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Vingt-neuf bureaux de vote ouverts jusqu’à 20h

Dans un billet de blogue publié le 16 mars, nous vous annoncions que les bureaux de vote de Québec « devraient » rester ouverts jusqu’à 20h à l’occasion de la présidentielle. Le Journal officiel du samedi 25 mars précise les bureaux ouverts tardivement à l’occasion de ce scrutin.

Un arrêté daté du 20 mars (à consulter ici) indique que 29 bureaux de vote au Canada seront ouverts jusqu’à 20h les deux samedis du scrutin présidentiel. Il s’agit des quatre bureaux de vote de Québec, des vingt-quatre bureaux de Montréal, et du bureau dénommé « Ottawa-Montréal », le Consulat général de France à Montréal ayant eu à gérer, selon ce décret du 28 décembre 2016, une liste électorale hors de sa circonscription consulaire.

Sur les 38 bureaux de vote ouverts au Canada, que nous avions évoqué le 22 mars, seuls ces 29 ont un horaire de clôture retardé. Tous les autres (soit 9 au Canada et la totalité des 69 bureaux de vote installés aux États-Unis) sont supposées fermer à l’horaire normal, soit 18h, heure locale.

Le scrutin pour l’élection présidentielle aura lieu, aux USA et au Canada, les samedis 22 avril (1er tour) et 6 mai (second tour).

Quant aux élections législatives (prévues les 3 et 17 juin en Amérique du Nord), le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a annoncé le 7 mars que ses services ouvriraient « plus de bureaux de vote à l’étranger que ce qui était prévu ». Dans la foulée, le Quai d’Orsay a indiqué que des bureaux de vote seraient ouverts « sur les mêmes sites » que pour la présidentielle.

Législatives: et pourquoi pas trois semaines entre les deux tours?

En réaction à l’annonce de la suspension du vote par Internet des quelque 1,3 millions de Français hors de France (chiffre publié le 6 mars dans Insee focus), les réactions ont fusé. Le député sortant de notre circonscription Frédéric Lefebvre (LR) a lancé une pétition -sur Internet-, la franco-canadienne Axelle Lemaire, ancienne ministre (PS) en charge du numérique a évoqué un déni démocratique (expression reprise le lendemain par François Fillon), etc.

Sénatrice LR des Français de l’étranger, Joëlle Garriaud-Maylam, dans une tribune, a indiqué que le vote des Français de l’étranger basculait traditionnellement à droite et au centre. Il se trouve que, lors des législatives de 2012 -les premières où les Français hors de France élisaient directement leurs représentants à l’Assemblée nationale-  sept élus étaient étiquetés PS et un écologiste, sur un total de onze. Même après les deux partielles de 2013, la droite et le centre restaient minoritaires, avec cinq députés sur onze.

De son côté, quelque peu isolé, Philippe Molitor, conseiller consulaire FdG de Montréal, avait émis de sérieux doutes dès le 18 février quant à la fiabilité du vote Internet, vu qu’il participait au test. Étant donné les ratés du premier scrutin de 2012 (y compris un piratage organisé au Benelux, auquel le Conseil constitutionnel n’avait rien trouvé à redire), puis quelques bugs aux législatives partielles de 2013 (notamment du fait de l’utilisation d’un logiciel quelque peu dépassé), le gouvernement avait préféré tenter d’améliorer le système. En vain. Jusqu’à décider in extremis d’annoncer le 6 mars devant les élus de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) réunis à Paris que le vote par Internet ne serait pas possible au printemps 2017. Le ministre en charge des Français de l’étranger évoquait des risques d’attaques informatiques, et la dépêche Reuters relatant cette annonce de Matthias Fekl indiquait au passage que les Pays-Bas avaient également écarté le vote électronique pour le scrutin législatif du 15 mars.

Robert del Picchia. Source.

Déposée dès le 9 mars au bureau de la présidence du sénat, puis annoncée au JORF du 17 mars, une proposition de loi (PPL) du sénateur RFE (apparenté LR) Robert del Picchia mérite réflexion: elle préconise trois semaines de délai entre les deux tours du scrutin législatif, à la place des deux semaines mises en place lors du premier scrutin de 2012. Et, venant d’un homme politique qui tenait jusqu’en 2005 un blogue intitulé « Pour le vote par internet », elle est pour le moins mesurée…

Si, en France et outre-mer une seule semaine sépare les deux tours, le législateur avait trouvé judicieux en son temps d’instaurer un délai plus large dans les circonscriptions hors de France, pour tenir compte des aléas du transport du courrier, que ce soit de Paris vers les électeurs ou, dans le cas du vote par correspondance, des électeurs vers leur poste consulaire, chargé d’organiser les élections. Mais Robert del Picchia va plus loin: dans l’exposé des motifs de sa PPL, il rappelle que les législatives de 2012 avaient rencontré « une faible participation électorale » (de 11 à 24% de participation, selon les circonscriptions, à ce qui était une première), mais que le vote par Internet avait été « choisi par plus de la moitié des électeurs » (98.500 votes à l’urne, 3.600 votes par correspondance, 117.600 votes par Internet, sur l’ensemble des onze circonscriptions). Le parlementaire, qui siège au Palais du Luxembourg depuis septembre 1998 après trente ans de journalisme radiophonique, précise également au sujet du vote par correspondance que « traditionnellement, les deux tiers de l’électorat français a l’étranger y avaient recours pour les élections des conseillers » à l’AFE.

Puis Robert del Picchia se livre à un petit calcul arithmétique tout simple pour démontrer que deux semaines entre les deux tours impliquent « un aller-retour de courriers en moins de 10 jours, dans des circonscriptions qui peuvent recouvrir un tiers de la surface terrestre » dans le cas du vote par correspondance, le pli devant parvenir au consulat la veille de l’ouverture du second tour de scrutin. Par exemple, le site de Poste Canada indique ici « généralement » un délai de deux à quatre jours en fonction de la distance à parcourir; sans compter que le courrier n’est pas distribué le samedi, le dimanche, les jours fériés fédéraux et les jours fériés provinciaux dans les régions concernées. Le  sénateur estime donc « impératif d’augmenter le délai entre les deux tours de scrutin ». Pour lire sa PPL dans son intégralité, cliquez ici.

Calendrier des élections 2017

Pour pouvoir voter par correspondance, vous devez effectuer votre démarche auprès de votre poste consulaire au plus tard le 14 avril. Le vote par correspondance n’est possible que pour les législatives.

Pour voter par procuration (seule alternative au vote à l’urne lors de la présidentielle), il convient d’imprimer ce formulaire qu’il vous faudra néanmoins faire étamper en personne au poste consulaire. Si vous résidez loin d’un consulat, ou n’êtes pas en mesure de vous déplacer, voyez auprès de votre consulat si une tournée est prévue. Les perturbations atmosphériques récentes ont fortement perturbé le calendrier du consulat général de France à Québec, par exemple.

En Amérique du Nord, le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le samedi 22 avril, et le second tour le samedi 6 mai. Le décret de convocation des électeurs est paru au JORF du 24 février.

Les élections législatives sont prévues le samedi 3 juin et le samedi 17 juin dans la première circonscription des Français hors de France (USA et Canada).

À Québec, le centre de vote sera installé au Collège Stanislas, comme pour les européennes et les consulaires d’avril 2014. Les bureaux de vote devraient fermer à 20h pour la présidentielle, mais à 18h pour les législatives. Davantage de renseignements sur l’organisation des scrutins à Québec peuvent être obtenus auprès de la cellule élections, par courriel à « elections.quebec-fslt@diplomatie.gouv.fr », par téléphone au 418-266-2500 (ou 2501).

Depuis un calendrier de mai 2016, les élections sénatoriales sont fixées à la troisième semaine de septembre. Le Collège électoral restreint -dont font partie les conseillers consulaires, les délégués consulaires, et les conseillers AFE notamment- devra procéder au remplacement de six des douze sénateurs représentant les Français hors de France.

Vincent Boileau-Autin se lance en politique

Premier marié homosexuel de France dès l’adoption de la loi en 2013, Vincent Boileau-Autin a quitté Montpellier ce dimanche 19 février pour Montréal, où travaille désormais son époux Bruno.

Source: compte Twitter @TBoussaries

Source: compte Twitter @TBoussaries

En début de semaine, Thierry Boussarie, consultant en communication numérique, a annoncé que Vincent Boileau-Autin était candidat dans la 1ère circonscription des Français hors de France pour les élections législatives qui auront lieu au printemps, dans la foulée de la présidentielle.

Dans un entretien publié ce dimanche par 20 Minutes, ce nouveau venu en politique explique qu’il ne se lance pas dans la course pour gagner, mais pour apporter « un vent de fraîcheur » alors que la campagne présidentielle revêt à ses yeux « un goût amer, un goût d’eau sale ».

Le Parlement européen approuve deux accords avec le Canada

Lors de sa séance du mercredi 15 février au matin, le Parlement européen a approuvé d’une part l’Accord de libre échange (Accord économique et commercial global, AECG -CETA en anglais) et d’autre part donné leur consentement à la conclusion d’un Accord de partenariat stratégique UE-Canada (APS).

Approuvé par 506 voix (142 élus ont voté contre, 43 se sont abstenus), l’APS devrait être un complément de l’AECG dans la coopération bilatérale entre l’Union européenne et le Canada sur les questions dites « non commerciales », comme la politique étrangère, la sécurité, la lutte contre le terrorisme, la lutte contre le crime organisé, le développement durable, la recherche et la culture.

L’AECG (CETA) pour sa part n’a été approuvé que par 408 voix, 254 parlementaires s’y étant opposés et 33 s’étant abstenus.

L’AECG ne supprime pas les tarifs douaniers liés aux services publics, audiovisuels, ou de transports. Il ne supprime pas non plus les taxes sur quelques produits agricoles, comme les produits laitiers, les volailles et les œufs. En clair, si des fromages français, italiens ou néerlandais venaient inonder les épiceries québécoises, ils ne pourraient pas être moins chers qu’ils ne le sont actuellement, sauf évidemment lorsqu’ils sont vendus en spéciaux.

Par ailleurs, le règlement des différents entre investisseurs et États (RDIE) a été remplacé par le système juridictionnel des investissements. Son but est de garantir un contrôle gouvernemental sur le choix des arbitres et d’améliorer la transparence, précise-t-on à Strasbourg, où se réunissait le Parlement européen, et où le Premier ministre canadien Justin Trudeau doit s’exprimer jeudi 16 février.

Quelque 140 indications géographiques européennes relatives à des denrées alimentaires et à des boissons vendues au Canada ont également été protégées dans le texte de l’AECG.

Les diverses assemblées (nationales en Europe et provinciales au Canada) doivent désormais donner leur aval pour l’ensemble de l’AECG, mais la grande majorité des mesures pourront s’appliquer provisoirement « le premier jour du mois suivant la date à laquelle les deux parties se seront informées mutuellement de l’achèvement de toutes les procédures internes nécessaires », soit probablement entre le 1er mars et le 1er mai.

La situation en Syrie préoccupe la France, le Canada, et les USA 

Dans une déclaration conjointe rendue publique ce mercredi 7 décembre, les chefs d’État et de Gouvernement de la France, de l’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de l’Italie et du Royaume-Uni s’inquiètent de la situation à Alep.

Ces pays appellent la Russie et l’Iran à « user de leur influence » afin que le régime syrien accepte le plan de l’ONU, rejeté lundi en raison du veto de la Russie et de la Chine.

« Une catastrophe humanitaire se produit juste sous nos yeux », disent les pays signataires, ajoutant qu’hôpitaux et écoles « sont utilisés comme cibles pour saper le moral des populations » et estimant que « l’urgence absolue est un cessez-le-feu immédiat ». L’intégralité de la déclaration commune, rappelant aussi que le Secrétaire général de l’ONU a parlé de « crimes de guerre » est à lire ici.

Quelques heures avant ce communiqué, on apprenait que l’armée avait pris le contrôle de la vieille ville d’Alep.

Fillon l’emporte, même chez les Français de l’étranger

Pour la primaire « de la droite et du centre », les Français hors de France ont été moins nombreux à voter au second tour qu’au premier. Contrairement au premier tour, ils ont cette fois placé François Fillon devant Alain Juppé.

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Les Français de l’étranger étaient plus de 58.600 à s’être inscrits: la répartition par pays est indiquée ici. Au 19 octobre nous avions annoncé entre 56.500 et 60.000 participants et précisé que les inscrits devait laisser leurs coordonnées bancaires aux organisateurs afin d’être prélevés de deux fois 2€. Pourtant, seuls 49.500 ont voté à ce second tour de la primaire. Au premier tour, déjà, ils n’étaient que 53.000.

Parallèlement, la participation en France (4,29 millions au premier tour) aurait augmenté, selon les chiffres partiels remontés auprès de la haute autorité à 13h puis à 17h, heure de Paris. Vers 20h30, le résultat des 2.100 premiers bureaux de vote donnaient François Fillon vainqueur à 69%, un pourcentage qui baissait légèrement quelques minutes plus tard, mais qui semble ne pas pouvoir descendre aux 61% d’un sondage diffusé à l’issue du débat télévisé de l’entre-deux tours. Il était réalisé il est vrai sur 550 électeurs certains de leur choix à partir d’un échantillon de plus de 4.800 personnes.

À 15h (heure de l’est, soit 21h heure de Paris, Alain Juppé félicitait déjà François Fillon à l’occasion d’une brève allocution. Il lui annonçait son soutien, disant en même temps qu’il allait se consacrer entièrement à sa ville de Bordeaux.

Comme sur le modèle américain, le vainqueur prit la parole un quart d’heure plus tard, depuis son quartier général. Après les remerciements d’usage, il appelait ceux qui le souhaitaient à le rejoindre. « François Hollande a abaissé la fonction présidentielle et il faudra la relever », lançait-il, après avoir pourtant appelé « ceux qui ne sont pas de notre camp » mais ont tout de même voté [NDLR: les électeurs se présentant comme de gauche] à rejoindre son camp.

Le président Hollande à ce moment-là ne pouvait pas réagir, étant dans l’avion le ramenant du Sommet de la Francophonie, qui se tenait à Madagascar les 26 et 27 novembre. Notons au passage -sans rapport avec la primaire de droite- que l’Ontario a obtenu le statut d’observateur auquel la province postulait dans le but avoué de devenir membre permanent.

À 18h10 (heure de l’est), dix mille bureaux de vote (sur 10.229) avaient été dépouillés. Le nombre de participants était alors égal à celui du total du premiers tour: 4,29 millions d’électeurs. François Fillon avait à cette heure 66,5% des suffrages exprimés.

À Paris, 257.600 bulletins avaient été dépouillés dans 299 des 313 bureaux: Alain Juppé y avait gagné vingt mille voix par rapport au premier tour mais plafonnait à 45%. Au premier tour, l’ensemble des bureaux de vote avait totalisé 261.317 bulletins, soit un quart des électeurs inscrits. C’est deux fois et demi la moyenne  observée dans l’ensemble de la France et cinq fois plus -tant en nombre qu’en pourcentage- que les Français de l’étranger!

Faits saillants du vote hors de France

1ère circonscription (Canada, USA): Alain Juppé obtient soixante voix de plus qu’au premier tour, alors que 600 électeurs du premier tour n’ont pas participé au second. Il reste donc en tête en Amérique du Nord (52,6%). À 16h15 locales, Michel Gaudart de Soulages, responsable du comité de soutien à Alain Juppé annonçait comme il se doit que François Fillon était « le seul candidat » de la droite.

6e circonscription (Suisse, Liechtenstein): au premier tour, c’était la seule qui avait mis François Fillon en tête avec 2762 voix. Au second tour, il en obtient neuf cents de plus (3643 voix pour être précis). Pourtant, 320 électeurs du premier tour ont boudé le second.

Sur les onze circonscriptions: Alain Juppé ne conserve que l’Amérique du Nord (1ère), le Benelux (4e), l’Europe de l’Est (7e) et l’Afrique du Nord (9e), sa plus large victoire se situant dans la 7e, avec 55,6% des suffrages exprimés. La plus large victoire de François Fillon est moins surprenante: 59,1% des voix en Suisse et au Liechtenstein.

La participation est très faible à l’étranger: au final, elle n’a attiré que 5% du corps électoral, contre 10% pour l’ensemble des électeurs français et 25% des électeurs parisiens. Non seulement il fallait s’inscrire au plus tard mi-octobre lorsque l’on vote à l’étranger, mais par surcroît le député Frédéric Lefebvre avait indiqué au quotidien montréalais Le Devoir que certaines cartes de paiement n’étaient pas compatibles avec le système mis en place par la Haute autorité chargée de la primaire.

Durant l’entre-deux tours, un portrait croisé de MM. Fillon et Juppé a été publié sur le site de journalistes coopératifs Ensemble, basé au Québec.

NB: sujet publié initialement à 14h50 HE, mis à jour au fil du temps

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Primaire de la droite: Juppé grand vainqueur chez les Français de l’étranger

Alors que le premier tour de la primaire de droite donne une nette avance à François Fillon et place Nicolas Sarkozy en « troisième homme », les Français de l’étranger ont massivement préféré Alain Juppé, lui accordant plus de 45% des suffrages sur les onze circonscriptions électorales.

Contrairement aux électeurs de France et des outremers, qui devaient voter à l’urne et pouvaient donc se décider à la dernière minute sur une éventuelle participation, les Français résidant hors de France devaient se préinscrire plus d’un mois avant le premier tour pour participer. Ainsi, entre 56.500 et 60.000 participants à cette première primaire de droite étaient attendus. À l’heure où nous écrivions ces lignes, sur la base de 53.000 votes, Alain Juppé obtenait plus de 45% des suffrages, François Fillon plus de 37%, et Nicolas Sarkozy, devancé dans plusieurs circonscriptions par Nathalie Kosciusko-Morizet, était sous la barre des 9%.

Le bug informatique qui a entaché l’ouverture du vote (à 13h, heure de l’est, samedi), était résolu à 14h23 (20h23 heure française). L’impossibilité d’accès était mondiale, et non pas -comme on l’a cru un moment- restreinte à l’Amérique du Nord.

Dans la 1ère circonscription (USA-Canada), Alain Juppé atteint 47,4%, suivi de François Fillon (33,4%), de Nicolas Sarkozy (9,2%), Nathalie Kosciusko-Morizet obtenant pour sa part 6,7%. Bruno Le Maire (2%), Jean-Frédéric Poisson (1,1%) et Jean-François Copé (0,2%) ferment la marche. Notons que le vote blanc ou nul était possible pour le vote électronique, puisque notre circonscription en compte 9, sur 7.871 électeurs ayant pris part au vote.

En revanche, chez nos voisins de Saint-Pierre et Miquelon (où 89 personnes ont voté samedi dans deux bureaux de vote), on ne compte aucun bulletin blanc. Le classement est le même néanmoins qu’en Amérique du Nord, et seuls les résultats en pourcentage changent sérieusement: tout en étant distancé par Alain Juppé (42,7%) et François Fillon (21,3%), l’ancien président de la République obtient 20,2%, soit sensiblement sa moyenne nationale.

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Vendredi soir, dans un restaurant de Québec, divers responsables LR s’étaient regroupés à l’initiative du délégué LR local, Michel Gaudart de Soulages. Les tendances des « deux favoris des sondages » étaient représentées à table, mais l’on pouvait lire sur les visages une incertitudes, probablement liée à la découverte plus que tardive par les instituts de sondage de la remontée de François Fillon, qui cinq années durant fut le Premier ministre de Nicolas Sarkozy.

La semaine prochaine, les électeurs auront donc le choix entre deux anciens hôtes de Matignon: Alain Juppé, défenseur de l’identité heureuse, et François Fillon, auteur en mai 2007 du discours de Bercy sur l’identité française, qui allait donner lieu dès l’élection de Sarkozy à la création du ministère de « l’identité nationale ». L’été 2015, un mois avant ses soixante-dix ans et sa venue à Québec pour le Salon des Vins, Alain Juppé avait annoncé qu’il ne ferait qu’un mandat en cas d’élection.

Victoire de Trump: Annie Michel sous le choc

Ancienne colistière de Franck Scemama à la législative partielle de 2013 dans notre circonscription, élue AFE depuis 2014, Annie Michel, retraitée depuis peu, vit à New York depuis vingt-sept ans. Originaire de la Nièvre, elle a raconté au groupe Centre France sa nuit électorale et sa stupéfaction suite à l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Comme une majorité de New-Yorkais, Annie Michel avait choisi Hillary Clinton. Au lendemain de cette nuit où elle et ses amis avaient « arrêté d’espérer » vers 23heures (HE), elle qualifie l’élection de Trump de « retour en arrière ». Néanmoins, elle ajoute au sujet de celui qui a entamé ce jeudi la transition: « Je ne sais pas s’il ira jusqu’au bout [de ses annonces, NDLR]« .

« Beaucoup de Républicains », ajoute-t-elle, ont voté « contre ce fou ». Même ses voisins pensent que, grâce à l’élection de Trump, ils vont être plus riches, s’étonne Annie Michel.

Ancienne enseignante, l’élue AFE pour les États-Unis trouve que « les Américains manquent d’éducation civique, historique et de culture politique ».

Malgré son immense déception, Annie Michel se dit « plutôt courageuse » et n’envisage pas de quitter son pays d’adoption.

Son entretien à L’Yonne républicaine est à lire ici.

Le Québec, une destination particulière 

Sénateur (PS) des Français hors de France, Jean-Yves Leconte, cinquante ans, était à Québec jeudi 3 novembre, accompagné de Yan Chantrel, pour qui c’était déjà la deuxième visite à la Capitale nationale depuis l’annonce de sa candidature aux législatives de 2017. Le sénateur -qui attend pour fin novembre le résultat des primaires afin de savoir si les militants lui accordent l’investiture pour un deuxième mandat- a donné à Soir Américain sa vision du Québec.

Si Jean-Yves Leconte n’est sénateur que depuis septembre 2011, il siégeait depuis 1994 (trois ans après son arrivée en Pologne) au Conseil supérieur des Français de l’étranger (CSFE, créé en 1949, modifié en 1982), puis à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE, dans son ancienne formule): il commence donc à être rôdé à certaines spécificités locales.

Le sénateur Jean-Yves Leconte à Québec, novembre 2016. Photo DR.

Le sénateur Jean-Yves Leconte à Québec, novembre 2016. Photo DR.

Pour ce père de trois garçons franco-polonais dont un n’a encore que huit ans, la communauté française du Québec est « très spécifique », avec son lot, bon an mal an, de 25.000 entrées annuelles, incluant les résidents temporaires, et sans compter les départs. « Je n’ai jamais vu ça ailleurs dans le monde », commente le sénateur Leconte quand il évoque la volonté d’intégration des Français qui vont au Québec. Aussi, des sujets comme l’éducation dans le réseau AEFE ne font-ils pas partie des priorités des expatriés, du moins à Montréal et à Québec.

À l’occasion d’une permanence parlementaire tenue dans la capitale économique, une demi-douzaine de personnes ont été reçues, notamment pour des histoires de retraites, de calcul de taux, ou de liquidation de retraite. Aucun rapport avec 2013, quand le problème majeur de Montréal était le délai d’attente pour obtenir le premier rendez-vous pour un passeport. Dans une question écrite -outil qu’il dit utiliser avec parcimonie-, Jean-Yves Leconte parlait de six mois d’attente, un problème résolu depuis qui, selon lui, n’existait à ce point-là qu’à Montréal et à Londres.

À la Capitale nationale, le sénateur devait aussi tenir une permanence… mais les rares inscrits se sont désistés, préférant sans doute le cadre convivial d’un café proche de l’Hôtel de Ville à la solennité d’un entretien minuté à la représentation consulaire du 500 Grande-Allée. D’ailleurs, ils étaient aussi une demi-douzaine à converser autour d’un verre avec le sénateur et le candidat à la députation, qui devaient partir dans la foulée aux États-Unis.

Le transfert de compétences à Montréal en matière d’état civil, en vigueur depuis cet été, n’a pas encore eu semble-t-il de répercussions majeures. Pourtant, le site du consulat général de France à Montréal indique un délai de trois mois pour enregistrer une naissance et de trois semaines après réception de la dernière pièce pour enregistrer un décès survenu à Moncton, dont l’état civil a aussi été transféré à Montréal. Le site du consulat à Montréal indique aux Français de Québec qu’il faut se déplacer pour ces démarches, ce qui pourtant n’est pas requis pour les Français des Maritimes…


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L’Appel de Québec est en ligne

Les participants de la Conférence Québec UNESCO, réunis à la Capitale nationale depuis dimanche 30 octobre, souhaitent « mettre en place un environnement inclusif et pertinent propre à assurer la prévention efficace de la radicalisation et de l’extrémisme violent ».

Illustration: dans un couloir du Centre des congrès de Québec, la version anglaise est annoncée pour bientôt (photo: F.A.)

Illustration (cliquez pour voir en grand): dans un couloir du Centre des congrès de Québec, la version anglaise est annoncée pour bientôt (photo: F.A.)

La radicalisation violente n’étant pas l’apanage d’une seule religion, d’une seule idéologie, ou d’un seul peuple, les congressistes estiment que la prévention « est une responsabilité commune au regard des principes et des valeurs consacrés par de nombreux instruments internationaux relatifs aux droits de la personne ».

Un texte en sept considérants, que la ministre des Relations internationales et de la Francophonie Christine St-Pierre avait appelé de ses vœux dès dimanche après-midi, détaille les cinq points de cet Appel de Québec.