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Européennes 2019: marée verte au Québec, Loiseau s’envole à New York

L’élection des représentants français au Parlement européen avait lieu samedi, de 8h à 18h locales, en Amérique du Nord, en Amérique latine, en Amérique du Sud, à Saint-Pierre, Miquelon, et Langlade, en Polynésie et dans les Caraïbes, y compris la Guadeloupe, les îles de Saint-Martin et Saint-Barthelemy, la Martinique et la Guyane.

Pour les Français hors d’Europe, il s’agissait du deuxième scrutin du XXIe siecle: lors du découpage de la France en grandes régions pour les régionales et les européennes en 2003 -Nicolas Sarkzy était ministre de l’Intérieur et avait essuyé une sévère défaite en 1999 , ces électeurs avaient été privés du droit de vote, sauf à être inscrits en France. Donc pas de scrutin ni en 2004, ni en 2009. En 2014, retrouvant le droit de vote, les Français hors de France étaient rattachés à l’Île-de-France, leur nombre d’inscrits étant similaire à celui de Paris. Il y avait pour eux 31 listes. Pour 2019, 34 listes étaient en concurrence, mais seulement 18 avaient envoyé des bulletins, selon notre constat à Québec, et plusieurs échos aux Etats-Unis et dans de grosses villes d’Europe.

Pour vous y retrouver dans les noms des listes et ceux des têtes de listes, le mieux est de regarder sur le site du ministère de l’intérieur.

La première surprise du scrutin de samedi fut la participation, en nette hausse. Par exemple plus de 16% à Montréal, 17% à Québec. Autre surprise de taille, le très bon score de la liste EELV, conduite par Yannick Jadot, eurodéputé élu en 2009, réélu en 2014. 

Montréal:
8860 suffrages valablement exprimés 

La liste EELV arrive en tête avec 2574 voix (29,05%), devant la liste LaRem-Modem soutenue par le président Macron, qui n’obtient que 2419 suffrages (27,30%). La liste Glucksman soutenue par le PS obtient 723 voix (8,16%), la liste France insoumise de Manon Aubry 673 voix (7,60%) et la liste RN (ex-FN) de Jordan Bardella arrive cinquième avec 458 voix (5,17%).

Gatineau:

1202 électeurs inscrits, 258 votants (21,5% de participation). Suffrages valablement exprimés 251.

La liste Loiseau (LaREM) arrive en tête, avec 74 voix, suivie de la liste EELV (61 voix). La liste RN (ex-FN) obtient 31 voix. Elle est suivie de l’autre liste écologiste, Envie d’Europe écologique et sociale (21 voix) et de la liste France insoumise (12 voix).
Les électeurs de l’Outaouais, bien que vivant au Québec et étant administrativement rattachés à Montréal, votent à Ottawa, plus proche. Le taux de participation (élevé pour un bureau de vote à l’étranger) peut s’expliquer par la facilité à voter.

Québec:

9719 inscrits, en tenant compte des trois inscriptions le jour-même sur décision de justice, toutes trois dans l’un des deux bureaux. 1657 électeurs ont voté (17%). Dix-sept bulletins blancs, vingt-neuf nuls (surtout des professions de foi à la place de bulletins de vote). Les suffrages valablement exprimés sont de 1611.

La liste du parti présidentiel obtient 426 voix (26,44%), talonnée par la liste EELV (413 voix, 25,63%).

La liste de l’ex-FN obtient 162 voix (10,05%), alors que Marine Le Pen avait obtenu 13,9% à la présidentielle.

La liste France insoumise n’obtient que 125 voix (7,7%): pour mémoire, Jean-Luc Mélenchon s’était classé deuxième à la présidentielle de 2017 avec 25,5%.

En cinquième position, on trouve la liste Bellamy (Les Républicains) avec 103 voix (6,39%), deux fois moins que ce que François Fillon en 2017 (qui avait un score similaire à celui de Marine Le Pen).

La liste Glucksmann, soutenue par le PS, obtient 93 voix.

Avec 57 voix, soit 3,5%, la liste UDI menée par Jean-Christophe Lagarde est septième, bien que Louis Giscard d’Estaing, candidat à la députation en 2013 en Amérique du Nord, figure en 3e position.

La liste pour le « Frexit » de François Asselineau obtient 53 voix, et la liste Hamon 51.
La circonscription de Québec est très vaste: elle s’étend du Nunavut à Trois-Rivières inclusivement, en passant par Sept-Iles. Mais aux européennes, le vote par correspondance est impossible: c’est soit par procuration soit à l’urne. En tenant compte de cette problématique de l’éloignement et de la météo magnifique du samedi 25 mai, la participation est étonnante, vu qu’elle était inférieure à 10% en 2014.

New York:
27170 inscrits sur l’ensemble des huit bureaux de vote, 4745 votants (17,46% de participation), onze blancs, cinquante-neuf nuls. Les suffrages valablement exprimés sont de 4675.
La liste Loiseau fait une belle échappée en obtenant plus de la majorité des votes: 2382 bulletins, soit 50,95%.

Yannick Jadot obtient 792 voix (16,94%), toutes les autres étant loin derrière.

La liste Glucksmann est troisième avec 361 bulletins (7,72%), talonnée de près par la liste Bellamy, à 342 voix (7,31%).

La liste Bardella-Le Pen fait 155 voix (3,31%), à quasi-égalité avec la liste Hamon (151 voix, soit 3,23%). Manon Aubry ferme la marche des candidats à plus de cent voix: elle obtient 113 bulletins, soit 2,42%.

Pour les résultats officiels, c’est à suivre ici. Les résultats de votre circonscription devraient se être disponibles auprès de votre poste consulaire. Les résultats de l’ensemble des Français hors de France seront disponibles ici, mais sans les détails par circonscription.

Les premiers sondages à 20h, heure de Paris, donnaient ce dimanche en trio de tête le Rassemblement national (comme en 2014), suivi de LaREM, EELV étant troisième, mais loin derrière.

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François Delattre est rappelé à Paris, Nicolas de Rivière lui succède à l’ONU

Après quinze ans sans discontinuer sur le continent nord-américain, l’ambassadeur de France à l’ONU François Delattre est rappelé en France. Il va être remplacé à New York par Nicolas de Rivière, dont la prise de fonctions devrait avoir lieu le 1er juillet.

  • Le Journal officiel de ce jeudi 2 mai annonce l’installation pour le 1er juillet de Nicolas de Rivière à la Représentation permanente de la France à l’ONU. Il y sera ambassadeur, en remplacement de François Delattre, dont la même édition du Journal officiel indique qu’il succèdera au Quai d’Orsay à Maurice Gourdault-Montagne, qui prend bientôt sa retraite.
  • Au cours de sa carrière, que nous avions résumée en juin 2014 à l’occasion de sa mutation à l’ONU, l’ambassadeur François Delattre aura passé près de vingt ans sur le continent nord-américain:  quatre ans au service presse de l’ambassade de France à Washington (1998-2002), deux ans en France auprès du ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin, et depuis 2004 entre New York, Ottawa, Washington et la représentation permanente à l’ONU. Sa dénonciation de la position des États-Unis sur le viol comme arme de guerre, voici une dizaine de jours, restera sans doute longtemps dans les mémoires…
  • Point commun entre François Delattre et Nicolas de Rivière: tous deux faisaient partie de la délégation française désignée en septembre 1994 pour la 60e assemblée générale de l’ONU. Dans la même délégation, on trouvait aussi Dominique de Villepin. Ce détail figure au Journal officiel du 29 septembre 1994 (par ici).
  • Depuis 2015 au Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE, créé en 2013 par François Hollande), Nicolas de Rivière a entamé sa carrière au Quai d’Orsay à la sous-direction des Nations-Unies, des organisations internationales, des Droits de l’Homme et de la Francophonie (1992-1994, second septennat de François Mitterrand) et en a été le directeur de 2011 à 2014 (fin du mandat de Nicolas Sarkozy et début du mandat de François Hollande).

Européennes: plus de 70 bureaux de vote ouverts le 25 mai 2019

À l’occasion de l’élection des représentants au Parlement européen le samedi 25 mai (*), le Quai d’Orsay, dans un arrêté du 12 avril publié au JORF nº100 du 28 avril, indique la liste des bureaux de vote ouverts par les ambassades et postes consulaires dans le monde. Au Canada et aux USA, ils sont plus nombreux qu’en 2014, où européennes consulaires se déroulaient simultanément.

En 2014, trois postes consulaires acceptaient les électeurs jusqu’à 19h: Doha, Koweit, et Québec. En revanche, en 2019, aucun poste consulaire des USA et du Canada n’a eu pour consigne de ne fermer qu’à 19h: les bureaux concernés cette année se trouvent en Australie, au Kenya, et en Malaisie. Sauf mise à jour nouvelle, tous les bureaux de vote des USA et du Canada seront ouverts de 8h à 18h, heure légale locale. Mais c’est peu probable, au vu des redéploiements sur la première circonscription des Français hors de France.

Au Canada:

Pour la circonscription de Montréal, 17 bureaux de vote sont prévus au collège Stanislas, mais les électeurs de Gatineau -bien que dans la circonscription de Montréal- votent à Ottawa, plus proche. Montréal ne comptait que six bureaux en 2014, cinq à Stanislas et un à Ottawa. En nombre de Français inscrits sur la liste électorale consulaire (LEC), Montréal est la plus grande ville hors d’Europe.

Un bureau est prévu à Moncton, au Consulat général de France. Il n’y en avait pas en 2014.

Trois bureaux sont prévus pour la circonscription de Toronto, deux à Toronto (un de plus qu’en 2014) et un à Ottawa, avec les électeurs de Gatineau.

Pour la très vaste circonscription de Québec, qui va du Nunavut à Trois-Rivières et du Blanc-Sablon à la Pointe Louis XIV), les deux bureaux de vote seront au Collège Stanislas de Québec (un seul en 2014, où le scrutin se déroulait dans la salle mitoyenne de celle des élections consulaires).

La circonscription de Vancouver comptera quatre bureaux de vote (contre un en 2014): ils seront répartis à Vancouver, Victoria, Calgary et Edmonton.

Aux États-Unis:

Trois bureaux seront ouverts sur la circonscription d’Atlanta (Atlanta, Greenville et Raleigh).

Deux bureaux seront ouverts à Boston, contre un en 2014.

Quatre bureaux sont prévus sur la circonscription consulaire de Chicago: le supplémentaire par rapport à 2014 est celui de Cincinnati.

Austin, Dallas, Huston: trois bureaux pour la circonscription de Huston. Pour La Nouvelle Orleans, c’est inchangé aussi: un bureau au Consulat général.

Dans la circonscription de Los Angeles, six bureaux, contre cinq voici cinq ans. Celui de Albuquerque disparaît, mais deux supplémentaires seront ouverts à LA. Renseignez-vous pour savoir où vous êtes appelés à voter…

La circonscription de Miami est couverte par cinq bureaux, dans les mêmes quatre villes qu’en 2014.

Huit bureaux de vote seront ouverts dans la circonscription de New York, soit deux de plus. En fait, par rapport à 2014, le bureau des Bermudes s’est volatilisé, tout comme celui de Princeton. Jersey, Mamaroneck, Brooklyn et Manhattan se maintiennent et quatre sont déployés à New York (deux au consulat et deux dans des établissements d’enseignement).

San Francisco passe à douze bureaux, contre… trois voici cinq ans. Là aussi soyez vigilants par rapport aux courriels que vous recevrez ou avez déjà reçus!

La circonscription de Washington, inchangée, reste à trois bureaux: un à Philadelphie et deux dans la capitale.

Procurations:

Si vous ne pouvez pas vous déplacer le samedi 25 mai, mais voter tout de même, une seule solution s’offre à vous: la procuration. Une procuration ne peut-être établie qu’à destination d’une personne inscrite sur la même liste électorale que celle où vous figurez.

Il arrive qu’on ne connaisse personne proche du bureau de vote auquel on est rattaché. Pas de stress: le mieux est de prendre contact avec le parti soutenant la liste de son choix. Dans les structures suffisamment bien organisées, on saura vous trouver une personne digne de confiance et vous communiquer son adresse courriel.

Certains consulats organisent des tournées: vous pouvez donc en profiter si vous résidez loin d’un poste diplomatique.

Si vous êtes en voyage en France, vous pouvez vous rendre dans un commissariat, un tribunal d’instance, ou une gendarmerie. Si vous êtes en vacances n’importe où dans le monde, vous pouvez faire cette démarche dans un poste consulaire ou auprès d’un consul honoraire. Tout est détaillé sur le site du ministère.

Précisions:

Une nouveauté cette année: la France revient à la circonscription unique, comme elle l’était avant le scrutin de 2004. Les Français hors Union européenne, qui avaient recouvré le droit de vote en 2014 depuis le découpage en grandes regions, ne sont donc plus rattachés à l’Ile-de-France comme ils l’étaient en 2014.

La sortie prévue de la Grande-Bretagne avait attribué 79 sièges à la France. Mais le « non Brexit » fait que seulement 74 parlementaires français siégeront dans un premier temps. Une fois la désunion du Royaume-Uni de l’Union actée, les places des Britanniques seront alors redistribuées et la France récupèrera les cinq parlementaires prévus. Aussi le gouvernement a déposé un projet de loi « relatif à l’entrée en fonction des représentants du Parlement européen élus en France en 2019 ». Présenté en conseil des ministres le 24 avril, à un mois du scrutin, le projet de loi nº 1880 sera examiné en procédure accélérée, indique le Journal officiel du 25 avril.

Les listes des candidats doivent être déposées au plus tard le 3 mai. Néanmoins le gouvernement a déjà autorisé la circulation des poids-lourds en France le 1er mai, le 8 mai, ainsi que trois fin de semaine pour l’organisation matérielle du scrutin, alors que la circulation de ces engins est strictement encadrée les fins de semaine et les jours fériés.

(*) Pour la France, le scrutin se déroule le samedi 25 mai 2019 dans les territoires suivants du nord au sud:

– Saint-Pierre et Miquelon

– Amérique du Nord

– Amérique centrale

– Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthelemy

– Martinique 

– Guyane 

– Amérique du Sud 

Il a lieu le dimanche 26 mai pour les autres Français, dans le reste du monde.

En 2019, c’est durant la période du 23 au 26 mai que l’ensemble des 28 pays de l’Union européenne se rend aux urnes. Le Parlement européen a mis en place un site dédié aux élections de 2019 dans lequel vous trouverez diverses informations, un quizz, et (dans un mois) les resultats.

Fin de Nouveaux Horizons, le parti monté par Frédéric Lefebvre

Le parti politique Nouveaux Horizonsfondé en mars 2012, et son association de financement l’AFNH, de trois jours sa cadette, ne sont plus. Un parti politique dont les médias français n’ont parlé que trois mois plus tard, la principale agence de presse l’appelant un think tank, reprenant le timing et les mots de son initiateur.

Ces outils, qui avaient notamment permis à Frédéric Lefebvre de se présenter aux législatives de 2012 dans la première circonscription des Français hors de France (USA et Canada), puis à la législative partielle de 2013, puis au scrutin de 2017, ne semblent plus convenir à l’ancien député de notre circonscription. L’association de financement a en effet été dissoute le 26 décembre 2017.

C’est au nom de ce parti politique que Frédéric Lefebvre avait tenté de se présenter en 2016 à la primaire de droite en vue de désigner le candidat à la présidentielle de 2017. Sa candidature avait été estimée irrecevable.

Réunie le 16 juillet 2018, la Commission des comptes de campagne (CNCCFP) a logiquement procédé au retrait d’agrément de l’AFNH, décision publiée ce mardi 14 août au Journal officiel.

Le site internet nouveaux-horizons.fr est pour l’instant toujours en ligne.

Pour sa part, Frédéric Lefebvre est parti vers de… nouveaux horizons: il a fait partie des membres fondateurs de Agir (groupe «UDI, Agir et indépendants» à l’Assemblée nationale), et sans mandat électif se trouve à s’occuper de la communication et de l’action collaborative, comme l’indique l’organigramme du parti.

De nouvelles règles d’immigration au Québec

À compter de ce jeudi 2 août, les règles du Ministère de l’immigration de la diversité et de l’inclusion (MIDI) sont modifiées pour toute personne souhaitant s’installer au Québec, donc obtenir le Certificat de sélection du Québec (CSQ, clé nécessaire pour être admis par le Canada).

Ce que l’on peut retenir dans les grandes lignes:

– c’est la fin de la politique des ouvertures de quota, donc du principe «premier arrivé premier servi», qui -parmi les inconvénients- mettait le système informatique ministériel en surchauffe, et les demandeurs en colère. Désormais, les candidatures seront stockées dans une banque de données, peu importe le moment où elles sont déposées.

– chaque candidature devra être accompagnée d’une lettre d’intention, dans le but d’évaluer la connaissance de la langue française et les réelles motivations des prétendants.

– le gouvernement du Québec souhaite réduire le délai d’attente à douze mois dans la règle générale, un délai qui était jusqu’à présent souvent de trente à trente-six mois.

Néanmoins, le système de points va perdurer. En tout cas pour l’instant il n’est pas question de le modifier en profondeur. Alors que le gouvernement veut adapter l’immigration dans les régions et selon les métiers, il y aura probablement toujours autant d’immigrants surqualifiés…

Davantage de détails se trouvent sur le site de Radio Canada. Vu qu’il s’agit de l’application d’une loi mise à l’étude par le gouvernement Couillard en… 2015, et qui a obtenu la sanction royale le 6 avril 2016, nous vous invitons à consulter ici la loi telle que publiée par le Gouvernement.

 

 

Les conditions de séjour au Canada changent cet été!

Le gouvernement du Canada a publié en mai dernier un communiqué indiquant de nouvelles obligations biométriques pour la plupart des étrangers. Dans certains cas toutefois, l’Autorisation de voyage électronique (AVE, annoncée sous la fin du gouvernement Harper) suffira.

Certaines personnes sont exemptées (dont les chefs d’État et les diplomates). Ce qui est n’est «pas la majorité de l’espèce», aurait écrit Michel Audiard.

Par conséquent, si vous prévoyez d’arriver au Canada au-delà du 31 juillet 2018, y compris semble-t-il si la lettre de confirmation indiquant que vous êtes admis à faire des études au Québec plus est déjà parvenue -cas d’école, si l’on peut dire- lisez attentivement ces détails du ministère canadien de la citoyenneté et de l’immigration en date d’avril.

Le 29 juin, le ministère en charge de l’immigration a mis à jour les différents cas de figure et les exemptions, dont il convient de prendre connaissance.

Une foire au questions concernant la biométrie est disponible ici. Et chaque rubrique possède elle-même son champ de recherches « centre d’aide ».

Sénatoriales 2017: la liste Bansard obtient deux élus

Six des douze sénateurs des Français de l’étranger ont été élus ce dimanche 24 septembre à Paris, dans le cadre du renouvellement triennal du sénat. À cette occasion, 171 sénateurs au total ont été élus: 170 dans le cadre du renouvellement triennal, un dans le cadre d’une élection partielle. La rentrée sénatoriale et l’élection du président auront lieu le lundi 2 octobre, jour d’ouverture de la 27e session de l’Assemblée des Français de l’étranger.

Le collège électoral était formé de 533 grands électeurs: les 23 parlementaires (onze députés et douze sénateurs) représentant les Français hors de France, les 68 délégués consulaires (élus dans les circonscriptions consulaires comptant le plus de français inscrits au poste diplomatique de leur lieu de résidence), et 442 conseillers consulaires (suite à la démission d’office d’un conseiller consulaire, rendue publique au Journal officiel du 22 juin 2017). Les conseillers consulaires et délégués consulaires pouvaient voter avec huit jours d’avance à leur poste consulaire, en personne ou par procuration.

Sénateurs sortants et étiquettes politiques (source: sénat)

Dix listes au total briguaient les six sièges en renouvellement: une liste officielle LR (sous l’étiquette de l’Union des Français de l’étranger UFE), quatre listes de droite (dont une menée par l’homme d’affaires Jean-Pierre Bansard, qui avait créé un parti politique en 2014), une liste LREM, une liste socialiste (sous l’étiquette Français du Monde FdM), une liste divers gauche, une liste écologiste, et une liste estampillée « divers » par le ministère de l’Intérieur.

Les sénateurs sortants étaient trois hommes et trois femmes. Seules deux femmes et un homme se représentaient: Joëlle Garriaud-Maylam (UMP) comme tête de liste de l’UFE et Hélène Conway-Mouret comme tête de liste FdM, le numéro 2 de cette liste étant le sénateur sortant Jean-Yves Leconte. En tout, sur les dix listes, seules trois étaient conduites par des femmes. Le principe d’une liste aux sénatoriales est celui de l’alternance, comme pour les élections consulaires, et la mode de répartition des sièges est à la proportionnelle.

Mesdames Hélène Conway-Mouret (SOC) et Joëlle Garriaud-Maylam (LR) sont réélues. M. Jean-Yves Leconte (SOC) est réélu sur la liste menée par Mme Conway-Mouret. Les trois autres élus sont tous divers-droite: il s’agit de MM. Jean-Pierre Bansard et Ronan Le Gleut, ainsi que Mme Evelyne Renaud-Garabedian, deuxième sur la liste Bansard.

Source: Sénat.

À l’issue du scrutin (qui a donné le même nombre de voix à la liste de l’ancienne ministre Hélène Conway-Mouret qu’à la liste de l’homme d’affaires Jean-Pierre Bansard) le sénateur socialiste Jean-Yves Leconte a émis des « doutes » sur Public Sénat  concernant le financement de la campagne électorale et s’est dit prêt à en faire part au procureur de la République.

Les résultats provisoires, susceptibles de recours, montrent que deux listes ont fait jeu égal, qu’une liste n’a pas obtenu de voix, et que seuls 521 suffrages ont été valablement exprimés (source: sénat)

Neuf candidats EnMarche au second tour des onze circonscriptions

Les candidatures en vue du second tour des élections législatives devaient être déposées rue des Saussaies, à Paris, le mardi 6 juin de 9h à 18h. Dans chacune des onze circonscriptions des Français hors de France, deux candidats ont reçu leur récépissé définitif, indique un arrêté du 6 juin publié au Journal officiel du 7. Achevée pour les imprimeurs et les routiers, la course contre la montre commence pour le personnel du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ainsi que pour les électeurs ayant choisi de voter par correspondance.

Dans neuf circonscriptions, un des deux finalistes est estampillé REM par le ministère de l’Intérieur, dans une il est estampillé MDM. Dans la 9e circonscription (qui regroupe entre autres le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, et la Libye), la candidate choisie par EnMarche puis lâchée par le.parti présidentiel, se retrouve estampillée DVD. La 9e circonscription était la seule où le député sortant (Pouria Amirshahi, PS) ne se représentait pas. C’était également la plus convoitée, avec vingt-sept candidats.

Les candidats présents au second tour dans l’ordre de présentation au premier tour

Première circonscription (Amérique du Nord)

  1. Roland Lescure (REM)
  2. Frédéric Lefebvre (LR, député sortant)

200.205 électeurs inscrits, 18,64% de participation.

Malgré une candidature dissidente à droite (celle de Damien Régnard), et malgré son classement en troisième position au Canada derrière la candidate France Insoumise Clémentine Langlois, Frédéric Lefebvre parvient à se maintenir au second tour. Il a obtenu 5.377 voix sur l’ensemble de la circonscription (14,53% des suffrages exprimés), tandis que Roland Lescure en obtenait 21.286 (soit 57,53%).

Clémentine Langlois est arrivée troisième, avec 9,1% des suffrages exprimés (2.044 voix de retard sur le député élu lors d’une partielle en juin 2013).

Dans un communiqué diffusé mardi 6 juin, Frédéric Lefebvre a invité Roland Lescure à accepter un débat sur un média américain. Davantage de détails sur le premier tour sont à lire ici.

Deuxième circonscription (Mexique et Amérique du Sud)

  1. Sergio Coronado (ECO, député sortant)
  2. Paula Forteza (REM)

75.029 électeurs, 15,48% de participation.

Élu député en 2012 sous l’étiquette EELV, Sergio Coronado a préféré apporter son soutien à Jean-Luc Mélenchon plutôt qu’à Benoît Hamon. Son site de campagne indique à la fois le soutien de Europe écologie et de la France insoumise.

Au premier tour, Sergio Coronado a obtenu 2.715 voix (23,61% des suffrages exprimés), tandis que Paula Forteza en a eu 4.964 (43,17%).

Le candidat LR Pascal Drouhaud est arrivé en 3e position, avec 11,18% des voix.

Troisième circonscription (Europe du Nord)

  1. Axelle Lemaire (SOC, députée sortante)
  2. Alexander Holroyd (REM)

120.696 électeurs, 21,12% de participation.

La députée socialiste sortante arrive à se qualifier malgré seulement 2.493 voix, soit 9,83%. Son rival EnMarche obtient 14.663 voix (57,80%).

La troisième place revient à Laurence Azzena-Gougeon (Les Républicains), qui a moins de trois cents voix de retard (8,82%), et le candidat France insoumise Olivier Tonneau est quatrième, avec moins de six cents voix de retard sur l’ancienne ministre du quinquennat Hollande.

Quatrième circonscription (Benelux)

  1. Pieyre-Alexandre Anglade (REM)
  2. Sophie Rauszer (FI)

122.765 électeurs inscrits, 22,66% de participation.

Le candidat EnMarche a obtenu 14.461 voix, soit 52,27% des suffrages. La candidate de la France insoumise se qualifie avec 3.030 voix (10,95%), devançant d’un peu plus de trois cents voix l’écologiste Perrine Ledan (9,78%) et d’un peu plus de cinq cents voix la candidate Les Républicains Valérie Bros (9,08%).

Cinquième circonscription (Péninsule ibérique, Andorre, Monaco)

  1. François Ralle-Andreoli (FI)
  2. Samantha Cazebonne (REM)

91.374 inscrits, 15,94% de participation.

Candidate EnMarche, Samantha Cazebonne obtient 7.274 voix (50,36%). Conseiller consulaire Front de Gauche de Madrid, François Ralle-Andreoli obtient 2.242 voix (15,52%). Il ne devance Laurence Sailliet (LR) que d’une cinquantaine de voix (elle obtient 15,11%) mais dépasse la candidate socialiste Gabrielle Siry de plus d’un millier de voix (elle arrive à 8,13% des suffrages exprimés).

Cette circonscription est l’une des deux seules où le Front national a dépassé les 5% des suffrages exprimés (5,66% pour Natacha Barral).

Sixième circonscription (Suisse, Liechtenstein)

  1. Claudine Schmid (LR, députée sortante)
  2. Joachim Son-Forget (REM)

127.486 électeurs inscrits, 20,19% de participation.

C’est dans cette circonscription que le parti fondé par Emmanuel Macron obtient son plus haut score: les 16.273 voix attribuées à Joachim Son-Forget représentent 63,55% des suffrages exprimés. La députée sortante Claudine Schmid se maintient avec quatre fois moins de voix: 4.036 suffrages (15,76%).

Septième circonscription (Europe centrale, Balkans)

  1. Pierre-Yves Le Borgn’ (SOC, député sortant)
  2. Frédéric Petit (MDM)

105.955 inscrits, participation de 25,44%.

EnMarche n’avait pas présenté de candidat, laissant la place libre au Modem Frédéric Petit, qui obtient 14.359 voix (54,03%). Le député socialiste sortant Pierre-Yves Le Borgn’ est loin derrière, avec presque quatre fois moins de voix (3.689 suffrages, soit 13,88%).

Huitième circonscription (Italie, Israël, Chypre et Turquie)

  1. Meyer Habib (UDI, député sortant)
  2. Florence Drory (REM)

121.399 inscrits, 11.413 votant: avec seulement 9,40% de participation, il s’agit de la circonscription la plus abstentionniste.

Arrivée en tête avec 4.150 voix (36,73%) la candidate EnMarche Florence Drory devance d’une courte tête le député UDI élu lors de la partielle de juin 2013 Meyer Habib. Ce dernier obtient 4.013 voix (35,51%).

La troisième place revient à Hélène Panoussis (France insoumise) qui obtient 7,38%. Députée socialiste de 2012 à 2013, puis démissionnaire du PS pour cause de désaccords sur la ligne gouvernementale, Daphna Poznanski-Benhamou arrive quatrième avec 667 voix (5,90%). La candidate écologiste Nil Delahaye rate de peu la barre des 5% nécessaires au remboursement partiel des frais de campagnes: avec 563 voix, elle arrive à… 4,98%.

Neuvième circonscription (Maghreb, Afrique de l’Ouest, hors Bénin, Ganha, Nigeria)

  1. M’Jid El Guerrab (DIV)
  2. Leila Aichi (DVD)

107.796 inscrits, 14,57% de participation.

Sur vingt-sept candidats, cinq ont obtenu plus de 5% des suffrages.

Les deux qualifiés se revendiquent tous deux de EnMarche bien qu’au moment du premier tour aucun des deux n’avait été classé ainsi par le ministère de l’Intérieur.

Sénatrice de Paris depuis 2011 (groupe écologiste) Leila Aichi avait déposé sa candidature sous l’étiquette du parti présidentiel avec rattachement au Modem, selon elle du fait de l’accord entre Emmanuel Macron et François Bayrou. Toutefois EnMarche dit le pas lui avoir donné d’investiture (lire ici). Elle a obtenu 3.135 voix (20,29%), soit 210 voix seulement de plus que M’Jid El Guerrab (2.925 voix, 18,93%).

Le candidat Les Républicains Erwan Borhan Davoux arrive troisième (2.039 voix, 13,20%), devant le candidat socialiste Didier Le Bret 1.822 voix, 11,79%) et le candidat France insoumise Patrice Finel (1.423 voix, 9,21%).

Dixième circonscription (Moyen-Orient et une majeure partie de l’Afrique)

  1. Amal Amélia Lakrafi (REM)
  2. Alain Marsaud (LR, député sortant)

99.374 électeurs inscrits, 19,54% de participation.

La candidate EnMarche obtient 11.515 voix, soit 60,08%. Elle arrive loin devant le député sortant Alain Marsaud (LR), ancien magistrat antiterroriste lors de la vague d’attentats en France dans les années 80, élu deux fois député de la Haute-Vienne avant de devenir député des Français de l’étranger (3.620 voix, 18,89%).

Cette circonscription est l’une des deux seules où le Front national a dépassé les 5% de suffrages exprimés (5,53% pour Stéphane Sakoschek).

Onzième circonscription (Europe de l’est, majeure partie de l’Asie, Océanie)

  1. Thierry Mariani (LR, député sortant)
  2. Anne Genetet (REM)

92.766 électeurs inscrits, 27,62% de participation.

Anne Genetet obtient 13.732 voix, soit 54,11% des suffrages exprimés. Avec trois fois moins de voix (4.766, soit 18,78%), le député LR sortant Thierry Mariani, député du Vaucluse de 1993 à 2010, parvient à être au second tour. Il est cependant loin devant le candidat PS Florian Bohème (7,13%), le candidat FI Dimitri Sawosik (6,51%) et l’un des candidats DVD Francis Nizet (5,89%).


Les candidats n’ont que jusqu’à ce mercredi 7 juin à 10h (heure de Paris) pour remettre leur matériel de propagande. Les enveloppes électorales doivent quitter Paris le jeudi 8 juin.

Si vous avez opté pour le vote par correspondance, votre enveloppe avec bulletin de vote et pièce d’identité française doit parvenir à votre poste consulaire au plus tard le jeudi 15 juin dans les deux premières circonscriptions, le lendemain dans le reste du monde. Plus de 119.000 électeurs ont opté pour le vote par correspondance, dont un tiers vivent au Canada ou aux USA.

Si vous préférez voter à l’urne, le second tour des élections législatives aura lieu le samedi 17 juin pour la première fois et la deuxième circonscription, le dimanche 18 juin pour les autres. Pensez à surveiller l’adresse courriel que vous avez donnée au consulat afin de bien connaître le lieu du scrutin et l’heure de fermeture de votre bureau de vote, ou d’être informé si votre enveloppe de vote par correspondance n’est pas arrivée dans les délais impartis.

Le candidat En Marche fait la course en tête

[texte réactualisé régulièrement jusqu’à publication des résultats officiels]

Roland Lescure se distingue très nettement de ses dix-sept concurrents dans notre circonscription. Les candidats n’étaient « que » dix-huit dans la 1ère circonscription des Français hors de France, la liste des candidats ayant été modifiée au Journal officiel du 2 juin, faisant disparaître la candidate nº11, tout en conservant la numérotation publiée précédemment à la suite du tirage au sort.

Malgré la suspension cette année du vote électronique (pour les mêmes raisons qu’aux Pays-Bas), la participation totale (vote à l’urne en personne ou par procuration et vote par correspondance sous pli fermé) la participation est proche -voire similaire- à celle de 2012. En 2012, ce scrutin inédit avait attiré 20% d’électeurs, incluant le vote électronique. En 2013, la déperdition en terme de participation avait été d’un tiers, comme dans la plupart des élections partielles (de l’ordre de 14%).

Les surprises du vote anticipé

Les étiquettes politiques des candidats figurent sur le site du ministère de l’Intérieur. On peut relever que les candidats sont numérotés de 1 à 19, sans la candidate 11. Et aussi que la date mentionnée est celle des élections des circonscriptions en France hexagonale, la Polynésie et les Français hors de France votant avec deux semaines d’écart, Saint-Pierre et Miquelon et les départements français d’Amérique votant les 10 et 17 juin… Source

Les personnes ayant opté pour le vote par correspondance (VPC) n’ont pas toutes pris part au vote, loin de là. Au total sur l’ensemble de la circonscription (USA et Canada), 39.000 électeurs -sur les 200.000 du corps électoral- avaient opté pour cette possibilité, dont la moitié à Montréal. Mais à Montréal seulement trois mille enveloppes sont arrivées au poste consulaire, et un peu moins de 2.200 ont été prises en compte. Situation similaire à Québec: 800 des 9.600 électeurs de la circonscription électorale (qui va du grand nord à Trois-Rivières inclus) ont demandé à pouvoir user du VPC mais seulement 173 enveloppes sont arrivées au 500 Grande-Allée, dont 108 ont été prises en compte

La majorité des enveloppes rejetées à Québec l’ont été pour défaut de présentation d’une pièce d’identité. Certains ont envoyé des documents d’identité canadiens, d’autres des papiers québécois (comme une carte de la RAMQ ou un permis de la SAAQ), alors qu’il est nécessaire de justifier de son identité par un document français, comme à l’urne. Par ailleurs, toujours à Québec, au moins un électeur a fait une photocopie de sa carte consulaire puis l’a signée: invalidé aussi. En effet, la carte consulaire n’est valable qu’au bureau de vote, puisqu’elle ne comporte pas de signature.

Le bureau centralisateur de chaque poste consulaire devait se réunir une première fois soit le jeudi soir après 18h (heure limite pour faire parvenir son bulletin) soit le vendredi, avec les mêmes personnes qui le composeraient le samedi du scrutin (président, assesseurs, délégués des candidats pour ceux qui en avaient désigné). Les électeurs ayant opté pour le VPC mais dont l’enveloppe n’était pas parvenue au poste consulaire étaient prévenus individuellement par courriel. Rien ne dit donc s’ils se sont déplacés ou pas. Ceux dont l’enveloppe n’était pas retenue pour des raisons administratives n’étaient pas informés, tout comme s’ils avaient fait par erreur un vote nul à l’urne.

À Québec, entre ceux qui avaient demandé à pouvoir voter par correspondance et les enveloppes parvenues au consulat, plus de 600 bulletins de différence.

Le VPC a été très différent d’un poste à l’autre. À Montréal par exemple Roland Lescure a rassemblé un peu plus de 1.000 suffrages, Clémentine Langlois près de 350, Frédéric Lefebvre à peine plus de 300, et Yan Chantrel près de 220. En revanche à Québec on a voté par anticipation bien plus conservateur: sur 108 bulletins, le candidat du parti fondé par Emmanuel Macron en a obtenu 46, le député sortant 20, et les autres candidats moins de dix chacun (9 pour le candidat PS, 9 pour le candidat FN, 9 pour la candidate FI). Le fameux « mystère Québec« , qui avait donné une vague bleue aux fédérales lors de la victoire de Justin Trudeau, déteint une fois de plus sur les Français, comme lors de la présidentielle lorsque Québec avait accordé 13,9% de votes au premier tour à Marine Le Pen, alors que les Français de l’étranger lui donnaient 6%.

Afin de ne pas perturber le vote des Français de l’étranger des neuf circonscriptions d’Europe, d’Asie, et d’Afrique, il était demandé samedi soir au moment du dépouillement de ne rien diffuser (y compris sur les réseaux sociaux) avant le dimanche 21h heure de Paris (soit 15h heure de l’est). Les raisons de cette consigne trouvent fort probablement leur base juridique dans cet article du code électoral mis à jour pour la dernière fois en 2016 par la loi de modernisation de diverses règles applicables aux élections, la même loi qui mettra fin, au plus tard au 1er janvier 2019, à la double inscription sur les listes électorales.

Cela n’a pas empêché par exemple French Morning de faire une soirée électorale entre 22h et 23h, heure de New York, mais Clémentine Langlois (la candidate de la France insoumise) a décliné cette invitation dès qu’elle a eu connaissance de la demande de Paris. Dans la nuit, vers 3h heure de l’est, L’Outarde libérée a annoncé un duel Lescure-Lefebvre au second tour, se basant sur des résultats partiels. Dimanche vers 14h (heure de l’est) Le Courrier de Floride y est allé à son tour de sa synthèse.

À Soir Américain nous avons préféré respecter la demande des autorités. Dans la journée du dimanche 4 juin, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a diffusé des images du premier tour un peu partout dans le monde, et n’a pas diffusé les résultats des deux premières circonscriptions des Français de l’étranger.

Résultats en notre possession

Pour une meilleure lecture, nous ne publions que les candidats ayant obtenu plus de 5% des suffrages exprimés, et nous les classons par ordre d’arrivée.

Québec

Avec une participation supérieure à 19%, Québec (9.600 électeurs inscrits) est parmi les seuls centres de vote -le seul pour l’instant à notre connaissance- où Roland Lescure est sous la barre des 50%.

Sur 1836 votes (VPC inclus), on ne dénombre que 8 bulletins blancs et 5 nuls.

  • Roland Lescure: 47,78%
  • Clémentine Langlois: 15,47%
  • Frédéric Lefebvre: 12,62%
  • Yan Chantrel: 7,46%
  • Denis Franceskin: 5,65%

Une douzaine d’électeurs sont arrivés après 19h, se fiant à leur convocation papier expédiée dans l’enveloppe électorale, alors que (outre le Journal officiel), ils étaient avisés de la fermeture à 19 heures à la fois par un courriel officiel, par un message sur le site Internet du consulat, et par l’équipe de la France insoumise qui avait envoyé un courriel à tous les électeurs de la circonscription.

La circonscription de Québec s’étend du nord du Québec jusqu’à Trois-Rivières inclusivement au sud.

Montréal

10.500 votants, participation: 18,4%

  • Roland Lescure: 50,39%
  • Clémentine Langlois: 18,42%
  • Yan Chantrel: 10,44%
  • Frédéric Lefebvre: 10,37%

Les bulletins blancs et nuls ont été très rares sur la circonscription (ici dans le bureau de Montréal-Outremont).

Au bureau de vote nº1, où se trouvait le vote par correspondance, seuls 8% de la centaine d’électeurs inscrits dans ce bureau se sont déplacés: 5 pour Roland Lescure, 2 pour Clémentine Langlois, 1 pour Yan Chantrel. Pour des raisons de logistique, ce bureau était installé à Marie de France alors que les bureaux 2 à 15 étaient à Stanislas.

Le candidat Lescure a été vu longuement devant des bureaux de vote, parlant avec des électeurs. Mention en a été faite dans au moins un procès verbal.

Région de Gatineau

Il s’agit du bureau nº16 de la LEC de Montréal. Installé à l’ambassade de France au Canada, il s’appelle « Ottawa-Montréal » et concerne les Français de Gatineau. Sur 1429 inscrits, 23,51% sont allés voter à l’urne (le vote par correspondance de ces électeurs est dépouillé pour sa part dans Montréal).

  • Roland Lescure: 53,21%
  • Frédéric Lefebvre: 13,14%
  • Clémentine Langlois: 12,50%
  • Yan Chantrel: 9,62%

Région d’Ottawa

Installé aussi à l’ambassade, ce bureau s’appelle techniquement « Ottawa-Toronto »: ses 1827 électeurs dépendent de la LEC de Toronto mais vivent dans la région d’Ottawa. 30,49% d’entre-eux sont allés voter.

  • Roland Lescure: 53,32%
  • Frédéric Lefebvre: 16,70%
  • Yan Chantrel: 11,85%
  • Clémentine Langlois: 7,72%

La candidate France insoumise Clémentine Langlois, qui réside à Ottawa, nous a fait savoir qu’elle a été empêchée d’entrer à l’ambassade de France à Ottawa durant le scrutin, mais que son suppléant a pu se rendre dans des bureaux à New York.

Boston

21,47% des 7151 électeurs inscrits ont pris part au vote.

  • Roland Lescure: 64,44%
  • Frédéric Lefebvre: 13,12%
  • Yan Chantrel: 9,45%
  • Clémentine Langlois: 5,12%

Circonscription de New York

Cette circonscription consulaire comprend les États de New York, du New Jersey, du Connecticut, ainsi que Les Bermudes. Elle compte un peu plus de 28.000 électeurs, dont 21,8% ont voté.

  • Roland Lescure: 66,42%
  • Frédéric Lefebvre: 14,71%
  • Yan Chantrel: 6,68%

Circonscription de Houston

Cette circonscription comprend les villes de Houston, Dallas et Austin. 21,35% des 6.716 électeurs ont voté (VPC inclus).

  • Roland Lescure: 59,77%
  • Frédéric Lefebvre: 18,64%
  • Damien Regnard: 8,09%

Circonscription de San Francisco

  • Roland Lescure: 64,30%
  • Frédéric Lefebvre: 15,04%
  • Yan Chantrel: 7,77%
  • Clémentine Langlois: 5,02%

Les résultats doivent être entérinés lundi par la commission électorale à Paris. Les candidats qualifiés n’auront que la journée du mardi 6 juin, de 9h à 18h, pour déposer leur candidature rue des Saussaies.

Depuis l’ouverture de la campagne officielle et jusqu’à la veille du scrutin, nous avons pu constater trois anomalies parmi les courriels reçus:

  • une candidate a envoyé sa circulaire par courriel, renvoyant sur le site de son parti, alors que les circulaires en format PDF ne peuvent être hébergées que par les postes consulaires et le ministère;
  • deux candidats au moins ont envoyé un courriel de campagne le vendredi, alors que les communications électroniques devaient cesser le jeudi à minuit.

Lundi 5 juin au soir -vers 15h, heure de l’est- les résultats  consolidés ont été rendus publics par le Quai d’Orsay. Les deux candidats habilités à déposer une candidature sont sans grande surprise Roland Lescure (REM) et Frédéric Lefebvre (LR). Une différence de deux mille voix sépare le député sortant de Clémentine Langlois (FI).

Sur un corps électoral de 200.205 personnes, 37.309 ont voté (participation totale de 18,64%), avec seulement 58 bulletins blancs et 254 bulletins nuls. Les bulletins exprimés sont au nombre de 36.997, soit 18,48% du corps électoral. Les bulletins nuls sont proportionnellement dix fois plus nombreux dans le VPC que dans le vote à l’urne: 128 bulletins blancs pour 3.811 votants par correspondance et 126 pour les 33.498 électeurs qui ont voté à l’urne ou par procuration. Les bulletins blancs, en revanche, sont deux fois moins nombreux: 3 bulletins blancs pour le VPC contre 55 à l’urne.

Trois candidats n’avaient pas déposé de bulletins afin qu’ils soient distribués dans les différents centre de vote. Pourtant, la candidate du Parti animaliste Élise Desaulniers obtient 26 voix à l’urne (aucune par correspondance) et le candidat Florant Fernandez (Parti pirate) obtient 2 voix à l’urne (1 au VPC). Seul M. Balie Topla ne recueille aucune voix à l’urne, ni par correspondance.

Ont obtenu (total urne + VPC, par ordre d’arrivée, chiffres du Quai d’Orsay, étiquettes politiques attribuées par la Place Beauvau):

Roland Lescure (REM): 21.286 voix (57,53%)

Frédéric Lefebvre (LR): 5.377 voix (14,53%)

Clémentine Langlois (FI): 3.333 voix (9,01%)

Yan Chantrel (SOC): 3.124 voix (8,44%)

Jocelyne Le Boulicaut (ECO): 1.073 voix (2,90%)

Damien Régnard (DVD): 858 voix (2,32%)

Denis Franceskin (FN): 748 voix (2,02%)

Christine Agathon-Burton (DIV): 286 voix (0,77%)

David Lawson (DIV): 170 voix (0,46%)

Fanny Etter (DIV): 146 voix (0,39%)

Vincent Boileau-Autin (DVG): 145 voix (0,39%)

David Sanchez-David (DVG): 144 voix (0,39%)

Laure Pascarel (DVG): 107 voix (0,29%)

Julie Morel (COM): 99 voix (0,27%)

Arnaud Dumas de Rauly (DIV): 72 voix (0,19%)

Élise Desaulniers (DIV): 26 voix (0,07%)

Florent Fernandez (DIV): 3 voix (0,01%)

Balie Topla (DIV): 0 voix (0,00%)

Certains candidats ont réagi avant les résultats. Dans l’ordre des messages que nous avons trouvé, le premier était dès dimanche Frédéric Lefebvre, qui par la LEC a diffusé un texte et une vidéo sur le thème d’une « élection confisquée ». Dimanche soir aussi Roland Lescure a diffusé un communiqué de satisfecit sur son site de campagne. Lundi -quasiment en même temps-, Vincent Boileau-Autin et Yan Chantrel ont diffusé un message sur la LEC: le premier parlant d’une « première étape vers le renouveau politique », le second disant qu’à titre personnel il voterait blanc au second tour.

Une heure après la publication des résultats,  Clémentine Langlois a diffusé un message sur la LEC, appelant « toutes celles et tous ceux qui croient en nos valeurs » à rejoindre la France insoumise et à préparer les prochaines échéances électorales (européennes en 2019, consulaires et AFE en 2020, présidentielle  et législatives en 2022). Une heure après elle, toujours sur la LEC, Roland Lescure s’est félicité que les électeurs aient « à nouveau » apporte leur soutien à Emmanuel Macron, et a estimé la participation « faible », alors qu’elle est presque la même qu’en 2012 avec le vote le vote électronique.

De Lescure à Langlois, dix-neuf candidats

Dix-neuf candidats se disputeront le samedi 3 juin 2017 les suffrages des deux cents mille électeurs inscrits de la première circonscription législative des Français hors de France, qui regroupe le Canada et les États-Unis. Frédéric Lefebvre, député élu lors de la partielle de 2013, se représente. Le débat coorganisé par French Morning se déroulera le 23 mai.

À l’occasion du 1er tour des élections générales du 2 juin 2012, dix-huit candidats se présentaient devant 156.000 électeurs. La participation avait été de 20,40%. À l’occasion de l’élection partielle du 25 mai 2013, douze candidats briguaient les suffrages de près de 152.000 électeurs inscrits, et la participation avait été de 13,47%, une baisse logique pour une élection partielle.

Dans l’arrêté du 15 mai (publié au Journal officiel du 16 mai) le candidat de La République en marche ouvre… la marche, la candidate de la France insoumise la ferme.

Les candidats

1. M. Roland Lescure, remplaçante Mme Pascale Richard

2. Mme Julie Morel, remplaçante Mme Méline Le Gourrierec

3. M. Arnaud Dumas de Rauly, remplaçant M. Pascal Dubois

4. Mme Elise Desaulniers, remplaçant M. Renan Larue

5. M. Frédéric Lefebvre, remplaçante Mme Claire de Gérin-Ricard

6. Mme Jocelyne Le Boulicaut, remplaçant M. François Doucet

7. Mme Christine Agathon-Burton, remplaçant M. Gaspard Skoda

8. Mme Laure Pascarel, remplaçant M. Albert Amar

9. M. Damien Regnard, remplaçant M. François Pichard du Page

10. M. David Sanchez David, remplaçant M. Jean Lenormant

11. Mme Marianne-Ségolène Gindrey, remplaçant M. Gérard Jabut

12. M. Vincent Boileau-Autin, remplaçante Mme Elodie Brun-Mandon

13. M. David Lawson, remplaçante Mme Laurence Ameur

14. M. Florent Fernandez, remplaçant M. Jean-Sylvain Boige

15. M. Yan Chantrel, remplaçante Mme Morgane Rolland

16. Mme Fanny Etter, remplaçant M. Yann Ollivier

17. M. Balie Topla, remplaçante Mme Albane Boin

18. M. Denis Franceskin, remplaçante Mme Sandra Roca-Ribet

19. Mme Clémentine Langlois, remplaçant M. Nicolas André

Rappelons que cette année le vote par internet est suspendu, en France comme aux Pays-Bas, pour cause de risque de piratage informatique. Une PPL sénatoriale a été déposée en mars dernier, mais évidemment pas encore étudiée. Les seules possibilités pour voter sont donc:

– à l’urne: surveillez votre courriel de convocation ou vérifiez dans l’enveloppe électorale si l’adresse de votre centre de vote est la même qu’à la présidentielle

– par correspondance: si vous vous êtes inscrits pour ce mode de scrutin, votre pli doit parvenir à votre poste consulaire au plus tard le 1er juin. Sinon, rien ne vous empêche de voter à l’urne.

– par procuration: si vous n’avez pas déjà rempli de procuration, renseignez-vous auprès de votre poste consulaire pour connaître les heures d’ouverture ou voir si une tournée consulaire est prévue. Les équipes de certains candidats ont prévu des dispositifs pour regrouper les procurations: si vous ne connaissez personne pour aller voter à votre place, et que vous savez à qui vous voulez accorder votre suffrage, n’hésitez pas à les contacter.

Les bureaux de vote ouvriront le samedi 3 juin à 8 heures et fermeront à 18 heures, sauf ceux à fermeture retardée, dont la liste n’a pas encore été établie. Le second tour aura lieu le samedi 17 juin sur le continent américain.

Les professions de foi et les bulletins seront centralisés en France le jeudi 18 mai, avant d’être acheminés vers votre domicile par voie postale, accompagnées si vous l’avez demandé du matériel relatif au vote par correspondance.

Dix-neuf candidats sur notre circonscription, c’est certes une nouveauté. Mais il convient de relativiser, pour deux raisons. D’une part il s’agit d’une élection récente, conséquence d’un redécoupage électoral intervenu dans le quinquennat Sarkozy. D’autre part, c’est dans la médiane cette année: la 10e circonscription (où le sortant Alain Marsaud se représente) compte onze candidats, la 9e circonscription (où le sortant Pouria Amirshahi ne se représente pas) en compte vingt-sept.

Le mardi 23 mai, à 18h30 (heure de l’est), une partie des candidats se livrera à un débat. Cette année, le débat aura lieu à Montréal -il se passait à New York en 2012 et 2013- et French Morning aura comme partenaire le site montréalais Maudits Français. Davantage de renseignements sur French Morning, dont les critères de sélection des participants. Pour y assister, l’entrée est libre, mais l’inscription est obligatoire.