Hortense, dix-huit ans, plus jeune candidate au Québec

Les deux circonscriptions consulaires du Québec totalisent douze listes, trois à Québec, neuf à Montréal, soit 165 candidats (sept candidats par liste à Québec, seize par liste à Montréal). C’est dans la liste montréalaise L’Humain d’abord que l’on trouve les deux plus jeunes candidats, des candidates nées à moins de quinze jours d’intervalle. Et la plus jeune, Hortense Bertrand, occupe la place d’honneur, la dernière sur la liste. Avec soixante-dix ans de moins que le nº11 de la liste La droite unie, Hortense n’est toutefois pas une novice en matière d’élection: c’est la troisième année consécutive qu’elle représente ses camarades de classe au sein de son établissement scolaire.

HortenseBertrandDRNée à Dinan (Côtes d’Armor) en novembre 1995, Hortense Bertrand est arrivée au Québec à l’âge de trois ans et demi. De père parisien et de mère bretonne, elle se sent davantage plus à la Bretagne qu’à Paris, mais pense que c’est davantage à cause des reportages diffusés à Thalassa, n’ayant pas vécu assez longtemps en France pour y avoir de véritables attaches. De citoyenneté canadienne, Hortense se sent « très française de par [ses] parents ainsi que de par [son] parcours »: elle explique avoir passé trois années au Collège international Marie de France, cinq dans une école québécoise, puis avoir suivi son secondaire, de la sixième à la terminale au Collège Stanislas. « Mais, il est vrai que je me sens tout de même attachée au Québec puisque j’ai mes parents, mes amis ici. La plupart de mes souvenirs de vacances sont ici ou aux États-Unis », précise la jeune candidate suppléante.

Intéressée par la politique, elle en parle « presque tout le temps » avec ses parents, et principalement son père, mais aussi à l’école par le biais des débats lancés en classe. Adhérente du PS au moment des campagnes (présidentielle et législative) de 2012, Hortense explique avoir pris du recul.  » J’attendais beaucoup de l’arrivée de la gauche au pouvoir, peut-être trop naïvement. Bien que la présidence Hollande ne soit pas terminée, il est vrai que concernant certaines questions, comme la place de la France dans l’Europe, face à l’Allemagne, j’ai été un peu déçue. Enfin, je me rapproche beaucoup du Front Gauche en ce qui concerne l’avenir des ouvriers en France, contrairement à Hollande qui me semble abandonner ce combat: je pense aux ouvriers de Florange par exemple », dit-t-elle, précisant que sur l’échiquier politique local elle se sent proche de Québec solidaire et se dit sympathisante NPD.

C’est donc tout naturellement que cette passionnée par l’alliance d’une économie fonctionnelle et de la préservation de l’environnement a accepté d’être sur la liste L’Humain d’abord: « un geste citoyen dans l’optique de permettre à cette liste d’être présente durant la campagne, et de pouvoir ainsi permettre plus de choix aux électeurs ». Et la place d’honneur, par définition non éligible, lui convenait très bien: elle compte poursuivre ses études en France l’an prochain, et prépare -outre son bac économique et social- un entretien, car elle souhaite intégrer Sciences-Po Paris au campus euro-américain de Reims (« l’école de mes rêves depuis que j’ai quinze ans », confie-t-elle). Sans compter qu’elle est déléguée de classe, représentante des élèves au Comité consultatif d’établissement (CCE) du Collège Stanislas, et conseillère terminale à l’Association étudiante du Collège Stanislas. Un tas de choses à faire qui ne laissent pas trop de temps pour s’investir à fond dans une campagne pour une élection d’un nouveau genre.

Hortense Bertand précise que beaucoup de ses amis de gauche « considèrent le Front de Gauche comme n’étant pas assez modéré, ils sont plus partisans d’Europe écologie-Les Verts ou du PS », les autres étant « plus à droite qu’à gauche ». En gros, ce qu’elle dit de ses amis ne diffère pas beaucoup de ce qui se dirait en France, encore plus au lendemain du premier tour des municipales.

Hortense se considère « comme un pur produit «française de l’étranger» » et explique qu’à ses yeux, « être Française de l’étranger c’est avoir une ouverture au monde, aux problématiques extérieures à la France en vivant à l’étranger. Mais c’est tout de même rester très attaché aux problématiques franco-françaises, à sa culture », concluant qu' »être Française de l’étranger permet d’avoir une bonne vision d’ensemble de la France ».

Publicités

Une Réponse

  1. […] listes autonomes (dont celle de Montréal où Hortense Bertand, 18 ans, occupe la place d’honneur), quatre listes en alliance avec d’autres partis, et […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :