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Un réseau mondial des coopératives de presse

À l’occasion du Sommet international des coopératives (SICoop), dont la troisième édition se tenait à Québec du 9 au 13 octobre 2016, des journalistes couvrant l’événement ont décidé d’unir leurs efforts « pour promouvoir plus que jamais les valeurs coopératives dans le monde ».

Sur les six journalistes à l’initiative de ce réseau, au moins deux étaient déjà venus à Québec en octobre 2012 et en octobre 2014 pour les précédentes éditions du SICoop; fondée en 2010 à l’occasion de la Conférence de Lévis (Québec) la Coop de presse Ensemble avait aussi été représentée à chaque édition du Sommet.

Ces six membres-fondateurs (trois femmes et trois hommes) disent avoir « bien saisi l’importance pour le mouvement coopératif de mieux se faire connaître auprès de la population [l’un des nombreux thèmes abordés la semaine passée à Québec, et sur lequel nous reviendrons] et entendent bien se saisir des enjeux de l’heure pour mettre en lumière la vitalité de ces entreprises partout dans le monde ».

Les personnes à l’initiative de NewsQoop-NQC (Nouvelles de Qualité Coopérative) affichent l’ambition de promouvoir les valeurs et principes de l’Alliance coopérative internationale (ACI, dont le siège est désormais transféré à Bruxelles) et privilégier les 17 objectifs de développement durable définis par l’ONU en 2015. Les journalistes à l’origine de cette structure proviennent d’Amérique du Nord (Canada et Québec) et d’Europe (Portugal et France). Il s’agit de (de gauche à droite sur la photo):

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Cinq des six fondateurs du réseau (photo DR)

– Carlos Wehdorn (région de Porto, Portugal), Cooperativa de Solidariedade Social Povo Portuense;

– Fernando Neves Rodrigues Martinho (Portugal), NewsCoop;

– Sarah Arthurs (Calgary, Canada), NewsCoop;

– Nathalie Deraspe (région des Laurentides, Québec), présidente de la coopérative de presse Ensemble;

– Paulo Jorge Teixeira (Rio Tinto, région de Porto, Portugal), président de Cooperativa de Solidariedade Social Povo Portuense;

– Viviane Neiter (Nancy, France), enseignante, conférencière, journaliste free-lance (absente de la photo, ayant dû quitter Québec pour Montréal dès la fin du SICoop).

Le réseau NewsQoop-NQC « permettra de partager information, reportages et expertises au sein des organes de communication de presse de chaque pays représenté », ses journalistes souhaitant « faire rayonner une information éthique de qualité ». Les six fondateurs se donnent deux ans pour finaliser leur projet en créant une coopérative mondiale de journalisme présente sur tous les continents. Pourquoi deux ans? Parce qu’à Québec dans deux ans devrait avoir lieu -comme chaque mois d’octobre des années paires- le prochain Sommet international des coopératives.

Soir Américain ayant assisté au SICoop 2016, n’hésitez pas à nous contacter [coordonnées par ici] si vous souhaitez être mis en contact avec l’un(e) des initiateurs(trices) de ce projet.

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Une nouvelle condition pour entrer au Canada

Si vous comptez vous rendre au Canada, sachez qu’un « mini-visa » (une AVE, pour Autorisation de voyage électronique) sera nécessaire au 15 mars 2016, et qu’il est préférable de l’obtenir avant d’acheter votre billet d’avion.

À quelques exceptions près, l’AVE concernera (comme cela était annoncé par le gouvernement fédéral en décembre 2014) toute personne qui jusqu’ici était dispensée de visa, dont notamment les ressortissants de l’Union européenne. Seules les personnes entrant par voie aérienne au Canada sont concernées, y compris pour un simple transit. Vous pouvez vérifier ici si vous devez en faire la demande (il existe par exemple une différence entre un citoyen américain et un résident permanent des États-Unis).

D’un coût de sept dollars payables par carte de crédit et d’une validité de cinq ans (ou calée sur la date de péremption du passeport si celle-ci intervient avant), l’AVE permet au Canada de faire une vérification préalable des voyageurs avant qu’ils arrivent au pays. L’autorisation, dématérialiséé comme son nom l’indique, est liée au passeport, et non pas au voyageur. Il est donc nécessaire d’en demander une autre lors du changement de titre de voyage.

Pour savoir quels renseignements vous seront demandés pour obtenir votre AVE, cliquez ici.

Vous avez besoin d’une AVE et vous avez en main votre passeport, votre carte de crédit, et une adresse courriel? Il n’y a plus qu’à déposer votre demande et patienter au maximum 72h (le service est disponible depuis le 1er août).

Un résident permanent canadien n’a pas besoin de demander une AVE mais doit voyager avec sa carte de résident, sinon il risque un refus d’embarquement de la part du transporteur lors de son retour au Canada.

Un étudiant ou un travailleur temporaire, s’il a obtenu son permis après le 1er août 2015, est dispensé de cette formalité durant la validité de son statut de résident temporaire. En revanche, un résident temporaire à qui le titre a été délivré avant le 1er août 2015 et qui compte voyager en avion hors du Canada doit demander une AVE.

Rappel: l’AVE est attachée au passeport. Par exemple un bi-national franco-belge qui n’est pas résident permanent devra faire attention au passeport qu’il utilise, ou effectuer deux demandes distinctes.

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Deux tentatives d’obtention ont été faites par l’équipe de Soir Américain ce dimanche 2 août 2015. La première, via Firefox, ne pouvait aboutir car le formulaire de demande n’apparaissait pas dans sa totalité. La seconde via Chrome n’a pas abouti non plus: le paiement en ligne avec une carte Visa française a échoué (pour motif inconnu), un message d’erreur est apparu, et une seconde tentative immédiate était impossible.

Bruno Clerc ambassadeur au Mozambique

Consul général de France à Montréal durant quatre ans, M. Bruno Clerc, 57 ans, vient d’avoir son affectation: un décret du 28 juillet, publié au JO du 30, le nomme ambassadeur auprès de la République du Mozambique.

Depuis le 22 mai et ces différentes nominations -dont celle de Catherine Feuillet à Montréal-, on savait Bruno Clerc partant. À la veille du 14 juillet, il avait même dressé un bilan de ses quatre années passées dans la capitale économique du Québec.

Pour ce diplomate ayant alterné des fonctions sur le terrain et d’autres à Paris, ce second départ du Canada (il avait été attaché culturel à Vancouver en 1981-1982) représente une troisième expérience en Afrique. En effet, de 1991 à 1994 il a été représentant permanent adjoint auprès des Nations-Unies à Nairobi, et de 2001 à 2005 il a été consul de France au Cap.

Titulaire d’un baccalauréat en philosophie de l’Université pontificale grégorienne (Rome), cet ancien étudiant en droit de Lyon III (Université Jean-Moulin) est chevalier de l’Ordre national du mérite depuis 2003 et chevalier de la Légion d’honneur depuis 2011.

Déjà une nouvelle affectation pour Philippe Zeller

Un décret du 15 juillet publié au Journal officiel de ce jour, nous annonce la nomination de Philippe Zeller au Quai d’Orsay: il prend la relève de Yves Saint-Geours en tant que directeur général de l’administration et de la modernisation au MAE.

Pourtant, lorsqu’il avait était remplacé au Canada par Nicolas Chapuis en janvier dernier, Philippe Zeller avait été nommé conseiller diplomatique du gouvernement pour « une période d’un an renouvelable ». Il avait en charge plus précisément la préparation du sommet climatique de Paris pour la zone Asie, comme l’indiquent notamment ce communiqué hébergé sur le site de l’Institut français au Japon, cet autre communiqué de l’Institut français à Singapour, ce compte-rendu de l’Ambassade de France à Singapour, ou encore cette photo prise par Steven Jambot, journaliste entre autres pour France24.

Le JO de ce 16 juillet annonce également la nomination de Michel Pinard à Washington, où il représentera la France comme observateur permanent auprès de l’organisation des États américains. M. Pinard, qui était attaché culturel à Atlanta il y a vingt ans, arrive de Bolivie, où il avait été nommé après avoir été consul général à Tunis lors de la chute de Ben Ali.

Mise à jour: le JO du samedi 18 juillet indique que Philippe Zeller prendra ses fonctions le 17 août 2015.

État civil: réorganisation des services consulaires

Deux arrêtés datés du 30 juin et publiés au Journal officiel de ce jeudi 9 juillet redéfinissent, à compter du 1er août 2015, les attributions de divers postes consulaires d’Amérique du Nord en matière d’état civil.

Le premier (à consulter ici) regroupe à Los Angeles les services de l’état civil des consulats généraux de France à Houston et San Francisco, ainsi que ceux de La Nouvelle-Orleans (qui depuis décembre 2005 étaient traités à Houston). Dans le cadre du contrôle de validité des mariages, les auditions et entretiens demeurent néanmoins du ressort des consulats de Houston et San Francisco.

Le deuxième (à lire ici) précise que le consulat général de France à Washington s’occupera désormais de l’état civil des postes consulaires de New York, Miami, Chicago, Boston et Atlanta, qui garderont néanmoins localement les formalités liées au contrôle de validité des mariages. 

Légion d’honneur: sursis pour les Canadiens

Le nombre de vétérans canadiens encore en vie et ayant participé à la Libération est estimé à un millier. 40% d’entre-eux n’ont pas été décorés et risquaient de ne pas l’être, suite à un couac administratif…

En avril dernier, le National Post levait un lièvre: près de 400 Canadiens risquaient de ne pas recevoir la Légion d’Honneur à l’occasion du 70e anniversaire du Débarquement, sauf à faire un véritable parcours du combattant.

Dans un communiqué daté de jeudi, le gouvernement du Canada indique que la France accorde un sursis jusqu’au 31 juillet. Le ministère canadien en charge des Anciens combattants va donc s’adresser aux associations locales et espère pouvoir d’ici le 10 juillet colliger toutes les informations afin de les transmettre à la France.

Association interparlementaire France-Canada: le rapport 2014 est paru

L’association interparlementaire France-Canada (ou Canada-France, selon le côté de l’océan où on se trouve) a tenu sa 41ème session en France, à Grenoble et à Paris en avril 2014, puis la 42ème dans la région de Toronto en novembre. Le rapport du groupe interparlementaire d’amitié a été rendu public ce jeudi 12 mars 2015.

Parmi les thématiques étudiées en 2014, on trouve les enjeux liés à la recherche et les politiques d’innovations industrielles. À travers l’expérience grenobloise (trois parlementaires françaises de l’intergroupe sont élues dans l’Isère), une attention particulière a été portée sur le secteur des nanotechnologies. Du côté de Toronto ont été particulièrement étudiées l’informatique quantique et l’industrie pharmaceutique.

« La prochaine session de l’Association aura lieu en mai 2015, autour des problématiques liées à la sécurité et au changement climatique en prévision de la Conférence de Paris sur le Climat » indique le site du Sénat.

Le rapport, d’une cinquantaine de pages, signé Claudine Lepage, est à consulter ici.

Les Canadiens délaissent l’Europe, regrette l’ambassadeur de France

Nommé ambassadeur de France au Canada par décret du 9 janvier et ayant pris ses fonctions le 18 février (avec un message vidéo), Nicolas Chapuis multiplie les entretiens dans les médias canadiens. Le dernier en date, pour La Presse canadienne, a été publié vendredi 6 mars et porte sur les relations économiques, alors que le Premier ministre du Québec achevait sa première visite en France, à dominante économique.

Pour Nicolas Chapuis, le lien économique entre le Canada et l’Europe « se dégrade ». Tout « comme dans un couple où l’on dit « je t’aime, je t’aime, je t’aime » sans le prouver », et ce malgré « un discours politique où l’on dit que nous sommes des amis et alliés ». Le nouvel ambassadeur espère attirer les investissements des entreprises canadiennes, en recul en France et en Europe depuis quelques années.

M. Chapuis pense que l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne devrait offrir de nouvelles occasions d’affaires aux sociétés canadiennes, surtout dans le secteur des énergies renouvelables. Auprès de La Presse canadienne, il a également tenté d’apaiser les craintes quant à la possibilité que les préoccupations de la France et de l’Allemagne à l’endroit de cet accord puissent faire dérailler la ratification de l’accord.

Le compte-rendu de cette entrevue est à lire sur Metro.com, sur le site de 98,5FM, ou encore dans la section Affaires de La Presse.

NB: Depuis dimanche dernier, nous avons publié dans la rubrique France-Québec une série de billets sur les rencontres bilatérales franco-québécoises à l’occasion de la visite en France de Philippe Couillard et d’autres ministres. Le compte-rendu des journées du jeudi 5 et du vendredi 6 mars sera publié ultérieurement.

 

Droits de scolarité: Christine St-Pierre remet les pendules à l’heure

À la veille de son départ pour la France dans le cadre des rencontres bilatérales instaurées sous le septennat de Giscard, la ministre québécoise des relations internationales Christine St-Pierre était invitée ce dimanche 1er mars à s’exprimer aux Coulisses du pouvoir de Radio-Canada.

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Christine St-Pierre s’exprimait ce midi, depuis Québec, à l’émission présentée par Emmanuelle Latraverse.

Mme St-Pierre a notamment été interrogée sur la hausse des frais de scolarité pour certains étudiants français, dont les principaux détails ont été annoncés le 12 février dernier. La ministre a rappelé que cette augmentation ne concernait pas les étudiants déjà inscrits dans une université du Québec, ni aux étudiants en maîtrise et aux doctorants, qui restent assujettis au tarif appliqué aux étudiants québécois.

Seuls les nouveaux arrivants français inscrits en premier cycle, une fois cet accord signé, se verront appliquer le tarif réservé aux étudiants venus du Canada, qui reste d’un coût moindre par rapport aux étudiants étrangers. Christine St-Pierre n’a pas manqué de rappeler que le gouvernement précédent avait lui aussi prévu une hausse. Du reste, le député des Français d’Amérique du Nord Frédéric Lefebvre avait à l’époque dit sur son site Internet qu’il allait saisir la Première ministre Marois et le gouvernement français. Pour notre part, dans un billet publié le 26 mars 2014, nous expliquions qu’aucun des deux partis faisant cette annonce n’en avait chiffré financièrement le coût et les retombées.

Mme St-Pierre a également indiqué au cours de cet entretien que les étudiants français « coûtent » actuellement 120M$ aux contribuables québécois chaque année. Soit en gros dix mille dollars par étudiant et par an. Selon Le Journal de Montréal, qui citait la ministre dans un sujet publié le 12 février, l’économie réalisée sera de l’ordre de 30M$. Le maintien de certaines exemptions continuera donc à coûter 90M$, expliquait le journal montréalais.

La ministre croit savoir que les tarifs pour les étrangers désireux d’étudier dans les universités françaises devraient prochainement augmenter. Aussi a-t-elle annoncé qu’un volet de l’accord en cours de finalisation prévoit que les étudiants québécois soient exemptés de cette hausse.

Bref: Christine St-Pierre remet les pendules à l’heure (elle « donne l’heure juste », comme on dit au Québec): cet accord est bel et bien un accord, et non un diktat imposé par le Québec à la France.

D’autant que, comme l’a indiqué le Premier ministre Couillard dans un entretien à l’AFP, douze à quinze étudiants de Saint-Pierre et Miquelon devraient chaque année pouvoir étudier au Québec au même tarif que des québécois.

Pour en savoir plus sur les relations bilatérales qui unissent le Québec et la France (y compris sur certaines régions) lire ici un document élaboré lorsque Jean Charest et François Fillon étaient encore aux commandes.

Sécurité sociale: le nouvel accord France-Canada arrive au sénat

Le sénat devrait commencer à examiner en séance le nouvel accord de sécurité sociale le 19 février. Cet accord, issu de la visite de Jean-Marc Ayrault -alors Premier ministre- à Ottawa en mars 2013, devra remplacer celui de 1979, devenu obsolète.

Le texte de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées doit être distribué aux sénateurs ce lundi 16 février. Dans cette commission, présidée par Jean-Pierre Raffarin, siègent quatre des douze sénateurs des Français de l’étranger: Mmes Conway-Mouret et Garriaud-Maylam ainsi que MM. Cantegrit et Del Picchia. C’est du reste Hélène Conway-Mouret qui a été chargée du rapport sur le projet de loi, enregistré à la Présidence du sénat mardi 10 février. Ce rapport a été examiné dès le lendemain par la commission idoine.

La France et le Canada étaient déjà liés par un accord de sécurité sociale (conclu le 9 février 1979 et dont les modalités d’application étaient précisées par deux arrangements administratifs datés du 21 octobre 1980 et du 4 novembre 1980). La renégociation de ces textes a été décidée en 2002 pour trois raisons, indique le projet de loi déposé en juillet 2014: le besoin d’en actualiser le contenu, le souhait des Canadiens de rapprocher cet accord de ceux conclus avec d’autres pays, et la volonté de la France de mieux encadrer le détachement des travailleurs français*.

Lors de la signature de l’accord de 1979, par exemple, l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon était exclu. Désormais, les voisins du Canada seront considérés comme français à part entière.

La France est le 7e investisseur étranger au Canada: environ 550 entreprises y sont implantées, surtout au Québec. Elles emploient plus de quatre-vingt mille personnes, les entreprises françaises les plus importantes étant Sodexo (11 000 travailleurs), Lafarge (8 000) ou, moins évident, Michelin (tout de même 4 500 employés). De son côté, Total a entrepris un programme sur les sables bitumineux de l’Alberta, tandis qu’Areva est le deuxième exploitant de l’uranium de la Saskatchewan.

Pour sa part, le Canada est le 11e pays investisseur en France, avec plus de dix mille employés dans plus de 500 entreprises détenues par 115 groupes. Le secteur des logiciels et prestations informatiques est le premier secteur d’investissement des entreprises canadiennes en France (22 %). En 2012, la France était le 2e pays d’accueil des investissements créateurs d’emploi en provenance du Canada, derrière le Royaume-Uni.

Pour ce qui est des travailleurs détachés, l’accord prévoit qu’ils puissent rester – pour une durée maximale de trois ans- sous leur statut d’origine.

Un article prévoit aussi les conditions de la prise en compte par chacune des deux Parties des périodes accomplies dans des États tiers liés à la France et au Canada par un accord de sécurité sociale, si une totalisation existe aussi entre ces pays. Par exemple, le régime canadien de retraite étant différent du régime québécois, un travailleur français qui aura exercé à Montréal et à Toronto pourra faire valoir ses droits acquis à Montréal par l’assurance vieillesse de Ottawa ou celle de Paris, selon l’endroit où il liquidera sa pension**. Car ce qu’on oublie souvent dans l’expression « sécurité sociale », c’est qu’elle regroupe diverses branches: outre la santé, on y trouve les domaines de la vieillesse, du décès ou de l’invalidité notamment. Mais pas celui du chômage.

Les articles 24 à 30 prévoient les clauses traditionnelles relatives à l’assistance mutuelle et les échanges d’information entre les deux Parties ainsi qu’au règlement des différends et à l’institution d’une commission mixte chargée de suivre l’application de l’accord. Nul doute que l’article 26 retiendra l’attention des plus suspicieux lors de chaque nouveauté: il rend possible la communication de données à caractère personnel. Une communication jugée par le gouvernement français comme « indispensable pour l’ouverture, le calcul et la gestion de droits de sécurité sociale, mais aussi pour contrôler les éventuels cas de fraude. » Le site de la CNIL publie de son côté une carte indiquant un niveau de contrôle et de protection de données similaire entre la France et le Canada.

Au Canada, l’Accord que le sénat français va examiner jeudi prochain en première lecture sous forme de projet de loi a été déposé à la Chambre des communes le 8 mai 2013… moins de deux mois après la visite de Jean-Marc Ayrault.

Le projet de loi qui sera examiné le 16 février au sénat consiste en un article unique, visant à approuver le nouvel accord.

Le rapport remis il y a quelques jours par Hélène Conway-Mouret est consultable ici par chapitres. On peut également le télécharger dans son intégralité d’un simple clic.

Pour des détails plus historiques, lire sur Le JO au café.

* Dans ce contexte, on entend désormais par « français » non pas la personne de nationalité française (et ses ayants-droit) mais celle qui a cotisé au système français, comme salarié ou travailleur indépendant, ainsi que ses ayants-droit. L’accord de 1979 visait, lui, les ressortissants canadiens et les ressortissants français (lire ici l’article 1), et donc était plus restrictif.
** Lorsqu’en matière de sécurité sociale on parle du Canada, cela exclut le Québec, régi par un régime spécifique. C’est expliqué ici pour le Canada, et pour la France.