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Un réseau mondial des coopératives de presse

À l’occasion du Sommet international des coopératives (SICoop), dont la troisième édition se tenait à Québec du 9 au 13 octobre 2016, des journalistes couvrant l’événement ont décidé d’unir leurs efforts « pour promouvoir plus que jamais les valeurs coopératives dans le monde ».

Sur les six journalistes à l’initiative de ce réseau, au moins deux étaient déjà venus à Québec en octobre 2012 et en octobre 2014 pour les précédentes éditions du SICoop; fondée en 2010 à l’occasion de la Conférence de Lévis (Québec) la Coop de presse Ensemble avait aussi été représentée à chaque édition du Sommet.

Ces six membres-fondateurs (trois femmes et trois hommes) disent avoir « bien saisi l’importance pour le mouvement coopératif de mieux se faire connaître auprès de la population [l’un des nombreux thèmes abordés la semaine passée à Québec, et sur lequel nous reviendrons] et entendent bien se saisir des enjeux de l’heure pour mettre en lumière la vitalité de ces entreprises partout dans le monde ».

Les personnes à l’initiative de NewsQoop-NQC (Nouvelles de Qualité Coopérative) affichent l’ambition de promouvoir les valeurs et principes de l’Alliance coopérative internationale (ACI, dont le siège est désormais transféré à Bruxelles) et privilégier les 17 objectifs de développement durable définis par l’ONU en 2015. Les journalistes à l’origine de cette structure proviennent d’Amérique du Nord (Canada et Québec) et d’Europe (Portugal et France). Il s’agit de (de gauche à droite sur la photo):

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Cinq des six fondateurs du réseau (photo DR)

– Carlos Wehdorn (région de Porto, Portugal), Cooperativa de Solidariedade Social Povo Portuense;

– Fernando Neves Rodrigues Martinho (Portugal), NewsCoop;

– Sarah Arthurs (Calgary, Canada), NewsCoop;

– Nathalie Deraspe (région des Laurentides, Québec), présidente de la coopérative de presse Ensemble;

– Paulo Jorge Teixeira (Rio Tinto, région de Porto, Portugal), président de Cooperativa de Solidariedade Social Povo Portuense;

– Viviane Neiter (Nancy, France), enseignante, conférencière, journaliste free-lance (absente de la photo, ayant dû quitter Québec pour Montréal dès la fin du SICoop).

Le réseau NewsQoop-NQC « permettra de partager information, reportages et expertises au sein des organes de communication de presse de chaque pays représenté », ses journalistes souhaitant « faire rayonner une information éthique de qualité ». Les six fondateurs se donnent deux ans pour finaliser leur projet en créant une coopérative mondiale de journalisme présente sur tous les continents. Pourquoi deux ans? Parce qu’à Québec dans deux ans devrait avoir lieu -comme chaque mois d’octobre des années paires- le prochain Sommet international des coopératives.

Soir Américain ayant assisté au SICoop 2016, n’hésitez pas à nous contacter [coordonnées par ici] si vous souhaitez être mis en contact avec l’un(e) des initiateurs(trices) de ce projet.

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La situation en France pousse Manuel Valls à reporter son voyage 

Le Premier ministre Manuel Valls était depuis les attentats de novembre 2015 annoncé au Québec pour juin 2016 dans le cadre des rencontres alternées entre la France et le Québec. Matignon a annoncé hier le report de cette visite.

M. Valls devait aller à Ottawa pour un entretien avec le Premier ministre du Canada Justin Trudeau, au Québec (Montréal et Québec) pour les rencontres alternées instaurées en 1977 entre la France et le Québec, et dont ce devait être la 19e édition. Un voyage qui tombait pile alors que les professionnels du Québec (dont ceux du ministère des Relations internationales et de la Francophonie) ont déposé un préavis de grève à compter du 3 juin.

Le Premier ministre avait également prévu de se rendre à Saint-Pierre le 18 juin pour les cérémonies du bicentenaire de la rétrocession. Le 18 juin, pourtant, la programmation officielle des festivités du bicentenaire n’annonce rien d’autre que la finale d’un jeu télévisé. Et le président du Conseil territorial Stéphane Artano avait écrit fin avril à Manuel Valls qu’il ne serait pas reçu par la Collectivité, hostile à la réforme du statut de l’archipel telle que la France semble vouloir la faire.

Avec des raffineries bloquées et un début de pénurie de carburant en France, le voyage en Israël du Premier ministre avait été critiqué par un candidat à la primaire de droite, et M. Valls avait ironiquement répondu à M. Le Maire que le monde était connecté.

Le report « à l’automne » du voyage du Premier ministre français s’est fait « en accord avec les autorités canadiennes et québécoises »a précisé Matignon. À Québec, la future consule générale aura eu le temps de prendre ses marques.

Pour le consulat, prenez rendez-vous

Suite aux attentats perpétrés le vendredi 13 novembre à Paris, les démarches au consulat général de France à Québec se feront désormais uniquement après une prise de rendez-vous.

La mesure devrait entrer en vigueur dès la semaine prochaine, lundi 23 novembre. A priori, les rendez-vous ne seront donnés que pour le matin, de 8h30 à 12h.

Les détails doivent être prochainement annoncés sur le site Internet du consulat et concerner toutes les formalités y compris les procurations de vote en vue des élections régionales, prévues les 6 et 13 décembre prochains.

À Québec (où le poste consulaire se trouve toujours rue Saint-Louis), les sacs à dos sont d’ores et déjà interdits. À Montréal, comme il est mentionné ici, valises et sacs à dos sont interdits, et tous les appareils électroniques y compris les cellulaires, doivent être laissés à l’entrée.

Une nouvelle condition pour entrer au Canada

Si vous comptez vous rendre au Canada, sachez qu’un « mini-visa » (une AVE, pour Autorisation de voyage électronique) sera nécessaire au 15 mars 2016, et qu’il est préférable de l’obtenir avant d’acheter votre billet d’avion.

À quelques exceptions près, l’AVE concernera (comme cela était annoncé par le gouvernement fédéral en décembre 2014) toute personne qui jusqu’ici était dispensée de visa, dont notamment les ressortissants de l’Union européenne. Seules les personnes entrant par voie aérienne au Canada sont concernées, y compris pour un simple transit. Vous pouvez vérifier ici si vous devez en faire la demande (il existe par exemple une différence entre un citoyen américain et un résident permanent des États-Unis).

D’un coût de sept dollars payables par carte de crédit et d’une validité de cinq ans (ou calée sur la date de péremption du passeport si celle-ci intervient avant), l’AVE permet au Canada de faire une vérification préalable des voyageurs avant qu’ils arrivent au pays. L’autorisation, dématérialiséé comme son nom l’indique, est liée au passeport, et non pas au voyageur. Il est donc nécessaire d’en demander une autre lors du changement de titre de voyage.

Pour savoir quels renseignements vous seront demandés pour obtenir votre AVE, cliquez ici.

Vous avez besoin d’une AVE et vous avez en main votre passeport, votre carte de crédit, et une adresse courriel? Il n’y a plus qu’à déposer votre demande et patienter au maximum 72h (le service est disponible depuis le 1er août).

Un résident permanent canadien n’a pas besoin de demander une AVE mais doit voyager avec sa carte de résident, sinon il risque un refus d’embarquement de la part du transporteur lors de son retour au Canada.

Un étudiant ou un travailleur temporaire, s’il a obtenu son permis après le 1er août 2015, est dispensé de cette formalité durant la validité de son statut de résident temporaire. En revanche, un résident temporaire à qui le titre a été délivré avant le 1er août 2015 et qui compte voyager en avion hors du Canada doit demander une AVE.

Rappel: l’AVE est attachée au passeport. Par exemple un bi-national franco-belge qui n’est pas résident permanent devra faire attention au passeport qu’il utilise, ou effectuer deux demandes distinctes.

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Deux tentatives d’obtention ont été faites par l’équipe de Soir Américain ce dimanche 2 août 2015. La première, via Firefox, ne pouvait aboutir car le formulaire de demande n’apparaissait pas dans sa totalité. La seconde via Chrome n’a pas abouti non plus: le paiement en ligne avec une carte Visa française a échoué (pour motif inconnu), un message d’erreur est apparu, et une seconde tentative immédiate était impossible.

Bruno Clerc ambassadeur au Mozambique

Consul général de France à Montréal durant quatre ans, M. Bruno Clerc, 57 ans, vient d’avoir son affectation: un décret du 28 juillet, publié au JO du 30, le nomme ambassadeur auprès de la République du Mozambique.

Depuis le 22 mai et ces différentes nominations -dont celle de Catherine Feuillet à Montréal-, on savait Bruno Clerc partant. À la veille du 14 juillet, il avait même dressé un bilan de ses quatre années passées dans la capitale économique du Québec.

Pour ce diplomate ayant alterné des fonctions sur le terrain et d’autres à Paris, ce second départ du Canada (il avait été attaché culturel à Vancouver en 1981-1982) représente une troisième expérience en Afrique. En effet, de 1991 à 1994 il a été représentant permanent adjoint auprès des Nations-Unies à Nairobi, et de 2001 à 2005 il a été consul de France au Cap.

Titulaire d’un baccalauréat en philosophie de l’Université pontificale grégorienne (Rome), cet ancien étudiant en droit de Lyon III (Université Jean-Moulin) est chevalier de l’Ordre national du mérite depuis 2003 et chevalier de la Légion d’honneur depuis 2011.

À Québec, le Consulat prend de la hauteur

Ce mardi 14 juillet 2015, le Consulat général de France ouvrait ses futurs locaux à la presse pour une visite. Ce soir, l’édifice dans lequel ces locaux seront prochainement installés abritera une réception privée puis le bal du 14 juillet (à guichets fermés).

L'une des vues depuis les locaux du futur Consulat. Cliquez pour voir en grand.

L’une des vues depuis les locaux du futur Consulat. Cliquez pour voir en grand.

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Plan du futur consulat. Cliquez pour voir en grand.

Les locaux seront situés au 11ème (et dernier) étage du 500 Grande Allée Est, offrant une vue imprenable, à 360° sur l’ensemble de la ville. L’espace, de 450m² (auxquels il faut ajouter 160m² de stockage en sous-sol), permettra de loger, sur un même plateau fonctionnel les services du Consulat, organisés de façon plus pratique qu’à l’ancien bâtiment de la rue Saint-Louis (dont nous annoncions ici la mise en vente en avril 2014). Les plans doivent encore être approuvés, mais selon ce qui a été présenté, les locaux, modernes, offriront un espace de travail rationalisé aux 22 employés actuels (voir plan ci-contre).

Côté sécurité, il a été expliqué ce matin que les ascenseurs seraient accessibles au public uniquement durant les heures d’ouverture des bureaux. Le contrôle des usagers et des visiteurs devrait également être plus facile que dans les locaux que le Consulat occupait depuis 30 ans.

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Les locaux en l’état actuel. Cliquez pour voir en grand.

Le bâtiment sera plus accessible, non seulement aux personnes se déplaçant en voiture (grâce aux stationnements) mais surtout aux personnes à mobilité réduite, ce que ne permettaient pas les locaux de la Maison Kent. Le consul adjoint Yann Deret a déclaré qu’il espérait que les travaux démarrent en août, pour un éventuel emménagement en octobre. Les services du Consulat peuvent bénéficier des locaux actuels jusqu’en mai 2016, ce qui permet une certaine souplesse en la matière, compte tenu des aléas liés à tous travaux.

En pratique, pour les usagers, il est certain que le Consulat sera encore rue Saint-Louis jusqu’au 30 septembre, date limite pour l’inscription exceptionnelle sur les listes électorales (prévue par la loi publiée ce jour au Journal Officiel), si toutefois le décret d’application prévoit qu’elle s’applique aux postes consulaires. En revanche, si vous désirez donner une procuration en vue des régionales 2015, il est préférable de vous renseigner au préalable sur le site internet du Consulat.

Le bâtiment, sis au 500 Grande Allée Est, abrite également les consulats (honoraires) de Norvège et de Grande Bretagne, ainsi que des bureaux de La Financière Banque Nationale, KPMG et Cisco.  Le coût de la location mensuelle a été négocié à 15.000$, ce qui revient aux charges actuelles de la rue St Louis, pour un bail de vingt années.

Vue sur la ville de Québec depuis les futurs locaux du Consulat. Cliquez pour voir en grand.

Vue sur la ville de Québec depuis les futurs locaux du Consulat. Cliquez pour voir en grand.

Ce soir, une réception privée se tiendra à partir de 17h30, en présence de plusieurs personnalités du Québec, notamment Mme Christine St-Pierre (Ministre des Relations internationales et de la Francophonie), Stéphanie Vallée (Ministre de la Justice, et responsable de la Condition féminine), Carlos Leitão (Ministre des Finances), François Blais (Ministre de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche). Le chef de l’opposition officielle, Pierre-Karl Péladeau, a également annoncé sa présence.

À compter de 19h30 se tiendra le bal du 14 Juillet, pour lequel 600 billets ont été vendus selon le service de presse du Consulat. À l’occasion de la réception comme du bal, les vins seront présentés par Carole Samzun-Gaillard, « vinovatrice » et dirigeante de Chais-Elles, une société qui regroupe des vigneronnes françaises.

Le Consul général, Nicolas Chibaeff, victime d’un accident neurologique le mois dernier, a tenu dans un communiqué à remercier l’équipe médicale qui s’est occupée de lui. Il a également évoqué « ce nouveau lieu moderne, fonctionnel, ouvert, transparent et accessible à tous [qui] sera à l’image de la relation entre nos deux nations et de la nouvelle feuille de route qui inspirera les années à venir et sur laquelle s’inscrivent de nombreux projets inspirants: le plan Nord, la Stratégie maritime, la transition énergétique et les transports intelligents, le numérique, la Recherche et l’innovation« .

 

Le consul général Bruno Clerc sur le départ

À deux ans du 375e anniversaire de la ville de Montréal, Bruno Clerc passe le relais à Catherine Feuillet.

Le consul général de France à Montréal, qui était en poste depuis juillet 2011, s’apprête à quitter le Québec. Il sera remplacé par Mme Catherine Feuillet, dont nous avons publié un bref portrait le 22 mai dernier.

Dans l’éditorial de la dernière infolettre conjointe aux consulats de France à Québec et Montréal (à lire ici dans son intégralité), Bruno Clerc rappelle que la communauté française à Montréal est la plus importante à l’étranger (hors Europe), et détaille les divers secteurs économiques qui témoignent, selon lui, « de la vitalité de notre pays ».

Rencontres bilatérales France-Québec: coopérations universitaires à l’honneur

La visite du Premier ministre Philippe Couillard s’est poursuivie aujourd’hui 4 mars à Bordeaux, où la coopération inter-universitaire a été mise en avant.

« Ce n’est certainement pas un hasard si je me trouve aujourd’hui en région Aquitaine pour y approfondir nos relations politiques, économiques, scientifiques et universitaires. La croissance de nos entreprises de même que le développement de nos universités et de nos institutions de recherche dépendent de notre capacité à tisser des partenariats avec des régions et des économies complémentaires aux nôtres. Le dynamisme démographique et économique de la région aquitaine en fait non seulement une des régions les plus attractives de France et d’Europe, mais également un partenaire de choix pour le Québec« , a déclaré le Premier ministre Couillard.

Les Universités de Bordeaux et l’Université Laval, qui, selon les termes de Matthias Feckl, sont « des pionnières, qui ont su lancer un pont entre France et Québec« ,  ont approfondi aujourd’hui leurs liens déjà étroits, formalisés par la création des Entretiens Champlain-Montaigne en 2001, et aboutissant en 2012 à l’Alliance Bordeaux-Laval (ABL) favorisant la mobilité étudiante. Au fur et à mesure, industriels et investisseurs se sont joints aux étudiants et chercheurs: on peut notamment citer l’Entente aliment-santé en 2009 avec la création de l’Institut nutrition Aquitaine-Québec, l’entente sur l’eau en 2012, sur la forêt-bois en 2013, sur l’optique photonique et laser en 2014.

C’est dans cette logique qu’a été signé aujourd’hui à Bordeaux, en présence du recteur de l’Université Laval Denis Brière, et du Premier ministre, un accord de cinq ans (l’Alliance Bordeaux Laval Innovation), censé accentuer les échanges entre l’Université Laval et cinq établissements universitaires de Bordeaux: Université de Bordeaux, Université Bordeaux Montaigne, Bordeaux INP Aquitaine, Sciences Po Bordeaux et Bordeaux Sciences Agro.

Cet accord prévoit une liste de secteurs de codéveloppement prioritaires :

  • Santé et vieillissement des populations, notamment le développement d’une nutrition préventive pour la santé cérébrale;
  • Ressources naturelles et développement durable, en particulier bois/forêt et ressources en eau;
  • TIC, notamment la télémédecine, la télépathologie et la cartographie des réseaux de santé;
  • Sciences politiques;
  • Droit international et européen.

Au cours de cette cérémonie, le vice-recteur exécutif et au développement de l’Université Laval, Éric Bauce, a reçu un doctorat honorifique de l’Université de Bordeaux soulignant sa contribution exceptionnelle à l’entomologie forestière et son implication soutenue dans les campus durables.

Hydro-Québec a par ailleurs annoncé ce 4 mars qu’un partenariat scientifique allait être noué avec l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, dans la suite de la convention signée avec la région Aquitaine.

Également, un projet de création d’Institut maritime regroupant des chercheurs français et québécois en sciences de la mer, à Rimouski, pourrait être signé ce vendredi à Paris. Cet institut permettrait à des chercheurs de collaborer sur des problématiques communes, tout en se positionnant favorablement vis-à-vis des grands bailleurs de fonds internationaux. Cette initiative s’insère dans les grandes lignes de la Stratégie maritime du gouvernement québécois.

[NB: mise à jour du 7 mars 2015, 13h] La création de cet institut binational a été officialisée le 6 mars. L’institut sera codirigé par le Québec et la France.

Pour tous les autres aspects de la journée, cliquez ici.

Rencontres bilatérales France-Québec: l’essentiel du Jour 3

Le Premier ministre Couillard et sa délégation ont poursuivi, mercredi 4 mars, leur séjour en France dans le cadre des rencontres alternées. À part pour la ministre de la Culture, l’essentiel des enjeux relevaient de la collaboration régionale, avec Rhône-Alpes et Aquitaine.

Pour Hélène David, ministre de la Culture et des Communications, il s’agissait de conclure une entente portant sur l’échange de résidences d’artistes en arts visuels entre l’École nationale des Beaux-Arts de Paris (ENSBA) et le Nunavik, territoire de 500.000km2 (un tiers du Québec, mais 90% de la France), au nord du 55e parallèle. Cette entente a été signée pour une année renouvelable, avec pour principaux partenaires le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), l’ENSBA de Paris, et le Consulat général de France à Québec.

Ce projet d’échanges permettra, dès l’automne 2015, à trois artistes français de l’ENSBA d’effectuer une résidence dans le Grand Nord québécois, à Inukjuak. En contrepartie, deux artistes inuits seront accueillis en résidence de création à l’ENSBA. La mise en place de cette entente a bénéficié également de la collaboration de l’Institut culturel Avataq et de l’Administration régionale Kativik. La ministre québécoise de la Culture a évoqué « un emballant projet dans le domaine des arts », le P-Dg du CALQ Stéphan La Roche a considéré ces futurs échanges comme permettant de vivre « une expérience exceptionnelle et dépaysante », et le Consul général de France à Québec (qui accompagne divers ministres dans leurs déplacements depuis le début du voyage) y a vu « une occasion unique d’instaurer un dialogue entre les deux cultures« .

Partenariat avec la région Rhône-Alpes: l’âge de raison

La région Rhône-Alpes est la première région de France a avoir signé avec le Québec un plan d’action de coopération décentralisée. L’histoire remonte à 1994 et les vingt ans ont été célébrés en mai 2014, alors que le gouvernement Couillard était installé depuis peu (les élections qui ont vu les libéraux revenir au pouvoir avaient lieu en avril). C’est donc en terrain bien rôdé que le président rhônalpin Jean-Jack Queyranne et le Premier ministre québécois Philippe Couillard ont signé leur Plan d’action 2015-2018, le huitième de la sorte. Il est expliqué sur le site Internet du conseil régional Rhône-Alpes, qui le décline en cinq axes prioritaires.

Québec-Aquitaine: le courant passe bien

Dans la journée, les dignitaires québécois se sont rendus en Aquitaine. Ils y étaient attendus de pied ferme puisque Sud-Ouest avait publié le matin un sujet d’ambiance sur les Québécois de Gironde.

Depuis décembre dernier (et la parution de ce communiqué sur le site d’Hydro-Québec, repris dans une dépêche d’agence), on attendait des annonces plus fines. C’est que les médias avaient fait monter la pression: en février dernier, La Tribune criait cocorico et annonçait que la France battait la Chine dans le domaine des batteries. C’est sans doute aller un peu vite en besogne, puisque l’Aquitaine et le Québec ne sont pas la France, et que le combat n’est pas gagné d’avance. Cela dit, les politiques ont bon espoir de voir un jour la filiale française du producteur québécois Hydro-Québec surpasser la Chine en terme de batteries à grande capacité de stockage et de conservation d’énergie afin d’améliorer les transports. Quand on voit les estimations faramineuses de ce que coûterait une électrification, on n’a plus qu’à croiser les doigts.

D’autres sujets ont été abordés en Aquitaine, développés dans un communiqué des services du Premier ministre. Pour ce qui concerne l’enseignement supérieur, merci de cliquer ici.

NB: les précédentes journées sont mardi 3 mars, lundi 2 mars (avec un bonus canadien) et dimanche 1er pour les précisions sur les frais de scolarité.

Rencontres bilatérales France-Québec: l’essentiel du Jour 2

Au deuxième jour de sa mission en France, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a profité de sa participation à d’importantes tribunes à caractère économique pour livrer un vibrant plaidoyer en faveur d’un accroissement des échanges commerciaux avec la France, premier client du Québec dans l’Union européenne et troisième au monde, après les États-Unis et la Chine. À cette occasion, le premier ministre était accompagné du ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, Jacques Daoust. Pour le résumé de la première journée du voyage en France, cliquer ici.

Philippe Couillard est arrivé à 7h45 au siège du patronat français (MEDEF). Dans la foulée, il s’est entretenu en petit comité avec Pierre Gattaz, le président du MEDEF. Puis il s’est exprimé devant une vingtaine de dirigeants de sociétés françaises dans le cadre d’une rencontre à organisée par Investissement Québec et le MEDEF, en partenariat avec la Délégation générale du Québec à Paris (DGQP). Le Premier ministre a pu ainsi poursuivre ses échanges avec divers dirigeants d’entreprises des secteurs des technologies de l’information, des technologies vertes ainsi que du numérique qui avaient accompagné le président Hollande au Québec début novembre. M. Couillard a par ailleurs expliqué à d’autres chefs d’entreprises les opportunités offertes par le Québec, notamment avec la relance du Plan Nord et la Stratégie maritime du Québec.

À partir de 12h30, Philippe Couillard était invité à la Chambre de Commerce et d’Industrie Paris-Île-de-France (CCIP, qui regroupe les huit Chambres franciliennes). Comme l’indique ce communiqué, MM. Couillard et Daoust avaient été rejoints par Christine St-Pierre (Relations internationales et Francophonie), Françoise David (Culture et Communication), et Lawrence Cannon, Ambassadeur du Canada en France, en poste depuis mai 2012 à Paris.

A la CCIP, MM. Couillard et Macron se trouvaient à la même table. C'est probablement grâce à cela que le ministre français a pu rattraper sa "bourde" sur les anglo-saxons. Photo Jean-Louis Courleux.

A la CCIP, MM. Couillard et Macron se trouvaient à la même table. C’est probablement grâce à cela que le ministre français a pu rattraper sa « bourde » sur les anglo-saxons. Photo Jean-Louis Courleux.

Une nouvelle fois, M. Couillard a vanté les mérites du Québec, et a mis en valeur la fiscalité des entreprises, la main-d’œuvre qualifiée, l’hydroélectricité notamment. « Accroître nos échanges économiques, c’est faire en sorte que nos entreprises québécoises puissent se développer, prospérer et également exporter. Avec la mise en œuvre prochaine de l’Accord économique et commercial global Canada-Union européenne (AECG), nos partenariats se multiplieront dans plusieurs secteurs. Nos PME du Québec sont présentes en France et concrétisent des stratégies d’exportation avec le soutien de notre gouvernement. La communauté d’affaires française considère la Stratégie maritime comme un projet qui fera du Québec une plaque tournante nord-américaine dans le transport des marchandises. Nous sommes une porte d’entrée qui, par son emplacement et sa culture francophone, peut faire le pont entre les continents. Tous les éléments sont donc présents pour créer des emplois chez nous et attirer des investissements étrangers« , a plaidé le premier ministre lors du repas de la CCIP.

Petit couac diplomatique lors de cette rencontre: le ministre français de l’Économie Emmanuel Macron, voulant vanter l’avantage que représente l’utilisation de la langue française, a dit que les Québécois sont « des Anglo-saxons » parlant français. La chose a été relevée par Jean-François Bélanger, correspondant de Radio Canada à Paris. Sans doute M. Macron était-il préoccupé par la séance de questions qui l’attendait peu après au Palais-Bourbon à l’heure où le Palais du Luxembourg allait se pencher sur sa loi supposée relancer l’économie et l’emploi en France. Toujours est-il qu’il est retourné prendre le micro pour faire une mise au point, en tutoyant Philippe Couillard, comme on a pu le voir sur RDI, la chaîne publique d’informations en français, et a qualifié les Québécois de Nord-américains parlant le français.

Au cours de cette deuxième journée en France, dix-sept ententes ou partenariats d’affaires ont été signés, qui représentent dit-on près de 16 millions de dollars (soit environ treize millions de dollars US ou onze millions d’euros). Cela semble peu, mais devrait se concrétiser par deux cents emplois à court et moyen terme, notamment dans les secteurs des technologies de l’information, des transports, des biens de consommation et de la culture. Disparu du Québec depuis un quart de siècle, le constructeur français Renault pourrait y revenir selon les dires de Jacques Daoust. Cela avait été avancé voici quelques jours dans La Presse à l’occasion du 34ème Salon de l’auto.

Tout au long de la journée, le Premier ministre Couillard a multiplié les visites protocolaires et les entretiens: il s’est rendu à l’UNESCO pour rencontrer Irina Bokova, directrice générale, afin d’échanger non seulement sur les thèmes chers au Québec (culture et l’éducation), mais également afin d’ouvrir des pistes de coopération scientifique en lien avec le Plan Nord et la Stratégie maritime. Il a également vu la secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean, auprès de qui il a réitéré l’appui du Québec à la mise en œuvre de la Stratégie économique pour la Francophonie.

Peu avant 17 heures, M. Couillard s’est rendu au sénat, en compagnie de Christine St-Pierre, afin de s’entretenir avec Gérard Larcher, qui en a récupéré la présidence à la faveur du renouvellement partiel de septembre dernier. Les deux hommes ont notamment évoqué les problèmes de sécurité, et bien entendu la relation franco-québécoise.

En fin d’après-midi, comme le veut l’usage lorsqu’un chef d’État est en visite officielle à Paris, le Premier ministre a été reçu à l’Hôtel de Ville par Anne Hidalgo. Leurs échanges ont permis d’aborder les initiatives régionales en matière de lutte contre les changements climatiques, dans la perspective de la COP21 qui se tiendra à Paris en décembre. La conférence du « vivre-ensemble« , organisée le 11 juin prochain à Montréal et à laquelle Mme Hidalgo doit participer, était aussi au menu. Mme Hidalgo et M. Couillard se sont ensuite rendus à la bibliothèque de l’Hôtel de Ville pour une rencontre littéraire avec Dany Laferrière, récemment élu à l’Académie française.

Mercredi, le Premier ministre et une partie de la délégation se rendront à Bordeaux (ville jumelée avec Québec): plusieurs activités sur les thèmes de l’innovation, de la recherche, de la coopération interuniversitaire, de l’économie et du numérique sont annoncées.