L’université québécoise devrait devenir plus chère pour les étudiants français

Dans le cadre des élections législatives du 7 avril prochain, le Parti Libéral du Québec a émis l’idée de rendre les universités québécoises (financées en grande partie par les deniers publics) plus chères pour les étudiants français, mais moins chères pour les autres étudiants étrangers de la francophonie.

« Les libéraux souhaitent que les étudiants issus de la francophonie internationales paient le même tarif que les étudiants canadiens – au lieu de payer le tarif international » peut-on lire dans Le Devoir du 26 mars 2014. Cette révision entrainerait l’abolition de l’accord cadre franco-québécois, qui permet aux étudiants français de payer les mêmes frais de scolarité qu’un étudiant québécois depuis 1978. Un accord qui a entrainé, malgré lui, un net déséquilibre en faveur des étudiants français, ce qui n’est pas sans faire réagir régulièrement. Les étudiants français représentent ainsi 37,1% du total des étudiants étrangers.

Actuellement, trois tarifs différents sont appliqués aux étudiants qui fréquentent une université québécoise. Si l’on se réfère aux frais actuels dans plusieurs universités (pour une session à temps complet de 15 crédits en sciences humaines et sociales, incluant les frais annexes), un alignement ferait passer les étudiants français (de premier cycle, niveau licence) de la première à la deuxième ligne:

Frais_Scolarite_Quebec*Ces droits représentent la majoration exigée des étudiants non-résidents du Québec. Ils sont facturés par les Universités, et retournés au ministère en charge de l’Éducation. Ils ne contribuent donc pas directement au financement des universités.

L’idée d’aligner les frais de scolarité des étudiants français a été émise pour la première fois par le Ministre des finances Marceau, lors de son dépôt du budget en février 2014, avant le déclenchement des élections. Le ministre mettait alors en avant le fait que Québec débourse près de 318 millions de dollars pour financer les diverses exemptions. Ni le budget Marceau, ni la proposition du PLQ ne sont chiffrés. On ne sait donc pas combien cela pourrait rapporter au Québec.

Le PLQ « fait le pari que ces modifications augmenteront le pouvoir d’attraction des universités et que les étudiants désireront ensuite s’établir au Québec – et contribuer à l’économie », en promettant notamment d’accélérer la délivrance des permis de séjour et de travail post-diplôme. Le choix de baisser les frais des étudiants étrangers francophones participera sans nul doute à l’attractivité auprès de cette clientèle, et devrait contribuer au rééquilibrage de la population étudiante étrangère au Québec, actuellement majoritairement française. S’il est inévitable que le nombre d’étudiants français diminue avec cette hausse des frais, il est probable que le nombre d’étrangers francophones augmente. Ce faisant, face au déclin démographique qui se manifestera sous peu dans les universités québécoises, le PLQ fait le pari de la francophonie, et plus seulement de la relation franco-québécoise.

En février, l’annonce du Parti Québécois avait entraîné la création d’un mouvement de protestation par Mickaël Pilater, responsable des Jeunes Pop du Québec, devenu par la suite tête de l’une des listes UMP de Montréal pour les consulaires. Frédéric Lefebvre s’était également ému de la chose, et avait saisi la Première ministre du Québec et les autorités françaises.

Etant donné que deux partis différents, actuellement l’un comme l’autre (en fonction des fluctuations des sondages) en mesure de remporter les élections, font le même type de proposition, il est fort probable que le projet se concrétise durant la prochaine mandature, même si le parti arrivé en tête ne détient pas la majorité absolue.

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2 Réponses

  1. […] Dans le cadre des élections législatives du 7 avril prochain, le Parti Libéral du Québec a émis l’idée de rendre les universités québécoises (financées en grande partie par les deniers publics) plus chères pour les étudiants français, mais moins…  […]

  2. […] allait saisir la Première ministre Marois et le gouvernement français. Pour notre part, dans un billet publié le 26 mars 2014, nous expliquions qu’aucun des deux partis faisant cette annonce n’en avait chiffré […]

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