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Le choix Front de Gauche possible pour un tiers des électeurs

Un tiers des électeurs aura la possibilité, pour la première fois, de voter fin mai aux élections consulaires pour un candidat ou une liste du Front de Gauche, indique un communiqué publié sur le site Place au peuple.

Quatorze listes autonomes (dont celle de MontréalHortense Bertand, 18 ans, occupe la place d’honneur), quatre listes en alliance avec d’autres partis, et des candidats sur des « listes citoyennes » (dont l’Amérique du Nord) ne s’affichant pas ouvertement FdG brigueront les suffrages des électeurs.

Concernant la circonscription de Montréal (qui représente environ un quart des électeurs de la 1e circonscription législative des Français de l’étranger), la lecture des résultats du renouvellement AFE de 2009 montre que, sur les huit listes en présence, deux seulement avaient tiré leur épingle du jeu. Il s’agissait des listes présentées par les deux associations reconnues par la France comme « représentatives » des Français hors de France, et seuls les initiés pouvaient réellement comprendre pour qui ils votaient. En revanche, pour les élections consulaires de 2014, où l’affichage du nom d’un parti politique (français ou local) est permis, sur les neuf listes montréalaises, trois se revendiquent de l’UMP, deux se présentent comme des listes de « rassemblement de gauche », une s’affiche UDI, une s’affiche Front de Gauche, une se dit « apolitique » et une se présente comme indépendante. On tend donc vers une meilleure lisibilité de l’offre politique par rapport aux élections à l’AFE.

Rappelons par ailleurs que, le jour des élections consulaires se dérouleront aussi les élections au Parlement européen (lire ici), pour lesquelles le vote à l’urne -ou par procuration est le seul possible. Pour les européennes, les électeurs ne résidant pas dans l’Union européenne, sauf demande contraire de leur part avant le 31 décembre dernier, voteront pour l’Île-de-France, qui gagne ainsi deux sièges au Parlement européen.

Entre la combinaison des deux élections (qui ne se reproduira pas avant très longtemps, sauf modification du calendrier), l’obligation de voter à l’urne pour les européennes, et surtout la clarté de l’offre politique -assortie d’une diversification, notamment avec l’arrivée de l’UDI et du Front de Gauche-, on peut se prendre à espérer une participation au moins égale à celle de l’élection des représentants à l’AFE.

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Hortense, dix-huit ans, plus jeune candidate au Québec

Les deux circonscriptions consulaires du Québec totalisent douze listes, trois à Québec, neuf à Montréal, soit 165 candidats (sept candidats par liste à Québec, seize par liste à Montréal). C’est dans la liste montréalaise L’Humain d’abord que l’on trouve les deux plus jeunes candidats, des candidates nées à moins de quinze jours d’intervalle. Et la plus jeune, Hortense Bertrand, occupe la place d’honneur, la dernière sur la liste. Avec soixante-dix ans de moins que le nº11 de la liste La droite unie, Hortense n’est toutefois pas une novice en matière d’élection: c’est la troisième année consécutive qu’elle représente ses camarades de classe au sein de son établissement scolaire.

HortenseBertrandDRNée à Dinan (Côtes d’Armor) en novembre 1995, Hortense Bertrand est arrivée au Québec à l’âge de trois ans et demi. De père parisien et de mère bretonne, elle se sent davantage plus à la Bretagne qu’à Paris, mais pense que c’est davantage à cause des reportages diffusés à Thalassa, n’ayant pas vécu assez longtemps en France pour y avoir de véritables attaches. De citoyenneté canadienne, Hortense se sent « très française de par [ses] parents ainsi que de par [son] parcours »: elle explique avoir passé trois années au Collège international Marie de France, cinq dans une école québécoise, puis avoir suivi son secondaire, de la sixième à la terminale au Collège Stanislas. « Mais, il est vrai que je me sens tout de même attachée au Québec puisque j’ai mes parents, mes amis ici. La plupart de mes souvenirs de vacances sont ici ou aux États-Unis », précise la jeune candidate suppléante.

Intéressée par la politique, elle en parle « presque tout le temps » avec ses parents, et principalement son père, mais aussi à l’école par le biais des débats lancés en classe. Adhérente du PS au moment des campagnes (présidentielle et législative) de 2012, Hortense explique avoir pris du recul.  » J’attendais beaucoup de l’arrivée de la gauche au pouvoir, peut-être trop naïvement. Bien que la présidence Hollande ne soit pas terminée, il est vrai que concernant certaines questions, comme la place de la France dans l’Europe, face à l’Allemagne, j’ai été un peu déçue. Enfin, je me rapproche beaucoup du Front Gauche en ce qui concerne l’avenir des ouvriers en France, contrairement à Hollande qui me semble abandonner ce combat: je pense aux ouvriers de Florange par exemple », dit-t-elle, précisant que sur l’échiquier politique local elle se sent proche de Québec solidaire et se dit sympathisante NPD.

C’est donc tout naturellement que cette passionnée par l’alliance d’une économie fonctionnelle et de la préservation de l’environnement a accepté d’être sur la liste L’Humain d’abord: « un geste citoyen dans l’optique de permettre à cette liste d’être présente durant la campagne, et de pouvoir ainsi permettre plus de choix aux électeurs ». Et la place d’honneur, par définition non éligible, lui convenait très bien: elle compte poursuivre ses études en France l’an prochain, et prépare -outre son bac économique et social- un entretien, car elle souhaite intégrer Sciences-Po Paris au campus euro-américain de Reims (« l’école de mes rêves depuis que j’ai quinze ans », confie-t-elle). Sans compter qu’elle est déléguée de classe, représentante des élèves au Comité consultatif d’établissement (CCE) du Collège Stanislas, et conseillère terminale à l’Association étudiante du Collège Stanislas. Un tas de choses à faire qui ne laissent pas trop de temps pour s’investir à fond dans une campagne pour une élection d’un nouveau genre.

Hortense Bertand précise que beaucoup de ses amis de gauche « considèrent le Front de Gauche comme n’étant pas assez modéré, ils sont plus partisans d’Europe écologie-Les Verts ou du PS », les autres étant « plus à droite qu’à gauche ». En gros, ce qu’elle dit de ses amis ne diffère pas beaucoup de ce qui se dirait en France, encore plus au lendemain du premier tour des municipales.

Hortense se considère « comme un pur produit «française de l’étranger» » et explique qu’à ses yeux, « être Française de l’étranger c’est avoir une ouverture au monde, aux problématiques extérieures à la France en vivant à l’étranger. Mais c’est tout de même rester très attaché aux problématiques franco-françaises, à sa culture », concluant qu' »être Française de l’étranger permet d’avoir une bonne vision d’ensemble de la France ».