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Déjà une nouvelle affectation pour Philippe Zeller

Un décret du 15 juillet publié au Journal officiel de ce jour, nous annonce la nomination de Philippe Zeller au Quai d’Orsay: il prend la relève de Yves Saint-Geours en tant que directeur général de l’administration et de la modernisation au MAE.

Pourtant, lorsqu’il avait était remplacé au Canada par Nicolas Chapuis en janvier dernier, Philippe Zeller avait été nommé conseiller diplomatique du gouvernement pour « une période d’un an renouvelable ». Il avait en charge plus précisément la préparation du sommet climatique de Paris pour la zone Asie, comme l’indiquent notamment ce communiqué hébergé sur le site de l’Institut français au Japon, cet autre communiqué de l’Institut français à Singapour, ce compte-rendu de l’Ambassade de France à Singapour, ou encore cette photo prise par Steven Jambot, journaliste entre autres pour France24.

Le JO de ce 16 juillet annonce également la nomination de Michel Pinard à Washington, où il représentera la France comme observateur permanent auprès de l’organisation des États américains. M. Pinard, qui était attaché culturel à Atlanta il y a vingt ans, arrive de Bolivie, où il avait été nommé après avoir été consul général à Tunis lors de la chute de Ben Ali.

Mise à jour: le JO du samedi 18 juillet indique que Philippe Zeller prendra ses fonctions le 17 août 2015.

Rencontres bilatérales France-Québec: l’essentiel du Jour 2

Au deuxième jour de sa mission en France, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a profité de sa participation à d’importantes tribunes à caractère économique pour livrer un vibrant plaidoyer en faveur d’un accroissement des échanges commerciaux avec la France, premier client du Québec dans l’Union européenne et troisième au monde, après les États-Unis et la Chine. À cette occasion, le premier ministre était accompagné du ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, Jacques Daoust. Pour le résumé de la première journée du voyage en France, cliquer ici.

Philippe Couillard est arrivé à 7h45 au siège du patronat français (MEDEF). Dans la foulée, il s’est entretenu en petit comité avec Pierre Gattaz, le président du MEDEF. Puis il s’est exprimé devant une vingtaine de dirigeants de sociétés françaises dans le cadre d’une rencontre à organisée par Investissement Québec et le MEDEF, en partenariat avec la Délégation générale du Québec à Paris (DGQP). Le Premier ministre a pu ainsi poursuivre ses échanges avec divers dirigeants d’entreprises des secteurs des technologies de l’information, des technologies vertes ainsi que du numérique qui avaient accompagné le président Hollande au Québec début novembre. M. Couillard a par ailleurs expliqué à d’autres chefs d’entreprises les opportunités offertes par le Québec, notamment avec la relance du Plan Nord et la Stratégie maritime du Québec.

À partir de 12h30, Philippe Couillard était invité à la Chambre de Commerce et d’Industrie Paris-Île-de-France (CCIP, qui regroupe les huit Chambres franciliennes). Comme l’indique ce communiqué, MM. Couillard et Daoust avaient été rejoints par Christine St-Pierre (Relations internationales et Francophonie), Françoise David (Culture et Communication), et Lawrence Cannon, Ambassadeur du Canada en France, en poste depuis mai 2012 à Paris.

A la CCIP, MM. Couillard et Macron se trouvaient à la même table. C'est probablement grâce à cela que le ministre français a pu rattraper sa "bourde" sur les anglo-saxons. Photo Jean-Louis Courleux.

A la CCIP, MM. Couillard et Macron se trouvaient à la même table. C’est probablement grâce à cela que le ministre français a pu rattraper sa « bourde » sur les anglo-saxons. Photo Jean-Louis Courleux.

Une nouvelle fois, M. Couillard a vanté les mérites du Québec, et a mis en valeur la fiscalité des entreprises, la main-d’œuvre qualifiée, l’hydroélectricité notamment. « Accroître nos échanges économiques, c’est faire en sorte que nos entreprises québécoises puissent se développer, prospérer et également exporter. Avec la mise en œuvre prochaine de l’Accord économique et commercial global Canada-Union européenne (AECG), nos partenariats se multiplieront dans plusieurs secteurs. Nos PME du Québec sont présentes en France et concrétisent des stratégies d’exportation avec le soutien de notre gouvernement. La communauté d’affaires française considère la Stratégie maritime comme un projet qui fera du Québec une plaque tournante nord-américaine dans le transport des marchandises. Nous sommes une porte d’entrée qui, par son emplacement et sa culture francophone, peut faire le pont entre les continents. Tous les éléments sont donc présents pour créer des emplois chez nous et attirer des investissements étrangers« , a plaidé le premier ministre lors du repas de la CCIP.

Petit couac diplomatique lors de cette rencontre: le ministre français de l’Économie Emmanuel Macron, voulant vanter l’avantage que représente l’utilisation de la langue française, a dit que les Québécois sont « des Anglo-saxons » parlant français. La chose a été relevée par Jean-François Bélanger, correspondant de Radio Canada à Paris. Sans doute M. Macron était-il préoccupé par la séance de questions qui l’attendait peu après au Palais-Bourbon à l’heure où le Palais du Luxembourg allait se pencher sur sa loi supposée relancer l’économie et l’emploi en France. Toujours est-il qu’il est retourné prendre le micro pour faire une mise au point, en tutoyant Philippe Couillard, comme on a pu le voir sur RDI, la chaîne publique d’informations en français, et a qualifié les Québécois de Nord-américains parlant le français.

Au cours de cette deuxième journée en France, dix-sept ententes ou partenariats d’affaires ont été signés, qui représentent dit-on près de 16 millions de dollars (soit environ treize millions de dollars US ou onze millions d’euros). Cela semble peu, mais devrait se concrétiser par deux cents emplois à court et moyen terme, notamment dans les secteurs des technologies de l’information, des transports, des biens de consommation et de la culture. Disparu du Québec depuis un quart de siècle, le constructeur français Renault pourrait y revenir selon les dires de Jacques Daoust. Cela avait été avancé voici quelques jours dans La Presse à l’occasion du 34ème Salon de l’auto.

Tout au long de la journée, le Premier ministre Couillard a multiplié les visites protocolaires et les entretiens: il s’est rendu à l’UNESCO pour rencontrer Irina Bokova, directrice générale, afin d’échanger non seulement sur les thèmes chers au Québec (culture et l’éducation), mais également afin d’ouvrir des pistes de coopération scientifique en lien avec le Plan Nord et la Stratégie maritime. Il a également vu la secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean, auprès de qui il a réitéré l’appui du Québec à la mise en œuvre de la Stratégie économique pour la Francophonie.

Peu avant 17 heures, M. Couillard s’est rendu au sénat, en compagnie de Christine St-Pierre, afin de s’entretenir avec Gérard Larcher, qui en a récupéré la présidence à la faveur du renouvellement partiel de septembre dernier. Les deux hommes ont notamment évoqué les problèmes de sécurité, et bien entendu la relation franco-québécoise.

En fin d’après-midi, comme le veut l’usage lorsqu’un chef d’État est en visite officielle à Paris, le Premier ministre a été reçu à l’Hôtel de Ville par Anne Hidalgo. Leurs échanges ont permis d’aborder les initiatives régionales en matière de lutte contre les changements climatiques, dans la perspective de la COP21 qui se tiendra à Paris en décembre. La conférence du « vivre-ensemble« , organisée le 11 juin prochain à Montréal et à laquelle Mme Hidalgo doit participer, était aussi au menu. Mme Hidalgo et M. Couillard se sont ensuite rendus à la bibliothèque de l’Hôtel de Ville pour une rencontre littéraire avec Dany Laferrière, récemment élu à l’Académie française.

Mercredi, le Premier ministre et une partie de la délégation se rendront à Bordeaux (ville jumelée avec Québec): plusieurs activités sur les thèmes de l’innovation, de la recherche, de la coopération interuniversitaire, de l’économie et du numérique sont annoncées.

Rencontres bilatérales France-Québec: l’essentiel du Jour 1

Tandis que Rob Nicholson, le nouveau ministre canadien des Affaires étrangères, se rendait au Quai d’Orsay et à la Grande Synagogue, divers ministres québécois accompagnaient le Premier ministre Couillard à Paris pour les rencontres alternées, et la vice-première ministre commençait une tournée dans trois pays d’Europe, dont la France…

Terrorisme. – Au cours d’un point de presse conjoint tenu dans l’après-midi à l’Élysée, François Hollande a tenu à « insister sur la coopération qui existe entre le Québec et la France pour améliorer nos dispositifs de sécurité et de lutte contre le terrorisme« . Selon lui, la France et le Québec sont sur la même longueur d’ondes: « lutter contre la radicalisation, les embrigadements, les phénomènes sur internet ou sur d’autres supports emmènent des jeunes à des destinations où ils n’ont pas leur place« . Dimanche soir, avant de partir vers l’Europe, la vice-première ministre Lise Thériault (en charge de la sécurité publique) avait indiqué qu’elle voulait s’inspirer de la France, de la Grande-Bretagne, et de la Belgique pour lutter contre la radicalisation (lire ici).

Laïcité. – Interrogé sur la laïcité, Philippe Couillard a estimé que le concept n’était pas le même en France et au Québec, et qu’il convenait de se mettre d’accord sur la lutte contre le terrorisme et l’intégrisme religieux « dans une optique de sécurité« . Le Premier ministre du Québec veut lutter contre ce qu’il appelle la « radicalisation domestique« , notamment en travaillant « en amont dans les communautés« .

Solidarité. – Lors de leur entretien, Philippe Couillard a remis à François Hollande une motion de l’Assemblée nationale condamnant les attentats de Paris, et lui a montré des photos des manifestations de Québec et Montréal. Cette démonstration de solidarité a été un peu raillée dans l’émission « Le Club des Ex » sur l’heure du midi à RDI, divers intervenants ayant considéré que M. Couillard en faisait « un peu trop« , comme pour se rattraper d’une absence de Paris lors du défilé du 11 janvier, qui lui a été reprochée localement par ses adversaires politiques. Ce jour-là, M. Couillard défilait à Québec en compagnie de 2 à 3000 manifestants en solidarité avec la France. Au cours de la conférence de presse conjointe, le Président Hollande a remercié les québécois qui se sont rassemblés après les attentats de Paris.

Frais de scolarité. – Interrogé sur l’augmentation des frais de scolarité, le Président Hollande, comprenant que le Québec a « des contraintes budgétaires« , a précisé qu' »il n’y a pas eu triplement sur tous les étudiants » et a évoqué une « harmonisation » concernant les étudiants de premier cycle, qui bénéficieront du tarif canadien. Le Président français a par ailleurs dit apprécier le « geste » fait en faveur des étudiants de Saint-Pierre-et-Miquelon (lire notre billet de dimanche), et a qualifié le nouvel accord de « bon accord« . De son côté, Philippe Couillard a affirmé que les Français étaient les seuls à bénéficier d’un tarif dérogatoire.

Environnement. – Alors que se tiendra en fin d’année une conférence sur le climat à Paris, François Hollande a indiqué qu’il veillerait à « ce que le Québec, au nom de cet ensemble d’États fédérés, puisse être non seulement présent, mais puisse s’exprimer parce que tout ce que dira le Québec ira dans le sens des intérêts et de la France, et du monde« .

Bons procédés. – Diverses personnalités françaises ont été honorées par les autorités du Québec dès cette première journée. C’est notamment le cas de la féministe Benoite Groult, du maire de Lyon et sénateur Gérard Collomb, de Jean-Luc Alimondo, président du Cercle des dirigeants d’entreprises franco-québécois, ou de Paul Tréguer, professeur émérite de l’Université de Bretagne occidentale,.

Le Premier ministre Couillard, parti pour la semaine en France avec plusieurs ministres et quelques dizaines de gens d’affaire, a également rencontré ce lundi à l’Assemblée nationale le Président Claude Bartolone, pour aborder la coopération interparlementaire et la collaboration en matière de sécurité publique. Au cours de cet entretien, on pouvait remarquer la présence du Consul général de France à Québec, Nicolas Chibaeff auprès de qui il avait défilé le 11 janvier dans la Capitale nationale.

L’importance de la délégation québécoise avait beaucoup été critiquée localement, puis en France Le Figaro en avait fait un entrefilet. Comme en écho à cela, François Hollande a qualifié la délégation de « très impressionnante« , ajoutant que cela démontrait l’ampleur de la relation entre la France et le Québec dans tous les domaines.