’élection présidentielle. Malgré tout, cette PPL organique fut transmise à la commission idoine, celle dite « des lois ».

Le texte de Thierry Mariani étant supposé être discuté prochainement (le 9 octobre à 9h15, heure de Paris), il a été débattu en commission mercredi 1er octobre au matin, jour d’ouverture de la session ordinaire. Le débat est à visionner ici avant la fin juillet 2015.

Si le rapporteur Patrice Verchère (Rhône, 8e circonscription, UMP) ne semble pas voir de problème au vote Internet et à son extension, la position de Sergio Coronado (Français de l’étranger, 2ème circonscription, écologiste) est plus nuancée: le parlementaire explique que son groupe est plus que réservé sur la fiabilité du vote électronique mais semble favorable à son extension à la présidentielle et aux européennes.

La position de l’UMP Philippe Gosselin n’est pas non plus très claire: il est dubitatif quant à la sincérité et aux garanties apportées par le vote électronique (un mode de vote instauré sous la mandature Sarkozy pour les législatives et élargi sous Hollande pour les consulaires, rappelons-le), et se montre enjoué à l’idée de se retrouver dans un bureau de vote. Néanmoins il ne s’exprime pas explicitement contre le texte déposé par son collègue.

Daniel Gibbes (Saint-Martin et Saint-Barthélemy, app. UMP) y voit une opportunité pour l’outre-mer: depuis une dizaine d’années, le vote dans les trois DFA (départements français d’Amérique), à Saint-Pierre et Miquelon, en Polynésie, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy ont lieu le samedi, comme sur le continent américain. Il pense que le vote par Internet, s’il était proposé, diminuerait l’abstention.

Il faudra attendre l’intervention de Pascal Popelin (Seine-Saint-Denis, 12ème circonscription, groupe SRC) pour que le problème de constitutionnalité soit posé. Dans son intervention, le député rappelle que les Français de l’étranger sont rattachés à l’Île-de-France (même si ce n’est pas le cas de tous…) et que lors de l’élection présidentielle on se trouve dans le cas d’une circonscription unique. Se fondant sur le principe de l’égalité du citoyen devant le suffrage, il est clair selon lui qu’une telle loi ne passerait pas le cap du Conseil constitutionnel, et annonce que son groupe y sera opposé.

Voilà en substance résumées quatre des six avis des députés qui avaient demandé la parole. Et au final, sans qu’aucun des parlementaires ne soulève le fait que l’article 1 de la PPL ne portait que sur l’élection présidentielle -alors que l’un d’eux fit gentiment remarquer que le paquet de cigarettes devrait être au moins à 80€ de nos jours avec le mode de financement prévu-, la proposition de loi organique a été rejetée.

Mise à jour de 13h30 (heure de l’est): le rapport Verchère et les auditions de la Commission des Lois sont à consulter ici.