Frais de scolarité: la ministre parle à Paris

La ministre québécoise des Relations internationales et de la Francophonie Mme Christine St-Pierre était en déplacement à Paris du 21 au 26 juin. Juste avant de reprendre l’avion pour rentrer au Québec, elle s’est entretenue avec un correspondant parisien du Devoir, entre autres au sujet des frais de scolarité.

photoLa ministre St-Pierre a expliqué au Devoir (article payant) que la hausse des frais de scolarité pour les Français venant au Québec n’est pas négociable.

Comme nous l’avions expliqué ici fin mars en pleine campagne électorale, Philippe Couillard (sorti vainqueur des urnes lors du scrutin provincial) avait emboité le pas de la Première ministre sortante Pauline Marois en annonçant la révision -voire la fin-de l’accord franco-québécois.

Dans Le Devoir, Mme St-Pierre s’explique: « Je pense qu’ils [les Français] ont très bien compris. On va demander à tous les Québécois des sacrifices. Nous sommes dans une situation où on a un déficit budgétaire important […] Je n’ai pas senti de résistance là-dessus », indique la ministre St-Pierre au grand quotidien montréalais.

Selon ce que Christine St-Pierre a expliqué au Devoir, l’alignement des frais de scolarité des Français sur ceux des étudiants canadiens au lieu des étudiants québécois:
– sera décidé après réunion d’un comité de négociation;
– pourrait ne pas toucher les étudiants déjà inscrits dans une université québécoise;
– ne s’appliquera pas à l’année 2014-2015, le budget étant déjà finalisé et les étudiants déjà inscrits (sans compter les difficultés techniques que cela poserait aux administrations des diverses universités, NDLR);
– pourrait faire l’objet d’une exemption, un nombre limité d’étudiant français -par exemple un millier, soit le nombre d’étudiants québécois en France- restant au « tarif Québec », le reste des 18.000 (soit 17.000) passant au « tarif Canada », selon des critères que Christine St-Pierre n’a pas détaillés au Devoir.

Le quotidien précise par ailleurs en page 10 du cahier A que « La France, elle, n’impose pas de droits supplémentaires aux étudiants étrangers ». En effet, les universités françaises, publiques, ne font payer (pour l’instant) que des droits minimes, non comparables aux pays anglo-saxons, et seules les « grandes écoles » appliquent des tarifs assez élevés, dont les revalorisations sont régulièrement publiées au Journal officiel.

En revanche, lorsqu’en première page du même cahier Le Devoir dit que l’alignement des étudiants français sur leurs homologues canadiens représente « une hausse de 230% », il se trompe: comme nous l’indiquions en mars en publiant trois exemples, la hausse serait de l’ordre de deux mille dollars, soit une augmentation de l’ordre de 140%.

L’annonce de la ministre en charge des Relations internationales, si elle est validée par le Premier ministre (qui, rappelons-le, en avait fait un engagement de campagne) et par le ministre en charge des Finances, met donc un terme au combat conjoint du député des Français d’Amérique du Nord Frédéric Lefebvre et du tout jeune élu à Montréal Michaël Pilater, tous deux de l’UMP. Lors de la campagne pour les élections consulaires, que ce soit sur la circonscription consulaire de Québec ou celle de Montréal, nombreux étaient les candidats qui faisaient du maintien de ce qu’ils considéraient comme des « droits acquis » l’un de leurs objectifs. Les conseils consulaires n’étant par définition que consultatifs, ce qui ne concerne que 18.000 des deux millions de Français résidant à l’étranger risque donc fort de passer aux oubliettes, dans l’intérêt des bonnes relations entre la France et le Québec.

Advertisements

Une Réponse

  1. […] savait que la hausse des frais de scolarité ne serait pas négociable. La France et le Québec sont parvenus à s’entendre pour accommoder au mieux les étudiants […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :